- Notre réponse collective à un commentaire reçu sur ce blog

Posté par admin le 27 juin 2012

Suite à notre texte: « le gris vous va si bien, monsieur Postic », ce dernier nous a adressé un commentaire que nous avons publié ( Voir ici: http://chambarans.unblog.fr/2012/06/09/1809/ )

Nous lui avons répondu par mail et rendons publique ci-dessous notre réponse:

 

Monsieur Postic,

 

 

Après notre lettre ouverte « Le gris vous va si bien, monsieur Postic !» (http://chambarans.unblog.fr/2012/06/09/1809/) qui répondait à votre texte « Tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir ! » (http://www.bienvenue-au-center-parcs-des-chambarans.org/article-tout-n-est-pas-blanc-tout-n-est-pas-noir-105156367.html), vous nous avez envoyé une réponse que vous nous mettiez au défi de publier, dans laquelle vous paraissiez intéressé de faire notre connaissance. Cela nous a surpris car nous nous étions plus habitués aux insultes et aux menaces de vos amis commerçants plutôt enclins, jusque là, à souhaiter nous « casser la gueule ». Fort de ce désir évoqué de « faire connaissance » un des rédacteurs de notre lettre ouverte vous a, à titre personnel, envoyé par mail un message signé de son nom qui tenait à satisfaire votre supposée attente et auquel vous n’avez à ce jour pas voulu répondre.

Vous agissez ainsi, comme monsieur Vallini, le président du Conseil général de l’Isère. N’avait-il pas nommé une « médiatrice » qui n’a organisé à ce jour aucune médiation ? Ou encore comme monsieur Brémond, le PDG de Center Parcs. N’avait-il pas déclaré à la presse vouloir rencontrer ses opposants ? Son agenda bien trop rempli lui a probablement empêché cette rencontre. Comme c’est souvent le cas, une déclaration d’intention suffit à donner une illusion ; une apparence que l’on donnera aux administrés prêts à penser qu’une démocratie colonisée par la communication reste une démocratie. Nous avons bien sûr publié votre réponse sur le blog « Chambarans.unblog » et nous vous informons que nous y publierons l’ensemble de notre correspondance.

 

Il apparaît dans votre réponse que vous regrettez une absence de signature. Mais notre lettre ouverte qui vous était adressée, est signée par les Quelques opposants à Center Parcs ! C’est une lettre que nous avons écrite collectivement. Toutes nos publications, qu’elles soient collectives ou individuelles, permettent de nous joindre puisqu’elles mettent toujours à la disposition des lecteurs une ou plusieurs adresses. Vous pouvez retrouver nos écrits sur le blog précédemment cité ou dans le recueil de textes contre ce projet « Chambard dans les Chambarans » publié aux éditions Le Monde à l’Envers que vous pouvez consulter aussi à la bibliothèque municipale de Roybon. Tous les textes sont signés soit collectivement, soit du nom de l’auteur. Ceci alors que, vous en conviendrez, nous ne nous retrouvons pas du tout dans la même situation devant ce conflit. Vous êtes parmi ceux qui soutiennent un projet que les décideurs défendent avec la force de ceux qui ont les lois et les moyens politiques et financiers avec eux et nous, nous nous retrouvons dans la position de ceux qui se trouvent à donner un coup de pied dans la fourmilière (que les fourmis nous excusent pour cette expression métaphorique !). Nous savons que nous prenons un certain risque à nous dévoiler : notre engagement peut en effet avoir des répercussions néfastes sur notre vie quotidienne, familiale et professionnelle. Alors que de votre côté vous en serez naturellement remerciés et certains en sont d’ailleurs déjà remerciés : n’a-t-on pas déjà aidés certains commerçants devenu(s) pro-Center Parcs à s’installer dans des locaux plus spacieux ?

 

En ce qui concerne le cinéma nous avons des idées nuancées selon qu’il s’attache seulement à faire du chiffre et des entrées ou qu’il s’attache, par exemple, à questionner et bousculer la société et ses normes. Nous tenons toutefois à vous rappeler ce que nous dénoncions dans notre dernier texte « De l’expansion économique » distribué dans les boîtes aux lettres de Roybon : il s’agit bien de votre camp, et non du nôtre, qui a supprimé un extrait du film « La soupe aux choux » qui mettait en scène une situation étrangement très approchante à celle que nous connaissons avec le projet de construction du Center Parcs à Roybon (http://chambarans.unblog.fr/2012/02/19/de-lexpansion-economique/).

Quant à votre grande générosité à vouloir offrir un ordinateur à vos petits-enfants, elle devient plus que discutable s’il s’agit pour vous de les contrôler afin qu’ils expriment exclusivement ce que vous leur laisseriez exprimer. Nous vous rappelons ici que votre camp s’est aussi permis de « vandaliser » une contribution sur wikipédia cherchant à faire taire ce qu’un opposant avait ajouté à propos du projet de Center Parcs, dans l’article sur Roybon (http://chambarans.unblog.fr/2009/08/01/des-vandales-a-roybon/).

Notre beau pays, comme vous dites, que vous cherchez malgré tout à mettre sous bulle thermostatée, doit néanmoins passer, semble-t-il, sous silence certains propos dérangeants ou en tout cas qui ne vous conviennent pas !

 

Vous acceptez, monsieur Postic, le monde tel qu’il est, et n’imaginez de réponses à ses claudications que dans sa logique et en en perpétuant les nuisances, voire en en créant de nouvelles.

Ce système capitaliste à présent en décrépitude et paradoxalement son développement économique incessant se doivent de créer continuellement de nouvelles consommations, pour beaucoup superflues et pour certaines absurdes, qui induisent un pouvoir et des avantages à certains, mais aussi plus généralement des nuisances, des destructions et des misères. Il y a plus de 15 ans, La Gazette des amis de la Ramade de février 1997 (une publication d’opposants à un projet de parcs de loisir en Auvergne) dénonçait déjà cela :

« Vingt ans de « crise » ont donné un peu plus les mains libres aux puissants. Soi-disant pour sortir la société de l’ornière, tout devrait être asservi au développement économique, d’où viennent pourtant tous les maux. Le résultat est édifiant : le chômage s’est aggravé dans le même temps que l’on bousillait villes et campagnes par des aménagements prétendument « créateurs d’emplois ».

« On peut bien passer toute la planète à la moulinette, de toute façon il ne resterait rien des efforts et sacrifices consentis, puisque tout est conçu, et confisqué, dans le but de résultats financiers qui s’évanouissent aussitôt dans une incessante surenchère : comme au casino, c’est perpétuellement « refaites vos jeux, rien ne vas plus ! »

 

Que les promoteurs du projet et les commerçants locaux défendent ce système et tentent de l’imposer à une population fragilisée par le chômage ne nous étonne pas. Qu’un « modeste élu local », soit un de leurs porte-parole actifs, est plus surprenant et bien triste. Il est vrai que si ces commerçants expliquaient à la population locale que ce ne sont pas les 700 emplois créés par le Center Parcs qui les intéressent, mais bien plutôt le portefeuille des 5000 nouveaux consommateurs potentiels, ce serait peu stimulant et pas très mobilisateur… Il faut faire croire à la population que c’est par philanthropie qu’on s’intéresse à ce projet (les 700 emplois, bien sûr !) ; et c’est là qu’interviennent « les valets » divers dont les cupides ont besoin.

Nous pouvons d’ailleurs, notez-le, trouver sur Internet une page facebook « Artisans commerçants Roybon » qui relaie de page en page la propagande « pro-Center Parcs ». Nous ne trouvons nulle part de trace d’un quelconque groupe de chômeurs de la région « réclamant » ce même projet.

En cas de réussite de ce projet, il y aura à Roybon des commerçants ravis et des chômeurs contraints, car l’administration les obligera à accepter ces emplois, sous peine de radiation de pôle emploi !

L’histoire témoigne des échecs, des manipulations, des asservissements et des mensonges passés. Souvenez-vous, il y a quelques années seulement, de la fermeture de Schaeffler où votre maire, monsieur Bachasson, proposait à des mécaniciens de profession qui perdaient leur travail, non de sauver leur emploi, mais plutôt, de se convertir au tourisme et à ses emplois bien plus misérables.

 

Nous tenons aussi à vous rassurer monsieur Postic, il ne s’agit pas pour nous de faire des propositions constructives dans la situation très tourmentée actuelle. Nous serions plutôt à vouloir défaire ce monde qu’à vouloir le faire, le refaire ou le sauver : il faut être totalement obnubilé par la vitrine sous les feux de la rampe pour encore y croire et ne pas voir que, pas plus tard que l’année dernière, le monde a connu l’effondrement financier d’un État européen et une catastrophe nucléaire. Quant à l’augmentation des connaissances scientifiques, elle nous parait davantage alimenter des applications directement rentables et satisfaire la cupidité des intéressés qu’à créer des rapports sociaux égalitaires et à répondre à des nécessités non marchandes. Nous reprochons à ceux pour qui « notre confort n’est pas négociable » (selon les propos tenus par George Bush père) d’accepter l’ensemble des catastrophes qui se succèdent depuis moins de soixante ans (Kyshtym, Winscale, Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, le Torrey Canyon, l’Amoco Cadiz, l’Exxon Valdez, l’Erika, le Prestige, Deepwater Horizon, Flixborough, Seveso, Bhopal Channelview (Atlantic Richfield), Toulouse (AZF) etc.[1]) comme étant le prix à payer pour continuer à bénéficier de ce « confort » très relatif et rentable pour certains.

 

Vous nous reprochez, comme on nous le fait depuis 5 ans, notre absence de propositions.

Attendiez-vous à ce que nous rivalisions d’initiatives et de créations diverses, afin de sauver et de pérenniser un système que nous dénonçons ? Une partie non négligeable de nos « écologistes » s’attelle déjà désespérément ou servilement à cette tâche.

 

Notre absence de propositions constructives est notre proposition essentielle.

 

Nous vous laissons l’avantage de finir cette correspondance à laquelle nous n’avons plus rien à ajouter. Nous publierons bien sûr votre réponse éventuelle.

 

 

Quelques opposants à Center Parcs


[1] Il est question ici des catastrophes des plus connues. Dans notre inventaire à la Prévert, nous pourrions ajouter aussi les pluies acides, la modification du climat due aux gaz à effets de serre qui se traduit  par une augmentation de la fréquence des sécheresses, des inondations, des ouragans partout dans le monde ; ou encore les problèmes de déforestation et de l’augmentation du nombre d’espèces disparaissant chaque année ; de l’augmentation du nombre des cancers, de nouvelles maladies ; sans oublier non plus le mal-être général d’une société qui se trouve dépossédée par l’imbrication et le délabrement de la vie sociale capitaliste et industrielle donnant raison au « de toutes façons on n’y peut rien », ce sentiment d’impuissance qui paralyse notre imagination et nos actions.

 

 

Version imprimable:

fichier pdf Correspondance avec un conseiller municipal

 

2 Réponses à “- Notre réponse collective à un commentaire reçu sur ce blog”

  1. POSTIC Daniel dit :

    Mesdames et messieurs les rédacteurs et rédactrices de « Quelques Opposants à Center Parcs », qui ne souhaitent pas signer leurs écrits car « leur engagement peut avoir des répercussions néfastes sur leur vie quotidienne, familiale et professionnelle »,(sic !)

    Désolé tout d’abord pour ma réponse tardive mais j’étais parti quelques jours en vacances, pratiquant un tourisme que j’espère vous qualifierez de « loisir non-absurde et non-sécurisé »…à savoir une randonnée à VTT de l’Atlantique à la Méditerranée en suivant les canaux de la Garonne et du Midi… avec couchage sous canadienne en camping…
    A noter tout de même que pour pratiquer ce loisir « rustique » (on est loin du Center-Parcs), j’ai tout de même utilisé les service du monstre TGV utilisant nombre d’aménagements et d’infrastructures modernes ayant nécessité l’utilisation d’innombrables hectares de bois et de terres agricoles. Et oui, il m’a bien fallu aller à Bordeaux et revenir de Narbonne ! J’ai également utilisé un VTT, merveille de la technologie moderne, une tente légère en nylon et un duvet en polyamide…

    Comme réponse à votre longue réponse je ne retiendrai que les éléments suivants :

    - L’utilisation du film « La soupe au choux » dans votre argumentaire (avec distribution d’un 4 pages dans toutes les boîtes aux lettres de Roybon : quelle mouche vous a donc piqué ? La référence à l’un des plus grand nanar du cinéma comme argument dans un débat jusque là à peu près sérieux a dû en faire rire plus d’un !

    - « N’a-t-on pas déjà aidés certains commerçants devenu(s) pro-Center Parcs à s’installer dans des locaux plus spacieux ? » (sic !) : Vous n’avez visiblement aucune connaissance de la problématique du commerce local. Quand on ne sait pas de quoi on parle, il vaut mieux se taire.

    - « Nous serions plutôt à vouloir défaire ce monde qu’à vouloir le faire, le refaire ou le sauver »(sic) et « Notre absence de propositions constructives est notre proposition essentielle »(sic) : Ces deux phrases choc montrent définitivement s’il en était encore besoin de quel côté vous vous situez : le nihilisme et l’anarchisme sont les deux mamelles auxquelles vous semblez vous abreuvez. Je ne peux pas souscrire à ce que j’estime être des inepties. Je me rangerai définitivement du côté de ceux qui veulent envers et contre tout construire, modifier, rectifier, arranger un monde qui a toujours connu des crises. Je serai de ceux qui affirment haut et clair que même si aujourd’hui, notre monde traverse une crise qui peut sembler majeure, il reste perfectible !

    Un dernier questionnement me vient cependant à l’esprit : comment pouvez-vous assumer la contradiction majeure consistant d’une part à vouloir « défaire le monde tel qu’il est » sans faire de propositions… et d’autre part à profiter des avantages qu’il vous offre ?

    Vous l’avez écrit vous-même : « Nous vous laissons l’avantage de finir cette correspondance à laquelle nous n’avons plus rien à ajouter. »

    Nous en resterons donc là.

    Daniel Postic.

  2. ju dit :

    Je passe sur l’absence de proposition constructive, dont l’explication me surprend et la raison m’échappe, pour vous faire part de quelques réflexions quant aux vénaux commerçants et artisans de Roybon qui cherchent, c’est honteux, de nouveaux consommateurs potentiels … Mais n’est-ce pas le but de tout commerçant et artisan de vendre son produit ou son savoir faire? Comment peut-on accuser les commerçants locaux, surtout dans une période où, avouons-le, le petit commerce rural n’est pas à la fête, de vouloir développer leur clientèle??? Si seulement la population d’un village et de ses campagnes environnantes, suffisant et/ou faisait l’effort de se fournir le plus possible auprès des commerçants locaux, ceux-ci pourraient vivre mieux, mais on sait bien que ce n’est pas le cas. Combien de commerces ont fermé à Roybon ces 15-20 dernières années? Le savez-vous?
    Il me semble que tout travailleur veut vivre de son travail, agriculteur, commerçant, artisans etc…
    Lutter contre le capitalisme, la sur-consommation, c’est beau et ça se défend, mais ne pas comprendre qu’un artisan ou commerçant local veuille vendre son produit et vivre de son travail, alors ça ça me dépasse…. on ne parle pas de Danone, Nestlé ou Carrefour là..

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