Un Center Parcs à Roybon ? Pour qui ? Pour quoi ? Et à quel prix ?

Posté par admin le 1 juillet 2009

Article paru dans l’Echo Vert n°65 – Mars 2009

Un Center Parcs à Roybon ? Pour qui ? Pour quoi ? Et à quel prix ?

Le 18 mars 2009

Présenté aux Roybonnais en 2008 tout à la fois comme un projet inespéré en termes de développement économique local et un modèle de loisir « écolo » respectueux de son environnement, le projet d’implantation d’un Center Parcs dans le bois des Avenières (à Roybon) pose un certain nombre de problèmes qui ne sont pas, à ce jour, encore résolus. Quel impact hydrogéologique ? Quelles retombées concrètes en termes d’emploi ? Quelles conséquences locales d’un tel projet au niveau des infrastructures ? Qu’en est-il en parallèle du projet de décharge sur le même canton ? Plus généralement, nous questionnerons le modèle économique sur lequel repose la société Pierre & Vacances. Bref, des questions trop souvent occultées qui sont pourtant bel et bien à prendre en compte sur cet important « dossier » isèrois en termes de subventions publiques.

Un lourd projet touristique en termes d’infrastructures et de subvention publique…

Un projet colossal : 5.000 lits/personnes toute l’année dans 1.000 habitations ou « cottages » de 60 à 80 m2 dans une bulle « exotique » avec des plantes tropicales et tout ceci enclos dans un bois d’une superficie de 206 ha. Un chantier qui est estimé à plus de 387 millions d’€… Comment un projet d’un telle importance a-t-il pu être monté – sans la moindre information à la population – par le Conseil général de l’Isère, le conseiller général et maire de Roybon et la direction de Pierre & Vacances ? Pourtant, ailleurs en Drôme, d’autres tractations ont eu lieu sans aboutir. Plus loin dans l’Aisne, d’âpres négociations ont eu lieu entre les élus verts et la direction de P&V pour que soit intégré davantage de critères environnementaux et sociaux sur le projet, afin de tenir compte des populations et de l’environnement proches du Center Parcs. Mais qu’en est-il en Isère ?

30°C toute l’année dans les « Terres Froides »… Des ressources naturelles et énergétiques insuffisantes

Les points névralgiques de ce type de structure de loisirs sont, à Roybon comme ailleurs, la distribution électrique, l’adduction d’eau et son assainissement ainsi que la desserte routière du site (une seule entrée est prévue pour les 5.000 touristes). Le réseau actuel du canton n’est pas suffisant pour supporter ce projet basé sur des activités aquatiques et donc voraces en eau et en énergie (une eau à 29°C et un air à 30°C). Des études techniques du Conseil général sont en cours pour le captage et le retraitement des eaux dans les communes et les territoires voisins, mais dont on ignore encore le (sur)coût. Un contournement de Roybon est également à l’étude, ainsi que l’élargissement des routes pour « faciliter » l’accès au centre.

Quelles « retombées » économiques du projet en termes d’emplois ?

Dans sa brochure de présentation, P & V annonce la création de 700 emplois (468 emplois équivalent temps plein). Or, sachant que la société « importe » ses cadres (management/formation/direction), il s’agira, pour les embauches locales, d’emplois sous-qualifiés, soumis à des rythmes décalés, morcelés quant au temps de présence sur la base de loisir. Autre phénomène lié : la forte augmentation du prix du foncier due à l’arrivée des cadres de la société…

Le modèle économique du Groupe P&V et son marketing environnemental…

La société P&V construirait 1000 cottages, revendus environ 250 000 €/unité, ainsi que les autres équipements (commerces, restaurants, SPA etc.), ce qui contredit clairement la thèse selon laquelle : le projet favoriserait le développement du commerce roybonnais. La société Center Parcs « gère » ensuite l’espace et les locations à la manière d’une société immobilière et d’une agence de voyage, redistribue aux seuls investisseurs les bénéfices de ces opérations immobilières… On peut se demander quels seraient les bénéfices pour les contribuables et les populations locales ? Ce projet, aidé par des subventions publiques (officieusement 15 millions d’€) et un ensemble de dispositions fiscales (la loi Demessine notamment) s’accompagne d’une modification conséquente des infrastructures du territoire dont le coût sera également supporté par la collectivité. Face à la crise économique et écologique actuelle, ce projet d’implantation de Center Parcs est-il véritablement durable et soutenable comme la société le laisse entendre dans tout son marketing « vert » ?

Vers un tourisme Vert…

Ne pourrait-on pas imaginer un modèle de développement touristique et économique déjà pour l’Isère, et différent de ce modèle dont l’obsolescence est criarde ? Véritablement soutenable en termes écologique, la subvention publique irait localement vers des projets alternatifs, c’est-à-dire plus humains et plus durables. Car il existe à Roybon et dans les Chambaran des ressources sous-exploitées, une retenue d’eau propice aux sports nautiques et à la baignade, un camping, des monuments classés tout aux alentours, une vaste forêt préservée et jalonnée de sentiers propices à la randonnée pédestre ou à cheval… tous ces atouts n’attendent qu’une démarche concertée et raisonnée pour être (enfin) valorisés. Combien de projets locaux alternatifs, moins « energivores » et par là moins polluants, respectueux de l’environnement, aimeraient profiter d’une aide concrète du Conseil général et de la Région Rhône-Alpes (elle aussi sollicitée sur le projet) ?

Source:

http://www.lesverts38.org/article.php3?id_article=1477

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