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Les « villages contre nature », Un projet purement commercial, financier et immobilier, destiné à des investisseurs en mal d’avantages fiscaux et cachant mal son objectif véritable de spéculation foncière.

Posté par admin le 20 juin 2010

Nous relayons cette opposition au « Village nature », résultat d’une alliance entre Euro-Disney et Pierre et Vacances.

 

 

 

Nature Environnement 77 (anciennement nommée ASMSN)    6 rue Plâtrière 77000 MELUN

tel : 01 64 71 03 78   Mèl : ne77@orange.fr – Site : www.asmsn.org

Membre de France Nature-Environnement et d’Ile-de-France Environnement

 

Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /2010 18:02

 

LES « VILLAGES CONTRE NATURE »

 

 

LETTRE OUVERTE                                                                   Melun, le 17 juin 2010

 

 

Objet : Projet « Villages Nature »

            PIG Secteur IV Marne-la-Vallée


Nature Environnement 77 a envoyé une lettre ouverte aux conseillers généraux seine-et-marnais et conseillers régionaux d’Ile-de-France qui doivent prochainement se prononcer sur la révision du PIG (projet d’intérêt général) concernant le secteur IV de Marne-la-Vallée. Cette révision porte notamment sur l’augmentation du périmètre d’emprise du PIG nécessitée par les projets de « villages nature ».

 

Elle leur fait part de sa ferme opposition à ces projets, compte tenu de leurs implications non seulement pour le lieu même de leur implantation, mais aussi pour l’évolution des territoires voisins et les conditions de vie de leurs habitants.

 


L’étalement urbain – un aménagement du territoire déséquilibré

 

NE 77 défend depuis de nombreuses années un juste équilibre dans l’aménagement du territoire français, entre la région « capitale » et les autres pôles de développement (nos contributions lors de la révision du SDRIF 1990-1994, et lors de la révision du SDRIF 2006).

 

Elle a exprimé tant son souci d’équilibre entre l’Ile-de-France et le reste du territoire français, que son souci de la préservation du cadre et de la qualité de vie des habitants de cette région. Ce développement harmonieux pour les hommes et la nature va de pair avec la maitrise de l’urbanisation en Ile-de-France, de façon à éviter l’extension en tâche d’huile des zones urbanisées et de permettre le maintien de vastes zones rurales.

 

Des outils existent pour limiter l’étalement urbain : d’une part l’instauration des villes nouvelles destinées à canaliser la croissance démographique, d’autre part le développement modéré des bourgs, villages et hameaux institué par le SDRIF (schéma directeur de la région Ile-de-France. Encore faut-il s’y tenir.

 

Or, force est de constater que l’étalement urbain ne cesse de s’amplifier au détriment des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains. Devant l’évolution en termes de démographie et de consommation d’espaces du secteur situé en périphérie du secteur IV de Marne-la-Vallée, NE 77 a notamment traduit son opposition à la poursuite du gigantisme de la région parisienne par le vote d’une motion lors de son assemblée générale de mars 2006, alertant les élus sur les projets constituant des extensions de la ville nouvelle et prolongeant l’urbanisation vers l’est.  Elle avait exprimé le souhait :

 

  • Que la ville nouvelle soit strictement contenue dans ses limites initiales.
  • Que l’on préserve la ruralité du secteur de la forêt de Crécy et de la vallée du Grand Morin et toutes ses composantes : espaces naturels, forestiers, agricoles, structure et patrimoine des villages.
  • Que les activités humaines envisagées ne mettent pas en cause la qualité des sites.
  • Que l’on repense le transport des biens et des personnes, dans un souci d’économie et de diminution de la pollution.
  • Que l’on n’ouvre pas de nouvelles zones d’activités économiques alors que celles existantes ne sont pas terminées.
  • Qu’une véritable concertation ait lieu avec les associations et la population.

 

L’utilisation éhontée des termes « village » et « nature » pour désigner les projets d’urbanisation des sociétés Disney et Pierre et Vacances y était dénoncée.

 

 

Le projet « villages nature »


Ce dont on parle :

Un projet touristique de grande envergure, un concept touristique inédit fondé sur le développement durable, axé sur l’harmonie entre l’homme et la nature, des villages conjuguant les thèmes de l’eau, de la terre et de la forêt, une faible densité de développement (0,10 % de coefficient d’occupation des sols), 7200 unités d’hébergement.

 

L’envers du décor :

530 ha de terres agricoles au sud de l’A4 que s’approprient des entreprises privées et qui sont transformées en une enclave de tourisme international, quatre villages artificiels se parant de labels « développement durable », « éco-tourisme ».

Un mode d’urbanisation gourmand  en termes de consommation d’espaces alors que l’emprise prévue par la convention Disney n’a pas été entièrement consommée grâce à une consommation de surface des zones résidentielles (logements et hôtels) plus économe que prévu  et qu’il reste donc à l’intérieur du périmètre actuel du PIG des zones sans affectation.

Des espaces actuellement ouverts, désormais privatisés et destinés à capter la clientèle.

Un projet purement commercial, financier et immobilier, destiné à des investisseurs en mal d’avantages fiscaux et cachant mal son objectif véritable de spéculation foncière.

 

 

Villeneuve-le-Comte, Coutevroult et le parc naturel régional de la Brie et des Deux Morin

 

C’est afin de préserver la qualité de ses territoires ruraux (80 % de son territoire) et les réservoirs majeurs de biodiversité qu’ils représentent que la Région Ile-de-France s’est lancée dans la création de parcs naturels régionaux. Le projet de PNR de la Brie et des Deux Morin dont nous avons demandé la création dès 1993 au sein du collectif « Brie-Environnement » a été lancé le 28 juin 2007 par la région et est le complément indispensable aux quatre parcs naturels régionaux existants. Il s’agit d’engager une démarche permettant de résister aux pressions urbaines notamment.


Villeneuve-le-Comte, Coutevroult,  font partie des communes seine-et-marnaises du bassin versant du Grand-Morin et, à ce titre, sont comprises dans le périmètre d’étude du Parc Naturel Régional de la Brie et des Deux Morin. Leur place y est légitime, en tant que premiers villages ruraux à la frontière de la ville nouvelle.

 

Le préfet de la région Ile-de-France, au nom de l’état, dans son avis du 6 mai 2009, juge que le projet « villages nature » n’est pas compatible ni avec les objectifs ni avec la charte d’un PNR, par conséquent qu’il conviendrait d’en retirer le périmètre de celui d’étude du PNR. Va-t-on amputer, en reculant toujours plus loin les limites de la ville nouvelle, ce PNR tant attendu avant même qu’il ne soit créé ?

 

Pourquoi le projet « Villages Nature » est-il inacceptable ?

 

  • Parce qu’il signifie la mort d’un village rural, Villeneuve-le-Comte,  et son absorption dans un complexe touristico-urbain.
  • Parce qu’il est impensable que ce village n’appartienne pas entièrement au parc naturel régional de la Brie et des Deux Morins alors qu’il en constitue, en limite de ville nouvelle, une porte d’entrée idéale.
  • Parce qu’il entraîne la disparition de 530 hectares de bonnes terres cultivables en Ile-de-France et donc la poursuite du gaspillage des terres nourricières susceptibles d’assurer l’autonomie alimentaire de cette région. [1]
  • Parce que ce territoire agricole constitue une réserve potentielle pour le développement d’une agriculture de proximité utilisant des pratiques respectueuses de l’environnement.
  • Parce que ce territoire agricole constitue aussi une zone tampon entre la ville nouvelle et la forêt de Crécy et que sa suppression ferait venir butter les zones urbanisées directement sur le massif forestier d’une part et supprimerait la coupure existant encore actuellement entre la ville nouvelle et les communes du pays créçois (vallée du Grand Morin) d’autre part. Cela va à l’encontre de l’objectif de préserver une « trame verte et bleue » garante de la biodiversité.
  • Parce que ce projet est contraire à l’orientation du SDRIF qui stipule « la volonté de préserver des espaces ouverts, très appréciés pour leur proximité du cœur d’agglomération, et l’agriculture périurbaine, fragile, qui assure en partie la gestion de ces espaces ».
  • Pour le problème des déblais/remblais de terre et du trafic de camion que le chantier engendrera.
  • Parce qu’il signifie des prélèvements inacceptables sur la ressource eau, que ce soit pour alimenter, à partir d’une nappe phréatique en voie d’appauvrissement, les unités d’hébergement, ou que ce soit pour constituer les lacs artificiels.
  • Parce qu’il augmentera la circulation routière dans un secteur déjà saturé et la multiplication des infrastructures routières, engendrant à son tour l’artificialisation des sols.
  • Pour le trafic aérien induit (clientèle européenne ciblée).
  • Parce que par conséquent ses impacts seront considérables et contraires à la mise en œuvre des mesures issues du Grenelle de l’environnement.

 

Quelle alternative, quelle forme de tourisme en Seine-et-Marne ?


Il y a en Seine et Marne assez de villages authentiques et  proches de la nature qui permettent le développement d’accueils en chambres d’hôtes, gîtes ruraux, gîtes de groupes, notamment par la réhabilitation du bâti ancien. Ce type de tourisme privilégie la qualité de l’accueil des visiteurs,  qu’ils soient franciliens, français ou européens. Il est réalisé  par les habitants dans un cadre authentique et  met en avant un pays, une culture, un patrimoine, des produits locaux.

 

 Il associerait pleinement les acteurs actuels et potentiels du tourisme dans nos villages, bénéficiant donc directement à des seine-et-marnais en leur procurant une source de revenus.


Concernant les citadins franciliens notamment, le développement de ce type d’hébergement associé au réseau de gares et au PDIPR (Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée) permettrait de leur offrir des possibilités de séjours et de déplacements répondant aux exigences de l’enjeu climatique et de l’enjeu de modification de nos modes de consommation qui doit en découler.


 

Conclusion

 

On ne peut que s’insurger sur la façon de dénommer et de présenter ce projet purement commercial, financier et immobilier destiné à des investisseurs en mal d’avantages fiscaux.

Quel caractère d’intérêt général a-t-il ? Est-il légitime d’augmenter le périmètre du PIG pour permettre son implantation ?

 

Pour toutes les raisons évoquées, NE 77 pense qu’il serait très dommageable pour les habitants du secteur directement impacté, ainsi que pour les franciliens en général de permettre la réalisation de ce projet, fuite en avant dans l’urbanisation et compromettant les perspectives d’une « éco-région ».

 

Elle espère que les conseillers généraux et régionaux partagent cet avis et leur demande de refuser de voter en faveur de la révision du PIG du secteur IV de Marne-la-Vallée.

 

 

 

[1]Au rythme actuel de perte des terres agricoles, la France pourrait devenir franchement importatrice de denrées alimentaires en 2050, et perdre son indépendance alimentaire. Philippe Pointereau, cabinet d’études SOLAGRO

Par Nature Environnement 77 -

Publié dans : Urbanisme et Aménagement du territoire

Une Réponse à “Les « villages contre nature », Un projet purement commercial, financier et immobilier, destiné à des investisseurs en mal d’avantages fiscaux et cachant mal son objectif véritable de spéculation foncière.”

  1. ASSOCIATION ECOLOMIA dit :

    Bonjour,

    Coprésident d’ECOLOMIA, l’Association coopérative d’habitants de Bussy Saint Georges, je mène des batailles pour la santé et le bien être du VIVANT sur le territoire Buxageorgien, de la Communauté de Communes de Marne et Gondoire, et de toutes les communes environnantes !

    Sauver les dernières terres agricoles nourricières est essentiel et donc une priorité pour l’Association ECOLOMIA au même titre que l’eau, l’air et la biodiversité…les préserver des activités et des produits néfastes, les valoriser en fermes vivrières naturelles, paysannes et artisanales, pédagogiques et coopératives d’habitants…Ecole de la VIE pour toutes et tous!
    …LE PROJET CHARTE ECOLOMIA…http://ecolomia.jimdo.com

    A Bussy Saint Georges, il y a 135 hectares à sauver de l’urbanisation…Les 85 ha de terres agricoles nourricières de la Rucherie, et les 50 ha de la Croix Blanche.

    En effet, je suis en accord avec votre rapport comme quoi il n’y a pas de place pour un tel projet et qu’il serait très regrettable et très dommageable qu’il se fasse !

    Pour cela, je voudrais coopérer à mettre en péril ce projet de DISNEY et de Pierre et Vacances, d’utilités privés et d’intérêts personnels et délocalisés, destructeurs des biens communs locaux du Vivant, anéantissant l’autonomie des habitants et des autres espèces sur ce territoire à subvenir à leur propres besoins essentiels, et la solidarité entre les habitants et avec la nature, coupant les liens d’échanges Essentiels de la Vie entre la biodiversité…l’écosystème local !

    Prêt a entamer des actions concrètes en dénonçant auprès des instances juridiques compétentes la nocivité de ce projet…pour destruction des conditions nécessaires aux Vivants sur le Territoire, pour mise en danger de la vie d’autrui, pour non assistance à personnes humaines et non humaines en danger, pour destruction de la biodiversité et des écosystèmes, pour inutilité public et inintéressant pour la population locale…
    Appliquer à la fois la législation existante sur les droits de l’homme et de l’environnement, mais aussi utiliser les jurisprudences existantes et en créer, interpeller la population locale et nationale sous forme de pétitions ou référendum,interpeller les médias, utiliser le principe de prévention et de précaution, faire des propositions de lois contre les manques juridiques en la matière et faire marcher tous les réseaux sociaux physiques et virtuels de France et de Navarre. Faire des rassemblements pacifiques mais volontaires, à la campagne, sur les terres agricoles partout à Marne la Vallée et en France. Mais aussi, devant le parc Disney, les sites Pierre et Vacances, l’EPAMARNE, les mairies, la Safer, les Communauté de Communes, les Conseils Général et Régional, la Chambre d’Agriculture, la Préfecture…Informer les habitants et les Français sur le danger de la disparition des prairies (zones humides) et des terres agricoles nourricières, et également de leur pollution par les pesticides et engrais chimiques, par les OGM et les déchets toxiques…

    A bientôt.

    Frédéric ROMET
    Coprésident de l’Association ECOLOMIA
    3000 adhérents et 84% des habitants
    pour la création du PROJET CHARTE ECOLOMIA.
    http://ecolomia.jimdo.com
    01 64 66 27 80

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