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« il y a dans chaque niche fiscale un animal prêt à bondir »

Posté par admin le 20 juin 2010

La course à la niche fiscale, voila bien la raison d’être des Center Parcs et ce sont eux-même qui le disent : » Mais ce sont les investisseurs privés, attirés par des montages astucieux et la possibilité de niches fiscales, qui ont financé l’essentiel du projet. « C’est la condition sine qua non qui a permis de redémarrer le développement des Center Parcs en France », explique Emmanuel Brusq, directeur du développement. ». Et le journal nous rappelle au passage les « opérations de lobbying intensives » du promoteur immobilier pour ne pas perdre ses « niches », véritable pillage des fonds publics pour des intérêts privés.

 

Détente tropicale… en Moselle
Pierre & Vacances inaugure son 4e Center Parcs français. Malgré la crise, ces villages verts ne désemplissent pas…

Le tragique destin de Piet Dierksen
Avec les Center Parcs, l’entrepreneur néerlandais Piet Dierksen a eu un coup de génie. Ce vendeur de matériel de camping passionné de nature commence, à la fin des années 1960, par concevoir des domaines de loisirs équipés de tentes rigides, avant d’en arriver aux bâtiments en dur. L’espace aquatique, de simples piscines ouvertes devenues de plus en plus élaborées, fait fureur. Dans les années 1980, il revend l’affaire au brasseur Scottish & Newcastle, pour quelque 150 millions d’euros. Las ! Très pieux, Piet Dierksen offre l’intégralité de sa fortune à une secte protestante intégriste… et finit ruiné. On le retrouvera mort quelques années plus tard, seul, dans le bungalow d’un Center Parcs.

Depuis ce matin, il pleut non-stop. La forêt de conifères s’étend à perte de vue. Dehors, on frissonne; dedans, les baigneurs en maillot, étendus sur des transats, se détendent face au lagon, au milieu des palmiers et des baobabs. Bienvenue en Moselle, au Domaine des Trois Forêts, où le groupe Pierre et Vacances inaugure cette semaine son quatrième Center Parcs français. Cette fois, le patron Gérard Brémond (photo) a vu grand et « vert » : 800 bungalows plantés au milieu d’un domaine forestier de plus de 400 hectares, traversé de chemins de randonnée et de pistes cyclables.
Oubliez les espèces de « mobile homes » en béton des années 1970, typiques des Center Parcs de Sologne ou de Normandie. Cette fois, l’architecte Jean de Gastines celui du Centre Pompidou de Metz – a eu mission de réaliser un village éco-durable. Plutôt jolis, avec leur toiture en pente et leur salon grand ouvert sur la forêt, les bungalows en bois se fondent dans la nature. «Nous avons vraiment recherché une harmonie entre l’habitat et l’environnement », explique-t-il. Pas très écolo, quand même, la bulle aquatique, pardon, l’Aqua Mundo, qui fait le succès du concept, avec ses toboggans, ses jacuzzis, et autres bassins à vagues chauffés à 30 °C. Et ces plantes exotiques ramenées du bout du monde ? « Au moins, les 5 000 mètres carrés de bassins et la jungle tropicale sont-ils chauffés par biomasse », plaide la direction. Soit !
Cette destination, où la température descend facilement à – 10 °C l’hiver, vous semble bien improbable ? Avant même l’ouverture, le parc affiche complet jusqu’à fin septembre ! Un véritable pied de nez à la crise, ce concept. La plupart des treize domaines du groupe, qu’ils soient belges, français, allemands ou britanniques, affichent en effet plus de 85% de taux d’occupation. Avec 611 millions d’euros de chiffre d’affaires, les Center Parcs pèsent aujourd’hui plus du tiers du groupe Pierre & Vacances. Gérard Brémond, qui les a rachetés en 2003, n’en revient toujours pas. D’ailleurs, quand l’inventeur néerlandais Piet Dierksen (voir encadré) est venu lui proposer de développer ce produit en France, dans les années 1980, il lui a ri au nez. Tout comme Gilbert Trigano, le patron du Club Med, lui aussi contacté. «Nous étions convaincus que ça ne marcherait jamais chez nous », reconnaît-il.
A l’inverse du Club Med, ici, poney, accro-branche ou bowling : toutes les activités sont payantes, à l’exception de la bulle aquatique. Comptez 45 euros en moyenne par personne et par nuit, juste pour l’hébergement. Les clients, qui restent trois jours et demi en moyenne, dépensant à peu près autant en services annexes. Pas donné… Mais ces séjours « anti-bling-bling », qui permettent à plusieurs générations de se retrouver dans la nature autour d’activités simples, collent bien à l’air du temps.
En 2001, Gérard Brémond a fini par racheter 50% du capital, puis la totalité en 2003, avant de marier le concept avec le modèle d’affaires de Pierre & Vacances. Son fer de lance ? L’immobilier. Sur les 250 millions d’euros investis au total dans le domaine de Moselle, le Département et la Région en ont mis 30. Mais ce sont les investisseurs privés, attirés par des montages astucieux et la possibilité de niches fiscales, qui ont financé l’essentiel du projet. « C’est la condition sine qua non qui a permis de redémarrer le développement des Center Parcs en France », explique Emmanuel Brusq, directeur du développement.
Vendus sur plan, 200 000 à 350 000 euros pièce, chaque cottage rapporte à son propriétaire 4,5% de loyer annuel garanti par Pierre & Vacances; grâce aux 25% de déduction fiscale (plafonnée à 300 000 euros) de la loi Cellier, la rentabilité grimpe à 6,5%. Bingo ! Les 800 cottages des Trois Forêts se sont écoulés en dix-huit mois. Avec un brutal coup de frein : les résidences de loisirs menaçaient d’être exclues du dispositif. Quelques opérations de lobbying intensives ont rectifié le tir… Comme le disait Jacques Chirac, il y a dans chaque niche fiscale un animal prêt à bondir.

Source:

http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/economie/098635/detente-tropicale-en-moselle.html

Une Réponse à “« il y a dans chaque niche fiscale un animal prêt à bondir »”

  1. anal dit :

    je ne suis pas enarque mais il me semble que l’on se torture beaucoup l’esprit au sujet des niches fiscales. Pourquoi ne pas tout simplement les diminuer de manière proportionnelle à l’IR. Plus on paye d’impôts (donc plus on gagne d’argent) moins on a de possibilité de déductions. Cette manière aurait pour mérite d’aider les plus modestes.

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