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- Center Parc en Saône-et-Loire : 300 emplois, mais à quel prix ?

Posté par admin le 7 avril 2014

Center Parc en Saône-et-Loire : 300 emplois, mais à quel prix ?

Photo Jonas Jacquel

L’article

7 avril 2014
7h00
Temps estimé de lecture : 6 min

Un  va s’installer dans la forêt du Rousset, en Saône-et-Loire. L’information a été officialisée par , président de la région Bourgogne et , président du conseil général de Saône-et-Loire, non sans fierté. Il devrait ouvrir en 2018, le parc représentera une manne de 300 emplois potentiels, mais il sera largement financé par les collectivités publiques. Sur proposition de la Franche-Comté, un autre parc va s’installer tout près, dans le Jura, à Poligny. Le groupe Pierre&Vacances, propriétaire de Center Parc , en difficulté actuellement, a fait jouer la concurrence entre les deux régions Bourgogne et Franche-Comté pour s’assurer un financement public… Avant de faire coup double et de valider les deux projets.

Tout a commencé le 10 septembre 2013 par un article du quotidien régional Le Progrès. Voilà déjà un an que la petite commune du Rousset, en Saône-et-Loire se réjouit du projet d’implantation d’un Center Parc dans la forêt voisine. 300 emplois prévus, plus que bienvenus pour le département qui traverse une période difficile. Au même moment, le groupe Pierre&Vacances divulgue volontairement dans Le Progrès qu’il est en train de mener une étude de faisabilité à Poligny, dans le Jura, à seulement 30 kilomètres du site de Saône-et-Loire. Les deux projets sont mis en concurrence. Les institutions locales – conseil général comme conseil régional – commencent à transpirer de voir partir ces centaines d’emplois potentiels de l’autre côté de la frontière.

Le groupe en difficulté fait appel aux collectivités

Quelques semaines plus tard, début décembre 2013, le groupe Pierre&Vacances présente ses résultats pour l’année écoulée. Résultats très mauvais. Le numéro 1 du tourisme en Europe accuse une perte de presque 50 millions d’euros, contre 25 millions en 2011. Le groupe a passé une sale année, qui lui a couté cher, entre plan de sauvegarde de l’emploi et désengagement de structures déficitaires. Françoise Gri, directrice générale, lance un grand plan de sauvetage : “Win 2016“. Le but : retrouver le niveau de santé d’avant la crise. Le moyen : entre autre, recourir aux financements des collectivités publiques.

On y est. Dans la foulée de l’annonce du plan de faisabilité dans le Jura, François Patriat et Rémi Chaintron se rendent à Paris rencontrer le fondateur du groupe Pierre&Vacances. Le conseil général de Saône-et-Loire et la région Bourgogne assurent, dès le 20 décembre 2013, être prêts à mettre 15 millions d’euros sur la table. Les deux collectivités porteront, avec d’autres investisseurs privés, une société d’économie mixte (SEM) qui permettra de financer au groupe des infrastructures à moindre coût. De leur côté, le département du Jura et la Franche-Comté s’engagent sur des conditions similaires. Stupeur le 21 mars 2014 : le groupe annonce que les deux projets sont retenus. Information officialisée depuis, dimanche 28 mars.

66 millions d’euros pour les équipements du parc

Impensable pour le conseil régional de Bourgogne et le conseil départemental de Saône-et-Loire de rater l’occasion de voir 300 emplois créés sur leur territoire, quitte à mettre la main à la poche. Mais jusqu’où sont allées les collectivités pour s’assurer que le projet reste bien chez elles, sous la menace d’une concurrence, qui s’est avérée factice, d’un départ dans le Jura ? Les deux conseils se partagent les 15 millions d’euros de fonds directs pour créer la SEM. Au total, l’installation du parc demande un investissement de 170 millions d’euros. Rémi Chaintron, joint par téléphone, confirme que la SEM en apportera, via des emprunts, 66 millions, qui permettront à Pierre&Vacances de réaliser ses équipements.

Ces 66 millions d’euros ne s’ajouteront pas à la dette des collectivités, puisqu’ils seront portés par la SEM. “C’est un fonctionnement classique”, justifie le président du conseil de Saône-et-Loire. “Lorsqu’une usine veut s’installer, il arrive que l’on mette en place une SEM pour avancer les fonds et créer les bâtiments. On se substitue simplement au privé”. Pierre&Vacances va payer un loyer à la SEM pour profiter des installations, qui devraient couvrir les remboursements des collectivités. “On devrait même gagner de l’argent en fin de compte”, assure Rémi Chaintron.

Des accords ont même été passés entre les Pôle Emploi, les collectivités et le groupe pour assurer que des emplois locaux seront bien créés. “Certains postes, quand même seront pris, par des gens du groupe. A l’impossible nul n’est tenu”, concède Rémi Chaintron. 500 emplois devraient être créés pendant les deux ans d’installation du parc, qui devrait ouvrir en 2018, ainsi que 300 postes durables à terme. Une aubaine pour le territoire, mais cher payé. Quant à la soi-disant concurrence avec le Jura, Rémi Chaintron préfère jouer fair-play. “C’est une bonne chose que les deux projets aient été retenus, cela veut dire qu’ils étaient bons. En plus, Poligny n’est qu’à 30 kilomètres de la frontière avec le département, donc on devrait en profiter aussi”.

Questionnement écologique

Mais tout le monde n’est pas ravi de l’implantation d’un Center Parc sur la forêt du Rousset. Le groupe Pierre&Vacances a acheté 315 hectares de bois, dont 130 seront construits. “Au total, c’est un quart, voire un tier des arbres qui seront prélevés”, explique Rémi Chaintron. En février 2012, Nicole Eschmann, élue verte au conseil régional de Bourgogne exposait déjà son désaccord avec le projet, quand il n’était alors qu’ébauche. “Comment nos élus accepteraient-ils en notre nom d’être dépossédés de centaines d’hectares de zones naturelles (bois, points d’eau), où vivent de nombreuses espèces sauvages, où l’accès est libre et gratuit pour les citoyens, pour en faire un espace artificialisé, macadamisé, bétonné, clos et payant ?”

Rémi Chaintron répond aujourd’hui. “La forêt du Rousset était un bois d’exploitation, géré par un groupe financier. C’est une forêt qui arrive à maturité et qui aurait du de toute façon être rasée d’ici à 10 ans.” Mais Nicole Eschmann s’opposait au concept même du Center Parc : “Comment nos élus se laisseraient-ils abuser par une propagande de développement durable, véritable blanchiment écologique ? Un Center Parc, c’est la destruction de zones naturelles pour une consommation de loisirs à la chaîne, produisant une pollution et un gaspillage d’énergie impensable (piscines sous dômes gigantesques, vagues artificielles, saunas, jaccuzi, plantes tropicales…).”

Source:
http://www.miroir-mag.fr/26899-center-parc-en-saone-et-loire-300-emplois-mais-a-quel-prix/

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