Pierre et Vacances veut « travailler l’image négative ».. »des immigrés sans papiers » de Sangatte, si il y a une « volonté politique forte »

Posté par admin le 19 août 2009

A quoi pourraient ressembler le golf de Sangatte et l’immobilier alentour ?
dimanche 05.10.2008, 14:00

Les élus ont découvert sur le terrain ce que représente l’implantation d’un golf.
Guy Allemand a emmené tout son conseil municipal à la découverte de deux golfs de la région, histoire de voir comment un tel projet peut se réaliser. Les investisseurs, eux, seraient prêts à venir…

Un golf, sur le papier, c’est pas mal. Mais le voir de ses yeux, en fouler le gazon et constater comment il s’intègre dans le paysage, c’est mieux.
C’est fort de cette idée que Guy Allemand, maire de Sangatte, a emmené son conseil municipal, mercredi, en visite. La commune travaille depuis plusieurs années déjà sur l’implantation d’un tel équipement qui répondrait parfaitement à la vocation touristique affichée.

Un soutien considérable :
le conseil général
Au programme, deux golfs de la région. D’abord Belle dune, en baie de Somme, entre Quend et Fort-Mahon. Classé parmi les dix meilleurs golfs français, il s’est parfaitement intégré dans le milieu dunaire. Cet équipement appartient au syndicat mixte de la Baie de Somme, qui a développé un partenariat très étroit avec Pierre et vacances. « Ensemble, on a imaginé un produit touristique original » , a raconté Jean-Christian Cornette, président du syndicat mixte. Le golf a mis quatre ans à voir le jour. « Nous l’avons commencé en 89 pour le terminer en 93… et ça a été un succès considérable ! » Le marché anglais est arrivé tout de suite, attiré par cette offre trois fois moins chère que chez elle. « A cette époque, nous subissions les pressions des promoteurs locaux, parce que tout le monde voulait sa villa autour du golf ». Risqué, selon le syndicat, qui préfère l’option Pierre et vacances, « qui s’inscrit dans la durée, et fait vivre le site ». Le conseil général de la Somme a été un soutien de poids, tout au long du projet, et «  m’a donné mandat pour signer un protocole d’accord avec Pierre et vacances ». Deux ans ont été nécessaires pour monter le dossier. Le succès est immédiat. « Nous avions signé un protocole allant jusqu’en 2009, mais en trois ans, tout a été vendu ». Les 271 maisons du village aux façades colorées, basées sur un plan de développement durable, trouvent preneur. Les nouveaux propriétaires sont des investisseurs, qui signent un bail de neuf ans avec Pierre et vacances, contre une garantie de loyer.
Quend et Fort-Mahon n’ont pas déboursé un centime pour cet équipement, qui est devenu malgré tout un lieu de promenade pour les habitants des deux villes.
Le village est entièrement piétonnier, des locations de vélos y sont proposées, et cinq hectares de plans d’eau agrémentent la vue de cet espace situé en pleine nature.
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, dans le même environnement naturel, c’est le golf des Dunes d’Hardelot que les élus ont découvert. 18 trous pour un golf qui attire également beaucoup les Anglais.

L’engagement d’un territoire
Son président, Nicolas Boissonnas, a accueilli à bras ouverts le conseil municipal, et, tout en se faisant « l’avocat du diable  », a confirmé sa volonté d’« être à vos côtés » pour parler d’une éventuelle installation de son groupe à Sangatte. (lire page suivante).
Au retour, les élus affichaient un grand sourire. La balade a été instructive, et les contacts fructueux. Le maire, lui, a atteint le but qu’il s’était fixé  : sensibiliser les élus en leur faisant voir un modèle d’intégration d’un golf dans un espace naturel. La visite a également permis de voir comment on peut développer une architecture en préservant l’identité du village. Plus globalement, les élus ont constaté que les financeurs potentiels étaient volontaires, solides. Ils ne seront sans doute d’ailleurs pas les seuls à se mettre sur les rangs au moment de l’appel à candidatures pour l’attribution de la concession du golf de Sangatte.
Reste que seule, la commune ne peut pas porter le projet. Il faut une volonté politique forte, et l’engagement de tout un territoire. La Cac, le Pays de Calais, le Département doivent inscrire cet équipement sur leur ligne de développement. Si tout le monde joue le jeu, le golf sera inscrit dans le schéma de cohérence territoriale, piloté par le Pays de Calais, puis validé par le plan local d’urbanisme de la ville. Ensuite, la concession d’urbanisme sera délivrée. « Nous pourrions dans ce cas espérer avoir le golf vers 2012 ou 2013, si on va vite », précise Guy Allemand.

Marie-France HEMBERT

Nord Littoral
« RIEN NE SE FERA SANS UNE VOLONTÉ POLITIQUE FORTE »
Le groupe Pierre et Vacances est-il prêt à investir à Sangatte ? « Si c’était non, je ne serais pas là, mais ça ne veut pas dire que c’est oui parce que j’y suis », sourit Antoine de Fombelle, directeur général de Pierre et vacances développement après la réunion avec les élus sangattois.
Une réponse de normand qu’il précise un peu… « Pourquoi pas… ? j’ai vu le site de Sangatte, et je l’ai trouvé mieux que l’image que je m’en faisais ». Cette image, même si la ville se bat bec et ongles pour s’en défaire, reste encore celle « des immigrés sans papiers, c’est aussi l’image négative d’une zone à l’entrée du tunnel… » Sa venue a changé cette vision. « Quand on arrive par la route des Deux caps, c’est magnifique, prodigieux… Le village, quant à lui, est très original, entre la ville et la mer, avec ce paysage qui donne l’impression que les bateaux marchent sur les dunes ». En plus, a-t-il constaté, « on voit très bien la mer depuis le terrain  ». Autre avantage non négligeable, « on est proche de Londres, de Paris, de Bruxelles, c’est vraiment une position géographique intéressante ».
Pour le directeur général du développement, l’image négative que pourrait véhiculer la commune « peut se travailler, de même que l’inconvénient représenté par la route, qui apporte des nuisances sonores peu goûtées des golfeurs. On a aussi le désavantage de la vue sur l’usine de ventilation du tunnel… mais tout cela peut se traiter », a-t-il déjà noté.
Les repérages ont donc été plutôt concluants. Quant à savoir si Pierre et vacances franchira le pas… « c’est assez tentant, mais il y a encore du boulot à faire. Il y a aussi une donne qui est importante : il faut un accompagnement politique fort, sinon, c’est peine perdue ! On ne peut pas imaginer d’implanter un tel site sans que ce soit l’expression d’une volonté politique forte, c’est déterminant, la réponse viendra de là en grande partie… »
M.-F.H.

PIERRE ET VACANCES C’EST…
52 000 maisons, appartements et chambres d’hôtel en France et en Europe 6,8 millions de clients dont 48 % sont français (52 % européens)

Un chiffre d’affaires de 1 550 millions d’euros

A Belle dune, le village est ouvert 43 semaines par an 1 271 unités d’hébergement sont exploitées pour un nombre de lits de 1 763.
275 000 nuitées par an 70 % de taux de remplissage à l’année 40 000 clients accueillis en 2007.

Impact économique Emplois directs : basse saison 37 CDI ; haute saison 37 CDI et 26 saisonniers (8 mois) Autres emplois directs générés par le village de Belle Dune -Aquaclub : 19 CDI et 17 saisonniers -Golf 18 trous : 15 CDI et 10 saisonniers Au total, création de plus ou moins 96 équivalents temps plein directs sur 12 mois Taxe de séjour du village Pierre et vacances : 87 000 euros Taxe professionnelle : 149 000 euros Taxe foncière : 114 000 euros.
Ces chiffres valent pour l’année 2007.

« SANGATTE, UN SITE DANS LEQUEL JE CROIS »
Le conseil municipal de Sangatte a été accueilli à Hardelot par Nicolas Boissonnas, président de l’Open golf club. Ce groupe est à la tête d’un patrimoine impressionnant de golfs, d’hôtels et de restaurants, en France comme à l’étranger. Le golf des Dunes d’Hardelot en fait partie.
Le président a d’abord rappelé que « nous sommes un groupe familial, dont les origines remontent au ski ». Ses parents ont créé la station de Flaine, en Haute-Savoie. « En 1978, avec mon beau-frère, nous avons procédé à une première diversification avec le golf, et nous avons acquis Saint-Cyprien ». A l’époque, la mode était au tennis, et ce choix était osé. « Mais à partir de 82, la courbe croissante du golf n’a fait qu’augmenter, et de 40 à 50 000 licenciés à l’époque, nous sommes passés aujourd’hui à 400 000 ! »
Prêts à investir
Son choix d’implantation à l’époque était « le plus au Sud possible ! Loin de nous l’idée d’investir dans le Pas-de-Calais  ». Fin des années 70, la région véhiculait une image « industrielle, perdue dans les fumerolles d’aciéries et sans routes  ». Puis il y a eu un tournant, « la vision s’est modifiée ; vers 85, Disney a décidé d’investir en Europe, et a choisi Paris plutôt que Barcelone ». C’est aussi l’époque du traité de Canterbury, « qui lance la construction du tunnel » . L’A16 pointe le bout de son nez, « et la fermeture des mines de charbon est décidée » . En quelques années, le Nord – Pas-de-Calais est devenu « une région au coeur de l’Europe, avec le TGV, des autoroutes, c’est devenu un carrefour, et ça représente un atout fabuleux ».
En 92, son groupe fait le choix d’acquérir le golf du Touquet, puis en 99, celui d’Hardelot. « Peut-être viendrons-nous à Sangatte, si l’occasion se présente, a lancé Nicolas Boissonnas. Nous sommes prêts à investir au nord du pays ».
Sangatte, selon lui, « est un très bon site, c’est magnifique de pouvoir voir les côtes anglaises, les bateaux qui naviguent sur la Manche, les car-ferries… peu de golfs profitent de cette animation ». Il est aussi conscient des inconvénients : « Le site est battu par les vents, et un point m’inquiète un peu… sur le terrain, il ne se passe pas grand-chose depuis 2002 et la fermeture du site d’accueil des migrants ; je ne vois pas grand-chose venir, et, pendant ces six ans, la concurrence ne vous a pas attendus : la Turquie, la Costa del sol, le Portugal, tous ont compris l’enjeu économique des golfs ». Il se fait ainsi « l’avocat du diable » pour signaler que « votre terrain agricole ne pose pas vraiment de problème, il n’y a pas de forêt à défricher, pas d’enjeu environnemental majeur…  » Ça ne l’a pas empêché de déclarer avec le sourire que « Sangatte est un site dans lequel je crois, et je suis prêt à être à vos côtés pour en discuter ». Mais le message était clair : « Je ne serais pas contre un coup d’accélérateur », détaillant au passage que « les SCOT sont des instruments de développement du territoire très bien intentionnés, mais parfois longs à mettre en oeuvre. »

Avis aux intéressés… Marie-France HEMBERT

UNE ARCHITECTURE À ÉTUDIER
Le projet de golf comprend une partie d’urbanisation. Quelle part sera réservée aux implantations touristiques ? Quelle part au résidentiel ? Rien n’est encore défini, mais Guy Allemand est conscient qu’il faudra être très vigilant, « pour faire en sorte que ces réalisations ne se démarquent pas du village ».
A titre d’exemple, il a emmené son conseil municipal à deux pas du golf d’Hardelot, au domaine du Golf des pins. Cet ensemble résidentiel réalisé par des Belges il y a quelques années « est un traitement intéressant du domaine public, qui change de l’alignement que l’on connaît par chez nous  », a détaillé le maire. Le coût n’est pas excessif, et « l’ensemble s’intègre bien dans son environnement ».
« Ce n’est qu’un exemple, a souligné Guy Allemand, mais il permet de se faire une idée de ce qui se fait ailleurs en terme d’intégration ».
Le maire veut avant tout conserver l’identité du village, « et voir comment on peut intégrer une architecture tout en la préservant… par exemple, on ne va pas accepter de toitures plates, ou des immeubles ». Et d’évoquer le Sangatte d’avant-guerre, que l’on peut parfois encore admirer sur les vieilles cartes postales de collection… « On pourrait peut-être en trouver un rappel historique, c’est une piste à envisager  ».

40 000 VISITEURS
« Le golf des Dunes d’Hardelot a accueilli cette année 40 000 visiteurs en green free. Ils réservent entre deux et trois nuits d’hôtel et dépensent pendant leur séjour environ 600 euros », a détaillé Ken Strachan, le directeur.

De 32 à 50 emplois « Le chiffre d’affaires est de 3,7 millions hors taxes ; le personnel varie de 32 à 50 personnes, selon la saison ».

Une clientèle
britannique Les visiteurs sont à 65 % britanniques, 16 % français (surtout des Parisiens) ; le reste est composé de Belges et de Hollandais.
Source:

http://www.nordlittoral.fr/actualite/calais/Vie_locale/article_799397.shtml

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