« Femmes de chambre exploitées à tous les étages » au Pierre et Vacances de Cannes

Posté par admin le 20 mai 2011

Femmes de chambre exploitées à tous les étages


18 Mai 2011 Par Carine Fouteau

© Bernard Rondeau
Ça ne se passe pas à l’hôtel Sofitel de New York mais dans un «hôtel-résidence» Pierre & Vacances aux alentours de Cannes dans les Alpes-Maritimes. Des femmes de chambre, qu’habituellement personne ne remarque. Ni les clients, ni leurs employeurs, tant elles sont «discrètes». Invisibles plutôt. Femmes, noires, sans papiers, pas qualifiées, parlant mal le français, l’écrivant encore moins, elles cumulent les risques de discrimination dans une relation au travail.
Elles sont chargées du nettoyage du lieu, frottent, récurent, époussètent. Les chambres, les lits, les salles de bain, mais aussi la vaisselle.

Les contrats qui les lient au «directeur du site» sont à l’image du rapport de force avec lui. En leur totale défaveur. Conclus pour une semaine, renouvelés au gré des besoins «sans formalités ni prévenance», ils sont prévus pour les «extras», à savoir le «surcroît d’activité lié aux rénovations». Aucune protection n’est prévue, si ce n’est le tarif horaire brut de 9,90 euros, égal au Smic en vigueur, «y compris l’indemnité de congés payés», précise le contrat.

© Bernard Rondeau
En situation irrégulière, ces huit femmes de nationalité capverdienne n’en sont pas moins des salariées. Et à ce titre bénéficient de droits. Soutenues par la CGT, elles sont en grève depuis mardi 17 mai pour réclamer non seulement leur régularisation mais aussi la requalification de leur contrat en CDI. «Elles sont employées comme des bonnes à tout faire depuis plusieurs années, elles enchaînent ces contrats hebdomadaires, alors qu’elles travaillent en permanence environ 35 heures par semaine», indique Raymond Chauveau, à l’origine de la mobilisation des travailleurs sans papiers engagée dans la région parisienne depuis 2008. Présent à leurs côtés, il souligne que «comme d’habitude, les responsables de la société essaient de nous faire croire qu’ils ne savaient pas que ces personnes étaient en situation irrégulière». «Là, comme elles parlent Portugais, ils nous disent qu’ils pensaient qu’elles étaient portugaises. C’est drôle comme sur la Côte d’Azur les Capverdiens deviennent portugais», ironise-t-il. «Nous leur avons apporté des photocopies de leur passeport, au cas où ils auraient encore des doutes», ajoute-t-il.
Chaque année, les cégétistes des environs essaient de mener des actions pendant le festival de Cannes pour attirer l’attention des médias, réunis pour le cinéma, sur la situation des sans-papiers. Cette fois-ci, c’est donc sur les hauteurs de la ville que cela se passe. Banderoles, revendications, discussions avec la direction… L’envers du décor passe au premier plan. L’hôtel, avec piscine à débordement, s’appelle Villa Francia. La France, laquelle?

Source:

http://blogs.mediapart.fr/blog/carine-fouteau/180511/femmes-de-chambre-exploitees-tous-les-etages

 

 

 Des travailleuses sans-papier occupent un complexe hôtelier

 

Soutenues par la CGT, ces employées du service propreté de la Villa Francia Pierre et Vacances réclament leur régularisation.

Elles sont là. Assises au sein de la résidence hôtelière Cannes Villa Francia (groupe Pierre et Vacances), avenue de l’Amiral-Wester-Wemyss. Entourées et épaulées par les membres de la CGT, elles ont décidé de dénoncer leurs conditions de travail. Déterminées à crier leur détresse, ces travailleuses cap-verdiennes demandent simplement à voir leur situation administrative régularisée.« Je suis en France depuis sept ans et je travaille ici depuis presque deux ans en saison. Mais lorsque je vais en préfecture, on ne veut pas me donner les papiers. Aujourd’hui j’attends une bonne réponse de la direction de l’hôtel, pour avoir droit au titre de séjour et reprendre le travail », explique Marcelina, 42 ans. Si la réponse devait être défavorable, elle avoue, fataliste, qu’elle se résoudrait à le reprendre tout de même : « On est obligées de travailler. »
« Des salaires inférieurs au Smic »

Comme elle, Aldina, Margarita, Isabelle et les autres, sont une dizaine de travailleuses cap-verdiennes sans papier, embauchées au sein de cette résidence hôtelière cannoise. Toutes femmes d’étage. « Leurs contrats de travail et bulletins de salaire ne sont absolument pas conformes. Leurs salaires sont inférieurs au Smic horaire, elles touchent en moyenne 300 euros par semaine pour plus de quarante heures hebdomadaires. Elles ont un simple titre de séjour provisoire portugais et ne sont donc pas en règle, expose le secrétaire général de l’union locale Cannes et sa région de la CGT, Gérard Ré. On demande à Pierre et Vacances de prendre ses responsabilités pour que leur situation soit réglée au plus vite et qu’on leur fasse des visas de travail. »

Du côté de la direction générale du groupe, on se défend d’employer des travailleuses illégalement. « Je suis très catégorique, les contrats sont en règle avec la législation, affirme le directeur des ressources humaines du groupe, Philippe Chaix. Tous les dossiers sont munis des autorisations nécessaires. Elles possèdent des cartes d’identité portugaises, ont donc le droit de travailler en France. »

« On restera le temps qu’il faudra »

En plein Festival de Cannes, le sit-in de ces jeunes femmes en plein milieu de la résidence hôtelière résonne, alors que les festivaliers, touristes et autres célébrités, à l’image de Jamel Debouzze passé apporter son soutien, arpentent les allées de la résidence. Et ils sont nombreux à signer la pétition qui circule, à l’image de Jean-Michel, venu de Paris travailler au Festival : « Il n’y a aucune raison que ces femmes soient payées en dessous du Smic, leur situation est déjà assez précaire comme ça. »

À quelques pas de la Croisette et des défilés de stars, le contraste est saisissant. Face aux objectifs, ces jeunes femmes, elles, baissent les yeux. Angoissées par un avenir incertain. Avec la peur au ventre qui ne les quitte jamais, de crainte d’être renvoyées dans leur pays.

Hier à 21 heures, la situation n’était toujours pas réglée et chacun était bien décidé à passer la nuit sur place : « On restera le temps qu’il faudra ! »

aminelli@nicematin.fr

Audrey Minelli  Nice-Matin

Source:

http://www.cannes.maville.com/actu/actudet_-Des-travailleuses-sans-papier-occupent-un-complexe-hotelier_loc-1801628_actu.Htm

 

 

A Cannes, comme ailleurs pas de salariées sans droits
mercredi 18 mai 2011
par Alessandro Vitagliano
Cannes, le 16 mai 2011.

Elles s’appellent Margarita, Aldina, Marcelina, Luisa, Leinira, Josepha, Isabelle Anabelle… elles travaillent pour Pierre et Vacances à la résidence hôtelière de luxe de Cannes, avenue de l’Amiral Wester-Wemyss.

Elles sont Capverdiennes et leur fiche de paye indique qu’elles sont employées pour faire le nettoyage, alors qu’en fait, elles font tout, des lits à la vaisselle… et sous la pression constante de leurs responsables.

Elles sont à priori déclarées, mais avec un numéro de sécurité sociale très particulier, et elles sont payées en dessous du smic.

Comme tant d’autres salariées qui sont les petites mains de ce 64e festival de Cannes, elles n’en peuvent plus de ces conditions de travail et de salaire qui leur sont imposées notamment parce qu’elles sont « sans papiers ».

Avec la Cgt, elles ont dit stop : trop c’est trop ! Cette vie d’esclave moderne n’est plus possible. Il faut que cela cesse. Elles ont donc décidé de se mettre en grève pour faire valoir leurs droits et être régularisées.

La direction de Pierre et Vacances doit prendre ses responsabilités, remplir les documents adéquats, faire les contrats de travail correspondant à leur véritable emploi et la Préfecture des Alpes Maritimes régler positivement au plus vite leur situation administrative.

Pour tout contact :
Union locale Cgt,
Gérard Ré : 06 61 25 52 68

Tract en soutien de la CGT spectacle aux travailleurs sans papiers en lutte à Cannes à télécharger

SOUTIEN DE LA CGT SPECTACLE AUX TRAVAILLEURS SANS PAPIERS EN LUTTE A CANNES …
La Fédération Cgt Spectacle et ses syndicats, particulièrement ceux présents au Festival de Cannes, le Sntr (techniciens et réalisateurs) et le Sfa (artistes-interprètes), soutiennent l’action des travailleuses sans papiers de Pierre et Vacances !

Nos camarades capverdiennes se sont mises en grève et exigent leur contrat de travail en CDI et leur régularisation. Au milieu de l’immense machinerie du Festival et de la fourmilière qui l’entourent, où le meilleur de l’expression cinématographique côtoie le pire des inégalités sociales, nous soutenons la lutte de tous ceux qui se battent contre la précarité de leurs conditions de travail, toutes celles et tous ceux qui permettent que se déroule la plus célèbre manifestation du cinéma mondial.

Dans les professions de l’hôtellerie, de la restauration, du nettoyage, du gardiennage, mais aussi dans les métiers de l’événementiel, des médias et bien sûr pour une bonne part dans les métiers liés à la production et la distribution des films règne une pression toujours plus forte sur les salariés.

Les conditions de travail ici pour beaucoup sont un condensé de ce que vivent les salariés en France, les plus fragilisés étant à la merci des expulsions, leurs employeurs usant et abusant délibérément de leur situation administrative alors que le droit du travail doit protéger tous les travailleurs.

Les travailleuses sans papiers qui sortent de l’ombre aujourd’hui réclament le droit de vivre et travailler dignement ! Les professionnels du cinéma que nous représentons exigent avec eux le respect de leurs droits et des papiers pour toutes !

Paris, le 17/05/2011

Source:

http://www.cgt-macon.org/spip.php?article804

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