- Et Gérard Brémond créa la résidence de tourisme

Posté par admin le 7 mars 2013

Et Gérard Brémond créa la résidence de tourisme

230 000 lits en Europe, 7,5 millions de clients, 300 sites de vacances… Tel est l’empire du tourisme qu’a créé ce Parisien, artiste contrarié. C’est en Haute-Savoie, à Avoriaz, que fut scellée la première pierre de son œuvre. Utopie qu’il mit en musique avec Vuarnet et finança par le principe inédit de “nouvelle propriété”.

“Les grandes idées naissent de la contrainte et non dans l’opulence.” Confucius ? Non, Gérard Brémond, président fondateur de Pierre & Vacances, leader européen de l’hébergement au soleil et à la neige. À la fin des années 70, Avoriaz, station d’avant-garde, en rupture avec le culte américain de la bagnole, court à l’asphyxie. “On a été poussé à l’innovation”, assure le promoteur de la “belle utopie”.

À l’inventivité architecturale de 1967, dix ans après, il convient d’ajouter l’ingéniosité commerciale. Avec un seul hôtel et une myriade de résidences secondaires, la station était garnie de ces lits froids qui ne se peuplent qu’en vacances, s’ouvrant et se fermant en un tour de clé comme un décor de cinéma. “Pour rentabiliser les remontées mécaniques il fallait amener la vie permanente et des lits chauds.”

Problématique des volets clos à laquelle bien des stations, de la montagne au littoral, sont aujourd’hui confrontées. “Les hôteliers refusaient d’investir là-haut. Et la clientèle familiale ne se retrouvait pas dans l’idée d’un hôtel aux chambres alignées mais attendait des services que la location de meublés n’offrait pas.” Entre hôtel et meublé

À cette demande standard, Brémond va répondre par une offre hybride qui associe services hôteliers et convivialité de l’hébergement personnalisé. L’acquéreur finance le parc touristique selon une formule mixte alliant propriété et investissement : un appartement avec loyer garanti et possibilité de l’occuper une partie de l’année. La résidence de tourisme était née.

Quatre bâtiments ronds aux noms de tempos – la musique autre passion de Brémond – sortirent de terre. Associé à la banque Rothschild, Pierre & Vacances voit les 300 appartements des Ruches s’envoler en trois semaines. Et comme l’opération ne suffit pas à rembourser la dette d’Avoriaz, Brémond étend son concept aux Alpes et au-delà. Construire, vendre les murs et exploiter… Du terrain à bâtir à la petite cuillère, l’intégration verticale sera sa marque de fabrique, inamovible dans le panorama de 40 stations françaises.

Parc vieillissantEn montagne, Brémond privilégie la haute altitude. “Valmorel fut l’exception qui confirma la règle. On a revendu les remontées au début des années 2000. Le produit nous a permis de racheter Center Parcs”. En 40 ans, le concept a été imité, mais Brémond ne sera pas égalé, absorbant les concurrents, Orion, Maeva et consorts.

Aujourd’hui rénover un bâti vieillissant est la grande affaire. “Même s’il y a encore des projets d’extension comme à Flaine.” Ou Avoriaz, avec 475 appartements 5 et 4 étoiles et un centre aquatique qui viennent d’éclore. Las, la rénovation lourde pose des problèmes de rentabilité et Brémond déplore les freins administratifs et le manque d’incitation fiscale. “Ce n’est pas la priorité politique actuelle.” Il découvre Spielberg

Contre la crise qui a plombé l’activité l’an dernier (7M€ de pertes) et l’a contraint à un plan social, l’homme qui fit venir le showbiz aux débuts d’Avoriaz sur le modèle de Saint-Trop’, a associé Center Parcs à Disneyland Paris ou créé des complexes au Maroc.

À 75 ans, il a de la suite dans les idées, lui qui lança le festival du film fantastique, en 1973 révélant au public Spielberg, et son “Duel”. Brémond cinéphile fit montre du même flair qu’il avait pour dénicher les talents lorsqu’il était journaliste à Jazz Hot. “C’était devenu le deuxième festival après Cannes, mais la fréquentation d’Avoriaz déclinait. L’événement avait phagocyté l’image de la station, trop bling bling”.

Jean Vuarnet se souvient de leur rencontre en 1964. Le champion cherchait des investisseurs pour créer Avoriaz. Le cycliste Louison Bobet lui a fait faux bond, préférant la thalasso. Le champion s’adressa alors à Brémond père, Robert, constructeur de la tour BP à la Défense.

Mais à la montagne ce dernier ne connaît fichtre rien. Alors il confie l’affaire à son rejeton un peu bohème qui prend l’air aux sports d’hiver. “C’était l’occasion de rendre son fils raisonnable. Gérard était alors un joyeux luron qui fréquentait les boîtes de jazz.” Voilà comment cet ami de Sacha Distel a réussi dans la vie, à vendre rêve et vacances. Des hébergeurs français, Brémond est aujourd’hui le premier.

BIO EXPRESS

1937 : naissance

1964 : rencontre Jean Vuarnet

1967 : ouverture d’Avoriaz et création du groupe Pierre & Vacances

1973 : lance le festival du film fantastique

1979  : première résidence de tourisme, les Ruches.

2001 : acquisition de Center Parcs

1999-2005 : président d’Atout France, organe de promotion touristique français.

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