- La forêt des Chambarans

Posté par admin le 4 juillet 2008

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La forêt de Chambaran.
Bref historique
Issue de l’ancien domaine des dauphins du Viennois, elle devint patrimoniale à la suite d’un échange intervenu entre Charles, Dauphin de France et Hugues de Genève, en août 1358. Depuis lors elle n’a cessé de faire l’objet de procès ruineux et interminables devant les anciennes cours et parlements. Il faut attendre 1781 pour qu’un avis du conseil d’Etat reconnaisse définitivement la patrimonialité de Chambaran (indivise entre la maison des Clermont-Tonnerre et celle des Monteynard), sans rien prononcer à l’égard des usages des communes ni des albergements faits par les anciens seigneurs.
Les propriétaires ayant demandé le cantonnement, un arrêté préfectoral en date du 15 octobre 1812, prescrit les formalités à remplir. Les 13, 18 et 20 septembre 1823, des transactions interviennent enfin entre le Duc de Clermont-Tonnerre, le Marquis de La Tourette et le Comte de Menon De Ville, propriétaires de la forêt de Chambaran, d’une part, et les dix communes usagères de Roybon, Chevrières, Saint-Appolinard, Beyssins, Dionay, Murinais, Varassieux, Chasselay et Brion d’autre part.
La dévastation
La forêt connaît – comme tant d’autres – une importante dévastation au cours du XVIIIe siècle.
« Suivant la mensuration faite en 1726 par Cuchet arpenteur de la réformation, cette forêt est déclarée contenir 12 992 arpents 60 perches, mesure d’ordonnance, ce qui fait environ 6 500 hectares. Elle a une circonférence d’environ 10 lieues. Son sol est naturellement forestier, le bois y croit avec force et rapidité, surtout dans plusieurs cantons. Si on ne cherchait pas sans cesse à paralyser les efforts de l’administration, si mieux éclairés sur leurs véritables intérêts, les habitants des communes riveraines pouvaient se déterminer à la respecter pendant quelques années, ce précieux domaine deviendrait une ressource inépuisable de richesse ». 
Sous-Inspecteur des forêts au Directeur de l’Enregistrement et des Domaines et Forêts, Saint-Marcellin, 31 août 1818. Arch. dép.lsère 6 P7/16.
« Des documents authentiques attestent que cette belle forêt autrefois l’ornement de nos contrées était garnie de bois de haute futaie, d’essences les plus distinguées telles que chênes, hêtres, charmes et autres et qu’à la fin du XVIIe siècle ou au commencement du XVIIIe, soit par vétusté, soit par abus d’usage, elle se convertit en taillis d’une belle venue qui fournissaient abondamment à l’entretien des usines et à la consommation journalière des particuliers ; aujourd’hui réduite à l’état de taillis raz, de bruyères et de landes improductives, elle ne présente plus que l’aspect le plus affligeant, que l’image de la plus désolante stérilité ». 
Maires des communes de Saint-Siméon, Saint-Pierre-de-Bressieux et quelques autres de l’arrondissement de Saint-Marcellin. Pétition adressée au préfet (commentée par le Garde Général de Vienne faisant fonction de sous-inspecteur par intérim, 12 mars 1825). Id
Non seulement elle s’est peuplée à l’époque révolutionnaire « d’une infinité de petites habitations isolées, vrais refuges de brigands qui se correspondent entre eux », mais encore les populations voisines la livrent à une dévastation sans précédent. L’agent forestier chargé d’apporter un soin tout particulier à la surveillance s’y efforce en vain : « Depuis que je suis dans cet arrondissement j’ai fait tout ce que j’ai pu et c’est avec regret que je suis forcé de vous avouer que tous mes efforts sont superflus. Comment en effet pouvoir assurer la conservation de cette forêt lorsque quelques maires  n’usent de leur autorité que pour soustraire les délinquants aux peines qu’ils ont encourues ; lorsque quelques personnes les plus marquantes du pays, soit par leur fortune, soit par leurs titres et dont les domaines n’acquièrent de valeur que par les produits de la forêt de Chambaran, ont intérêt à entretenir ces désordres et n’usent de leur influence et de leur crédit que pour perpétuer les dévastations ; lorsque chacun cherche à s’immiscer dans la régie et dans l’administration de cette forêt, lorsque enfin il faut lutter contre une population de 10 mille âmes, qui se sentant soutenue et favorisée, est toujours prête à se révolter contre les gardes, et surtout contre une foule de délinquants d’habitude qui n’ont rien à perdre, que l’impunité enhardit et qui se moquent des gardes et des procès-verbaux qu’on leur fait. » (Substitut du Commissaire près le tribunal criminel, 27 frimaire an XII, arch. dép. Isère, 6 P 7/16.)
Le sous-inspecteur de Saint-Marcellin médusé assiste un jour à un curieux spectacle : « La forêt de Chambaran est environnée de quelques riches propriétaires possédant un nombre plus ou moins considérable de fermes, qui n’ont de valeur que par les produits de cette forêt. Les uns donnent ordre à leurs fermiers de mener paître leurs bestiaux pendant l’été et pendant l’hiver d’y faucher la bruyère pour servir d’abord de litière et ensuite d’engrais à leurs terres. D’autres, un peu plus circonspects, se bornent à acheter la bruyère  des délinquants et favorisent seulement, par ce moyen, la dévastation de cette forêt. Il s’y fait un trafic scandaleux. Il s’y fauche annuellement de six à huit cents voitures de bruyères et de bois, qui se vendent sur le pied de 5 francs la pièce. On y fauche annuellement de deux à trois cents hectares de terrain. C’est au point que parcourant seul, l’hiver passé, la forêt de Chambaran pour m’assurer si les gardes faisaient leur service et leurs tournées périodiques, je rencontrai dans l’espace d’un quart de lieue, 20 voitures chargées de bois et de bruyère, outre 50 à 60 individus qui étaient occupés sur tous les points à en faucher … »  (Sous-Inspecteur des forêts à Saint-Marcellin, au Directeur de l’Enregistrement et des Domaines, 31 août 1818, arch. dép. Isère, 6 P 7/16)
Les débordements y prennent une ampleur toute particulière : « Chacun, n’écoutant que son propre intérêt, ne se fait pas scrupule de dévaster cette propriété ; les uns y mènent constamment leurs bestiaux pendant l’été, d’autres fauchent pendant l’hiver, d’autres en arrachent les souches et la défrichent pour la convertir en terre labourable et se créer des propriétés ; enfin elle est entièrement livrée au pillage ». D’où l’intérêt de mener à bien la politique de cantonnements préconisée par le gouvernement.  (ibid)
C’est encore le fauchage des bruyères qui produit l’effet le plus désastreux. Réaliste l’agent forestier admet cependant que le commerce qu’en font les habitants leur assure des moyens d’existence dont il serait peut-être trop rigoureux de les priver; il reconnaît aussi qu’une prohibition absolue pourrait nuire aux intérêts de l’agriculture, surtout dans une zone où le terrain est froid, aride et exige beaucoup d’engrais; aussi, malgré les dispositions précises de l’article 12 du titre 32 de l’Ordonnance de 1669, ne s’oppose-t-il pas formellement à l’extraction de ces bruyères, mais seulement au mode employé, c’est-à-dire à l’emploi de la faux. « Je ne me dissimule pas qu’en tolérant l’arrachement de la bruyère, cette mesure peut encore donner lieu à quelques abus, puisque les gardes ne peuvent pas être sur tous les points pour surveiller cette exploitation, et empêcher qu’on ne profite de cette tolérance pour se porter à des délits, mais au moins le dommage ne sera pas aussi considérable que celui qui résulte nécessairement de l’usage de la faux ». (ibid)
Enfin, le mémoire sur les inféodations du Dauphiné indique : « Il existe en Dauphiné plusieurs forêts domaniales. L’état de dégradation de d’anéantissement où elles ont été réduites et la difficulté, l’impossibilité même de les rétablir en bois, n’ont plus permit de regarder le sol de ces forêts, que comme des terres vaines et vagues de nul produit pour le domaine du Roy, et presque inutiles à ses sujets riverains de ces forêts, par le mauvais usage que la plupart en faisaient ».
Ce site sur la forêt française et les Chambaran a été créé en octobre 2007 et actualisé le 09/11/2007

source :

http://foret.chambaran.free.fr/index.php?page=chambaran

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