- Vous aussi, imposez votre grand projet inutile ! A51 et bien d’autres

Posté par admin le 15 février 2013


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Vous aussi, imposez votre grand projet inutile ! [A51 et bien d’autres]

Mercredi 13 février 2013

 

Voici un tract qui a été distribué à Mens le 9 février 2013, lors de la réunion publique sur l’A51 organisée par un collectif d’habitants du Trièves. Au dos du tract était agraphé l’article de la revue Travaux dont sont tirées les informations et citations du tract, et qui mérite d’être lu attentivement par tous celles et ceux qui sont confrontés dans leurs luttes au rouleau compresseur de la communication officielle…

Le tract :

PDF - 246.8 ko

L’article de la revue Travaux  :

PDF - 659 ko

VOUS AUSSI : IMPOSEZ VOTRE GRAND PROJET INUTILE !
Pour une communication en béton…

Décideurs : patrons du BTP élus, technocrates… Vous tentez d’imposer à la population un projet couteux, nuisible et inutile ? Vous êtes confrontés à une opposition de plus en plus gênante ? Cette fiche technique est faite pour vous ! Avant de commencer, assurez-vous d’avoir de l’argent (beaucoup d’argent), quelques amis haut-placés, et une poignée de journalistes serviles à portée de main. Ah oui, et laissez vos scrupules aux vestiaires…

Entre amis du BTP, il est courant de s’échanger des informations, quelques petites techniques qui facilitent la vie. Cela se fait alors dans des revues internes à la profession, non destinées au grand public, comme la revue Travaux, le Journal de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP).

C’est un article de cette revue que nos experts ont déniché pour vous [1], et qui servira de base à cette fiche technique. Les deux « chargées de com » [2] de la A51 y expliquent comment, entre 1995 et 1999, elles ont orchestré pour AREA la campagne destinée à discréditer les opposants et à faire accepter aux habitants la construction de l’autoroute entre Grenoble et le Col du Fau.

Toutes les citations ci-dessous sont extraites de ce document. Lisez, et apprenez !

1- La communication c’est la guerre

C’est cette conception qui doit guider votre action. Commencez par instaurer une division au sein de la population. Repérez les personnes qui soutiennent votre projet, et érigez les en « partisans ». Il s’agit « de mobiliser ce potentiel en réponse aux opposants ». À cet effet, fournissez-leur des tribunes et des moyens de communication disproportionnés. Repérez aussi les indécis. Parmi eux «  deux cibles de communication sont privilégiées : les leaders d’opinion et le grand public ». Faîtes en sorte qu’eux aussi «  s’affirment en tant que partisans ». Enfin et surtout mettez en place une surveillance des opposants afin de savoir qui ils sont, et comment ils s’organisent. Inspirez-vous là encore d’AREA et de son « observatoire de l’opinion, [...] véritable veille stratégique des médias, de l’opposition et suivi de l’évolution de la perception du projet. » Élaborez alors une communication qui réponde point par point à leurs arguments, en prétendant à chaque fois rétablir « une information contrôlée et officielle afin de faire taire les rumeurs ».

2- Evacuez la politique

Votre grand projet nuisible – autoroute, aéroport, centrale nucléaire – ne doit pas être présenté comme un projet politique. Retranchez-vous derrière la loi, et les arguments techniques et juridiques. Si le propre de l’action politique c’est de devoir rendre des comptes, le propre du technicien c’est de ne faire que son travail. Ainsi, vous ne construisez pas un projet qui transforme la vie des habitants, vous « exécutez une mission d’Etat ». Vous ne faites pas de la propagande, vous «  assurez une bonne lisibilité du projet ». De cette manière, vous neutralisez tout débat sur le fond et l’utilité du projet. Enfin, poussez même jusqu’à dire que vous oeuvrez pour le bien commun et «  positivez le projet en termes d’aménagement du territoire ». De bétonneur, devenez aménageur !

3- Déclenchez le tsunami de la communication

Vous devez occuper le terrain médiatique jour et nuit. Pour cela, embauchez une agence de com’ et mettez en place un «  dispositif de communication de crise ». Multipliez les réunions d’informations à l’attention du monde politique et socio-économique : chambre de commerce et d’industrie, entreprises de travaux publics, élus du département, de l’agglomération… Comme AREA, n’hésitez pas à vous payer un encart de 8 pages dans toutes les éditions du Dauphiné Libéré, soit 400 000 exemplaires. Ne négligez pas l’édition d’un petit journal comme A 51 infos, diffusé à 20 000 exemplaire dans les boîtes aux lettres chaque trimestre. Rappelez-vous toujours que ce n’est pas la qualité qui compte, mais la quantité. Dans toutes vos publications, songez au poids des images. Un arbre qui se développe illustrera à merveille la progression du chantier d’une autoroute. Enfin, comme l’expliquent les deux communiquantes d’AREA, mais sans donner plus de détails, recourrez évidemment à « des actions de lobbying ».

4- Soyez aux petits soins avec les journalistes

Une équipe permanente assurera « un suivi quasi individuel des journalistes », et les accompagnera systématiquement sur le terrain. Surtout, « des déjeuners presse personnalisés sont organisés ». C’est que certains journalistes sont toujours plus enclins à publier les communiqués que vous leur envoyez lorsqu’ils ont bien mangé. Le financement des « voyages de presse » ne peut qu’améliorer encore ces relations.

5- Les enfants comprennent si vite…

Adressez-vous en particulier aux enfants. Faîtes comme AREA qui a conçu, en collaboration avec une classe de CM2 de la commune de Vif, un livre à destination des enfants : « Tom et l’autoroute A 51″. Organisez des interventions « dans les écoles et collèges situés dans la zone du chantier ». Engagez un véritable travail avec les enseignants «  Chaque visite de chantier [doit être] adaptée à leur demande en fonction des thèmes qu’ils souhaitent aborder : les métiers, la géologie, l’impact sur le paysage… ». Rappelez-vous que les enfants sont non seulement le moyen le plus sûr de toucher les parents, mais aussi les citoyens de demain. Autant préparer le terrain pour d’autres grands projets… Et souvenez-vous que pour les grands comme pour les petits, il y une règle d’or : faire participer, c’est faire accepter !

Bientôt une démonstration grandeur nature ?

Mi-octobre 2012, André Vallini, président du conseil général de l’Isère rend public sa décision de relancer le chantier de l’A51, abandonné depuis deux ans. Communiqué de soutien des grands patrons du BTP de l’Isère, pleine page de propagande autoroutière dans Isère Magazine, multiplication des articles pro-A51 dans le Dauphiné Libéré… la stratégie de communication est bien rôdée. Mais elle n’atteindra son maximum d’efficacité que si l’État donne son accord pour la construction de la A51. Là, les habitants seront à nouveau confrontés au bulldozer médiatique que nos experts vous ont décrit. La tâche des bétonneurs s’annonce cependant plus difficile, parce que les habitants sont maintenant prévenus…

Un jeune triévois, vrai faux-expert en communication

[1] A 51 : un projet qui n’était pas gagné. De l’opposition à l’adoption, du bétonneur à l’aménageur », Travaux n° 757,1999. Cf. Document joint.)

[2] Après ce joli coup de maître, nos deux chargées de com’ sont monté en grade : elles sont toutes deux allé travailler pour le secteur du rail, et font aujourd’hui carrière notamment sur le projet Lyon-Turin… Que d’excellentes références !
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Source:
http://grenoble.indymedia.org/2013-02-13-Vous-aussi-imposez-votre-grand
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