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Réflexions sur le projet d’un Center Parcs dans les Chambaran pc Sassenage novembre 2010

Posté par admin le 14 décembre 2010

Réflexions sur le projet d’un Center Parcs dans les Chambaran

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Le projet d’un « Center Parcs » dans la forêt des Chambaran (commune de Roybon)

« Pierre et Vacances », une florissante entreprise de tourisme, et sa filiale « Center Parcs » ont décidé d’implanter un centre touristique d’un genre très particulier dans la forêt des Chambaran, forêt qui comporte des « zones humides » protégées et située sur la commune de Roybon. Et alors que cette entreprise de dimension européenne voit ses parts de marché augmenter chaque année, sans aucune vergogne elle a néanmoins demandé des aides publiques à la Région Rhône-Alpes et au Conseil général de l’Isère.

En premier lieu et en dehors de toute considération sur le sens même des loisirs vendus (chèrement faut-il le dire) par cette entreprise ainsi que leur impact sur l’environnement, se pose la question de l’utilité sociale des fonds publics. Fonds publics accordés l’an dernier par la Région (7 millions d’euros) et le Conseil général de l’Isère (15 millions d’euros).

En deuxième lieu, se pose la question sur la façon d’agir à l’égard de la mise en concurrence des collectivités territoriales dès lors qu’une entreprise fait monter les enchères entre elles et joue sur le chantage dans le mode : « vous ne voulez pas de moi, je vais donc ailleurs ».

C’est quoi un « Center Parcs » ?

C’est un « concept » (comme disent les « commerciaux » dûment formatés) de loisirs promu par cette entreprise de tourisme et d’immobilier « Pierres et Vacances » et dont le label commercial lui appartient.

En fait, un « Center Parcs » (mauvais anglicisme) est un centre touristique totalement clos dont le centre ou l’attraction est l’« Aqua Mundo », immense espace fermé bénéficiant « toute l’année d’un climat tropical » avec une « eau à 29° », « véritable parc aquatique, pour vous offrir des moments intenses dans les lagons ou vous relaxer au milieu d’une flore exotique ».

Autour de cet épicentre vraisemblablement dispendieux en énergie (le contraire serait surprenant) et susceptible d’attirer les chalands à l’aise financièrement, sont construits des chalets appelés «cottages» (terme parfaitement ridicule) destinés à héberger les amateurs de ce type de tourisme. Passons sur les spas, salles de massages, restaurants, karaoké, boutiques, salles de danse, « déplacements doux », etc. tous autant vantés les uns que les autres : bref un univers complètement clos de consommation et coûteux (cf. les tarifs particulièrement élevés sur le site de « Pierres et Vacances »).

Ces « cottages » sont mis en vente par le promoteur qui vante sur son site tous les avantages fiscaux que les riches acquéreurs (rien en dessous de 200 000 €) peuvent obtenir, cf. le menu détaillé et parfaitement accrocheur « Avantages fiscaux » sur le site : http://www.pierreetvacances-immobilier.com/btoc/home.php/lg/fr ! On peut y lire : « Pour de gros contribuables, investir dans une résidence de tourisme en Zone de Revitalisation Rurale, dit ZRR, est un excellent moyen de compléter les défiscalisations qu’ils ont déjà mises en places ». Ce n’est pas un hasard, si les Center Parcs, jusqu’à maintenant, sont réalisés en ZRR, (seulement 5 cantons en Isère dont Roybon) car cela permet à travers la législation fiscale un certain nombre d’avantages et notamment la récupération de la TVA (sous condition de laisser en gérance les « cottages » pendant dix ans à un loueur en l’occurrence le promoteur). Il est écrit, plus loin : « Vous payez donc un prix hors taxe pour un bien d’une valeur patrimoniale TTC. De plus, Pierre et Vacances préfinance le montant de la TVA à votre place chez le notaire. Notre maîtrise fiscale nous permet de vous proposer différentes formules afin de répondre du mieux possible à vos attentes ». Autrement dit, pour des gens qui ont du pognon, l’acquisition d’un « cottage » n’est rien d’autre qu’un placement financier avantageux pour un bien immobilier dont la gestion semble sans soucis puisque c’est le promoteur qui s’en charge ! Sans vouloir charger la barque, un spam reçu hier, faisant suite à bien d’autres, est des plus explicites sur le sujet (2).

Le projet de Roybon

Il concerne 200 hectares de forêt dont une partie est classée en « zone humide » et de ce fait protégée. La construction de 1 000 « cottages » autour de « Aqua Mundo » est programmée. Sont utilisés, à titre de promotion commerciale bien dans l’air du temps et dans le style très tendance, tous les lieux communs ou poncifs vantant pèle mêle la filière bois, les économies d’énergie, l’obtention du label WWF, etc, j’en passe et des meilleurs. Bref du « développement durable » pur et dur avec à la clé, cerise sur le gâteau, des créations d’emplois.

Le maire de Roybon a accordé le permis de construire. Mais une association de défense environnementale ayant déposé un « recours gracieux » auprès du Tribunal administratif de Grenoble, ce permis de construire est maintenant suspendu. Ce qui semble provoquer l’ire du président du Conseil général de l’Isère et celle du PDG de « Pierres et vacances » si l’en en croit l’article du DL du samedi 6 novembre (fichier joint).

La posture de la Région et celle Conseil général de l’Isère

Lors de sa séance plénière du 9 juillet 2009, une majorité de conseillers régionaux a voté en faveur d’une délibération accordant une subvention de 7 millions d’euros.

Le 15 octobre, une majorité du Conseil général de l’Isère a adopté une résolution qui stipule notamment: « Le Département n’apportera pas d’aide directe à Pierre & Vacances. En revanche, il prévoit de mobiliser, sous réserve de la programmation annuelle des crédits, d’une part ses enveloppes (ou programmes) classiques dédiées aux collectivités publiques pour la modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement de l’ensemble du secteur Chambaran-Sud Grésivaudan pour un montant prévisionnel de 8 ME, auxquels viendra se raccorder, à cette occasion, le Center Parcs, et d’autre part, ses aides aux investisseurs en résidence de tourisme en zone de revitalisation rurale, pour un maximum de 1 000 cottages, soit un montant prévisionnel de 7 ME. » (cf. : DOSSIER N° 2009 DM2 D 23 02). En clair, le département de l’Isère accepte de prendre ses responsabilités en termes d’aménagement comme il ferait pour l’implantation de n’importe quelle entreprise. Mais de plus et c’est pour le moins surprenant, il budgétise une aide de 7 millions d’euros en faveur des nantis – le mot n’est pas excessif – qui placeront une partie de leurs revenus dans une opération immobilière déjà juteuse vu les avantages fiscaux y afférant ! L’adoption de cette délibération a donné lieu à une curieuse majorité si l’en en croit le DL du 17 octobre 2009 (fichier joint). Les Conseillers généraux communistes et apparentés ayant demandé et obtenu une disjonction des votes, 2 votes ont eu lieu, l’un portant sur les travaux d’assainissement, l’autre sur l’aide à l’acquisition immobilière (j’allais dire aide à l’accession à la propriété…).
Quelques précisions

Quand les laudateurs de ce projet mettent en avant la création d’emplois, question sociale parmi les plus graves en ce moment, faut préciser que les soi-disant 700 emplois annoncés une nouvelle fois par le président du CG (cf. DL du 6 novembre) sont en réalité, d’après le promoteur même Pierre et Vacances, 470 équivalents-temps-plein. Ce qui n’est pas du tout la même chose et devrait tempérer l’enthousiasme d’André Vallini. Et de plus ventilés ainsi : nettoyage : 334 ; bars et points de restauration: 132 ; activités loisirs : 100 ; administration de sécurité : 62 ; commerces : 43 ; maintenance : 26.

Quand le président du CG tape du poing sur la table (dixit le DL du 6 novembre) et exige du promoteur de recourir à des entreprises locales, sait-il pourtant, lui juriste de haut niveau, qu’aucune contrainte législative ne peut l’imposer ? La preuve, lors du débat le 9 juillet 2009 à la Région, le rapporteur de la délibération en faveur de la subvention de la Région laquelle incluait cette clause, avait été conduit à la retirer après intervention d’un élu UMP et approbation ensuite du président de la Région !

Une suggestion qui pourrait être mise en débat à l’occasion des cantonales

Le Conseil général et la Région ne pourraient-ils pas envisager l’étude de projet de développement touristique ? Projet qui soit à la fois de loisirs et culturel, qui propose des activités de découverte et de pratiques sportives, culturelles, artistiques variées aux particuliers comme aux pourvoyeurs de stages de vacances et de loisirs de groupe privés ou socio (CE), de France et d’ailleurs (label multi-langues), et qui soit respectueux de l’environnement, soucieux de développer de vrais emplois, dans des domaines  variés (pratiques sportives, artistiques, culturelles, hébergement et restauration) en utilisant au maximum les possibilités locales existantes, en en développant de nouvelles.
Par Gérard Beck

Mercredi 17 novembre 2010
Source:

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