- Center Parcs, coincer la bulle sous cloche.

Posté par admin le 8 juillet 1995


Center Parcs, coincer la bulle sous cloche. Le club ne désemplit pas avec son univers tropical qui ne vaut qu’un week-end.

2 décembre 1995 à 11:35
Par ESTRADE BRIGITTE

Après le Club Med, après «l’Autre Club» (Aquarius, la copie bon marché et plus familiale), Center Parcs est une formule du troisième type. Au début, l’éden des vacances se vendait «tout compris», aujourd’hui il se calcule en forfait de base avec toute une série de tentations payantes. Week-ends, longs week-ends de milieu de semaine: Center Parcs, pionnier des courts séjours en club, est une affaire qui tourne. A part une dizaine de cottages laissés à l’abandon le long de la palissade du chantier qui délimite l’extension du site et où l’on détermine l’ancienneté des derniers visiteurs aux numéros des couvertures de l’Express qui traînent sur les tables, 100% des hébergements sont loués en Sologne. Un score de plein milieu de novembre, qui ferait pâlir bon nombre de concurrents. Moyenne d’occupation sur l’année: autour de 94%.

Une fois franchie la barrière du camp, son véhicule dûment badgé et déposé à la case parking, une voix standard réceptionne le visiteur pour lui donner les règles du jeu. L’Eden vert, c’est à pied ou à vélo. On y fait son lit avec des draps fournis. Et on le quitte proprement, draps pliés, à la sortie. N’y entre pas qui veut. Tout invité doit être déclaré (50 F ou 25 F). L’accueil est froid, mais la «bulle» chaude. Posés dans le soir comme un étrange vaisseau urbain illuminé au milieu des marais, les 5.000 m2 de verrière du Paradis aquatique tropical, l’attraction majeure du parc, crachent dans la nuit solognote leurs vapeurs de Jacuzzi. Des rires d’humains, des cris de canards, l’odeur de la Javel et celle de la terre. Les loisirs ont trouvé leur alchimie: Center Parcs, c’est un croisement de la nature et de la science-fiction.

Dans une ville surréaliste, où tout coexiste sans que rien pourtant ne soit livré au hasard. Au coeur de la ville, les nantis: ceux qui ont réservé un bungalow VIP avec vue sur bulle et sur lac, ou ceux qui ont payé 120 F de plus pour tirer un bon numéro de cottage. A la périphérie, plutôt le genre familles nombreuses. A elles, le lotissement de banlieue près du boulevard circulaire avec ses places de village et ses petits plans d’eau coquets. Selon le calendrier, le cottage avec deux chambres pour quatre personnes varie de 1840 F à 3990 F, le week-end.

Partout des joggers en short, au petit matin dans la gelée blanche ou dans le frimas du soir, des cohortes de poussettes menées par des silhouettes emmitouflées, des promeneurs en bottes ou en survêt Nylon, des chiens en laisse et des baigneurs en forme. D’Alsace, de Saint-Malo ou du Havre, on s’échange les tuyaux du vaisseau. «En Normandie, (la première implantation de Center Parcs, à Verneuil-sur-Avre) c’est mieux, les activités sportives et la piscine sont regroupées au même endroit.» «Une semaine c’est trop long, je ne tiendrais pas. Là, un week-end, c’est bien mais il ne faut pas tout faire. Au début, on allait deux fois par jour à la bulle, résultat, on était crevés.» «Ça n’a pas l’air, mais ça fatigue.»

Sous la bulle tropicale, 29° et pas de hasard non plus. La rampe boutiques-restaurants descend en spirale au milieu des glouglous de l’eau et des palmiers jusqu’à l’entrée des «bains». En haut, les confiseries pour enfants. En bas, les maillots de bain. Au milieu, des petits chemins de pierre pour une balade à fleur d’eau, avec vue sur les tortues ou les poissons et ce couple d’amoureux qui bâille aux corneilles sur un banc devant deux vrais oiseaux qu’on jurerait empaillés. Commerces et bains, logés sous la même verrière, sont deux mondes étanches dont on aperçoit les mouvements derrière de larges vitres. On mange dans le calme. On s’ébat dans le bruit. Dehors et dedans, la sauce aquatique tropicale est savamment dosée. Un coup de Jacuzzi, un coup de rivière sauvage, un coup de toboggan, le bain d’eau froide et le solarium. Petits ou grands, tout le monde trouve son compte au paradis. «J’y retourne», hurle Charlotte entre deux eaux. «Quand on est là, c’est vrai qu’on a envie de tout faire» s’étonne un novice pris par le jeu. Le Center Parcs ne s’anime pas, il est animé. Vidéo interne et télé câblée dans les bungalows. Ecran télé branché en permanence sur Eurosport, discothèque au milieu du bowling, des jeux vidéo, halfcourt et aire de squash au club sportif. Le tout baignant dans le même décor palmiers que le dôme central. Le mélange des genres donne aux lieux un effet salle des fêtes municipale garanti. Midi: Trivial Pursuit animé par Mauren pour les jeux apéro et un stylo-bille gagné pour deux bonnes réponses. Une poignée d’inconditionnels sèchent en sciences et vie pratique: «Quel animal glatit?» Le zoo y passe avant la bonne réponse: «L’aigle.» C’est gagné, on ferme, on n’a plus le temps. D’ailleurs le lot de stylos prévu est écoulé. Et les derniers badauds sont partis voir ailleurs. Dans des restaurants qui sont loin de faire le plein, ou dans la bulle bains bondée comme un oeuf: «Ils ne mangent donc jamais!», se plaint un habitué qui comptait sur ses horaires décalés pour mieux patauger loin des foules. C’est raté, le paradis tropical aquatique avec son lot d’attractions gratuites ne désemplit jamais le week-end.

«Hier, on est allé à Bourges, demain on ira à Orléans», explique une Alsacienne venue passer une semaine de vacances en famille. Prochaine sortie prévue: Eurodisney. «Il faut bien s’occuper un peu quand même…».

Source:

http://www.liberation.fr/vous/0101162316-center-parcs-coincer-la-bulle-sous-cloche-le-club-ne-desemplit-pas-avec-son-univers-tropical-qui-ne-vaut-qu-un-week-end

 

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