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Medvedev renonce à la destruction de la forêt de khimki après une mobilisation sans précédent en Russie.

Posté par admin le 28 août 2010

Face à la mobilisation multi-forme et résolue des riverains soutenus par des écologistes, le président russe a été obligé de mettre un coup d’arrêt (provisoire, vraisemblablement ) à la destruction d’une partie de la forêt de Khimki en vue de la construction d’une autoroute. La détermination des populations pour défendre le bien commun que sont les forêts contre de puissantes entreprises et un gouvernement peu connu pour sa capacité à céder a été payante et de quelle façon ! La détermination des opposants du futur Center Parcs de Roybon pour faire annuler ce projet est, ici aussi, l’élément clé de notre réussite contre la société Pierre et Vacances et ses amis politiques .

 

Forêt de Khimki: Medvedev suspend la construction de l’autoroute controversée

Le président Dmitri Medvedev a demandé au gouvernement de suspendre la construction de l’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg qui devait traverser la forêt de Khimki (banlieue de Moscou) et de soumettre ce projet à une discussion publique.

« Bien que la construction de l’autoroute ait fait l’objet d’une décision gouvernementale ad hoc et de délibérations judiciaires, nos citoyens, dont les représentants des partis politiques à commencer par Russie Unie jusqu’aux mouvements d’opposition, les associations sociales et les experts estiment que ce projet a besoin d’un examen supplémentaire », a déclaré le chef de l’Etat dans son vidéoblog.

Selon lui, ce facteur l’a incité à « suspendre la réalisation de la décision gouvernementale sur la construction de l’autoroute » et à demander à l’exécutif « d’engager une discussion publique sur ce projet ».

Le tracé de l’autoroute payante entre Moscou et Saint-Pétersbourg devait passer par le massif forestier de Khimki, nécessitant l’abattage de 144 hectares. Ce projet a immédiatement provoqué les protestations des habitants de la banlieue, soutenus par les écologistes et l’opposition. Les défenseurs de la forêt ont fondé un mouvement devenu le symbole de la lutte de la société civile contre l’Etat.

Source:

http://www.fr.rian.ru/society/20100826/187304821.html

 

 

La société civile russe remporte une bataille dans la forêt Khimki
Publié le 27 août 2010 par Impressionsrusses
En suspendant la construction contestée d’une autoroute à travers une forêt en bordure de Moscou, le président Dmitri Medvedev concède une victoire à la société civile russe.

C’est sur Internet, principal relais de la contestation sociale russe, que le chef du Kremlin a mis fin au bras de fer entourant la construction de la première autoroute du pays entre Moscou et Saint-Pétersbourg, censée traverser la forêt de Khimki.

« La construction de l’autoroute a fait l’objet d’une décision gouvernementale appropriée et de délibérations judiciaires. Toutefois, nos citoyens, parmi lesquels les représentants des partis politiques Russie unie et de mouvements d’opposition, ainsi que des associations et des experts estiment que ce projet a besoin d’un examen complémentaire », a déclaré M. Medvedev dans son blog vidéo hébergé sur le site du Kremlin.

Au centre du litige mettant aux prises militants écologiques et autorités depuis 2007, 144 hectares d’arbres situés dans un des poumons de la capitale russe, condamnés à être abattus pour permettre la construction de l’autoroute par le géant français des BTP Vinci. Cristallisant les tensions au niveau aussi bien local que fédéral, le dossier avait été porté par les écologistes devant la Cour européenne des droits de l’homme en mars 2009.

Le geste de bonne volonté de Medvedev constitue un véritable coup de théâtre alors que le conflit était récemment entré dans une phase particulièrement agressive : fin juillet, les activistes qui occupaient le parc avaient été délogés par l’OMON, la police antiémeute. La meneuse du mouvement, Evguenia Tchirikova avait, quant à elle, affirmé faire l’objet de menaces de mort.

Mais la donne a changé. En juillet et août, la capitale russe asphyxiait dans les fumées des incendies arrivés jusqu’aux portes de la ville : les forêts martyres devenaient le symbole d’une écologie trop souvent sacrifiée sur l’autel d’intérêts économiques. L’été 2010 restera celui d’une prise de conscience collective qui a alimenté la grogne sur la Toile russe, puissant porte-voix de la contestation dans le pays.

Une inconnue persiste toutefois: les autorités sauront-elles tirer les conséquences des incendies en allant au-delà de la simple reconstruction des maisons détruites? C’est fragilisé et critiqué pour sa gestion de la crise que le Kremlin prête l’oreille au ressentiment accumulé au sein de la société russe. Bien que l’initative de Medvedev semble constituer un pas dans le bon sens, les écologistes de Khimki ne devraient pas crier victoire trop vite.
Source:

http://www.paperblog.fr/3560130/la-societe-civile-russe-remporte-une-bataille-dans-la-foret-khimki/

 

La révolution verte a peut-être commencé
La suspension du chantier de construction d’une autoroute qui devait traverser une forêt proche de Moscou marque un recul sans précédent du pouvoir face à la contestation populaire.

27.08.2010 | Mikhaïl Rostovski | Moskovski Komsomolets

la forêt de Khimki sera-t-elle épargnée par le projet d’autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg ?

Le 26 août, la Russie a connu une « grande révolution verte ». Pour la première fois, la fameuse verticale du pouvoir a plié sous la pression d’une opinion publique en colère. Le parti de la majorité, Russie unie, a soudain proposé au président Dmitri Medvedev de stopper la construction de l’autoroute qui doit traverser la forêt de Khimki. Pour 99 % des Russes, la raison qui a poussé les pouvoirs publics à changer d’avis dans la bataille autour de la forêt de Khimki reste un mystère. Nos dirigeants ont peut-être pris conscience que leur attitude du « ça passe ou ça casse » risquait de causer beaucoup trop de dégâts. Mais il est fort possible qu’il s’agisse d’une habile manœuvre politicienne, qui sera suivie d’une puissante campagne de propagande, après laquelle le chantier de l’autoroute reprendra sa progression.

Néanmoins une chose est sûre : l’appel que le parti Russie unie a lancé le 26 août à Dmitri Medvedev afin qu’il « calme le jeu » dans l’affaire Khimki ne relève pas de son initiative. On croirait revivre ce qui s’est passé à la fin de 2007 lorsque Boris Gryzlov, chef du parti, s’était vu suggérer de proposer à Poutine [alors à la fin de son second mandat de président] le nom de Dmitri Medvedev, et pas un autre, comme candidat à sa succession. Dans le cas qui nous occupe, le principal est moins la sauvegarde des arbres que la façon dont se prennent les grandes décisions politiques en Russie.

La manière qu’a un Etat de gérer les mégachantiers controversés constitue toujours un reflet de son système politique. Les Anglais ont leur méthode : depuis 2003, la perfide Albion discute avec ardeur du bien-fondé d’une troisième piste pour l’aéroport de Heathrow. Les spécialistes et le gouvernement ont toujours affirmé la nécessité de cette extension, contre l’avis des écologistes et d’une bonne partie de l’opinion. Il aura fallu des millions d’heures pour tenter de les convaincre, et ce n’est qu’aujourd’hui que le projet commence à avancer. La méthode chinoise est différente : le Politburo du Comité central du PC décide d’un chantier jugé important à réaliser sur l’emplacement occupé par un vieux quartier. Le lendemain, mille bulldozers accompagnés de forces armées sont sur place, et tout est rasé dans la journée. Les rapports officiels peuvent dès lors proclamer qu’une nouvelle décision du Parti a été concrétisée sur le terrain.

Que vaut-il mieux ? Les Anglais se plaisent à railler leur propre lenteur, mais allez à Londres, où l’air est pur, et visitez ensuite Pékin, depuis longtemps plongé dans une situation catastrophique du point de vue écologique. Vous vous ferez vite une opinion.

Dans l’affaire de la forêt de Khimki, nos pouvoirs publics ont voulu s’y prendre à la chinoise. Mais cela n’a pas marché. Finalement, notre pays est plutôt européen, et pas seulement par une fantaisie de géographe. Alors, devons-nous conclure au happy end ? Rien n’est moins sûr.

Malgré sa gravité, ce problème n’est qu’un cas isolé. La machine d’Etat s’est heurtée à une résistance acharnée, encouragée par la voix éraillée du très populaire rocker engagé Iouri Chevtchouk, et elle a opté pour un repli tactique. Mais dans des milliers d’autres situations, pour certaines tout aussi graves, cette résistance n’est pas au rendez-vous. Et là, la méthode chinoise qui rase tout au bulldozer s’applique avec succès. Khimki n’est que l’exception qui confirme la règle.

Rome ne s’est pas faite en un jour. Nous n’allons pas nous transformer d’un coup en Anglais après avoir été Chinois. L’événement du 26 août constitue malgré tout une victoire, et, paradoxalement, une victoire pour l’Etat comme pour la société. Ces derniers temps, nombreux sont ceux qui ont eu l’impression que le pouvoir, lorsqu’il débattait avec ses opposants, faisait preuve non de bon sens et de respect de la saine concurrence politique, mais de brutaux instincts primaires. La « révolution verte » de ce mois d’août nous laisse espérer que les dirigeants russes n’ont pas perdu toute capacité à s’arrêter à temps. Toutefois, notre Histoire montre que, souvent, une première révolution est suivie d’une autre, à laquelle succède une contre-révolution. On ne peut donc pas parler de certitude rassurante, mais juste d’un faible espoir. Ce qui n’est déjà pas si mal.

Source:

http://www.courrierinternational.com/article/2010/08/27/la-revolution-verte-a-peut-etre-commence

 

 

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