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- Appel à solidarité aux opposants basques anti LGV menacés de 4 à 9 ans de prison pour l’entartage d’une personnalité favorable au projet transpyrénéen.

Posté par admin le 7 novembre 2012


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Nous relayons cet appel d’opposants basques à la LGV transpyrénéenne, dont quatre d’entre eux risquent de 4 à 9 ans de prison, pour avoir entarté, le 27 octobre 2011 à Toulouse, la présidente du gouvernement de Navarre Yolanda Barcina. 

Cette criminalisation pour un fait d’entartage s’inscrit dans un contexte global de durcissement de la répression des mouvements sociaux.
Elle vise notamment les mouvements de lutte contre les « aménagements » de territoires pour les besoins d’une société industrielle en recherche permanente et obsessionnelle de nouvelles étendues à s’approprier, à bétonner et à valoriser.
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Bonjour !
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Le dossier “APPEL À LA SOLIDARITÉ : DES PEINES DE 4 À 9 ANNÉES DE PRISON POUR UN ENTARTAGE À LA CRÊME CONTRE LA LGV” que vous trouverez ci-dessous, a pour but de lancer une campagne de solidarité aussi bien au Euskal Herria (Pays Basque) qu’au niveau international avec les quatre membres du mouvement de désobéissance au TGV Mugitu !
Ces derniers sont traduits devant l’Audience nationale espagnole à Madrid (tribunal d’exception) suite à l’entartage de la présidente du gouvernement de Navare Yolanda Barcina le 27 octobre 2011 à Toulouse.
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Nous appelons à la solidarité face à ce nouveau cas de criminalisation de la lutte contre la LGV et de la désobéissance comme forme de lutte sociale, en dénonçant notamment par rapport à ce procès :
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1. Ce qui n’est qu’une action comique de protestation et n’entraîne presque aucune conséquence légale dans la plupart des pays occidentaux, est au contraire dans l’État espagnol l’objet d’une criminalisation et d’une poursuite pénale écrasante, avec des demandes du procureur allant de 4 à 9 années de prison.
2. La vengeance politique du Gouvernement de Navarre qui recherche une punition exemplaire et vindicative à l’Audience nationale de Madrid, tribunal d’exception hérité du franquisme devenu actuellement l’organe de répression le plus féroce de la dissidence dans l’État espagnol.
3. La collaboration judiciaire-policiaire des autorités françaises en laissant paralysées les diligences qui avaient été ouvertes au début à Toulouse, où cette action d’entartage anti-TGV n’aurait été l’objet que d’un Jugement de Contravention; cette démarche a permis l’inculpation et la brutale poursuite pénale de ces quatre personnes à l’Audience Nationale espagnole.
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.Nous vous remercions de votre attention et nous vous demandons de diffuser ce dossier, que l’on vous envoie en français ainsi qu’en anglais, en espagnol et en langue basque.
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Merci beaucoup !
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Pour contact en français: mikeltxikizio2@yahoo.es  /
Téléphone: (0034)695715510.
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Quatre membres du mouvement de désobéissance au TGV Mugitu! finissent devant l’Audience Nationale espagnole suite à l’entartage de la présidente navarraise Yolanda Barcina à Toulouse
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 DOSSIER: DES PEINES DE 4 A 9 ANNÉES DE PRISON?
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1. INTRODUCTION: LE BUT DE CE DOSSIER, RESUMÉ
2. LE MOUVEMENT MUGITU! ( M!M ): DÉSOBÉISSANCE CIVILE AU TGV
3. L’ ACTION DE L’ ENTARTAGE ANTI-TGV
4. L’ARRESTATION DES ENTARTEURS PAR LA POLICE FORALE DE NAVARRE 
5. MOBILISATIONS DE SOUTIEN ET EXPRESSIONS DE SOLIDARITÉ
6. PROCÈS À L’AUDIENCE NATIONALE POUR “DELIT D’ATTENTAT CONTRE L’ AUTORITÉ”
7. DÉNONCIATION DU PROCÈS: ETAT ESPAGNOL, POINTE DE LANCE DE LA RÉPRESSION PÂTISSIÈRE OUVERTE A YOLANDA
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ANNEXES
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A.1. LETTRE OUVERTE A YOLANDE BARCINA
A.2.  LA PRATIQUE DE L’ENTARTAGE POLITIQUE DANS LE MONDE ET SES CONSÉQUENCES LÉGALES
A.3.  LA LUTTE CONTRE LE TGV EN EUSKAL HERRIA
A.4.  LIENS D’INTERÊT: DOCUMENTS, VIDEOS, SITES WEB…
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1. INTRODUCTION: LE BUT DE CE DOSSIER.
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DOSSIER: DES PEINES DE 4 A 9 ANNÉES DE PRISON?
Le 27 octobre 2011, un groupe d’opposants au TGV du mouvement de désobéissance Mugitu! (Pays Basque Sud) interrompa la session pléniaire de la Communauté de Travail des Pyrénées (CTP) qui se déroulait à Toulouse, où trois personnes entartèrent la présidente du gouvernement de Navarre, Yolanda Barcina, qui représentait dans ce congrès le principal exposant de l’imposition du TGV en Euskal Herria.
Bien que cette action fut menée hors des frontières de l’Etat espagnol, l’Audience Nationale de Madrid (tribunal d’exception) a ouvert un procès judiciaire contre quatre membres de Mugitu! en les accusant d’ “attentat contre l’autorité”, avec des demandes du procureur allant de 4 à 9 annés de prison.
Le but de ce dossier est d’informer sur les faits qui se dont déroulés à la suite de l’entartage pour lancer en Euskal Herria, dans l’Etat espagnol et au niveau international une campagne de solidarité avec les 4 personnes accusées ainsi que de dénonciation de ce procès pénal mené dans un contexte de criminalisation du mouvement anti-TGV.
RÉSUMÉ:
Ce document, comme l’indique sa couverture, a pour but d’engager une campagne de solidarité avec les quatre personnes du mouvement de désobéissance civile au TGV Mugitu! Mugimendua (Pays Basque Sud) inculpées à l’Audience Nationale de Madrid avec des demandes de peines de 4 à 9 ans de prison à la suite d’une action de protestation réalisée en entartant la présidente du Gouvernement de Navarre Yolanda Barcina à Toulouse (Etat français). Afin de faire un résumé du dossier, soulignons les principaux faits exposés au long de ce travail:
1.-Le 27 de octubre 2011, un groupe de participants de ce mouvement, avec le soutien de plusieurs personnes du collectif occitain Libertat, réalisaient una action de protestation contre le TGV au Conseil Plenier de la Communauté de Tavail de Pyrénées (CTP) qui avait lieu à Toulouse, en entartant avec trois tartes meringuées la présidente du Gouvernement de Navarre, Yolanda Barcina. Avec cette action, le mouvement Mugitu! denonçait l’imposition du TGV en Euskal Herria et voulait symboliser que la classe politique au pouvoir, mêlée aux entreprises du PTP et aux banques, garde pour elle tout le “gâteau” de la construction du TGV. Cette rencontre de la CTP affichait justement dans son programme comme sujet principal “l’interconnexion des lignes à grande vitesse à travers les Pyrénées”, et les tartes retombèrent sur Yolanda Barcina qui était à ce conseil plenier la plus haute responsable de l’imposition de cette infrastructure largement contestée dans notre pays.
2.- A Toulouse, l’action de protestation se déroula sans plus d’incidents et fut reçue avec une certaine normalité, puisqu’il ne se produisit auncune détention ni identification, et la police française ne se presenta même pas sur les lieux. Les tartes ne causèrent aucun mal physique à Yolanda Barcina, qui fut accompagnée aux toilettes par ses gardiens de sécurité pour se laver et au bout de 15-20 minutes réapparut souriante à l’audotorium, en plaisantant avec ces premiers mots: “J’espère que mon mandat comme présidente de la CTP será aussi doux que ce début…”. Cependant, une fois terminée la séance de la CTP, la présidente navarraise réalisa des graves accusations dans une télévision espagnole en associant les auteurs de l’entartage avec “les violents et l’ETA”, commençant ainsi une virulente campagne d’intoxication et de criminalisation. En même temps à Pamplune, où l’entartage fut un peu partout fêté avec une grande joie populaire, le Parlement de Navarre intérrompa les séances et condamna les faits.
3.-Le jour suivant, les trois entarteurs furent détenus par la Police Forale de Navarre lorsqu’ils se dirigeaient à une conférence de presse qu’ils allaient donner dans la capitale navarraise pour démentir ces accusations et expliquer les détails de l’action. Ces trois personnes furent ensuite remises en liberté mais avec une citation à comparaître devant l’Audience Nationale de Madrid sous l’accusation d’ “attentat contre l’autorité”. Le mouvement Mugitu! Entreprit alors une série d’initiatives pour dénoncer la persécution pénale de ces trois compagnons et beaucoup de personnes et de collectifs sociaux du Pays Basque et d’autres lieux manifestèrent leur soutien aux inculpés.
4.- Le 16 novembre 2011, les trois accusés comparaissaient devant l’Audience Nationale et furent en effet inculpés d’un prétendu délit d”attentat contre l’autorité”, avec des demandes de peines de prison allant de 4 à 6 ans pour deux accusés et une peine aggravée jusqu’à 9 ans pour le troisième, car le Ministère Fiscal considera qu’il put participer à l’entartage non à titre personnel mais en tant qu’adjoint à une petite mairie navarraise. D’autre part, l’Audience Nationale prit contre les trois entarteurs plusieurs mesures préventives, comme l’enlèvement de leurs passeports et l’interdiction de sortir en dehors de l’Etat espagnol, à la fois qu’elle rejetait les recours formulés successivement par la défense qui considéraient que la demande de peines de prison allant de 4 à 9 ans est “hiperbolique et outrepasse les droits”, à la fois qu’ils demandaient la reconduite du procès vers un Jugement pour Contravention, là où devrait se situer cette procédure en tenant compte du principe de proportionnalité et que ainsi l’ont établit les sentences rendues pour des faits similaires dans le pays où s ́étaient produis les faits.
5.-Entre-temps, nous sûmes que des diligences avaient aussi été ouvertes au Tribunal de Grande Instance de Toulouse, où le 28 Novembre 2011 deux personnes du mouvement occitan “Libertat” qui nous avaient soutenus durant l’action furent convoquées pour faire une déposition au commissariat de la ville, à la suite d’une plainte qui avait eté interposée le jour même de l’entartage par Mr Martin Malvy, Président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, en appelant par téléphone à la Police française lorsque la
session de la CTP se termina. Cependant, depuis lors, personne n’a jamais rien pu savoir de plus à l’égard de ces diligences et nous ne reçûmes aucune réponse à la demande officielle transférée alors par les accusés au tribunal français afin de faire déposition à Toulouse.
6.-Finalement, le 16 Fevrier 2012, l’Audience Nationale ordonna l’ouverture de l’Instruction 2/2012-10 et imposa à une quatrième personne la même accusation d’ “attentat contre l’autorité” pour avoir participer à la protestation de Toulouse et avoir donné la conférence de presse du jour suivant à Pamplune en remplaçant les entarteurs qui vavaient été détenus.
Bref, voilà le recit des faits qui ont mené au procès de 4 personnes du mouvement de désobéissance au TGV Mugitu! à l’Audience Nationale de Madrid, où ils affrontent des demandes de graves peines de prison à la suite de l’entartage de la presidente navarraise Yolanda Barcina à Toulouse. Nous dénonçons donc par rapport à ce procès:
1.-Ce qui n’est qu’une action comique de protestation et n’entraîne presque aucune conséquence légale dans la plupart des pays occidentaux, est au contraire dans l’Etat espagnol l’objet d’une criminalisation et d’une poursuite pénale écrasante. Qualifier les faits comme un “attentat contre l’autorité” punissable avec de peines allant de 4 à 9 annés de prison signifie que le principe de proportionnalité n’est pas respecté. La gravité des peines demandées repose en plus sur des “éléments subjectifs” comme l’accusation de prétendre “nuire au principe d’autorité”.
2-.La vengeance politique du Gouvernement de Navarre qui recherche une punition exemplaire et vindicative à l’Audience Nationale de Madrid, tribunal d’exception hérité du franquisme devenu
actuellement l’organe de répression le plus feroce de la dissidence dans l’Etat espagnol. De même, la prise en charge du cas par la Police Forale de Navarre, corps sans compétence hors de l’Etat espagnol et qui agit en outre directement sous les ordres de sa présidente, plaignante dans cette affaire.
3.-La collaboration judiciaire-policiaire des autorités françaises en laissant paralysées les diligences qui avaient éte ouvertes au début à Toulouse, où cette affaire concernant un entartage commis sur sur son térritoire n’aurait été l’objet que d’un Jugement de Contravention; cette démarche a permis l’inculpation et la brutale poursuite pénale de ces quatre personnes à l’Audience Nationale espagnole.
Pour tout cela, nous dénonçons le procès de ces quatres personnes à l’Audience Nationale de Madrid et nous faisons un appel à la solidarité face à ce nouveau cas de criminalisation de la lutte contre le TGV et de la désobéissance.
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LE MOUVEMENT MUGITU! ( M!M ): DÉSOBÉISSANCE CIVILE AU TGV
Le mouvement de désobéissance civile Mugitu! (M!M) surgit en mai 2010, à la suite d’un long débat au sein de l’opposition au TGV en Pays Basque Sud. Cette opposition au TGV a rassemblé beaucoup de gens et de groupes différents durant ces presque 20 années de lutte. M!M se créa avec le but d’impulser la désobéissance civile dans la lutte contre le TGV, à travers des actions publiques, non violentes et en assument la responsabilité. Nous essayons d’impliquer le plus grand nombre de gens possible dans les actions, qui sont souvent coordonnées le mème jour dans plusieurs lieux du Pays basque.
Jusqu’à présent, M!M a mené beaucoup d’actions et de campagnes: occupation de la délégation des Finances a Saint Sébastien, campagne de “tamponnage” des billets de banque pour dénoncer le coût de 4.790 euros du TGV par personne, la teinture des rivières pour alerter de l’impact des grands travaux d’infrastructures sur le milieu hidrologique, deux collages massifs d’autocollants, des parodies et des rassem- blements dans les centres de santé publique pour dénoncer le gaspillage du TGV au détriment des services publics; la journée Mugitu! dans les écoles, la pose de milliers de fausses amendes de trafic dans les voitures, les nuits de pintures avec rouleau sur les routes, une parodie du conseil du Gouvernement Basque au début du cours politique, la dénonciation de l’entreprise de BTP Mariezcurrena, etc. L’objectif a été de dénoncer le TGV et les graves impacts de cet ouvrage pharaonique, le gaspillage et les découpages que cet investissement ruineux entraine dans le domaine des politiques sociales, l’implication des institutions et des entreprises, l’ imposition de ce
projet et la criminalisation de l’opposition. Pour plus de détail voire le site:
http://mugitu.blogspot.com
Une des actions qui a eu le plus d’impact social et médiatique et qui entrainera sûrement les plus lourdes conséquences pénales a été l’entartage de la présidente du gouvernement foral de Navarre, Yolanda Barcina, lors de la 29. Session Pléniaire de la CTP (Communauté de Travail des Pyrénées) à Toulouse.
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3. L’ACTION DE L’ENTARTAGE ANTI-TGV
Le 27 octobre 2011, un groupe de M!M réalisa avec le soutien de plusieurs membres du mouvement occitan Libertat une action de protestation en interrompant la 29. session pléniaire de la Communauté de Travail des Pyrénées (CTP) à Toulouse. Les présidents et autorités des 8 térritoires de la CTP se trouvaient là, puisque la CTP est un organisme “transfrontalier” qui regroupe toutes les régions et communautés autonomes des deux versants des Pyrénées, y compris la Communauté Autonome Basque et la Communauté Forale de Navarre. Tous les deux ans, la CTP organise une conférence sur les “communications dans les Pyrénées” et le sujet affiché pour la rencontre du 26 et 27 octobre à Toulouse était justement “l’interconnexion des lignes à grande vitesse à travers les Pyrénées”. En outre, le but de cette séssion était de faire le bilan de la présidence de la CTP menée durant les deux dernières années par la Région Midi-Pyrénées et la prise du relai de cette présidence pour les deux prochains ans par la présidente navarraise Yolanda Barcina. La cérémonie offrait donc une bonne occasion pour porter la dénonciation du TGV.
Quelques minutes après le début de la séance pléniaire, le groupe d’opposants se rapprocha du strade présidentiel et intérrompa la conférence en montrant des affiches et en prenant la parole pour expliquer en français les raisons de notre refus du
TGV. Simultanémment, la présidente de la Communauté Forale de Navarre Yolanda Barcina reçut 3 tartes dans la figure de la part de trois participants à la protestation. Les tartes retombèrent sur Yolanda Barcina car elle était dans cette cérémonie la représentante de plus haut niveau des communautés autonomes basques et donc l’ exposante principale de l’imposition du TGV en Euskal Herria.
Avec cette action M!M voulait symboliser que la classe politique au pouvoir, mêlée aux entreprises du BTP et aux banques, garde pour elle tout le ”gâteau” de la construction du TGV. Nous denoncions l’imposition du TGV et nous critiquions aussi les autorités de la CTP car les Pyrénées ne sont pour elles qu’une barrière et un “goulot d’étranglement” qui entrave les flux de marchandises et les affaires; leur défi recherche de façon permanente la “perméabilisation des Pyrénées”, qui n’est autre chose que de promouvoir un accroissement spéctaculaire des trafics au prix de transformer cette cordillère en un gigantesque fromage “gruyère” traversé de part et d’autre part des grandes infrastructures de connexion entre les grands centres d’affaires. Dans la CTP, nous dénoncions notamment les politiques du Gouvernement Basque et de la Communauté Forale de Navarre, entêtés à imposer les projets du “Y basque” et du “couloir navarrais” de grande vitesse au moment même où les projets de LGV, étant ruineux et destructifs, sont remis de plus en plus en question. Le communiqué publié à la suite de l’action affirmait:
“La construction des LGV et des grandes infrastructures n’est qu’une fuite en avant dans l’actuel modèle de développement capitaliste qui nous mène à une crise globale, écologique, économique et sociale. L’énorme gaspillage de ressources publiques dans les LGV rapporte des gros bénéfices à la banque et aux entreprises du BTPainsiqu’auxdirigeantsd’uneclassepolitique corrompue, à la fois que nous subissons des réductions constantes dans les budgets d’Education, Santé, pensions et assistance sociale. Le TGV est d’autre part un moyen de transport
élitiste et destiné aux clases dirigeantes, pendant que le réseau férroviaire
classique accesible à toute la population est démantelé. Il est donc évident que le TGV contribue à augmenter les inégalités sociales et fait que l’endettement et la crise s’aggravent. En plus, les LGV sont imposées aux populations sans aucune participation sociale à la prise des décisions. Tout au contraire, la désinformation, la manipulation, l’autoritarisme et l’usage de la force que font les gouvernements pour imposer les LGV sont manifestes, comme cela arrive au Pays Basque, au Val de Suze et à d’autres lieux en Europe. Il est donc temps d’arrêter les LGV et les grandes infrastructures pour rechercher des solutions dans une transformation profonde de la société. Il est nécéssaire de réduire le transport motorisé en promouvant un modèle économique et social qui fasse de la proximité et de l’autosuffisance, ainsi que du respect des décisions et des formes d’autoorganisation des peuples, une priorité. En tout état de cause, la crise s’aggrave et il est évident que nous devons non seulement réduire et redistribuer le “gâteau”, mais surtout en changer la recette”.
Pour tout cela, nous exigions l’arrêt inmédiat des travaux du “Y basque” et du couloir navarrais, à la fois que nous manifestions notre solidarité envers la croissante opposition que soulèvent les projets LGVenOccitanieetdanstoutel’Europe:“LGV,ni ici ni ailleurs!!”Video de l’action:

http://www.youtube.com/watch?v=xuKUv_FAktI

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4. L’ARRESTATION DES ENTARTEURS PAR LA POLICE FORALE DE NAVARRE
A la suite de l’action, il ne se produisa aucune détention ni identification à Toulouse, et les activistes purent même donner une petite conférence de presse hors de l’Hotêl de Région, sans que la police se présente dans les lieux. Deux heures plus tard, M!M publia un communiqué pour expliquer les raisons de l’action et diffusa par internet la vidéo de l’entartage filmée par d’autres membres du mouvement. Pendant ce temps, la séssion pléniaire de la CTP fut intérrompue durant 15-20 minutes, au bout desquelles Yolanda Barcina revenut à la salle avec un grand sourire et prit la parole en disant: “J’espère que mon mandat comme présidente de la CTP sera aussi doux que ce début”… A partir de ce moment l’acte se déroula normalement.
Cependant, durant la soirée nous recevions avec préoccupation les informations sur les réactions institutionnelles que l’action avait suscitées en Navarre: en effet, les nouvelles qui nous arrivaient à Toulouse indiquaient d’un coté que l’action avait donné lieu à une grande joie populaire dans les rues de Pamplune, mais que le parlement foral de Navarre avait par contre intérrompu les séances qui avaient lieu ce jour là pour condamner les faits, en lançant une campagne d’intoxicaction et de criminalisation politique. Même la présidente du Gouvernement de Navarre, Yolanda Barcina, avait offert à Toulouse une interview à une télévision espagnole en associant dans ses déclarations les entarteurs avec “les violents et l’ETA”; en l’occurrence, elle reliait Mugitu! avec la violence avec un but clairemment criminalisateur, à la fois qu’elle donnait à la suite d el’entartage une image tout á fait victimiste qui recherchait lui rapporter un gain politique.
Rapidement, les participants à l’action décidaient alors à Toulouse d’appeler une conférence de presse pour le jour suivant 28 octobre à Pamplune, dans laquelle les entarteurs prendraient la parole pour démentir absolumment le caractère soit- disant “violent” de l’action, souligner le caractère comique et revendicatif de cette forme de protestation –qui ne prétend en aucun cas d’occasionner des dommages physiques à la personne qui la subit, mais dénoncer plutôt sa démarche politique–, et faire un appel à la désobéissance dans la lutte contre le TGV.
Vraiment, nous n’avions pas du tout soupçonné la manoeuvre répressive qui se penchait sur nous, jusqu’au moment où, brusquement, le vendredi 28, les 3 entarteurs furent arrêtés dans la rue près des domiciles des compagnons navarrais par des agents de la police forale (autonomique) habillés en civil. Nous venions juste d’arriver de Toulouse et on se dirigeait précisemment vers la conférence de presse prévue à Pamplune pour expliquer les détails de l’action. Dans ces circonstances qui nous causèrent une certaine perplexité –puisque les compagnons venaient d’être détenus en pleine rue à Pamplune, alors que le supposé délit avait été commis un jour avant à l’intérieur l’Etat français–, une des personnes qui avait participé à l’action dut donner la conférence de presse quelques minutes plus tard à la place de entarteurs, devant une foule de médias qui s’étaient présentés au rendez-vous avec beaucoup de curiosité. Tandis qu’au commissariat de la police forale, les agents communiquaient aux trois détenus qu’ils étaient accusés d’avoir commis un ”attentat contre l’autorité” et réclamés par l’Audience Nationale espagnole de Madrid, une cour d’exception hérité du franquisme et qui s’occupe surtout des affaires de térrorisme.
Quant aux conditions de garde-à-vue de ces 3 compagnons, nous voulons dénoncer la contrainte à laquelle ils furent soumis pour fournir leur ADN, en tenant en compte que cette preuve n’avait aucun sens puisque l’action avait été publique et que les arrêtés allaient donner une conférence de presse également publique. D’autre part, le dernier détenu mis en liberté, qui passa 22 heures dans les cachots, dénonça le traitement qu’il subit car on lui avait empêché de dormir durant la nuit. Dés qu’il fut mis en liberté, ce compagnon dénonça devant le juge de garde le traitement reçu au commissariat.
Le plus grave, cependant, était que les trois entarteurs furent mis en liberté avec una citation à comparaître le 16 novembre à l’Audience Nationale de Madrid, sous l’accusation d’ “attentat contre l’autorité”.
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5. MOBILISATIONS DE SOUTIEN ET EXPRESSIONS DE SOLIDARITÉ:
Dès le jour des arrestations, plusieurs mobilisations de soutien eurent lieu à Pamplune, Etxarri Aranatz, Lizarra, Saint Sébastien, Lezo, Irun, Galdakao, Basauri et Bilbao. Durant le week- end des milliers d’autocollants furent placés dans les rues d’Euskal Herria avec la devise “Nik ere egingo nuke!” (“Moi aussi je le ferais”) en guise de soutien à l’entartage. Il y eu aussi des rassemblements devant les consulats espagnols à Toulouse, Bordeaux, Pau et Clermont-Ferrant, organisés par le collectif occitan Libertat. D’autre part, plusieurs collectifs sociaux diffusèrent des communiqués de soutien aux accusés: le CADE (Coordination des Associations de Défense de l’Environnement d’ Iparralde ou Pays Basque Nord), le mouvement Bizi!, le groupe ACCRIL (Association des Citoyens Concernés para la LGV dans les Landes), les groupes écologistes Ekologistak Martxan, Eguzki, Lurra Nafarroa et Ecologistas en Acción, le mouvement Acampadasol du 15-M, les groupes antimilitaristes KEM-MOC de Bilbao et Kakitzat, le syndicat des enseignants STEE-EILAS, l’ association Herriarte Elkartea, le collectif politique Gorripide, Libertat (Occitanie) et bien d’autres. Parmi les soutiens de plusieurs personnes, il faut souligner celui de Noël Godin (clown belge et créateur de l’entartage comme forme de dénonciation politique et sociale) qui manifesta depuis la Belgique son soutien aux accusés et dénonça le procès ouvert à l’ Audience Nationale en diffusant de l’information sur l’action de Toulouse dans le site de l’ “Internationale Patissiêre” (http://www.gloupgloup.be/gloup.php?pa ge=actu&cat=Actualit%E9s%20Gloupinesques). Il faut finalement évoquer les nombreuses lettres et articles d’opinion qui ont été publiés dans les journaux depuis ce jour là.
Pendant ce temps, le mouvement Mugitu! entreprit sans perdre l’humour une série d’iniciatives pour dénoncer la persécution pénale de nos compagnons, en commençant par les suivantes:
16 Novembre 2011: REMISE RATÉE D’UNE TARTE AU PRÉSIDENT DE L’ADIF
A l’occasion de la comparaison des trois entarteurs à l’ Audience
Nationale, un groupe du mouvement Mugitu! et quelques personnes
solidaires de Madrid décidaient de remettre –cette fois en main– une
tarte meringuée madrilaine à Mr. Antonio Gonzáles Marín, président
de l’ADIF (équivalent espagnol de le RFF), principale institution
promotrice des LGV en Espagne, en guise de remerciement pour son
“brillant effort à promouvoir les lignes à grande vitesse dans l’état
espagnol”. Les 10 personnes furent interceptées par trois patrouilles
de la Police Nationale et retenues dans la rue durant 20 minutes,
fouillées et idendifiées pour la possession d’une dangeureuse “arme
meringuée” et d’un joli costume de patissier avec sa casquette. Les participants à cette iniciative patissière se montraient désolés face aux policiers de ne pas pouvoir remettre la tarte et faisait remarquer qu “il y aura toutefois des nouvelles occasions”.
28 Novembre 2011: ENVOI PAR LA POSTE DE 11 TARTES A DIFFÉRENTS RESPONSABLES DE LA CONSTRUCTION DU TGV
Mugitu! Mugimendua (M!M) envoya par courier 11 tartes à différents responsables de la construction du TGV, tant du Pays Basque que de l’Etat espagnol et de l’Europe. Par cette action sympathique, M!M voulut “récompenser les politiciens et les patrons pour les meilleurs efforts qu’ils ont déployés en vue d’imposer le TGV. Pour les années qui viennent, ces dirigeants veulent dépenser des centaines de millions voire des milliards d’euros pour alimenter ces infrastructures déficitaires et nourrir le gaspillage des ressources publiques. Et pour atteindre un si noble objectif, ils savent petiemment que, dans les diffé-rents palements, vont être approu-vés, au cours de ces prochaines semaines, des mesures budgétaires qui vont attaquer durement les droits sociaux fondamentaux tels que l’éducation et la santé publiques, les prestation sociales et les autres aides d’urgence sociale. Il n’y a plus d’argent pour rien, sauf pour le TGV, la solution à tous nos maux. C’est pour cela, et en remerciement d’une si juste et si équitable manière de gérer les ressources publiques et la richesse collective, que nous avons envoyé ces friandises afin que vous sachiez combien nous apprécions vos politiques néolibérales. Nous savons que plusieurs des bénéficiaires, à l’ approche de la période des fêtes de Noël, se font du souci pour le maintien de leur ligne: qu’ à cela ne tienne, nous vous informons que ces gâteaux sont adaptés à n’importe quel régime”.
Les destinataires d’aussi doux cadeaux étaient: Mr. Siim Kallas (Viceprésident et Commissaire Européen des Transports); Mr. Carlos Secchi (responsable de l’ Unité de Coordination des Projets Prioritaires des Réseaux Transeuropéens de Transport); Mr. Pepe Blanco (Ministre des Travaux Publics du Gouvernement d’Espagne); Mr. Antonio González Marín (Président de l’ADIF); Mr. Patxi López (Président du Gouvernement Basque); Mr. Iñaki Arriola (Conseiller des Transports du Gouvernement Basque); Mr. Ernesto Gasco (Viceconseiller des Transporte et Travaux Publics du Gouvernement Basque); Mr. César Gimeno (Viceprésident exécutif de Euskal Trenbide Sarea – ETS –Réseau Ferré Basque ); Mme. Nuria López de Guereñu (Secrétaire Générale de Confebask –la patronale basque); Mme. Yolanda Barcina (Présidente du Gouvernement de Navarre, qui, ayant dejá savouré auparavant le goût de la meringue, fut cette fois honorée avec l’envoi d’un bouquet de fleurs); Mr. Anai Astiz (Conseiller du BTP du Gouvernement de Navarre); Mr. Alvaro Miranda (Conseiller d’Economie et des Finances du Gouvernement de Navarre).
Le bouquet de fleurs envoyé à cette occasion à Yolanda Barcina n’arriva pas a ses mains, car il fut intercepté par les services de sécurité du gouvernement de Navarre. La police forale se présenta même au magasin de fleurs d’ou fut envoyé le bouquet pour indentifier qui en avait été l’ expéditeur.
16 NOVEMBRE 2011: CITATION DES 3 ENTARTEURS À L’AUDIENCE NATIONALE
Les trois entarteurs furent cités pour faire un déposition devant le juge Santiago Pedraz et ceux- ci exercèrent leur droit de ne pas déclarer en considérant que l’Etat espagnol n’a pas de juridiction pour juger une action qui s ́est déroulée à Toulouse. Ils furent imputés d’avoir commis un présumé délit d’ ”attentat contre l’autorité”, leur étant appliqué un article de la Loi Organique du Pouvoir Judiciaire selon lequel “si un citoyen espagnol commet un fait punissable à une autre personne de la même nationalité en dehors de l’Etat espagnol et il ne s’ouvre aucune procédure judiciaire dans le pays des faits, l’Audience Nationale prend en charge le cas”. Ensuite, le Ministère Fiscal présenta des demandes de prison allant de 4 à 6 ans pour les accusés Julio Villanueva et Ibon Garrido, aggravée jusqu’à 9 ans en ce qui concerne Gorka Ovejero car il considèra insidieusement qu’il put participer à cette action de désobéissance non à titre personnel mais en tant qu’adjoint au maire et élu municipal d’Arruazu. Finalement, le juge dicta contre eux les suivantes mesures préventives: obligation de signer chaque semaine au tribunal le plus proche, enlèvement du passeport, impossibilité de sortir en dehors de l’Etat espagnol et notification permanente du domicile et téléphone.
Quelques jours plus tard, la défense présenta un recours en considérant que la demande de peines de prison allant de 4 à 9 ans est “hyperbolique et outrepasse les droits”. En effet, à partir du moment où les faits sont qualifiés par l’Audience Nationale comme un présumé délit d’attentat, l’entartage est punissable avec des graves peines de prison. Face à cela, la défense demanda dans son recours “la reconduite du procès vers un Jugement pour Contravention qui est, dans le pire des cas, là où devrait se situer cette procédure si nous tenons compte du principe de proportionalité et des caracteristiques des faits, qui, comme l’a bien établi le pays où ils ont été produits, ne constitueraient rien de plus que cela: des fautes, dans le cas de les considérer comme commises”.
28 NOVEMBRE 2011: DECLARATION DE DEUX MEMBRES DE LIBERTAT AU COMMISSARIAT DE TOULOUSE ET OPACITÉ DES INVESTIGATIONS ENTAMEES EN FRANCE:
Le 28 novembre la Police française convoca deux personnes résidentes en France et membres du mouvement occitan Libertat qui avaient soutenu l’action de protestation, pour qu’ils fassent une déposition au commissariat central de Toulouse. C’est ainsi que nous connaissions que des diligences avaient été ouvertes au Tribunal de Grande Instance de Toulouse à la suite d’une plainte qui avait été interposée devant la Police française le jour mème de l’entartage par Mr Martin Malvy, Président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, qui était l’hôte de l’acte de la CTP; il avait donc dénoncé les faits en appelant par téléphone à la Police française lorsque se termina la séssion de la CTP. Par conséquent la police convoca le 28 noviembre ces deux membres de Libertat pour qu’ils déclarent au commissariat central de Toulouse. Depuis lors, cependant, personne ne put rien savoir de plus en ce qui concerne la poursuite ou non d’une procédure judiciaire en France, et nous ne reçûmes aucune réponse à la demande officielle transférée alors au tribunal français par les entarteurs afin de faire déposition à Toulouse. Cette opacité sur les activités realisées dans le pays voisin révèle donc à notre avis la collaboration de l’Etat français avec l’espagnol en matière judiciaire et policière pour laisser l’affaire entre les mains de l’Audience Nationale espagnole.
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6.  LE  PROCÈS  À  L’AUDIENCE  NATIONALE  POUR  DÉLIT  D’ “ATTENTAT CONTRE L’AUTORITÉ”
30 NOVEMBRE / 29 DÉCEMBRE 2011: REJET DES RECOURS DE LA DÉFENSE
Le juge de l’Audience Nationale Santiago Pedraz rejeta successivement le 30 novembre et le 29 décembre les recours en rectificaction et demandes d’appel formulés par la défense. Et dans la volonté de tout accélérer contre les accusés, l’Audience Nationale détermina en outre la continuation du processus par la démarche expéditive de la“procédure abrégée” et la pratique de deux diligences: d’une part, elle demanda à la Mairie d ́Arruazu de faire un rapport expliquant si Gorka Ovejero s ́était rendu à la conférence de la CTP à titre personnel ou en représentation de la Mairie, et de l’autre, elle dépècha une commission rogatoire à la France pour qu’ elle transfère les données des diligences pratiquées par la Police nationale française, en réclamant “les résultats de la recherche d’empreintes et d’ADN sur les emballages des tartes”.
16 FÉVRIER 2012: UNE QUATRIÈME PERSONNE FUT INCULPÉE
L’Audience Nationale accusa une quatrième personne, Mikel Alvarez Forcada, “pour sa participation présumée lors des faits et de la conférence de presse tenue le jour suivant à Pamplune”, en le citant à comparaître pour faire une déposition le 23 février à Madrid. Même si cette personne n’avait pas participé directement à l’entartage, le Juge résolut d’étendre contre lui la même accusation d’ ”attentat contre l’autorité”, bien qu’il n’ordonna pas dans son cas l’imposition des mesures préventives qu’il avait imposées aux trois autres compagnons.
De plus, l’arrêt d’accusation ordonnait l’ouverture de l’Instruction 2/2012-10 et la transformation de la procédure pénale “abrégée” par les démarches de la procédure “ordinaire”, en donnant à cet égard son accord à la demande du Ministère Fiscal basée sur la gravité des peines de 4 à 9 ans de prison requises contre les accusés.
17  MAI ET 7 JUIN 2012:
NOTIFICACION DES POURSUITES JUDICIAIRES ET DÉCLARATIONS D’ENQUÈTE A PAMPLUNE ET A SAINT SÉBASTIEN
Une fois notifiées les poursuites judicaires le 9 avril 2012, les accusés navarrais furent appelés par l’Audience Nationale à faire une deposition d’enquête au Tribunal de Pamplune et les accusés du Gipuzkoa au Tribunal de Saint Sébastien. Les quatre manifestèrent devant le juge leur désaccord avec les poursuites judiciaires dictées par l’Audience Nationale et renoncèrent à déclarer.
DOSSIER: DES PEINES DE 4 A 9 ANNÉES DE PRISON? 13.
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7. DENONCIATION DU PROCÈS: L’ETAT ESPAGNOL, POINTE DE LANCE DE LA CRIMINALISATION PÂTISSIÈRE
Comme on le voit bien dans l’annexe concernant la pratique de l’entartage politique dans le monde, les entartages ne sont dans les pays occidentaux qu’une action comique de protestation qui reste sans conséquences légales, comme cela paraîssait aussi arriver à Toulouse, oú l’action fut reçue avec normalité et sans intervention de la police. Dans l’Etat espagnol, par contre, un victimisme qui fròle le ridicule, l’intoxication informative et la manipulation politique et médiatique ont contribué à la criminalisation, conduisant l’affaire aux mains de l’Audience Nationale, tribunal d’exception héritier de la dictature franquiste. A cet égard, nous dénonçons:
1. Le non respect du principe de proportionalité, puisque la qualification de l’entartage comme un “attentat grave à l’autorité” comporte des demandes exorbitantes de peines allant de quatre à neufs ans de prison. Il faut remarquer que dans les autres pays des actions similaires ont à peine de conséquences légales. Un récent jugement qui a eu lieu à la suite d’un entartage en France, donc dans le même pays oú se mena notre action, l’a bien montré: c’est une amende de 400 € qui a été imposée à un jeune pour avoir entarté au mois de février dernier Mr. Raffarin, premier ministre de l’ancien gouvernement.
2. La vengeance du Gouvernement de Navarre, qui n’a pas hésité à entreprendre des actions légales à l’Audience Nationale en utilisant dans ce but la police forale, corps de police qui n’a pas de compétence hors de l’Etat espagnol et qui agit en outre directement sous les ordres de la présidente du gouvernement autonomique, qui en l’occurrence est la même personne qui a porté plainte dans ce cas. Son objectif est d’obtenir une sentence exemplaire et vindicative pour un acte de protestation pacifique qui apporta une grande joie populaire et la réjouissance d’une grande partie de la population navarraise.
3. La prise en charge du cas par l’Audience Nationale, tribunal d’exception héritier du “Tribunal de l’Ordre Public” franquiste et qui est devenu un organe de répression et de punition de la dissidence politique dans l’Etat espagnol. Nous nous unissons donc à la revendication de larges
secteurs populaires qui exigent la dissolution de ce tribunal.
4. Le sacré-saint principe d’autorité qui reigne dans l’Etat espagnol: en effet, il faut souligner que les lourdes peines demandées se basent sur des “éléments subjectifs” menant à qualifier comme un délit d’“attentat grave contre l’autorité” l’entartage de Yolanda Barcina sous l’accusation de vouloir “offenser, dénigrer ou ignorer le príncipe d’autorité”. Il est évident que l’application de ce principe invalide en outre la soi-disante “égalité de tous les espagnols devant la loi” proclamée par la Constitution, puisque une même action entraine des conséquences légales différentes selon la personne a laquelle elle est dirigée: c’est ainsi que l’entartage d’une personne n’occupant pas de poste d’autorité ne passerait pas d’une faute ou serait absoute, tandis que si l’entarté est un agent de l’autorité l’action pourrait être pénalisée avec des punitions allant de deux à quatre ans de prison, et s’il sagit d’une haute autorité, comme dans le cas qui nous occupe, les peines vont de quatre à six ans. En plus, il se trouve que l’on applique contre
un des accusés la circonstance aggravante d’être un élu, de sorte que la peine peut s’élever jusqu’à 9 ans.
5. L’opacité sur les investigations entamées par la police française et l’inhibition de l’Etat français sur un fait qui est arrivé sur son térritoire. Nous rappelons qu’un dossier fut ouvert à Toulouse le jour de l’action pour enquêter les faits, bien que n’ayant pas eu de suite, cela a permis que le cas retombe à l’Audience Nationale de Madrid. Nons dénonçons donc à cet égard la collaboration du gouvernement français avec l’Etat espagnol et la responsabilité qu’a contractée aussi le premier en laissant cette affaire aux mains de l’Audience Nationale espagnole, ce qui place 4 personnes sous le coup d’une brutale repression pénale dûe à la criminalisation d’une action de protestation non-violente ayant eu lieu en Occitanie –sous administration française— et qui n’aurait été qu’une affaire mineure avec à peine de conséquences légales dans n’importe quel autre pays de notre entourage.
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ANNEXES
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A.1. “LETTRE OUVERTE A YOLANDA BARCINA”
Cette lettre signée par les accusés de l’entartage fut publiée dans plusieurs journaux du Pays Basque pour répondre aux fausses affirmations de Yolanda Barcina publiées dans une interview diffusée dans tout l’Etat espagnol par la revue“Mujer Hoy” du 13 mai 2012, dans laquelle la présidente parlait entre autres choses de l’entartage de Toulouse (http://www.hoymujer.com/Hoy/mujeres- hoy/Yolanda-Barcina-tartazo-senti-677388042012.html). Faisant appel à notre droit de réponse, nous faisions alors les précisions suivantes:
1. – Le titulaire de l’interview ne peut pas être plus spéctaculaire: ”Je me sentis humiliée et agressée”. Partout dans le monde occidental, l’entartage n’est qu’une action comique de protestation pour dénoncer les politiciens qui ne parviennent pas à surmonter le “test de fiabilité” et reçoivent par conséquent ces activités comme une obligation de leur charge. C’est là une certaine manière de reconnaître au peuple le droit de trépigner lorsqu’il se sent agressé par des politiciens tout-puissants,
menteurs et même
corrompus. Sans chercher
plus loin, François Hollande,
récemment élu président de
la republique française,
recevait dans la gueule un sac
de farine en pleine campagne
éléctorale et Nicolas Sarkozy
a été entarté plusieurs fois.
Vous nous accusez
d’agression, en oubliant
d’autre part que le projet du TGV est la plus grande agression écologique et socio-économique de l’histoire de la Navarre et de tout le Pays Basque. ¡Finis les victimismes bidons!
2. – Vous affirmez qu’ “à Toulouse personne ni fit rien, ils s’en allèrent à pied, libres”. Nous voulons préciser que personne ne chercha à s’èchapper ni à s’enfuir. Nous sommes tous les participants à l’action restés un bon bout de temps à l’extérieur de la salle, où nous avons même donné une conférence de presse. Le fait est qu’à Toulouse on nous laissa partir sans aucun problème et même sans être identifiés, ce qui démontre le peu d’importance que les autorités françaises portent à ce type d’actions comiques. Cette situation contraste avec les peines allant jusqu’à 9 ans de prison avec lesquelles vous voulez nous punir à l’Audience Nationale, un tribunal d’excpetion hérité du Tribunal d’Ordre Public franquiste.
3. – “Mais grâce à une télévision aragonaise qui avait filmé la conférence, la Police forale put les identifier et les arrêter, car ils étaient revenus à Pamplune tranquillement, sans penser qu’ils avaient été filmés. Ils ne s’imaginaient que nous sachions qui ils étaient”. Face à ces affirmations, nous voulons souligner que le mouvement de désobéissance au TGV Mugitu! fait ses actions publiquement, sans se cacher et en assumant la responsabilité de celles-ci. L’action de l’entartage fut filmé dans sa totalité par d’autres personnes de Mugitu! et à peine deux heures après l’entartage nous avions dejá diffusé la vidéo par internet. En plus, à notre retour à Pamplune, on fut arretés par la police forale quand on se dirigeait à une conférence de presse que nous avions convoquée pour expliquer personnellement les motifs de l’action. Le compagnon qui dut finale- ment faire la conférence de presse à la place des entarteurs a lui aussi été inculpé sous la même accusation d’ “attentat contre l’autorité”.
4. – Ensuite vous dite: “Ces gens là s’opposent toujours au progrès de cette terre”… Toujours la même rengaine! Le progrès que vous revendiquez, c’est la saturation d’infrastructures et de grands travaux destructeurs de l’environnement, gaspilleurs de ressources et socialement inutiles. Le TGV est un exemple des plus évidents, mais la liste de ces projets serait bien longue, aussi bien en Navarre que dans tout le Pays Basque. Tous ces grands ouvrages ont un dénominateur commun: le “gâteau” se distribue entre la banque (sauvée avec notre argent), les entreprises du BTP et des grosses affaires urbanistiques, et la classe politique mêlées aux adjudiucations frauduleuses et doubles primes.
5.- A la question posée dans l’interview au sujet de s’il est vrai que vous avez rabaissé plus de 40% votre salaire, vous répondez sans aucune honte que “c’est exact, car les politiciens nous devons donner l’exemple”. Il faut au contraire éclaircir que cette année vous allez gagner, comme tous les hauts cadres du gouvernement navarrais, 33% plus d’argent grâce au “nouveau complément de responsabilité” que vous avez justement inventer pour“équilibrer” les pertes dues à la rénonciation à toucher les diètes de la caisse d’épargne CAN, renonciation à laquelle vous avez été obligée à la suite du scandale surgi il y a quelques mois. Il faudrait ajouter le succulent salaire que vous allez aussi sans doute percevoir comme présidente de la Communauté de Travail des Pyrénées (CTP), charge que vous aviez investit à l’acte de Toulouse.
Mikel Álvarez, Ibon García, Gorka Ovejero, Julio Villanueva (accusés de l’entartage anti TGV de Toulouse).
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A.2. LA PRATIQUE DE L’ENTARTAGE POLITIQUE DANS LE MONDE ET SES CONSÉQUENCES LÉGALES (basé sur l’article “Histoire, théorie et pratique de l’entartage politique”) http://www.antimilitaristas.org/spip.php?article1871
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LES ORIGINES AU CINÉMA MUET
Les films muets l’avaient bien montré: l’entartage dans la gueule qui surprend le méchant du film –bien qu’il soit souvent prévisible- provoque à chaque fois l’effet recherché dans le public. Cet acte anarchique, qui porte atteinte aux bonnes habitudes, transforme en un clin d’oeil un monsieur de grande présence –comme, par exemple, le patron tyran qui maltraite Charlie Chaplin- en une figure ridicule. L’humiliation est complète et l’éclat de rire pour le mal d’autrui, bien grand. Les grands maitres comme Laurel & Hardy étaient parvenus à élever cette pitrerie au rang des “performances” artistiques.
Ce qui depuis longtemps était tenu pour une bonne plaisanterie de l’époque du cinéma muet, souffra de façon inattendue un “revival” avec le “mouvement pâtissier” des annéees soixantes-dix, qui provoca une vague de crainte parmi les couches les plus hautes de la société. L’idée de se retrouver avec la gueule pleine de crême à la fin d’une conférence et de passer comme ça à la postérité finit par mener plus d’un personnage à renoncer de paraître en public.
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NOËL GODIN ET L’INTERNATIONALE PÂTISSIÈRE
Noël Godin, l’ “entarteur belge”, est un critique de cinéma, écrivain, activiste, et un clown belge mondialement connu pour ses actes de “guérilla pâtissière”. Il a probablement été un des premiers à utiliser cette pratique politique.

Sa carrière militante débuta quand il faisait les études de Droit, lorsqu’il attaqua avec de la colle un professeur qui avait collaboré à la rédaction de la constitution du dictateur portugais Salazar. Pour cette raison il ne finit pas ses études. En 1969, il entarta avec de la crême Marguerite Duras, en déclarant qu’ “elle n’a écrit que des bêtises, et en plus elle les a aussi filmées”. Parmi ses victimes se trouvent Jacques Delors, Helmut Kohl, Bernard Henry-Lévy (qui a éte entarté au moins à sept reprises par Godin et ses collaborateurs), Jean-Luc Godard, Michel Camdessus, Patrick Bruel, Marco Ferreri, Bill Gates, Nicolas Sarkozy, etc.
Il y a quelques années, il a écrit son autobiographie, intitulée “Cream and Punishment” (“Crême et Punition”). “Je situe mes tartes dans la même la ligne que les lettres insultantes que les dadaïstes envoyaient aux personnalités aussi célèbres qu’inutiles”. Par rapport au fonctionnement du collectif, il affirme:“Nous prenons les décisions en assemblée. Je suis devenu en quelque sorte l’image publique du collectif, mais nous sommes en réalité un groupe de flibustiers sans capitaine”. Selon Godin, les actions d’entartages doivent être préparées minucieusement y et se mener à bout en équipes d’au moins quatre personnes. Parmi celles-ci, il doit y avoir, en plus d’un assistant pour passer le gâteau, un caméraman pour la documentation en direct. “Il est important de ne pas lancer le gâteau, mais de le poser à son endroit”, explique-t’il, “et il ne faut pas se préoccuper du chemin de fuite, même si cela peut signifier que les membres de sécurité te flanquent une raclée. Il est en outre rigoureusement interdit de rendre les coups si on est agressé physiquement. Seul le meilleur des gâteaux est assez bon et il devrait donc s’acheter peu de temps avant l’action dans une petite pâtisserie locale. La qualité est une chose très importante, puisque si l’action est ratée, c’est le plus souvent à nous de manger le gâteau”.
De façon surprenante, aucune de ses victimes ne l’a jusqu’à présent jamais dénoncé. “Ça les enchanteraient sans doute de le faire”, dit Godin, “mais ça pourrait aussi être néfaste pour ce qu’ils adorent le plus: leur réputation publique. Quand je suis arrêté, les flics plaisantent la plupart des fois et ils me viennent souvent avec leur propre liste de futurs candidats”.
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LA PÂTISSERIE POLITIQUE DANS D’AUTRES PAYS EUROPÉENS
En 1977, l’éminent politicien conservateur Michael Hesseltine fût couronné avec une tarte de pommes à la crême durant une conférence à l’Université de Leeds. Son compagnon de parti David Frost, au contraire, dût voyager jusqu’à New York pour jouir du plaisir d’un”pie in the eye” (une tarte en plein oeil).
Au début des années quatre-vingts, le prince Charles fût lui aussi atteint dans sa royale gueule par une lanceuse de tartes durant une visite à une association de voisins de Manchester. Et Tony Benn, la divinité de l’aile gauche du Parti Travailliste, reçût en 1982 un bel entartage au Pays de Galles lorsqu’il parlait du “droit au travail” dans une réunion syndicale. Le public fut si surpris que l’entarteur eut même le temps de prendre le micro et de crier: “Casse-toi avec ton droit au travail”. Ensuite il fut expulsé de l’estrade et rendu à la police, qui le laissa partir.
En plus des Royaume Unis, cette pratique a été assez habituelle aux Pays Bas, en France, et dans d’autres pays européens, ou il existe même des collectifs qui s’adonnent exclusivement à la pratique de l’entartage politique. Les conséquences pénales de ce type d’actions sont couramment légères ou inéxistentes. La dernière sentence dictée en France à la suite d’un entartage a été une amende de 400 € pour avoir entarté Mr. Raffarin, premier ministre de l’ancien gouvernemet.
Dans l’Etat espagnol, l’entartage politique n’a pas de tradition, même si le mouvement squatteur a fait quelques premiers essais dans la matière. Les squatteurs de Girona voulurent remercier au maire Joaquim Nadal son zèle proffessionnel, qui le mena à assister en direct à l’ expulstion du Centre Social Squatté de “Els Químics”, et un des membres lui flanca le 13 mai 2000 une belle tarte dans la gueule quand il inaugurait la Foire des fleurs de la ville. Nous n’avons pas de connaissance sur les conséquences légales de cette action. D’autre part, à Séville, le directeur de l’arrondissement du centre-ville, Luciniano Rodríguez ( IU ), fut aussi entarté par un squatteur le 2 juin 2009 durant l’expulsion de C.S.O.A.”Fabrica de Sombreros”. L’entarté ne porta pas plainte et il n’y eu pas de procès.
En Octobre 2007, Al Gore fut le but d’un entartage qui ne parvint pas à lui tomber sur le visage, à la sortie d’une conférence dans un théâtre de Gijon (Asturies). Même si la personne qui avait commis l’action ne fut pas écrouée en prison, elle se trouva sur le point de le faire, car le juge assura qu’il l’aurait condamné à prison ferme si la tarte lui aurait tombé sur la gueule.
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LES BANDES PÂTISSIÈRES EN AMÉRIQUE DU NORD
Le premier entartage politique aux Etats Unis fut commis le 14 mai 1970 par Tom Forcade, dirigeant officiel de l’ ”Underground Press Syndicate”, qui avait reçu une citation pour déclarer devant la commission de censure, la “Commission Présidentielle sur la Pornographie”. Il se présenta déguisé en curé, lut une longue liste de fanzines underground demandés pour “pornographie”, et
aussi un appel à ne pas se laisser effrayer par le boycott de la télévision et à créer un mouvement national: “Travailleurs, entartez vos chefs; jeunes, vos maîtres; locataires, vos propiétaires”.
Depuis le brulâge public des appels à s’enrôler dans l’armée pour la guerre yankee contre le Vietnam et le brulâge des soutiens-gorge, auncune autre méthode de protestation n’avait éveiller autant d’enthousiasme public comme le lancement de tarte.
La plupart des bonnes actions d’entartage furent menées par de groupes et eurent du succès durant beuacoup de temps, surtout celles des groupes Groucho- Marxistes canadiens, de Vancouver, et des Revolutionary 3 Stooges Brigade (R3SB) de Dayton, Ohio. Tous les deux menèrent de nombreux
“pie-jobs”. A la fin de 1977, les politiciens canadiens qui voyageaient à Vancouver savaient qu’ ils seraient la proie d’une attaque pâtissière du Parti Anarchiste du Canada (courant grouchomarxiste) ou de la New Questioning- Coyote Brigade. Parmi les victimes du grouchomarxiste Frankie Lee se trouvent l’ex- radical Eldrige Cleaver, le psychochirurgien José Delgado (qui fut récompensé avec un mélange de ketchup et de cervelle de veau), et deux ministres du Gouvernement Trudeau.
A différence des autres bandes pâtissières canadiennes, la “Revolutionary 3 Stooges Brigade” rechercha surtout ses objectifs parmi les personnalités locales, comme le porte-parole de la Centrale électrique de Dayton et un policier des commandos d’intervetion spéciale SWAT. “Celui-ci fut un assassinat pâtissier typiquement local, sans signification nationale. Il y a quand même des salauds locaux qui mènent tous les jours un rôle beaucoup plus important que n’importe quelle autre personnalité abstracte nationale. Tout le monde est ravi de savoir par exemple que le mec qui leur a monter les tarifs de l’électricité a été atteint par une tarte”.
Au Canada, nos amis pâtissiers ont entarté dix- sept ministres, y compris le premier ministre, Jean prononça un discours plein en envoyant tous les censeurs à la merde. Ensuite il foutut une tarte dans la gueule du membre de la commission Otto N. Larson. La photo de cet événement apparut en première page du journal Daily News de New York et dans presque tous les autres journaux du pays..de colère qui finissait
Aux Etats Unis, ce 
mouvement eut un leader qui brilla par son habileté, le hippie Aron Kay. En 1976, ce grand maître de l’entartage politique attira l’attention lors du deux-centième anniversaire de la déclaration d’indépendance, en arrivant à foutre une tarte à la crême de café sur la gueule du raciste Patrick Moynihan, fidèle comparse de Nixon et embassadeur à l’ONU, durant un acte électoral pour le Sénat. L’entartage et l’explication fournie par la suite par Aron (“Je l’ai fait pour protester contre la politique extérieure des services secrets auxquels sert Moynihan”) arrivèrent à accaparer una plus grande attention mondiale que toutes les manifestations de cette année là. Aron poursuiva à une vitesse surprenante son bombardement et atteint les visages du théoricien de la droite William F. Buckley, l’artiste Andy Warhol, le maire de New York Abe Beame, deux anciens chefs de la CIA, ainsi que toute une série de personnalités mêlées au Watergate. Ses gâteaux aidèrent à renvoyer plusieurs hauts cadres de la mairie et à rompre la carrière présidentielle du candidat soi-disant progressiste de 1980, Brown.
Plus tard, Kay se présenta aux élections de la mairie de New York avec la devise: “Vote Kay et fout aux autorités une tarte dans la gueule”. Il fit Chretien. A la suite de cette action ils furent condamnés à des peines de prison, mais la peine ne fut pas appliquée.
La facilité avec laquelle les lanceurs de tartes “bossaient” leurs proies et s’éclipsaient par la suite, mena le fanzine anarcho canadien Open Road à proclamer les journées du 4 au 11 novembre 1977 comme la“Semaine Internationale de la Tarte dans la Gueule”.
Plus récemment, aux Etats Unis fût créée la Biotic Baking Brigade (BBB), groupe armé de tartes qui affiche des idées liées à l’ écologie, le biorégionalisme, l’économie à échelle humaine, et la gastronomie authentique. Sa méthode s’inspire de l’action de Noël Godin et de son collectif de l’Internationale Pâtissière.“Lancer des tartes ne remplace pas d’autres formes d’action, mais c’est un instrument créatif de résistance. Les gens en ont marre d’écrire des lettres, de voter, de se plaindre, et qu’on se fiche d’eux”. A la fin de années 90, ils vérifièrent que lancer une tarte dans la gueule de l’économiste ultra-libéral Milton
Friedman pouvait être beaucoup plus effectif en termes de rendement médiatique que d’organiser une manifestation avec des centaines de personnes criant des devises et agitant des banderoles. Parmi les victimes les plus célèbres de la BBB se trouvent aussi Bill Gates, Renato Ruggiero (qui fut à l’époque un directeur peu connu de l’Organisation Mondiale du Commerce –l’entartage contribua à augmenter sa popularité), Keith Campbell (le cientifique qui clonna la brebis Dolly), Kenneth Derr (ex directeur de Chevron et actuel haut dirigeant de Halliburton), le Directeur exécutif de Monsanto, et plusieurs maires des Etats Unis, dont Willie Brown, de San Francisco, connu pour sa politique de répression contre les SDFs. C’est justement à la suite de l’entartage de celui-ci que les auteurs furent condamnés a une peine de trois mois de prison qu’ils durent accomplir. C’est là probablement l’unique cas d’entartage politique qui ait entrainé un emprisonnement, même si cette punition reste bien loin des exorbitantes peines de prison demandées contre les entarteurs de la présidente du gouvernement de Navarre.
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A.3. LA LUTTE CONTRE LE TGV EN EUSKAL HERRIA:
Le TGV représente sans aucun doute le plus grand ouvrage d’infrastructure jamais envisagé en Euskal Herria: les projets du “Y Basque”, le “Couloir Navarrais de Grandes Vitesse” et la LGV Dax- Béhobie –cette dernière au Pays Basque Nord, dans l’Etat français—promus par les gouvernements dès la fin des années 1980 prévoient la construction d’un réseau d’environ lignes à Grande Vitesse dans le petit térritoire que
Le premier acteur de cette lutte au Pays Basque Sud fut la AHTren Aurkako Asanblada (Assemblée contre le TGV), qui commença dès 1993 à informer et à engager l’opposition au TGV et au “développementalisme”, parvenant à socialiser une sensibilité contraire à ce qui commençait à s’entrevoir déjà comme un projet d’une échelle inconnue jusqu’alors à cause de ses coûts économiques et de ses impacts environnementaux eta sociaux. A mesure que le projet avançait, chaque fois plus de collectifs et d’organisations prenaient position contre le TGV, ce qui aboutit dans l’année 2001 à la création de la coordination unitaire nommée AHT Gelditu! Elkarlana pour rassembler les forces dans la lutte pour l’ arrêt des projets sur la base d’un commun accord sur le
440 kilomètres de nous habitons.
refus du TGV dû à son caractère anti-écologique et anti-social, la dénonciation de l’imposition et l’exigence de la dévolution de la capacité de décision aux populations concernées, ainsi que sur le besoin de remettre en question, au delà du TGV, le modèle de transports, d’aménagement du térritoire et de société imposé.
Sur la base de ces revendications communes se sont déroulées durant des années un nombre incalculable de mobilisations et d’actions informatives contre le TGV, conduisant peu à peu à l’élargissement d’un mouvement d’opposition qui a adopté comme principales méthodes de lutte la mobilisation, la lutte informative (face au bombardement continuel de la propagande
officielle), l’organisation de réferendums locaux et la réalisation d’actions de désobéissance et de résistance civile. Cette lutte s’intensifia fortement dans les années 2006-2008 face au démarrage des travaux du “Y Basque”, jusqu’au point que le problème du TGV arriva à imprégner l’atmosphère sociale et devint une question centrale des luttes populaires. Durant cette intense période de lutte eurent lieu de nombreuses iniciatives, comme la réalisation de référendums sur plus de 10 localités affectées qui démontrèrent le refus des habitants au TGV et leur volonté de décider, les rassemblements boycottant la signature des actes d’expropiations forcées dans les mairies—quelques unes desquelles maintenaient une ferme attitude de non collaboration avec le projet–, une manifestation de 15.000 personnes à Arrasate (Mondragón), de nombreuses actions de résistance sur les chantiers, en même temps que la conflictivité adoptait parfois des formes anonymes.
Cependant, les gouvernements et promoteurs du TGV forcèrent la situation pour imposer les travaux du “ Y Basque” et étendèrent la criminalisation du mouvement d’opposition. Il faut souligner à cet égard qu’un document interne de la pólice autonomique basque ordonnait en 2008 la remise de tous les dossiers concernant les actions de protestation contre le TGV, indépendemment qu’elles soient pacifiques, à l’ Audience Nationale de Madrid (tribunal d’exception). Il est hors de doute que le TGV est non seulement dans l’ Etat espagnol un remarquable enjeu politique et économique de premier rang (son plan d’infrastructures est le plus vaste de l’UE et prévoit la construction de 10.000 kilomètres de LGV, de sorte que 64% des ouvrages de Grande Vitesse mis en exécution en Europe se concentraient en 2008 dans la péninsule ibérique), mais qu’il est devenu en outre une véritable question de raison d’Etat au Pays Basque, étant donné que le conflit politique que traverse notre pays s’est projeté sur cette question.
A partir de l’année 2009, le développement des travaux du “Y Basque” commença à dépasser la capacité de réponse du mouvement populaire et l’opposition eut des difficultés pour affronter l’étendue de l’attaque, s’enfonçant progressi- vement dans une situation d’ impasse. Toutefois,
la force du mouvement était manifeste, puisque l’on arrivait à mener d’ importantes actions désobéissantes comme la manifestation à la zone des travaux qui rassembla en janvier de cette année plusieurs milliers de personnes et qui fut sauvagement réprimée par la pólice quand on essaya de faire une action massive de désobéissance (un sitin sur le chantier, qui eut pour bilan plusieurs dizaines de personne blessées et 8 manifestants détenus durant trois jours accusés de “térrorisme” avec le but de les remettre à l’Audience Nationale de Madrid); ainsi que l’action réalisée un matin par plusieurs centaines de personnes qui distribuèrent 800.000 “faux” bulletins d’impôts dans les boîtes aux lettres (la population du Pays Basque Sud est de 3 millons d’habitants) en utilisant des formulaires ressemblant à ceux des Gouvernement Basque et Navarrais pour demander à chaque contribuable de verser 4.790 euros d’impôt pour le TGV.
Depuis lors, nos efforts se sont adressés à essayer de relancer la mobilisation en dénonçant notamment l’énorme gaspillage des ressources publiques que les gouvernements font avec le TGV, alors qu’ils déchargent les coûts de la crises sur les secteurs populaires. En effet, nous sommes arrivés à une situation dans laquelle, malgré tous les dommages causés par les travaux, il reste encore à dépenser environ 70% de la totalité du budget de ce macro-projet imposé en dépit d’un manque total de consensus social et de légitimité publique. Et dans cette tentative de raviver l’opposition, en 2010 fut créé le mouvement de désobéissance au TGV Mugitu!
La lutte continue donc, en dépit de que tout débat réel ou contestation sociale soit pourchassée par la manipulation, le silence ou la répression
-Al rojo vivo (La Sexta):
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A.4. LIENS D’INTÉRÊT: DOCUMENTS, VIDEOS, SITES WEB MOUVEMENT MUGITU! :http://mugitu.blogspot.com
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Vidéo des débuts de Mugitu!:
http://blip.tv/mugitu/mugitu-hasiera-5094322
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Action au FLA:
http://blip.tv/mugitu/accion-en-el-foro-logistico-atlantico- 5598563
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MOUVEMENT CONTRE LE TGV EN EUSKAL HERRIA:
AHT GELDITU! Elkarlana
http://www.ahtgelditu.org
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Assemblée contre le TGV
http://www.sindominio.net/ahtez
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ENTARTAGE DE YOLANDA BARCINA :
– Vidéo de Mugitu!:
http://youtu.be/xuKUv_FAktI
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– Vidéo de l’entartage
http://blip.tv/mugitu/tartazos-antitav-para-barcina-5682510
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– Enterviews de Yolanda Barcina à la télévision après l’entartage:
http://www.lasexta.com/sextatv/alrojovivo/tres_tartazos_para_barcina/277353/5351-ABC:
http://www.abc.es/20111027/espana/abci-agresion-barcina- 201110271859.html

.
– Enterview de Yolanda Barcina dans la revue “Mujer hoy”:
http://www.hoymujer.com/Hoy/mujeres-hoy/Yolanda-Barcina-tartazo-senti- 677388042012.html
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– Version vidéo “Barcina Merengue killer”:
http://youtu.be/LQ003DUCpzE
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ENTARTAGES DANS LE MONDE:
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– Site web de l’Internationale Pâtissière:
http://www.gloupgloup.be/gloup.php?page=actu&cat=Actualit%E9s%20Gloupinesques
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– Texte sur l’ “histoire, théorie et pratique de l’entartage politique”:
http://www.antimilitaristas.org/spip.php?article1871
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– Texte: “Déconstructions de l’image du pouvoir: sur la signification sociale et esthétique du lancement d’aliments contre les célébrités et les institutions” (en langue espagnole):
http://fxysudoble.com/es/cronologia/deconstrucciones-de-la-imagen-del-poder- acerca-del-significado-social-y-estetico-del-lanzamiento-de-alimentos-contra- celebridades-e-instituciones/.
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- Vidéos d’entartages dans le monde:
http://blip.tv/mugitu/tartas-5861911
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Mugitu!
Mugimendua

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