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- TROIS QUESTIONS À… – RÉMI DE LAVEISSIÈRE THÉSARD EN HYDROGÉOLOGIECenter Parcs fait des vagues dans le Nord-Drôme

Posté par admin le 4 mai 2012

TROIS QUESTIONS À… – RÉMI DE LAVEISSIÈRE THÉSARD EN HYDROGÉOLOGIECenter Parcs fait des vagues dans le Nord-Drôme

Rémi DE LAVEISSIÈRE Thésard en hydrogéologie

La salle du Lavoir est pleine à craquer ce soir-là. Une centaine de personnes visiblement peu au fait, vient prendre connaissance d’un vaste projet qui déchaîne les passions en Isère depuis plusieurs années.

Ce projet, c’est la construction d’un complexe touristique Center Parcs par le groupe Pierre et Vacances, dans la forêt de Chambaran côté isèrois.

Depuis 2010 ses promoteurs, Pierre et Vacances appuyé par le conseil général de l’Isère et le conseil municipal de Roybon subissent les foudres du collectif d’associations “Pour les Chambaran Sans Center Parcs” (PCSCP) avec à sa tête Stéphane Peron, par ailleurs conseiller municipal de Montrigaud. Une première dans la Drôme

Cette réunion publique dans la Drôme est une première. Les opposants se sont jusqu’ici attachés à sensibiliser les Isérois.

Parmi la centaine de participants, une quarantaine de personnes favorable au Center Parcs, dont des conseillers municipaux roybonnais, écoute attentivement les arguments développés par Stéphane Peron et Anne Dez, vice-présidente de la Frapna Drôme.

Pour eux, ce projet touristique est tout simplement « une source de nuisance environnementale, n’est pas viable économiquement et gaspille de l’argent public ».

En cause : le défrichage de 92 hectares de forêt « dans une zone classée sensible » ainsi qu’« un prélèvement en eau de 1 200 m³ par jour pour alimenter les piscines et les cottages ». Les rivières de la Galaure et de l’Herbasse impactées ?

Mais pourquoi venir en parler dans la Drôme ? Précisément parce que ce prélèvement en eau se fera, en partie, dans les rivières de la Galaure. Ce qui suscite l’inquiétude de la Fédération de pêche de la Drôme (lire par ailleurs).

Les opposants estiment aussi que ce projet menace « les zones humides » de Chambaran et la nappe de la molasse du Miocène située sur le domaine.

Ils s’appuient pour cela sur un avis de la direction régionale de l’environnement formulé en avril 2010 « le projet recouvre partiellement l’aquifère connu sous le nom de “molasse du Miocène”, identifié dans le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Rhône-Méditerranée (SGAGE) comme à forte valeur patrimoniale. Le plateau de Chambaran est une zone d’alimentation majeure de l’aquifère […] Cette zone est reconnue comme le “château d’eau” de la nappe de la molasse et est à protéger impérativement ».

Pour les “pro” Center Parcs, cet impact sur l’environnement sera limité par des “mesures compensatoires”. Des milliers d’emplois à la clé ?

Pierre et Vacances, de son côté, fait valoir des arguments de poids : la création de 1 500 emplois pour la construction du complexe et de 700 pour le faire fonctionner ensuite. Il promet aussi des retombées économiques sur toute la zone. Le maire de Roybon, Marcel Bachasson, en est convaincu il s’agit de « temps partiels, certes, mais d‘emplois durables ». Stéphane Peron, lui, met en avant des témoignages critiques de salariés d’autres Center Parcs en France.

Les opposants dénoncent par ailleurs le soutien financier apporté des pouvoirs publics (lire par ailleurs). Mais pour les “pros”, les retombées en terme de fiscalité et notamment de taxes en valent la chandelle.

Côté drômois pourtant, l’argument ne convainc pas « Nous n’écoperons que des aspects négatifs du projet ! » crie un participant dans la salle.

Engagés dans un bras de fer judiciaire avec Pierre et Vacances depuis 2010, les anti Center Parcs viennent d’être déboutés en appel de leurs demandes d’annulation. Ils espèrent désormais que le projet sera freiné par l’obligation pour les promoteurs de présenter un dossier dans le cadre de la loi sur l’eau.

En attendant ils commencent à occuper le terrain dans la Drôme…

La question des prélèvements en eau cristallise l’inquiétude des pêcheurs de la Drôme.

La fédération départementale a, à ce titre, adressé un dossier en janvier, à tous les élus et responsables politiques du Nord-Drôme concernés par le projet.

Pour alimenter l’espace aquatique tropical, 1200 m³ d’eau seront nécessaires chaque jour. Des volumes qui seront notamment prélevés dans le captage de la Verrerie et le forage du Peyrinard situés sur le bassin de la Galaure. Pour la fédération de pêche, ce prélèvement « aggravera une situation déjà critique sur la nappe de Bièvre-Valloire et la Galaure. Les eaux prélevées sur les bassins versants de la Galaure seront transférées sur le bassin-versant de l’Isère, d’où une perte nette ».

En fin de réunion publique, Cédric Rose, secrétaire de l’APPMA (Association de pêche et de protection des milieux aquatiques) de la Truite de la Galaure lançait : « Nous sommes clairement contre ce projet et nous envisageons des actions en justice car, pour nous, vu l’impact du projet sur la ressource en eau, il n’y aura pas de mesure compensatoire ».

Même son de cloche chez cet autre pêcheur « On reprend les truites de plus en plus tôt dans la Galaure, avant c’était au mois d’août, maintenant au mois de mai, les cours d’eau sont déjà très bas. Nous n’avons pas besoin de ce projet ».

La Gaule Romanaise, de son côté, avait déjà pris position contre au mois de mars lors de son assemblée générale « Nous nous opposons fermement. Ce Center Parcs pose des problèmes pour les nappes de la Bièvre, de la Valloire, de la Galaure et de l’Herbasse et met en danger la nappe de la molasse du Miocène ».

Alors que côté isérois, le projet est soutenu par les élus, côté drômois, les avis sont plus partagés. Jean-Marie Chosson, conseiller régional, a exprimé son opposition lors de la réunion : « Je tiens à rappeler que les subventions allouées par la région l’ont été sous réserve que le projet réponde à des critères de respect de l’environnement. En l’état actuel des choses ce n’est pas le cas, il y aura donc un nouveau vote, afin d’accorder ou non la subvention et je ne manquerai pas d’essayer de peser dans le débat ».

Pierre Montagne, le maire de Saint-Barthélémy-de-Vals a, quant à lui, fait valoir que son conseil municipal venait de se prononcer officiellement contre l’implantation du Center Parcs : « J’invite les autres municipalités à faire de même si elles doutent de l’intérêt de ce projet ».

Les Center Parcs sont tous conçus sur le même principe, c’est-à-dire un complexe de tourisme familial construit autour d’un complexe aquatique, d’activités de loisirs du type bowling, centre commercial, etc. le tout dans un cadre forestier.

Celui de Roybon (Isère), commune qui compte un peu plus de 1 000 habitants, sera construit sur un parc de 200 hectares dans la forêt des Chambarans. Il aura une capacité d’accueil de 5 000 personnes logées dans 1 000 cottages, des bâtisses en bois que Pierre et Vacances désigne comme “éco-conçues”. Une grande bulle tropicale de 900 m² chauffée en permanence nécessitera l’apport minimal de 1 000 m³ d’eau par jour. Le projet implique le défrichage de 92 hectares de forêt.

Un projet soutenu par les pouvoirs publics

Dans sa mouture actuelle, le projet devrait recevoir 37,5 M€ de subventions dont 15 M€ du conseil général de l’Isère, 7M€ de la région, et la commune de Roybon 4M€.

Un bras de fer judiciaire

27 juillet 2010 : acceptation du dépôt de permis de construire.

5 janvier 2010 : dépôt de deux recours devant le tribunal administratif à l’encontre du permis de construire et de l’autorisation de défrichement.

17 septembre 2010 : Le collectif PSCSP attaque le PLU devant le tribunal administratif de Grenoble

30 septembre 2010 : Suite à la saisie du tribunal administratif, le groupe P & V annonce l’arrêt de la pré-vente des cottages pour le site de Roybon.

9 juin 2011 : le rapporteur du public du tribunal administratif rejette les trois recours. L’affaire est placée en délibéré.

23 juin 2011 le TGI annule la procédure de révision simplifiée du PLU et rend caduc le permis de construire

21 septembre 2011 : modification du PLU de Roybon

21 décembre 2011 : attribution d’un nouveau permis de construire.

6 février 2012 : Dépôt d’une nouvelle requête au tribunal administratif.

24 avril 2012 : la cour d’appel de Lyon a rejeté les demandes d’annulation de PSCSP.

Par Delphine TAYAC | Publié le 04/05/2012 à 06:00 Vu 13 fois

Source:
http://www.ledauphine.com/drome/2012/05/04/center-parcs-fait-des-vagues-dans-le-nord-drome

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