- L’enquête publique concernant la loi sur l’eau, liée au projet de construction du Center Parcs de Roybon

Posté par admin le 27 mai 2014

 

L’enquête publique concernant la loi sur l’eau, liée au projet de construction du Center Parcs dans les Chambarans, a débuté le 14 avril à Roybon et se clôturera le 28 mai. Elle mobilise les deux camps qui s’affrontent sur ce projet.

  

Le nouveau maire de Roybon, Serge Perraud, invite les élus de la communauté de communes à se mobiliser « pour démontrer à tous que ce projet bénéficie du soutien d’une large majorité de la population et des élus. » Monsieur Perraud ne s’intéresse nullement dans cette invitation aux problèmes concernant la loi sur l’eau mais espère seulement que l’implantation de cette ville de vacances sous bulle permettra de développer « une économie touristique autour de Center Parcs », mais bien sûr en respectant la beauté du site. L’économie touristique est quelque chose qui sonne bien aux oreilles de ce nouveau maire de Roybon, président du groupe Perraud, la société de transport public de voyageurs et organisatrice de voyages touristiques.

Christian Luciani, président de l’association « Vivre en Chambaran » créée en juin 2012, en réponse à un appel à soutenir le projet lancé par Monsieur Vallini, Président du Conseil général (et actuellement secrétaire d’État à la réforme territoriale qui envisage de supprimer les départements), après avoir conjointement avec sa secrétaire disserté sur les aspects économiques de cette juteuse affaire et sur la clientèle qu’il faudra fidéliser, nous rassure que « la Galaure, la faune et la flore seront respectées ». Nous sommes enfin rassurés, bien sûr !

     

Du côté des opposants au projet, nous avons entendu madame Bonneton, député EELV, nous assurer le 21 mars (à la veille de l’élection de la liste de Piolle à la mairie de Grenoble), lors du rassemblement contre le projet devant le Conseil général de l’Isère, qu’il était très important de participer à cette enquête publique. Le 19 mai Michelle Rivasi, tête de liste EELV dans le Sud-Est aux Européennes est passée, dans le cadre de sa campagne électorale qui se déroulait en même temps que l’enquête publique, à Roybon et a participé à une marche et prise de paroles sur le site du projet.

Pour monsieur Stéphane Perron président de l’association PCSCP, cette enquête va permettre enfin de « mettre sur la table tout ce qui est reproché au projet ».

 

Pour Monsieur Francis Meneu, président de la FRAPNA, les choses sont claires et précises : « ça n’a jamais été notre volonté affichée de voir annulé ce projet. Nous avons dès le départ, en tant que Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature attiré l’attention du promoteur et des collectivités locales qui le soutenaient sur une difficulté qui nous semblait majeure : c’est le lieu d’implantation qui avait été choisi du site. Il est clair que ce projet de Center Parcs sur zones humides va constituer une sorte de précédent et pour lequel il faut impérativement qu’il y ait une bonne information du public, un bon débat environnemental de qualité. Ce débat environnemental, nous avons considéré nous à la FRAPNA qu’il était d’une certaine façon trop clivé entre les pro et les contre projets ; et nous avons souhaité nous de notre côté réserver notre participation sur ce volet essentiel de l’enquête publique loi sur l’eau. Nous, on est là pour poser les questions ; les questions les plus techniques. Après c’est à Pierre et Vacances d’apporter des réponses à des inquiétudes qui sont réelles». (http://www.francebleu.fr/infos/l-enquete-publique-sur-le-projet-de-center-parcs-roybon-est-lancee-1464749)

 

Nous connaissions déjà l’avis de monsieur Meneu.[1] Et lorsqu’il dit publiquement que le seul problème que pose la construction du Center Parcs est la destruction d’une zone humide, et par conséquent le choix du lieu d’implantation, il n’échappe à personne qu’il suffirait de déplacer le projet ailleurs et seulement à quelques kilomètres de là comme le proposait déjà  monsieur Perron, pour qu’il devienne acceptable.

 

Le débat saucissonné en tranches (les problèmes environnementaux distincts d’un côté, les problèmes sociaux pris séparément d’un autre,  et l’utilité sociale  ou la perception du monde en général, avec ses tenants et ses aboutissants jamais pris en compte etc.), permet aux institutions d’éviter que l’on remette en question le projet et le monde qui le rend possible, dans leur globalité ; et la FRAPNA comme technicien du système y trouve une place confortable malgré ce qu’elle peut dire.

 

 Vous trouverez en pièce jointe, en bas de cet article, un avis déposé lors de l’enquête publique de mai 2014 portant sur le projet de 14 éoliennes industrielles sur le massif de la Gardille en Lozère[2] dont est tirée la citation suivante qui résume assez bien, en partie, les raisons pour lesquelles nous n’avons pas collaboré à cette enquête publique :

 

 « La méthode est connue : une enquête publique a vocation consultative ; le rapport d’enquête émet un « avis » et non une décision. Les populations ne sont donc pas consultées pour que se dégagent de leurs prises de position une décision positive ou négative sur l’utilité sociale de tel ou tel aménagement. En quelque sorte, on attendrait plutôt de leur connaissance du terrain que les populations donnent un éclairage sur des aspects que les experts, qui ont piloté le projet, auraient pu laisser volontairement ou involontairement dans l’ombre. C’est donc sur les détails et non sur le principe que leurs observations sont attendues, étant entendu que la décision reviendra en dernier lieu au préfet et à l’État – puisqu’il arrive que des préfets ne tiennent aucun compte d’avis négatifs délivrés par les commissaires enquêteurs. Bref, à la faible participation, dans cette procédure locale, des populations, convaincues de leur impuissance, on aura un échantillon de la désaffection générale et ancrée des gens dont l’expérience est que tout se décide sans eux, de toute façon. À moins de considérer justement l’enquête publique comme l’outil adéquat pour sonder l’acceptabilité dans les populations des projets les plus extravagants : que leur silence en devienne parlant, et qu’elles ne puissent pas prétendre ensuite qu’elles n’avaient pas su.

À l’opposé, les individus qui ont pris la peine d’exprimer leurs points de vue argumentés peuvent ressentir n’être utilisés que comme figurants d’une partie déjà jouée à l’avance : des « idiots utiles » à qui on voudrait faire croire que leur parole serait prise en considération. Pour ainsi dire, la démocratie comme pantomime. »

 

Nous ne cherchons pas à blâmer celles et ceux qui ont participé à l’enquête. Certains parmi nous d’ailleurs y ont pris part à titre personnel. Quoi qu’il en advienne, nous condamnons l’existence de ce genre de procédure qui laisse croire à un semblant de débat démocratique ouvert à tous, alors que les seuls arguments sérieux et de poids  qui pourront être entendus par le commissaire enquêteur et son équipe désignés par le Tribunal administratif, sont pour la plupart des arguments spécifiquement techniques et environnementalistes, portés par des spécialistes (ou des experts) qui du coup s’emparent du débat de ce qui est discutable, et par conséquent détournent la démocratie en une grotesque représentation.

 

Quelques opposants à Center Parcs, le 26 mai 2014

 

 

 


 [1] À ce propos, nous vous proposons la relecture  du texte « Center Parcs – Une fissure dans le consensus » (https://grenoble.indymedia.org/2010-11-14-Center-Parcs-Une-fissure-dans-le).

[2] Nous voulions aussi vous faire part de l’aberration de ces illusions renouvelables qui colonisent les territoires et polluent les paysages ­— le projet d’implantation de plus de 50 éoliennes dans les Chambarans est toujours d’actualité, et nous espérons que les opposants au Center Parcs comprennent que le monde illusoire sous bulle et celui des éoliennes est bien le même qu’il s’agit de combattre.

 

fichier pdf avis pour registre enquête publique

Laisser un commentaire

 

BARAKA |
Les Moniteurs d'Ateliers e... |
Les professionnels du negoc... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | immobilierachat
| jechangetout
| SIVOS - Mondreville / Tilly