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- Quelques questions et leurs réponses relevant nos griefs contre la construction du Center Parcs de Roybon

Posté par admin le 14 avril 2010

Qu’est-ce qu’un Center Parcs ? Quels sont les enjeux de l’implantation d’un Center Parcs sur un territoire et même une zone de revitalisation rurale ? Le Center Parcs crée-t-il des emplois et quel type d’emplois ? Pourquoi les élus soutiennent-ils ce projet ? Nous sommes avec Henri et Bruno, deux opposants à Center Parcs avec qui nous allons essayer de mieux comprendre quels sont les enjeux de l’installation d’un Center Parcs sur le territoire Roybonnais

(1)

Bonjour ! Nous allons parler d’un projet qui est en train de se monter sur la commune de Roybon. Un projet de Center Parcs réalisé par la société Pierre & Vacances. En effet la société avait démarché la commune de Roybon au cours de l’automne 2007 pour construire un Center Parcs au bois des Avenières dans la forêt des Chambarans et vous vous êtes mobilisés contre ce projet. Nous allons donc parler de cela. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qu’est un Center Parcs et quel est le projet dans les Chambarans ?

– Un Center Parcs est une ville de vacances privée et fermée dans laquelle il y a une bulle de 30 000 m2 avec une végétation tropicale autour d’une piscine à remous qui se trouve à la température de 29°C. C’est ce que vend la société Pierre & Vacances dans ses Center Parcs pour profiter d’un tourisme à l’année contrairement au tourisme blanc, le tourisme des stations de ski, et le tourisme côtier qui sont saisonniers. Ici on vient, durant toute l’année, consommer ce genre de tourisme et ses activités proposées. Sous la bulle, il y a des restaurants, des boutiques, de quoi pratiquer des activités. À l’extérieur, on trouve une mini-ferme des animaux, un centre de séminaire et des parcours à VTT, à cheval et d’accrobranche. Les touristes habitent dans des bungalows. Il y en aura pour celui de Roybon 1021, pour 4 à 8 personnes. Mais la construction d’un Center Parcs est avant tout une opération immobilière. Le terrain a été acquis au prix du non-constructible à 30 centimes d’euro le m2.(2) Dans la région le m2 constructible coûte environs 80 euros…
La société Pierre & Vacances fait construire ces habitations lorsqu’elle a trouvé les investisseurs. Les bungalows sont en effet vendus à des investisseurs qui les loueront ensuite à la société Pierre & Vacances qui se chargera de les remplir de touristes. Les bungalows sont mis en vente aux prix de 235.000 euros pour un 54 m2, jusqu’à 372.000 euros pour un 85 m2. Pour attirer les investisseurs, le directeur, Gérard Brémond, a su jouer de son charisme et de ses relations à l’assemblée législative et aux ministères pour faire voter un ensemble de décrets qui lui sont favorables. Un journaliste des Échos, dans son article Gérard Brémond : jamais en vacance (paru le 01/02/2007)(3), nous disait même que « le secteur de la promotion immobilière lui doit notamment tous les décrets, baptisés dans les couloirs de l’Assemblée nationale “les amendements Brémond” ». L’investisseur récupère la TVA grâce à la loi Demessine puisque la société Pierre & Vacances implante son Center Parcs à Roybon en zones de revitalisation rurales (ZRR). Il bénéficie d’une aide de 7.000 euros pour investissement dans une résidence de tourisme qui a été gracieusement proposée par Monsieur Vallini, président du Conseil général de l’Isère. Il peut aussi bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu qui peut aller jusqu’à 25% grâce à la loi Cellier.

– Un des intérêts pour Pierre & Vacances, c’est de ne rien dépenser (ou en tout cas le moins possible). Il vend les bungalows sur plans avant de les construire, ce qui lui permet de construire cette ville touristique sans avancer (ou en tout cas le moins possible) de fonds. Et dans cette ville, il vendra les loisirs qui sont assez chers. Il vendra chaque sport et chaque activité et notamment l’aquamundo, cette bulle fermée chauffée toute l’année à 29°C, qui est la fierté du Center Parcs.

C’est donc un centre pour habiter et pour les loisirs. Et puisque nous parlons d’argent, c’est à la fois le Conseil général et la Région qui vont porter leur soutien. 15 millions d’euros dont 7 millions d’euros pour les bungalows du Center Parcs et 8 millions pour intervenir sur les équipements publics : l’assainissement etc. Tout cela c’est aussi des fonds publics qui seront dépensés…

– On vend à Pierre & Vacances un terrain non viabilisé et on lui offre la viabilisation immédiatement après. Le fait de vendre le terrain non viabilisé permet de justifier la vente à un prix dérisoire et ensuite la société Pierre & Vacances bénéficie de la viabilisation en prétendant que cela va servir à toute la région, qui n’en avait pourtant jusque là pas besoin. Ces investissements sont dédiés seulement au Center Parcs.

Et si les pouvoirs publics ont investi autant d’argent, n’est-ce pas qu’ils pensaient que la région avait besoin de cette revitalisation économique et notamment la création d’emplois ?

– Oui en effet, le projet va permettre de faire travailler sur le chantier 700 personnes. Il permettrait ensuite de créer 700 emplois dans le Center Parcs. Il s’agit en fait de 470 emplois équivalents temps plein. Cela devrait aussi amener 12 millions d’euros de fournitures et de services localement. Les entreprises du Bâtiment et Travaux Publics vont pouvoir signer quelques contrats et leurs patrons seront heureux de faire vivre leur entreprise et de tirer quelques profits… Mais nous voudrions aussi mettre en cause la manière comptable d’aborder les problèmes sociaux. Nous voudrions montrer du doigt dans quel genre de société nous vivons. Nous voudrions dénoncer la folie d’un monde qui se voit obligé de détruire ces richesses (le vivant et le beau) pour pouvoir constamment reconstruire parce que le système nous oblige à produire afin de pouvoir créer des emplois et consommer. Depuis des décennies, les crises se succèdent et le problème reste sans solution. Le système économique et financier ne peut continuellement subsister sans une profonde remise en question. Il est impensable de vouloir continuer à produire de l’argent sur de l’endettement et des capitaux fictifs, et de créer exclusivement des emplois de services et de dé-localiser les emplois dans le domaine des premières nécessités, de l’alimentation etc. Cela ne peut pas durer éternellement ! Dans son histoire, la société industrielle s’est développée à partir d’une production locale pour ensuite consacrer certaines régions à des industries particulières. À Saint Siméon de Bressieux, il y avait l’entreprise de mécanique Schaeffler qui a fermé en 2009. On a promis aux ouvriers licenciés, qui faisaient de la mécanique jusque-là, qu’ils auraient un emploi dans le tourisme à Roybon, dans le Center Parcs. Ces gens-là travaillaient pour une industrie dont les conventions collectives avantageuses pour les ouvriers de ce secteur avait été gagnées par des luttes sociales. Ils vont se retrouver dans le secteur du tourisme dont les conventions sont parmi les plus pourries de l’industrie, où on vous fait venir travailler pour quelques heures et à des heures et des jours impossibles (dimanches et jours fériés compris). En prenant de la distance, nous nous apercevons que l’essentiel est produit ailleurs et nous fabriquons ici de l’artificiel, du superflu.
Localement, on a dans le Grésivaudan transformé la région qui vivait des différentes papeteries, installées le long de la vallée, qui ferment depuis quelque temps. Elles font place actuellement aux nanotechnologies. Ainsi on balaye tout un savoir-faire et une industrie afin d’adapter la région aux volontés des technocrates et des nouveaux industriels. Nous ne cherchons pas évidemment à défendre une industrie contre une autre, nous cherchons à dénoncer comment la société est en train de se transformer en une société qui se borne à produire de l’artificiel et des services. On fabrique de l’artificiel avec les nanotechnologies pour réaliser des produits qui ne sont pas essentiels et ensuite on passera ses vacances à Center Parcs pour consommer de l’artificiel et des services produits par des gens qui, il n’y a pas si longtemps, avaient un savoir-faire, un métier dont l’économie et les technocrates ont décidé de se défaire. Nous cherchons aussi à comprendre pourquoi la société en est arrivée là et essayons de voir comment il est possible d’en sortir. Les choses se font de manière automatique, à cause d’une rentabilité et d’une concurrence sans état d’âme à laquelle les producteurs se trouvent obligés de participer ; le système ayant pour loi celle du plus fort, il faut être le premier avant les autres à produire du nouveau pour créer une « niche » dans laquelle celui qui l’aura créée aura l’avantage sur les autres. Nous nous retrouvons ainsi à produire de l’artificiel et à consommer de l’artificiel.

– Il y a un côté un peu désespéré. On a l’impression que le système est en train de s’effondrer, en est conscient et se relance sans arrêt sur tout et n’importe quoi en détruisant tout et n’importe quoi pour créer de l’emploi. On détruit de l’emploi en permanence et on reconstruit un autre type d’emplois. Et dans cette façon désespérée de gérer la société, lorsqu’on nous aura détruit les 220 ha de forêt soi-disant pour créer des emplois, on risque de nous dire que, la crise étant présente, le tourisme à la Center Parcs ne sera plus aussi attrayant, surtout que la concurrence devient grande dans ce secteur de l’économie (le nombre de lits augmente aussi ailleurs) et qu’il faudra passer à autre chose, de la même manière que l’on vient de dire aux employés du secteur mécanique industrielle de Schaeffler de se convertir au tourisme de masse. Beaucoup d’économistes sont d’ailleurs très inquiets pour les années qui viennent, pensant après avoir analysé la situation qu’une nouvelle crise viendra immanquablement bientôt. On nous aura ainsi détruit ce bois des Avenières pour rien en nous expliquant que ce qui est important dans la vie c’est de travailler à n’importe quel prix.

Comme vous le disiez tout-à-l’heure, ce sont des emplois dans le secteur touristique qui seront surtout des emplois d’accueil, de services etc. Ce ne seront pas les cadres de Pierre & Vacances qui seront recrutés sur place ?

– Les cadres seront importés et Pierre & Vacances dit très clairement que localement ce seront des emplois de femmes de ménage, d’agents de services etc.

– Il est prévu de faire travailler 300 femmes de ménage et d’entretien qui travailleront 10 heures par semaine, dont 5 heures le vendredi et 5 heures le lundi ; c’est-à-dire les jours où les 8000 touristes se croiseront sur les routes, les aéroports et les gares.

– Depuis que nous nous intéressons à la question, nous avons suivi l’actualité dans les Centers Parcs. Nous nous sommes aperçus que durant cette période le personnel s’est mis en grève contre les conditions de travail et les salaires misérables, dans les trois domaines qui sont ouverts actuellement aux touristes. Le rêve présenté par le Conseil général et la plupart des élus nous affirmant que le Center Parcs va créer des emplois s’écroule. Les emplois que l’on voudrait créer sont des emplois de merde ! Nous avons appris aussi que les employés ne restent pas. Ils travaillent un temps puis ils partent ailleurs trouver mieux. Il y a eu d’abord en juin 2009 dans le Center Parcs du lac d’Ailette près de Laon dans l’Aisne une grève de la société de nettoyage GSF qui est une société sous-traitante qui travaille pour Center Parcs et nettoie les bungalows. Cette société a remplacé auparavant la société K dont les employés s’étaient mis en grève en juillet 2008. Nous avons appris aussi que dans ce domaine du lac d’Ailette, le personnel de ce Center Parcs s’est mis en grève 2 mois plus tard, en août 2009, pour demander une augmentation des salaires et des effectifs. En décembre 2009, le personnel du Center Parcs de Verneuil-sur-Avre en Normandie (le domaine des Bois-Francs) s’est mis en grève en demandant une augmentation de salaire de 4%. La direction leur a proposé seulement une augmentation de 1,3%. Les salariés qui gagnaient environ 1000 euros par mois, pour ceux qui travaillent à temps plein, auraient donc bénéficié d’une augmentation de… 13 euros seulement. En Sologne dans le domaine des Hauts de Bruyères, le personnel du Center Parcs de Chaumont-sur-Tharonne s’est mis en grève en décembre 2009 aussi parce que l’on veut dé-localiser le service comptabilité en Hollande. Il s’agit de 11 personnes qui travaillaient dans ce service de comptabilité à qui on a dit du jour au lendemain que l’on avait décidé de faire la comptabilité ailleurs en Hollande. Ces 11 personnes, qui n’étaient pas syndiquées, se sont mises en grève contre la procédure de licenciement économique collectif. Elles avaient écrit auparavant une lettre assez saisissante qu’elles avaient signée « Les naufragés de la bulle » et qu’elles avaient envoyée aux maires, à leur député et aux journaux. Dans cette lettre de détresse, elles disaient combien elles étaient surprises de voir l’entreprise faire des bénéfices en France et la voir renvoyer leurs emplois en Hollande. Elles disaient aussi combien elles se sentaient isolées, se posant même la question : « Faudra-t-il faire la Une des journaux avec “ Premier suicide chez Center parcs ” pour que [cesse] cette course infernale, lancée par des financiers peu intéressés du sort de ces salariés qu’ils jettent à la rue avec des indemnités dérisoires, alors qu’eux seront grassement récompensés par une prime d’objectif atteint ? »(4) Comment peut-on encore croire en ce système qui voudrait nous faire oublier qu’il brise des vies, en se présentant comme un système créateur d’emploi ? Il crée effectivement des emplois mais c’est toujours aux dépens d’autres emplois ! Toutes les luttes pour l’emploi se sont cassé les dents. Il faudrait aujourd’hui en tirer les conséquences.

– En ce qui concerne ces conflits, il s’agit toujours de conflits durs, car ils sont minoritaires. Le personnel est victime du turn-over. Ce ne sont jamais les mêmes personnes qui travaillent ensemble puisque le personnel ne reste pas. Il n’y a donc pas de pérennité syndicale qui s’installe. Lorsque la colère gronde, les salariés se retrouvent minoritaires puisqu’une union est difficile à se constituer avec du personnel de passage. Nous avons reçu des appels désespérés de personnes qui souffrent à l’intérieur de Center Parcs. On entend les mots « harcèlement », « esclavage », « cadences » etc. On s’aperçoit que la direction a encore décidé de réduire davantage le temps de travail des gens pour une quantité de travail identique. Les femmes de ménage, qui avant travaillaient 10 heures, ne vont plus travailler que 9 heures maintenant.

Il y a eu sur ce projet une alliance entre les pouvoirs publics et les pouvoirs privés. Aujourd’hui, où en sommes-nous des avancements de ce projet ? Sachant que le 4 décembre 2009 le Conseil général a signé avec le président du groupe Pierre & Vacances le protocole d’accord, le projet paraît déjà ficelé…

– En fait tout était déjà ficelé depuis le début. Quand on étudie bien ce projet, on se rend compte qu’il est arrivé ficelé. Tout le monde a été mis devant le fait accompli. On nous annonce tous les 6 mois une signature. Ils n’arrêtent pas de signer des protocoles entre eux, mais les accords existent déjà.

Est-ce qu’il y a eu une concertation avec la population ?

– En ce qui concerne la subvention de 15 millions que le Conseil général a votée, nous nous sommes aperçus que le président du Conseil général de l’Isère, André Vallini, l’avait prévue de longue date. De sa propre autorité, il l’a proposée à la société Pierre & Vacances. Les Verts ont d’ailleurs demandé officiellement à monsieur Vallini de leur expliquer d’où venait cette proposition. Pierre & Vacances fait du chantage aux collectivités. Ce Center Parcs devrait se faire à Roybon car les autres départements qui étaient en concurrence avec le département de l’Isère n’avaient pas les moyens de s’offrir le Center Parcs. Vallini a dit que c’était le département de l’Isère (en concurrence avec deux autres départements) qui avait mis le plus d’argent sur la table et que c’est pourquoi il avait été choisi par Pierre & Vacances ! (http://stream.alibitivi.com/popup/popup.php?&param_file=clients/cg38/dates/161009/vod)

L’enjeu du tourisme vert est très important puisque Center Parcs a mené une campagne de communication sur le développement durable. Leurs bungalows devraient être en bois local. Font-ils vraiment un effort de ce côté-là ou est-ce une façade commerciale ?

– Lorsqu’on détruit plus de 220 ha de forêt, on les a détruits ! Qu’ensuite on donne le qualificatif, à la construction de toute autre chose sur ces 220 ha, de durable, de vert, d’écolo, etc., nous sommes là à la limite du cynisme le plus éhonté. Monsieur Brémond, le fondateur et président de Pierre & Vacances, est l’un des premiers à avoir compris que l’économie verte naissante allait sauver le tourisme. Il force donc sur cette image. Il s’est associé avec le WWF qu’il subventionne par ailleurs régulièrement. En contrepartie le WWF subventionné n’est pas très regardant sur ce que fait Pierre & Vacances.
Cependant, ce tourisme vert reste du tourisme. Ce sont de toute manière des gens promenés dans une nature aseptisée dans laquelle ils doivent consommer du vert, mais cela reste du tourisme de consommation de masse. Cela reste du tourisme destructeur sur le plan environnemental et social. Nous devons savoir que si ce Center Parcs est construit, il sera le premier employeur de la région et il fera ce qu’il voudra. La région de Roybon sera totalement dépendante de cet employeur/consommateur. Il aura la possibilité, et il ne s’en privera pas, d’imposer certains de ses souhaits. Il pourra obliger les collectivités locales à faire une route ou autre chose et ruiner ainsi la vie locale.(5) Jusqu’à présent les gens avaient cet endroit libre et gratuit à leur disposition. Demain si le projet se réalise, il arriveront devant des barrières ; devant une ville fermée. Le tourisme indirectement interdit d’autres activités. Le PDG de Pierre & Vacances n’a pas envie que ses clients voient autre chose que du vert et par conséquent aucune autre activité ne pourra s’établir si elle fait de l’ombre au tourisme vert. Le tourisme vert entraîne un risque de « zooification » ou de « clownification » de la population. On va vraisemblablement demander aux gens de jouer au rural et éventuellement comme en Alsace de se déguiser en costume régional.

– Je voudrais revenir sur le développement durable et critiquer le concept même. Comment un projet comme celui-ci peut-il être présenté comme du développement durable alors que l’on va puiser de l’eau dans la Bièvre, la monter à Roybon, la chauffer pour une partie à 29°C toute l’année ou la jeter dans l’Isère à 10 ou 15 km plus loin ? On va construire des infrastructures routières peut-être ferroviaires, développer l’aéroport de Saint-Étienne de Saint-Geoirs et les moyens de transport aussi collectifs soient-ils. Nous sommes bien conscients que ce concept n’est qu’une nouvelle manière de redonner du sens à la production sans jamais la remettre en question. On ne voit pas comment ce projet peut être considéré comme un projet qui défend la nature alors qu’on espère développer une nouvelle industrie, ce qui par conséquent nous amène à la détruire.

La production des déchets et notamment des eaux usées sera probablement importante ?

– Pour les eaux usées, la station d’épuration ne pourra être construite à Roybon, il faudrait la construire près de Saint-Marcellin parce que les deux ruisseaux qui existent sur Roybon n’ont pas de débit assez important pour évacuer les eaux de l’éventuelle station d’épuration construite sur place qui permettrait de traiter les eaux usées d’une ville de 5000 habitants. On voudrait construire une ville totalement artificiellement sortie des tiroirs des technocrates à côté du village le plus important du coin, Roybon, qui compte seulement 1300 habitants. Il faudrait donc complètement revoir les infrastructures existantes puisqu’on voudrait construire une ville 3 fois plus grande que le village le plus important de la région.

Quel public touristique est visé dans ce projet ? Est-ce qu’on veut toucher les touristes locaux, de Grenoble, de Lyon… de plus loin ?

– Cela dépend à qui on s’adresse. Quand les communiquants s’adressent aux écologistes, ils déclarent que cela sera un tourisme isérois sans déplacements importants. Quand on s’adresse aux investisseurs, il leur est dit que les touristes viendront de toute la France et même de l’étranger. Dans les publicités que les agences immobilières (qui sont actuellement en train de vendre les bungalows un peu partout) nous présentent, les gens viendraient de toute la France. Elles nous montrent les autoroutes, l’aéroport etc. Elles nous disent que les touristes vont venir de Suisse, d’Italie ou encore des Pays-Bas. Nous avons trouvé des publicités pour la vente de ces bungalows de Roybon sur des sites néerlandais.
Donc, suivant les personnes auxquelles on s’adresse, on change de langage. Il nous paraît clair que partout où la société Pierre & Vacances s’est implantée, les Center Parcs visaient aussi une clientèle européenne. Son souci principal, une fois le Center Parcs construit et les bungalows vendus, est de le remplir. Un de ses arguments pour vendre ses bungalows est de dire que les Center Parcs ont le meilleur taux de remplissage. De toute évidence, il ne remplira pas les bungalows qu’avec les Isérois. Il les remplira si cela se fait avec tous ceux qui voudront bien venir dans cette bulle fermée et protégée à n’importe quelle période de l’année.

Vous nous parliez tout à l’heure de la population locale. Est-ce qu’il y a eu des annexions de terres ou des personnes qui devraient modifier leur activité, comme par exemple des agriculteurs qui se trouveraient à proximité du Center Parcs ?

– La mairie de Roybon d’une part et Pierre & Vacances d’autre part ont essayé, par l’intermédiaire de la Safer, d’étendre leur territoire en proposant d’acheter des terrains pour des raisons différentes. La mairie ayant vendu un terrain de la commune à Pierre & Vacances, elle se voit obligée d’acheter un terrain équivalent pour que la vente à Pierre & Vacances soit possible. Tandis que Pierre & Vacances voulait tout simplement le terrain qu’il convoite avec une superficie plus grande. Pour l’instant, presque personne n’a voulu vendre son terrain. Si le Center Parcs se fait, si ce flot de touristes arrive, des gens vont être condamnés à vendre et à partir. Des gens vivent à Roybon de leur agriculture ou d’autres choses et se trouvent ainsi liés à cette région et seront obligés de supporter leur nouvelle manière de vivre avec ce Center Parcs parce qu’il ne pourront faire autrement. D’autres gens ont choisi Roybon parce que cette région leur paraissait protégée du monde moderne et qu’ils aimaient vivre simplement dans le calme des Chambarans où ils pouvaient s’adonner à la promenade et non à la consommation. Nous pensons que ces gens-là ne pourront pas supporter de vivre à côté d’un Center Parcs.

Il y aura donc un impact certain pour les riverains.

– Il y aura cet impact-là pour les riverains qui pour l’instant n’est pas dominant. Mais nous avons rencontré quelques personnes qui nous ont dit qu’elles se trouveront obligées de partir et qu’elles n’étaient pas venues à Roybon habiter à côté d’un Center Parcs.

Quels étaient les arguments de la commune pour défendre ce projet ? C’était pour la revitalisation économique ?

– Les arguments essentiels sont le travail et la revitalisation en effet.

– Nous voyons, depuis quelques années déjà, que la municipalité de Roybon, et son maire monsieur Bachasson plus particulièrement, essayent de développer une industrie localement. Il y a tout d’abord eu un projet d’éoliennes qui est apparu et qui n’a pas encore été abandonné. Ensuite un projet de décharge et maintenant le projet de Center Parcs. Il y a donc localement une volonté de développement industriel.

– Il faut comprendre qu’il y a, au départ, une population fragilisée. Roybon a été dans le passé une région industrielle. Il y a eu des draperies. Il y a eu des fonderies etc. C’est une région qui s’est effondrée. Petit à petit, le travail a disparu. Les gens ont dû aller travailler de plus en plus loin. Il y a actuellement beaucoup moins de travail. Il y a une impression que la partie basse de la Bièvre a été favorisée par rapport à Roybon. Il y a l’angoisse du chômage et la crise. Il y a des gens qui ont besoin d’argent et de travailler, car ils se sont endettés. D’ailleurs Pierre & Vacances choisit les zones de revitalisation rurale pour que l’argument du travail domine le débat. Lorsque nous parlions aux gens, ils nous répondaient qu’ils n’aimaient pas cette industrie. Mais les emplois ! La population a été sensible à cette question. Ceci dit le projet a été présenté brutalement et totalement ficelé, ce qui coupe la réflexion sous les pieds, mais avec du recul nous sentons que l’approbation est moins évidente qu’au début. Et l’emploi créé se révèle ce qu’il va être réellement. Les gens se rendent compte qu’on ne fait pas vivre une famille en travaillant 10 heures par semaine. On n’a pas une vie sociale normale lorsqu’on va travailler tard le soir, tôt le matin, le week-end et les jours fériés etc. Les gens se rendent compte que ce n’est pas une manne qu’on est en train de leur apporter.

Est-il encore possible que le Center Parcs ne se fasse pas ? Et y a-t-il un réel moyen d’opposition au projet aujourd’hui ?

– Les choses sont bien avancées pour que nous puissions nous opposer au projet. Nous avons en face de nous un consensus qui ne va pas dans le sens que nous voudrions. En grande majorité les élus du Conseil général et de la Région ont défendu le projet. Les Verts et le Parti de gauche se sont opposés au projet. Les décisions ont été prises par le Conseil général et la Région de financer le projet.(6) Face à cela nous ne voyons pas ce qu’il est possible de faire. Nous avons essayé de soutenir une proposition qui nous a été faite lors d’une promenade que nous avions organisé dans le bois des Avenières en novembre dernier. Cette proposition consistait à constituer un collectif s’engageant dans une bataille juridique qui pourrait bloquer les décisions déjà prises. Ce collectif a du mal à exister, mais il organisera probablement quelques manifestations.

– Il y a des possibilités. Elles sont très techniques. Elles sont très lourdes. Les promoteurs du projet savent faire. Ils ont une batterie d’avocats qui connaissent les ficelles. Nous, nous ne savons pas faire. Jusqu’à présent nous nous sommes concentrés à faire de l’information et de l’agitation par des textes que nous avons distribués et affichés dans la régions pour que la population se rende compte dans quel univers elle va se trouver si le Center Parcs se construit. Tant qu’il n’a pas vendu les bungalows, Pierre & Vacances ne fait rien. Il ne démarre le chantier que lorsqu’une grande majorité des bungalows a été vendue. Puisqu’il n’avance pas d’argent, il attend que l’argent des ventes sur plans lui soit alloué pour commencer et payer les entreprises de son chantier. Il n’est pas exclu que Pierre & Vacances retire ses billes brutalement. On voit qu’il a du mal à vendre ces bungalows parce qu’on voit au fil du temps que les agences immobilières vont de plus en plus loin. Pierre & Vacances va de plus en plus loin proposer ses bungalows. Nous sommes actuellement dans une période de crise. Le concept Pierre & Vacances est un concept qui a très bien fonctionné, mais qui a créé des émules. Le Club Méditerranée qui n’était pas du tout dans ce secteur de tourisme rentre maintenant sur ce terrain-là ; sur les chasses gardées de Pierre & Vacances. On s’aperçoit que beaucoup de professionnels font du Pierre & Vacances, font du bungalow avec équipement aqualudique sous cloche. Il y a donc une concurrence très importante et on arrive à une relative saturation du marché. Nous pouvons donc avoir la bonne surprise un jour que Pierre & Vacances se rende compte qu’il a fait une erreur en voulant construire dans la région et qu’il décide d’abandonner le projet.

– L’effet de la crise peut influencer une décision. Les choses sont signées, mais sont-elles arrêtées ?

Comment se fait-il que la société Pierre & Vacances ait réussi à acheter son terrain à 0,30 euro le m2 et qu’elle puisse maintenant construire des bungalows qui vont ensuite être vendus très chers ?

– C’est la vieille expérience de monsieur Brémond. C’est un homme de pouvoir. Il a des relations. Il a un pouvoir extrêmement important. Il joue sur ce phénomène de fragilisation des populations qui veulent du travail à tout prix et qui n’ont pas le choix puisque c’est la seule façon que l’on a d’exister dans un monde de marchandises. Il choisit les zones de revitalisation rurale systématiquement. Pierre & Vacances a toutefois eu à supporter quelques oppositions. Nous avons noté quelques oppositions dont plusieurs réussites importantes contre Pierre & Vacances. Mais du fait d’avoir connu ces oppositions, la société sait les gérer de mieux en mieux. On sait qu’en Isère Pierre & Vacances a su très rapidement attirer la FRAPNA vers elle. Et la FRAPNA cautionne ce projet en estimant qu’il participe à un développement plutôt durable.(7) C’est une longue expérience que Pierre & Vacances utilise à tous les niveaux ; pour soutirer les subventions, pour avoir des terrains à 30 centimes le m2, pour affronterpaffronter une opposition…

Est-ce que vous avez eu un relais par les médias locaux ou régionaux ?

– Notre pratique n’est pas de médiatiser ou d’utiliser les médias. Notre pratique est de parler avec les gens. Nous préférons coller des affiches, distribuer des textes et faire signer la pétition sur les marchés où nous avons des discussions avec les gens.
On nous a reproché de ne pas avoir utilisé les médias, mais le contact direct et les discussions avec les gens sont quand même pour nous plus intéressants et beaucoup plus sains. Nous ne cherchons pas d’effet médiatique sans consistance.

– Nous aurions pu parler des autres oppositions existantes à Pierre & Vacances, car il y en a de nombreuses. Il y en a qui ont réussi. Il y en a notamment une à Ungersheim actuellement, où l’on se trouve à peu près dans la même situation qu’à Roybon : c’est une commune avec une forêt magnifique qui se bat contre Pierre & Vacances malgré le fait que la Région, les Communautés de communes du coin veuillent absolument ce projet, et qui depuis trois ans bloque ce projet. Au Lac de Chamboux, il y a une association de résidents qui a réussi à faire barrage à Pierre & Vacances.
Pierre et Vacances a un énorme projet près de Disneyland, de plus de 5000 bungalows en partenariat avec Disneyland. Une opposition à ce projet existe aussi. Pierre & Vacances sait ménager les oppositions. Il sait s’en servir s’il le faut, mais malgré tout on s’aperçoit que tout n’est pas aussi simple pour eux.
Des gens prennent conscience de ce qu’est cette touristification du pays et de ce que cela va amener comme misère. Ils commencent aussi à lutter contre ces projets et cette touristification massive.

– Il faut que les gens prennent conscience de ce que le tourisme a détruit par le passé. Les stations de ski ont détruit nos montagnes. Les bords de mer ont été détruits. La société Pierre & Vacances a trouvé dans la forêt une nouvelle niche à exploiter. Et nous pensons que les forêts à leur manière vont devenir ce que les montagnes et les bords de mer sont devenus. Brémond, le président de Pierre & Vacances qui faisait partie en 2008 d’un groupe de travail réuni par Christine Lagarde, ministre de l’Économie, qui devait plancher sur un plan « Destination France 2020 », répondait à la journaliste qui lui posait une question sur les pistes de réflexion de ce groupe de travail : « Il s’agit de définir des objectifs d’évolution de l’offre touristique par rapport à la concurrence mondiale. Des rénovations, des adaptations sont nécessaires. En termes d’aménagement du territoire d’abord, car aujourd’hui 20% du territoire hexagonal accueille 80% des touristes. Ce qui veut dire qu’il y a un or vert : l’intérieur du territoire offre des potentialités énormes. »(8) Les ambitions des industriels sont énormes, mais la crise à venir peut leur être fatale.
Dans le passé, nous avons connu des moments où des pays qui avaient misé leur économie sur le tourisme avaient été obligés de traverser quelques périodes sombres. En 1971, quelques régions sur la côte méditerranéenne espagnole, qui était la destination principale de la plupart des vacanciers européens, avaient dû essuyer une épidémie de choléra et par conséquent des résultats du tourisme catastrophiques.

Finalement cette opposition à Center Parcs n’est pas seulement une opposition à ce projet précis, c’est finalement plus un refus d’un tourisme industriel et du développement à tout prix !

– C’est effectivement un refus du développement à tout prix, qu’il soit présenté comme vert ou pas, et de cette acceptation de détruire pour que la société capitaliste ne meure pas pour créer du travail. Jusqu’à quel point va-t-on accepter que pour travailler on soit obligé de détruire le monde, nos vies ?

– Nous voulons effectivement dire qu’en renonçant à ce bois des Avenières nous acceptons non seulement les problèmes techniques liés à la loi sur l’eau ou encore la destruction d’arbres comme pourraient le penser monsieur Meneu, le président de la FRAPNA(9), et monsieur Noblet, le conseiller environnement de Vallini(10) ; en renonçant au bois des Avenières, nous acceptons aussi la destruction d’un habitat, d’un refuge, d’une manière de vivre, de relations sociales, d’une histoire, d’un imaginaire etc. La forêt a aussi été un refuge pour les résistants, pour les marginaux ou pour les bannis. C’était un en-dehors où chacun pouvait se cacher à l’abri des lois et de toute autorité. Aujourd’hui, les pouvoirs publics ne l’entendent pas de cette façon. Ils espèrent contrôler l’ensemble des territoires et des individus pour que la marchandise ait toute sa liberté.
Par notre critique, nous tenons à défendre l’idée que la forêt n’est pas seulement un dossier technique à gérer et un ensemble d’arbres. Nous ne défendons pas seulement un aspect écolo-environnementaliste lorsque nous nous opposons à la destruction du bois des Avenières.

– Il y a aussi toute une poésie profonde qui disparaît. Quand on compare la façon dont les touristes vivent leurs vacances à Center Parcs, en regardant les vidéos que les touristes mettent en ligne sur internet, avec la promenade sereine et poétique dans une forêt que l’on découvre en prenant le temps, nous nous apercevons que nous avons des manières radicalement différentes de vivre. Cette poésie qui disparaît quand le tourisme remplace la nature, les promenades et la rêverie, est une circonstance tragique pour l’histoire de l’humanité.
Il y a aussi dans notre opposition à Center Parcs une remise en question de la privatisation du territoire. Le territoire libre est en train de disparaître totalement. Aujourd’hui, nous sommes amenés, lorsque nous nous promenons, à passer d’une clôture à une autre en payant des droits d’entrée à chaque clôture. Et pour justifier ces droits d’entrée, on nous propose un confort très apparent. Mais le confort et la vie ne font pas forcément bon ménage. Ce n’est pas forcément un confort permanent d’aller en forêt ou ailleurs : ce ne sont pas forcément des chemins, des pelouses et des bois aseptisés.

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP), le 7 avril 2010

 

(1) Nous avons réalisé le questionnaire ci-dessous à partir d’émissions radio auxquelles nous avons participé. Les questions posées ici sont celles que Radio Royans nous a posées durant son émission du 21 janvier 2010. Nous avons reformulé les questions et surtout leurs réponses afin de permettre une lecture plus aisée. Nous nous sommes permis de compléter certaines réponses et d’apporter quelques éléments supplémentaires.

(2) La commune avait même proposé de vendre le terrain à la société Pierre & Vacances à 10 centimes d’euro le m2. Quelques riverains, afin de dénoncer cet abus, avaient surenchéri sur cette offre en proposant d’acheter le bois des Avenières à 11 centimes le m2. (Cf. P.V. du conseil municipal de Roybon du 5 septembre 2008 (doc. : 24cmdu5septembre2008.pdf in http://chambarans.unblog.fr/2009/09/23/chronologie-du-projet-dinstallation-du-center-parcs-vue-dans-la-communication-de-roybon/)

(3) http://chambarans.unblog.fr/2007/02/01/gerard-bremond-jamais-en-vacance/

(4) http://chambarans.unblog.fr/2009/11/02/les-naufrages-de-la-bulle-appel-de-salaries-de-center-parcs-vises-par-une-procedure-de-licenciement-economique-collectif/

(5) Les habitants de Roybon et de ses alentours viennent d’apprendre que la location de leur compteur d’eau allait augmenter de 75 euros sur trois ans… Le Center Parcs n’est pas encore construit qu’il impose déjà les premières augmentations aux administrés.

(6) Aux dernières élections régionales, les Verts d’Europe-écologie, qui avaient fait campagne contre la construction du Center Parcs de Roybon avant le premier tour, ont abandonné ce point dans leur campagne d’entre deux tours afin de signer leur alliance avec le Parti Socialiste qui est porteur du projet avec l’UMP. Nous sommes convaincus que la campagne des Verts contre Center Parcs avant le premier tour avait été prévue par les apparatchiks de l’alliance d’Europe-écologie comme point à lâcher durant les négociations avec le PS pour les accords leur permettant de s’intégrer au projet de région et à la gouvernance régionale pour le deuxième tour.

(7) Cf. : http://chambarans.unblog.fr/2009/11/01/la-frapna-a-nouveau-remerciee-pour-son-soutien-a-center-parcs-dans-le-journal-municipal-de-roybon/

(8) Interview de Gérard Brémond par la rédaction du Dauphiné Libéré, 1e 6 mars 2008 (http://chambarans.unblog.fr/2009/09/19/gerard-bremond-il-y-a-un-or-vert-80-du-territoire-reste-inexploite/)

(9) http://chambarans.unblog.fr/2009/11/01/la-frapna-a-nouveau-remerciee-pour-son-soutien-a-center-parcs-dans-le-journal-municipal-de-roybon/

(10) http://chambarans.unblog.fr/2009/12/02/correspondance-avec-un-conseiller-du-conseil-general-de-lisere/

Version imprimable:  - Quelques questions et leurs réponses relevant nos griefs contre la construction du Center Parcs de Roybon dans Textes et affiches pdf quelquesquestions.pdf

Une Réponse à “- Quelques questions et leurs réponses relevant nos griefs contre la construction du Center Parcs de Roybon”

  1. reduction center parcs dit :

    Je ne savais pas que les bungalows étaient vendus sur plan à des investisseurs privés. Je pensais que la société Pierre & Vacances finançait tout la construction. C’est plutôt malin je trouve !

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