- ONG et entreprises – Liaison contre la nature

Posté par admin le 30 juin 2009

ONG et entreprises Liaison contre la nature.
Christian CHALOUX 26.03.03

Jadis farouchement opposées aux compagnies, les ONG changent progressivement leur fusil d’épaule. Devant le nombre croissant de partenariats entre ONG et multinationales, de nombreux questionnements sur l’éthique de ces liaisons apparaissent. Liaisons dangereuses ?

«Des cornets de crème glacée gratuits sont distribués à ceux qui écrivent pour réduire le budget de la défense, donnent leur sang… ou votent [pour combattre l’abstentionnisme!].» Tels sont les objectifs de la compagnie de crème glacée Ben and Jerry’s pour devenir socialement responsable.

Mais ici ne s’arrête pas les engagements de Ben and Jerry’s Ice Cream pour être une compagnie socialement engagée. Comme le dit si bien son slogan, «Ben & Jerry’s, une entreprise conduite par ses valeurs», l’entreprise est tournée vers le citoyen. En reversant 7,5 % de ses revenus avant impôt, elle est largement en tête de la moyenne des entreprises, qui est de 1 % des bénéfices avant impôt. La compagnie utilise aussi sa notoriété pour sensibiliser le grand public au fait que l’on peut prendre des mesures simples pour réduire les émissions de gaz carbonique. Pour ce programme, la multinationale s’est associée avec l’ONG World Wildlife Fund (WWF). Cependant, où se trace la ligne d’éthique que les ONG se doivent de respecter dans leur partenariat avec les grandes compagnies multinationales?

ONG en mode attaque

Différents comportements caractérisent la relation des ONG avec le milieu des affaires, mais la confrontation demeure la plus répandue. Les actions de Greenpeace dans le Pacifique contre le nucléaire ou la dénonciation du rôle des compagnies minières dans le conflit au Congo marque la continuité du combat de ces organismes non gouvernementaux. Cependant, une évolution douteuse des ONG vers un partenariat avec les multinationales devient un sujet de plus en plus discuté dans les forums mondiaux de coopération internationale. Selon une enquête d’Ecodurable, menée auprès d’une soixantaine d’ONG, tous croient «que les entreprises ont un rôle à jouer dans la construction d’un monde plus durable». Cette vision lourde de sens et favorable à l’entreprise jette de l’optimisme dans la dureté des rapports d’échanges. Les ONG sont ouvertes à un partenariat avec les entreprises, mais doivent se méfier de ne pas devenir un outil de propagande pour la marque. Francine Néméh, de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), se déclare sceptique vis-à-vis des partenariats avec les grandes entreprises, car «les objectifs des multinationales sont en flagrante contradiction avec les buts poursuivis par les ONG. Il est dangereux que l’ONG devienne un sous-traitant de la multinationale».

Cas ambigu

Pourtant, il existe effectivement des exemples de partenariat entre les ONG et le secteur privé qui ressemblent à une campagne de marketing à sens unique.

L’association entre le WWF et la carte de crédit American Express en France est difficile à comprendre, où «un pourcentage du montant de votre achat est automatiquement reversé par American Express au WWF-France». Est-ce un partenariat dirigé vers l’activité de l’entreprise ou est-il orienté vers l’activité de l’ONG?

Idéal-type de partenariat

Le Cirque du Soleil s’est développé un partenariat avec l’ONG canadienne Jeunesse du Monde. La multinationale du Cirque s’est fait approcher par un ancien coopérant de l’ONG, qui travaillait avec les jeunes de la rue au Brésil, et qui a soumis son projet en 1993. Débuta ainsi une association des deux acteurs antinomiques pour créer le Cirque du Monde, où l’on donnera la chance à des adolescents de pouvoir participer à des ateliers reliés aux arts du cirque dans une trentaine de pays. Chantal Côté, du Cirque du Soleil, confirme que l’entreprise a plusieurs programmes pour manifester et concrétiser son action sociale et Cirque du Monde est l’un d’eux. «Les ateliers sont produits en association avec Jeunesse du Monde et Oxfam, qui nous aident à mieux identifier les groupes de jeunes avec lesquels on pourrait travailler», ajoute la relationniste. Pour ces jeunes, l’atelier de Cirque du Monde se termine par une fête foraine où l’on démontrera les talents d’équilibristes en herbe, avant de retourner dans la vie urbaine.

locadiablo@hotmail.com

Laisser un commentaire

 

BARAKA |
Les Moniteurs d'Ateliers e... |
Les professionnels du negoc... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | immobilierachat
| jechangetout
| SIVOS - Mondreville / Tilly