Une centaine de camions de verdure asiatique et sud-américaine

Posté par admin le 25 janvier 2010

En quoi consiste le « tourisme durable et respectueux de la nature » de Pierre et Vacances dans ses Center Parcs ?

Déraciner des centaines d’arbres et plantes dans le monde entier, les voler aux populations locales, les transporter en Hollande pour les mettre en attente, les re-transporter dans les Center Parcs français dans des centaines de camions  et les replanter sous une clôche gigantesque maintenue 365 jours par an à 29 °, pour que le touriste occidental en mal d’exotisme puisse les photographier dans le confort.

Les marchands de tourisme durable de Pierre et Vacances montrent, avec la caution du WWF, dans le cynisme le plus total leur vrai visage de destructeurs, pilleurs et pollueurs fous et arrogants .

 

LE PORTRAIT DU DIMANCHE     JEAN HENKENS
GREEN’DIANA JONES

Jean Henkens, 54 ans, travaille depuis plus d’un quart de siècle pour habiller de vert les Center Parcs d’Europe. C’est à 8 ans qu’est apparue sa vocation de botaniste.
On l’appelle «l’homme qui murmure à la racine des plantes». Le chef botaniste du futur Center Parcs parcourt le monde, sac au dos, pour débusquer des plantes rares.

Oh non, appelle-moi Jean !» Il n’aime pas les chichis, le chef botaniste de Pierre & Vacances. Jean Henkens sert d’entrée à son interlocuteur un sourire à la Jack Nicholson, histoire de mettre en confiance. L’homme a l’habitude du contact. Plus d’un quart de siècle qu’il parcourt le monde pour Center Parcs, sac sur le dos et tente sous le bras, pour débusquer une plante de la forêt amazonienne ou de la jungle d’Asie du sud. Alors entrer en contact avec son prochain, ça le connaît…

Jean n’est pas qu’un botaniste. Il est responsable de tout ce qui est végétal sur les sites Center Parcs d’Europe, et l’affaire n’est pas mince. Pour le seul complexe d’Hattigny, près de Sarrebourg, qui est en train de sortir de terre, 30 000 plantes de 1 000 espèces seront installées d’après un plan très précis. Jean est un architecte des plantes, un Indiana Jones de la bouture, un Templier de la renoncule. Son Graal n’est pas d’or et d’argent, mais de chlorophylle et de racines. Et pour le trouver, point de voyage organisé avec tour-opérateur et hôtel de standing. Mais une véritable aventure.

Huit tonnes déracinées au Laos
Jean rentre tout juste de Namibie, où il a trouvé quelques plants pour un Center Parcs situé en Isère. «J’étais avec des Bushmen, tu sais les petits hommes qui vivent dans la forêt », lance-t-il. En général, le Nicholson de la pampa s’entoure de la population locale pour trouver la meilleure espèce, mais aussi pour déraciner les arbres qu’il choisit. Ainsi, le Center Parcs du Domaine des Trois Forêts verra débarquer sa verdure asiatique et sud-américaine dans une centaine de camions au printemps, dont un arbre de douze mètres et de huit tonnes, le michellia figo, cueilli au Laos. Un empereur de la jungle qui, pour l’instant, dort dans une serre en Hollande, et que Jean sort de sa terre natale sans scrupule puisque ce n’est pas pour le débiter, mais pas sans philosophie : «Quand je déracine un arbre de 500 ans quelque part dans le monde, je me sens responsable envers lui parce que je fais une intervention capitale dans sa vie. Et je ne suis pas responsable seulement deux ou trois mois, mais pour très longtemps… »
Ce rapport de respect mutuel avec l’environnement, Jean Henkens l’a toujours entretenu. A 14 ans, il plante la tente pour la première fois dans le jardin du roi de Belgique à Meise, histoire de vivre en symbiose avec la nature. A 21, il fait de même à Sumatra et Bornéo, avec à peine quelques francs belges dans la besace. A 26 ans, il débute sa belle histoire avec Pierre & Vacances, passant de jardinier à chef des services verts en trois semaines. Et tout cela à l’audace, après avoir interpellé le fondateur de Center Parcs, Piet Derksen, sur son idée d’introduire des plantes tropicales sous les dômes accueillant les piscines.

Un verre de sang chaud
L’idée fait son chemin et Jean aussi. Et voilà le téméraire Belge parti aux quatre vents, mais pas franchement la fleur au fusil. C’est que Jean sans peur a connu quelques suées, qu’il raconte avec l’enthousiasme d’un adolescent. Et lorsque le Flamand bute sur une expression, un mot ou une phrase, le suspense se fait plus grand encore jusqu’à la chute de son histoire vraie. « En 1987, en Ethiopie, à 200 kilomètres à l’ouest d’Addis Abeba, une guérilla m’a pris en otage. Personne ne savait où j’étais. J’ai passé dix jours sans nourriture et j’ai perdu vingt kilos. Après trois semaines, j’ai trouvé la possibilité de contacter quelqu’un. Ils voulaient une rançon », se souvient-il. Ou cette fois, au Cameroun, où il s’est retrouvé encerclé par 500 villageois au beau milieu de nulle part et forcé par un chef de clan sans âge à boire du sang chaud dans une tête de chèvre coupée. «Ça m’a donné une maladie tropicale que personne n’a jamais pu soigner. J’ai encore des plaques rouges !», sourit-il. Nicholson aussi a ses faiblesses.

Philippe DERLER.
Publié le 24/01/2010

Source:

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/article/2614511,75/Green-diana-Jones.html

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