• Accueil
  • > Archivage brut
  • > - Le lifting d’Avoriaz, station de Pierre et Vacances, fait polémique. « Il fallait redonner un droit à construire dans l’intérêt économique d’Avoriaz »

- Le lifting d’Avoriaz, station de Pierre et Vacances, fait polémique. « Il fallait redonner un droit à construire dans l’intérêt économique d’Avoriaz »

Posté par admin le 1 août 2012

 


Le lifting d’Avoriaz fait polémique

Christian Lecomte
Illustrations du quartier de l’Amara, l’une des réalisations du nouvel Avoriaz. (Geronimo)

Illustrations du quartier de l’Amara,  l’une des réalisations du nouvel Avoriaz. (Geronimo)


 

Lits froids et destruction du paysage: le débat fait aussi rage en France voisine. Avoriaz se rénove pour 240 millions

Est-ce beau, est-ce laid? Un rayon de soleil tout à coup et l’on se dit que le pari architectural est plutôt réussi. Des nuages s’amoncellent et l’on se croit projeté dans l’une de ces cités grises de l’est parisien. Avoriaz, à 1800 mètres d’altitude, a toujours fait débat.

A deux pas de la frontière suisse, la station incarne le modèle français des «usines à ski» créées de toutes pièces en haute montagne. Il contraste fortement avec la voie choisie par la Suisse – l’étalement des chalets individuels, cible de l’initiative Weber qui passe en votation dimanche – mais ne provoque pas moins de polémiques.

Les hautes résidences d’Avoriaz (jusqu’à 10 étages), accrochées à la montagne blanche, sont assimilées par certains à des «verrues». D’autres vantent l’authenticité de cette station où le cheval a remplacé la voiture et où le 100% skis aux pieds n’est pas un slogan publicitaire mensonger. Les promoteurs, eux, ont tranché. Le groupe Pierre & Vacances dirigé par Gérard Brémond, celui-là même qui a créé la station en 1967, a décidé de la doter de deux nouveaux quartiers avec trois luxueuses ­résidences de tourisme meublé (5, 4 et 3 étoiles).

L’architecture mimétique – signature d’Avoriaz – est reconduite: formes pyramidales, toitures cascadantes, façades de tavillons en bois de cèdre rouge. Au total, 369 appartements conçus «comme des lounges avec vue sur la mer de neige». Il faut ajouter à cela un nouveau téléphérique, deux parkings souterrains supplémentaires, un spa, une nouvelle patinoire et un centre aqualudique de 3000 m2 baptisé Aquariaz. Budget global: 200 millions d’euros (environ 240 millions de francs). Tout devrait être livré à la fin de l’année.

La station disposera au total de 18 000 lits. «De 2001 à 2008, nous avons mené une campagne de rénovation dite de 3 appartements en 2, ce qui nous a fait perdre 1500 lits. Nous rattrapons le retard et montons en gamme», justifie Stéphane Lerendu, le directeur de la station haut-savoyarde. Chic et chère – même si elle est moins huppée que les Courchevel, Méribel ou Megève –, Avoriaz revendique 1,2 million de journées skieurs par hiver. Clientèle essentiellement française puis britannique, belge, néerlandaise. Les voisins suisses ne dorment pas sur place mais ils sont de plus en plus nombreux, franc fort oblige, à venir glisser.

La nouveauté est l’arrivée de touristes russes. Non pas des oligarques, mais une classe moyenne – néanmoins très aisée – que la crise a rabattu sur un standing plus à sa portée. Avoriaz a recruté quatre hôtesses moscovites pour les accueillir. Les prix flambent: entre 5500 et 7500 euros le mètre carré et la résidence de luxe Pierre & Vacances, située à l’entrée du village, va proposer fin 2012 des biens de deux à cinq pièces à 10 000 euros le mètre carré en moyenne. Les prix des séjours semaine en pleine saison enflent eux aussi: de 1500 à 3000 euros pour un deux-pièces, de 2600 à 5100 euros pour un cinq-pièces.

La station a toujours défendu une identité avant tout familiale, avec son célèbre Village des enfants (école de skis et garderie), ses taxis qui sont des calèches et sa politique environnementale «avant-gardiste». Serait-elle tentée par un repositionnement qualitatif? Un habitant répond: «On nous dit: «Avoriaz devient une destination bien-être.» Quand je vois ces grues, ce béton et ces immeubles de 12 étages, je me dis qu’il ne nous restera bientôt plus rien de notre panorama. Faire une piscine sous bulle avec à l’intérieur des rivières et des arbres exotiques n’a pas de sens ici. On ne profite pas de notre paysage ainsi. Avoriaz est en train de devenir un ghetto pour riches.»

En charge de la montagne et du tourisme au Conseil régional de Rhône-Alpes, Claude Cornet, élue d’Europe Ecologie, dénonce une course folle à la construction: «Il y a 350 000 lits en Haute-Savoie, on en prévoit 20 000 supplémentaires. Pour payer les équipements, on vend des appartements qui ne sont jamais remplis car les résidents secondaires rechignent à les louer. Les lits froids s’accumulent. A cet égard, Avoriaz est un comble. Un golf a été construit à 1800 mètres, qui n’est pas rentable car la station est un vaisseau fantôme en été. On érige aujourd’hui un espace aqualudique qui est un nouveau prédateur pour la montagne.» La conseillère régionale conclut: «Avoriaz se vend comme la seule station de ski entièrement piétonne de France mais l’on y construit de nouveaux parkings souterrains. Peu d’émissions de CO2 certes en haut, mais davantage sur les routes y menant et dans les stations en contrebas comme Les Gets et Morzine.»

Gérard Berger, maire de Morzine-Avoriaz, réfute ses accusations: «La montagne, c’est notre gagne-pain, nous ne mordons pas dedans. Nous avons limité l’extension aux secteurs déjà aménagés ne comportant ni boisement, ni flore et faune à enjeu patrimonial. Sept nouveaux bâtiments sont classés très haute performance énergétique et une chaufferie bois va alimenter l’ensemble des constructions. Il insiste: «Il fallait redonner un droit à construire dans l’intérêt économique d’Avoriaz.»

 

Source:

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0ab3d51c-6a21-11e1-8af1-e1a2d68598dc%7C0 

 

Laisser un commentaire

 

BARAKA |
Les Moniteurs d'Ateliers e... |
Les professionnels du negoc... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | immobilierachat
| jechangetout
| SIVOS - Mondreville / Tilly