- Interview Gérard Brémond

Posté par admin le 4 octobre 2008

Gérard Brémond, PDG de Pierre & Vacances

paru dans le numéro 2751

› Présent en Hollande et en Allemagne avec Center Parcs, en Belgique et en Italie avec Pierre & Vacances, le leader européen de la résidence de tourisme sort de la zone euro et annonce son arrivée prochaine au Maroc. L’occasion pour Gérard Brémond de faire le point sur l’internationalisation de son groupe.

Vous venez d’annoncer votre souhait de vous développer au Maroc. Peut-on dire que l’avenir de Pierre & Vacances passe par l’internationalisation ?

L’internationalisation de Pierre & Vacances a commencé par l’Europe du Nord, avec Center Parcs il y a 6 ans. Nous avons décliné des résidences de tourisme adaptées à ces pays avec des espaces de loisirs couverts, des villages de bungalows et des prestations à la carte. Essentiellement commercialisé en courts séjours, le concept de Center Parcs est parfaitement adapté aux populations urbaines de proximité. Il dispose également de belles perspectives de développement en Allemagne et en France où sera inauguré en juillet 2007 un nouveau site de 840 cottages sur le lac de l’Ailette (dans l’Aisne). Il y aura beaucoup d’innovations dans les chalets et les espaces aquatiques. Outre 200 cottages supplémentaires actuellement en construction en Normandie à Bois-Francs, nous ouvrirons en 2010 un nouveau Center Parcs très forestier près de Sarrebourg.

Envisagez-vous d’ouvrir des Center Parcs dans des pays du sud de
l’Europe ?

Des villages comme Cap Esterel ou Pont-Royal constituent le pendant des Center Parcs dans les régions ensoleillées, à la seule différence que les activités se déroulent en plein air. On y retrouve les mêmes aménagements, comme la piscine à vagues. En ce qui concerne le développement de Center Parcs en Europe du Sud à proprement parler, je reste assez dubitatif. Si on prend par exemple l’Espagne, mis à part quelques semaines en hiver, la fréquentation tout au long de l’année n’est pas assurée, or il faut un taux d’occupation d’au moins 80 % pour amortir un Center Parcs.

La situation est différente pour Pierre & Vacances, présent en Espagne
depuis bientôt un an.

Absolument. Non seulement l’offre touristique dans le pays dispose de très peu de résidences ou de villages de tourisme, mais l’Espagne est en proie à un développement immobilier énorme avec près de 700 000 nouveaux logements créés chaque année, soit autant que dans le reste de l’Europe. Rien que sur la Costa del Sol, le marché immobilier représente 150 000 à 200 000 résidences ! Si des opportunités de développement existent aujourd’hui, c’est en raison des contraintes d’urbanisme imposées aux promoteurs immobiliers pour obtenir des autorisations de construire. Quand ils achètent des centaines d’hectares plus ou moins éloignées de la mer, ils sont en effet dans l’obligation de consacrer un pourcentage de terrain à des activités touristiques. Or, ces derniers ignorant tout de la gestion d’infrastructures touristiques, un certain nombre d’entre eux font appel à des opérateurs touristiques comme nous. Nous avons à ce titre un certain nombre de contacts qui, je l’espère, déboucheront prochainement.

Les Espagnols sont-ils prêts à passer leurs vacances dans des résidences de tourisme ?
Je suis absolument convaincu qu’en matière touristique, il y a une demande non satisfaite pour le type d’hébergement et de vacances que l’on propose en France. Deuxièmement, contrairement à ce que l’on nous avait dit, les Espagnols, présentés comme traditionnels et attachés à leurs maisons, ont été les premiers à acheter un appartement dans le futur village que nous ouvrirons en 2008 à Manilva, sur la Costa del Sol. Car comme en France, notre business model reste basé sur l’immobilier qui finance le parc touristique.

Quels sont vos autres projets en Espagne ?

Jusqu’à présent, nous avons avancé très prudemment. Les résultats de Bonmont, sur la Costa Brava, sont très encourageants et nous sommes assez contents de la commercialisation de Manilva. On a actuellement quatre projets en plus de Bonmont et Manilva, ce qui représente un millier d’appartements. Parallèlement, nous étudions la possibilité de racheter des murs d’hôtels vendus par des hôteliers afin de les transformer en résidences de tourisme après d’importants travaux de rénovation.
Souhaitez-vous rester en Italie ?
C’est compliqué de se développer en Italie. Le pays reste une destination pour Pierre & Vacances, mais où les perspectives sont infiniment moins importantes qu’en Espagne. Notre objectif est de nous développer prioritairement dans les villes, en city et en loisir. Nous avons deux résidences à Rome qui marchent remarquablement bien. Nous avons également une ou deux opérations actuellement en vue en Sicile, où nous sommes déjà présents, à Cefalu.

Pourquoi avoir annoncé votre arrivée au Maroc après avoir toujours refusé de sortir de la zone euro ?

Le Maroc est un pays sur lequel on nous a fait beaucoup de propositions. Les pouvoirs politiques et financiers souhaitent le développement de nos concepts là-bas. De plus, le pays résiste bien aux aléas géopolitiques et la culture y est française. Si nous prenons la décision de sortir de la zone euro, c’est parce que le monde du tourisme a beaucoup évolué et que l’on ne peut pas envisager l’avenir du groupe, qui a des ambitions, en restant uniquement en Europe du Nord et du Sud. Je suis persuadé que notre business model immobilier touristique est parfaitement adapté au monde entier. Il y a également des composantes de prix de revient qui sont assez attractives en matière de construction, d’équipements, d’exploitation avec le plan Azur mis en place par le gouvernement. Sans oublier le développement du transport aérien qui constitue une donnée incontournable. Donc le Maroc est très tentant.

Quels types de produits allez-vous développer ?

Aujourd’hui, on met en place des moyens d’étude. On arrêtera un plan stratégique à la fin de l’année, c’est pourquoi il est encore un peu trop tôt pour dire précisément ce que l’on fera en immobilier, en tourisme et avec quels partenaires… Cependant, on s’intéresse évidemment à Marrakech et Agadir, et nous ouvrirons probablement plus de villages que de résidences. Mais comme Pierre &Vacances reste une entreprise à taille humaine, cela se fera étape par étape. Il est préférable de garder des fonds pour rénover notre parc plutôt que de nous développer dans 15 pays en même temps.

Comment comptez-vous commercialiser vos futurs sites marocains ?

Nous allons faire du tour operating comme nous le faisons déjà aujourd’hui avec nos deux résidences situées en Martinique et en Guadeloupe. La question est de savoir avec quels réseaux de distribution nous travaillerons et quels accords aériens nous passerons. De ce point de vue, les autorités marocaines ont pris des options de développement qui sont très encourageantes.

Bio express

1937 : naissance à Boulogne-Billancourt. Licencié en Sciences Économiques, passionné de jazz, il fut un temps guitariste et bassiste, ainsi que journaliste à Jazz-Hot.

1964 : rencontre Jean Vuarnet, champion olympique, avec lequel il projette de développer une station à Avoriaz.

1967 : inaugure la première partie d’Avoriaz, seule station sans voiture. Création du groupe Pierre & Vacances.

1973 : crée le festival international du Film fantastique d’Avoriaz.

1999 : rachète le groupe Orion. Entrée en Bourse.

2001 : rachète Maeva et 50 % de Center Parcs.

2002 : rachète les résidences MGM.

2003 : reprend Center Parcs à 100 % et inauguration d’une première résidence en Italie (Rome Dehon).

2005 : ouvre Bonmont sur la Costa Brava, en Espagne.

Patrick Lopez / Laurent Guena vendredi 06 octobre 2006 (16h58)

 

Source:

http://www.quotidiendutourisme.com/site/article-gerard-bremond-pdg-de-pierre-&-vacances-17213.html

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