Center Parcs : du balai à petits coûts

Posté par admin le 30 janvier 2011

Center Parcs : du balai à petits coûts
Publié le samedi 20 octobre 2007

Mariés, trois enfants et 700 euros d’allocations familiales. Angélique et Vincent sont agents d’entretien au Center Parcs. Vingt heures par semaine pour l’un et l’autre. Vincent en espérait trente.

VINCENT MENNECHET, 35 ans, sa femme, 28, trois enfants de 10, 8 et 6 ans, un appartement en location rue Nanquette et 700 euros d’allocations comme ressources mensuelles.
Il n’y a pas de chômeur sous ce toit. Angélique travaille, c’est son premier boulot, chez K Propreté pour Center Parcs. Vincent c’est la même chose.
Ils sont agents d’entretien tous les deux, préposés avec trois dizaines d’autres au nettoyage de ce qu’ils appellent le «central».
La bulle, les annexes, les restaurants, le bowling ou discothèque, sept jours sur sept avec une demi-heure de pause en journée pour déjeuner.
Travailler comme cela, si c’était le paradis, ils le diraient. Leurs collègues aussi que la société d’intérim Manpower a envoyé sous les tropiques axonaises pour le compte de l’entreprise de nettoyage.
Seulement voilà : Angélique est en arrêt maladie. Son employeur lui doit 72 heures. Vincent n’a pas été payé non plus depuis le 25 septembre. On leur répond que c’est normal.
Manger dehors
Tourneur fraiseur, formé à la commande numérique, Vincent est un métallo qualifié qui pratique l’intérim depuis une paye. « On a été envoyés par Manpower au Center Parcs le 13 septembre », explique-t-il.
Le 13 donc, l’ancien métallo débarque à l’Ailette avec Angélique. Les présentations sont rapides. Le boulot simple. Vincent fait équipe avec un collègue et il a pour mission de nettoyer toutes les surfaces vitrées du central. « On a travaillé du lundi au dimanche de 6 heures à 15 h 30 avec une pause d’une demi-heure pour déjeuner ».
La pause est décomptée du salaire, le déjeuner sorti du sac et pris dehors car le local «maison» est réservé aux seaux, balais et serpillières. Une semaine à ce tarif et donc au Smic (8, 52 euros/heure).
A la suite de quoi, le responsable de K Propreté, sur place, propose à certains une embauche à durée indéterminée. « On nous a dit que 35 heures ce devait être possible. Les contrats étaient de 20 heures mais qu’il y aurait des avenants », complète Vincent Mennechet. Ca ne s’est pas goupillé comme ça.
A l’inspection du travail
Patrick Touhan, le responsable de K contacte Vincent Mennechet.
Ce ne pourra être finalement selon lui (1) que vingt heures, pas une de plus, avec période d’essai de 15 jours.
A partir du 22 septembre, l’horaire, c’est 5 heures midi pendant une semaine.
Puis 5 heures à 9 heures 7 jours/7. Le 4 octobre, Vincent n’a pas reçu un centime d’euro. Il est méfiant d’autant que sur place, sa propension à informer ses collègues et à les mobiliser est très mal perçue.
Angélique, ce n’est pas mieux. Mercredi, le règlement de ses 72 heures travaillées entre le 21 et le 30 septembre dormait encore sur le compte de son employeur. « Manpower est embêté avec cette histoire. Ils ont eux-mêmes des difficultés à obtenir de l’entreprise le compte des heures que nous avons effectuées à Center Parcs », témoigne Vincent. « On nous a même dit que s’ils avaient su, ils n’auraient fourni aucune main d’œuvre à cette société ».
Vincent et Angélique ont rencontré un inspecteur du travail jeudi. Ils ont demandé au propriétaire de leur logement de patienter encore quelques jours pour le paiement du loyer. Ils savent aussi que leurs voisins peuvent leur fournir quelques subsides de temps à autre. Et plus que jamais, ils veulent travailler.
Yves Klein
(1) Les appels et messages laissés à M. Touhan sont restés sans suite.

Source:

http://www.lunion.presse.fr/article/culture-et-loisirs/center-parcs-du-balai-a-petits-couts

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