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- A Roybon, partisans du Center Parcs et zadistes se mènent une guerre des nerfs

Posté par admin le 5 décembre 2014

 

A Roybon, partisans du Center Parcs et zadistes se mènent une guerre des nerfs

A quelques kilomètres du plateau du Vercors, le village de Roybon est agité par la contestation autour du projet de Center Parcs. L’inquiétude grandit chez les habitants, qui craignent des débordements de la part des zadistes.

Sur le chantier du futur Center Parcs à Roybon (Isère), le 3 décembre 2014, les travaux sont à l'arrêt depuis deux jours. 
Sur le chantier du futur Center Parcs à Roybon (Isère), le 3 décembre 2014, les travaux sont à l’arrêt depuis deux jours.  (TATIANA LISSITZKY / FRANCETV INFO )
- A Roybon, partisans du Center Parcs et zadistes se mènent une guerre des nerfs dans Actualités tatiana.lissitzkyPar Tatiana LissitzkyMis à jour le 05/12/2014 | 09:37 , publié le 05/12/2014 | 06:05

A 5 heures du matin, mercredi 3 décembre, en pleine forêt de Chambaran, sur les routes qui encerclent le bois des Avenières, lieu de construction du futur Center Parcs, se joue un étrange ballet… Près du village de Roybon (Isère), des phares de voitures s’allument brusquement au détour d’un chemin, des silhouettes émergent de la brume. La température est de -3°C et ils sont une dizaine de zadistes à sillonner les routes alentours pour vérifier les allées et venues.

Leur but : empêcher la reprise des travaux sur le site et bloquer l’accès du chantier aux ouvriers. Après Sivens et Notre-Dame-des-Landes, la forêt de Chambaran, l’une des plus grandes d’Isère, est devenue en trois jours l’hôte d’une nouvelle « zone à défendre » (ZAD). La contestation enfle autour du projet de nouveau Center Parcs, qui doit s’étendre sur plus de 200 hectares. Le site, dont l’ouverture est toujours prévue en 2017, pourra accueillir près de 6 000 personnes dans un village clôturé où un millier de bungalows, ainsi que des commerces et des restaurants, entoureront une bulle transparente géante maintenue artificiellement à 29°C, avec plusieurs piscines, jacuzzis et saunas.

« Les zadistes veulent nous pousser à la faute »

A l’entrée du site, des vigiles cagoulés barrent l’accès au chantier. Ils sont sur le qui-vive. Ce matin, les conditions sont particulièrement difficiles : impossible de distinguer la moindre silhouette tant le brouillard est dense. A 7h30, les phares de trois voitures percent enfin la nuit : les entrepreneurs et leurs ouvriers sont là. Ils sont accompagnés d’un huissier mandaté par la direction de Center Parcs et chargé de constater les éventuelles entraves aux travaux. Equipés de bombes lacrymogènes et de matraques, les vigiles escortent les bûcherons dans la forêt. Ils resteront auprès d’eux toute la journée.

Pour les responsables du chantier, la journée est un test. Si les zadistes ne se manifestent pas, les machines pourront revenir. Tous les engins ont dû être évacués après les violences des deux derniers jours. Les entrepreneurs racontent la façon dont les zadistes, venus en nombre, sont montés sur les machines, quitte à se mettre eux-mêmes en danger. « C’est ce qu’ils veulent, nous pousser à la faute, dénonce François Brun-Buisson, directeur d’une scierie. Il faut à tout prix que l’on garde notre calme, même s’ils nous caillassent ou qu’ils essaient de brûler nos machines. »

En plein cœur de la forêt de Roybon, c’est une véritable guerre des nerfs qui se joue. « On a capté les fréquences de talkies-walkies qu’utilisent les zadistes. Ils ont une cartographie quadrillée de la zone, ils se cachent, nous observent, nous comptent, ou notent nos déplacements. » Pour l’instant, les zadistes ont l’avantage. Jeudi 4 décembre, ils bloquaient de nouveau le chantier.

« Nous resterons jusqu’à l’abondon définitif du projet »

Installés 3 kilomètres plus loin, une cinquantaine d’entre eux squattent, depuis dimanche 30 novembre au soir, la maison forestière de la Marquise, mise en vente par l’Office national des forêts (ONF). Ils en ont fait leur base arrière et l’ont renommée la Maquizad.

Les zadistes bloquent l'accès à la zone qu'ils occupent, près de Roybon (Isère), le 3 décembre 2014. 
Les zadistes bloquent l’accès à la zone qu’ils occupent, près de Roybon (Isère), le 3 décembre 2014.  (TATIANA LISSITZKY/ FRANCETV INFO)

Accès barricadés, mirador de fortune dans les arbres, les zadistes en contrôlent l’accès 24 heures sur 24. Leur objectif : « Rester ici jusqu’à l’abandon définitif du projet. » Pour Yann, jeune zadiste d’une vingtaine d’années, chargé de la communication du groupe, le projet de Center Parcs  »accumule toutes les bêtises de notre société : gâchis environnemental, corruption politique, gaspillage de l’argent public et financiarisation de la société au profit d’une multinationale. »

Les zadistes guettent l'arrivée des forces de l'ordre du haut d'un mirador en bois, à l'entrée de leur zone d'occupation, près de Roybon (Isère), le 3 décembre 2014.
Les zadistes guettent l’arrivée des forces de l’ordre du haut d’un mirador en bois, à l’entrée de leur zone d’occupation, près de Roybon (Isère), le 3 décembre 2014. (TATIANA LISSITZKY/ FRANCETV INFO)

 

Mais la lutte est aussi « l’occasion de retrouver des amis, d’en rencontrer de nouveaux et de vivre une expérience collective en s’organisant autour d’un lieu, dans lequel on puisse vivre, dormir, manger, se reposer et discuter », précise-t-il.

Leurs moyens d’action ? Etre présents au quotidien et empêcher la poursuite des travaux. Ils prévoient notamment une retraite aux flambeaux et une distribution de vin chaud samedi 6 décembre.

« Une chance inouïe pour le village, qui se meurt »

Mais les zadistes sont loin de faire l’unanimité auprès des habitants. Mardi 2 décembre, deux cents Roybonnais, chefs d’entreprise, commerçants, élus, agriculteurs ou employés, se sont réunis dans l’ancienne cantine du collège, fermé depuis cinq ans, et devenu le symbole de la désertification rurale. Rarement une réunion publique n’avait été aussi agitée dans ce village perdu entre Grenoble et Valence.

Le village de Roybon (Isère) affiche son soutien au futur projet du Center Parcs, le 2 décembre 2014.
Le village de Roybon (Isère) affiche son soutien au futur projet du Center Parcs, le 2 décembre 2014. (TATIANA LISSITZKY / FRANCETV INFO)

Les zadistes concentrent nombre d’inquiétudes -  »Qui sont-ils ? » - et aussi beaucoup de colère -  »Des illuminés, chômeurs et marginaux »« Mais où est l’autorité de l’Etat, quand les hors-la-loi font la loi ? » s’indigne un agriculteur. « Il faut les faire partir par tous les moyens », lance une femme. 

Beaucoup de villageois tiennent au projet du Center Parcs : « Une chance inouïe pour le village qui ne comprend plus que quatre commerces et qui se meurt. » Ils reprennent les arguments du groupe Pierre et Vacances : « Un projet respectueux de l’environnement, qui s’étend seulement sur 0,42% de la superficie totale de la forêt. » « Le projet est tombé à pic et va redonner vie à la région et créer des emplois », souligne Christian Luciani, président de l’association Vivre en Chambaran, qui anime la réunion.

Le projet prévoit en effet 697 créations de postes et d’importantes retombées fiscales pour les collectivités locales. Pour le maire (UDI) de Roybon, Serge Perraud, « il subit une prise d’otage écologique et politique ». Il dénonce notamment le revirement de Jean-Jack Queyranne, président socialiste de la région Rhône-Alpes, longtemps favorable au projet, qui demande désormais la suspension des travaux face à la montée de la contestation.

Réunion publique organisée par l'association Vivre en Chambaran, le 2 décembre 2014 à Roybon (Isère).
Réunion publique organisée par l’association Vivre en Chambaran, le 2 décembre 2014 à Roybon (Isère). (TATIANA LISSITZKY / FRANCETV INFO)

Lors de la réunion publique de Roybon, les habitants se félicitent du soutien de Jean-Pierre Barbier, député UMP de l’Isère, qui a dénoncé, mardi 2 décembre à l’Assemblée nationale, le comportement des zadistes. Ils se réjouissent aussi de la prise de position du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a assuré qu’il ferait appliquer le droit « avec la plus grande netteté ».

« Roybon, c’est dix fois la zone humide impactée de Sivens »

Mais tous les habitants ne soutiennent pas le projet. C’est le cas de Bertrand, de l’association Pour les Chambarans sans Center Parcs (PCSCP). L’association, qui soutient ouvertement les zadistes, conteste les chiffres donnés par Center Parcs, « selon lequel seuls 76 hectares de zone humide seront impactés. En réalité, il s’agit plutôt de 110-120 hectares. Roybon, c’est dix fois la zone humide impactée de Sivens. » La Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), la Fédération de pêche de la Drôme ainsi que la PCSCP ont déposé plusieurs recours auprès du tribunal administratif de Grenoble, qui seront examinés le 12 décembre.

Les villageois en faveur du projet, eux, ne veulent pas attendre cette date et discutent des moyens d’action pour défendre le chantier.  »Une marche pacifique dimanche 8 décembre », mais aussi des précautions à prendre :  »Ne pas entrer directement en confrontation avec les zadistes, faire attention aux réseaux sociaux et, surtout, se faire entendre autant que les opposants. »

Source:
http://www.francetvinfo.fr/france/a-roybon-partisans-du-center-parcs-et-zadistes-se-menent-une-guerre-des-nerfs_764525.html

Une Réponse à “- A Roybon, partisans du Center Parcs et zadistes se mènent une guerre des nerfs”

  1. Anonyme dit :

    Mr le maire de Roybon, Serge Perraud, est venu à la rencontre des zadistes

    ***

    http://www.pcscp.org/Lettre-aux-roybonnais-invitation-a.html

    Mr le maire Perraud s’essaie au débat à la MarquiZad

    Comme de nombreux opposants du coin, j’étais hier à titre personnel le 4 décembre de passage à la MarquiZad (maison de la Marquise occupée par des opposants) pour voir ce qu’il s’y passait.
    Ce sont visiblement des personnes diverses et sympathique, pleines d’enthousiasme et de désintéressement, qui se soucient de l’intérêt collectif, qui luttent à leur manière pour défendre le territoire quand le système en place fait n’importe quoi.

    Ensuite, j’ai pu constaté qu’il y a des jeunes et des moins jeunes, et il y a parmi eux par mal de personnes de la région (St Siméon de Bressieux, St Antoine, Dionay, Roybon…).
    D’autre part, de nombreux habitants de la région viennent pour les soutenir, leur apporter à manger et de quoi se chauffer, on est donc loin des « factions extrémistes » d’étrangers décrites pour distiller la peur et justifier une répression féroce par certains roybonnais mal informés et certains médias qui font mal leur travail.

    Ensuite, au moment de repartir, je vois Mr le maire de Roybon, Serge Perraud, qui arrive en 4×4 ! Il dit venir pour discuter et s’informer de qui sont les occupant.es des lieux.
    Rapidement, le débat s’engage, dans le calme et le respect mutuel, avec la dizaine de personnes présentes à l’entrée, avec un tour de parole. Chacun.e a pu exposer une bonne part de ses arguments.

    J’en retire pour ma part plusieurs remarques :

    Il n’est jamais trop tard pour dialoguer, même si personne ne change d’avis ça permet de rester dans des rapports humains
    Le maire de Roybon paraissait plutôt embarrassé quand on lui parlait des prix ridicules auxquels a été bradé le bois des Avenières (ça avait été décidé par son prédécesseur Mr Bachasson)
    Son seul argument de fond en fait revenait à dire qu’on ne pouvait pas tout changer du jour au lendemain. Certes, mais les personnes présentes lui ont rétorqué qu’il existait des solutions de transition progressive au lieu d’une fuite en avant dangereuse dans les fausses solutions, archaïques, du passé qui ont déjà montré leurs grandes limites.
    Il donnait l’impression qu’il subissait un peu les choix antérieurs faits par Bachasson et Vallini… A moins qu’il ne s’agissait que d’une manière de fuir ses responsabilités ?
    Il a reconnu que l’implantation prévue d’un Intermarché au village, si le Center Parcs se fait, n’allait pas favoriser les petits commerçants. On se demande d’ailleurs pourquoi ils continuent à soutenir ce projet ? Si ce projet se faisait, et qu’il y ait réellement une augmentation des achats sur la commune, ce ne serait même pas pour eux !
    Il a pu se rendre compte par lui-même de la diversité des personnes présentes (âge, parcours), du fait qu’il y avait des gens du coin parmi les « zadistes » occupants la maison, ainsi que parmi les « zadistes » qui les soutenaient matériellement. Va -t-il relayer ces constats auprès des roybonnais et des élus qui propagent la peur (comme Mr Barbier) ?
    Il a aussi pu entendre qu’on était bien informés, à tous les niveaux, et qu’on n’était pas là juste pour le « plaisir » de s’opposer et de « mettre le bordel », mais au contraire par l’envie altruiste de préserver notre avenir et de trouver des voies plus justes.
    Il a pu voir que les opposants sont ouverts au débat et à la recherche d’autres solutions que le Center Parcs, qu’on était pas des « Anti-Tout ». Va -t-il relayer ces constats auprès des roybonnais et des élus locaux ce dimanche 7 et ce lundi 8 ? (Il va avoir du travail quand on voit ce que dit Isère Magazine…)
    Nous lui avons dit qu’on était disposé à un vrai débat public, où tout le monde puisse s’exprimer largement. Il a hésité, il semblait avoir peur que des « Pro Center Parcs » aient du mal à garder leur calme. Il lui a été dit qu’il arriverait bien à en trouver quand même quelques uns qui soient capables de discuter dans le respect mutuel. Nous verrons s’il propose prochainement un vrai débat public ?
    Il lui a été dit que Pierre et Vacances avait engagé des vigiles qui avaient foncé directement sur des opposants qui marchait sur le chantier pour les frapper à coups de matraques, occasionnant 3 blessés, et qu’une personne s’était faite rouler sur le pied par un automobiliste énervé et a terminé à l’hôpital. Nous verrons s’il contribue à calmer les rumeurs de « zadistes » violents qui caillassent les ouvriers tous les jours et à informer la population locale et les élus des méthodes violentes et illégales de Pierre et Vacances pour tenter de faire avancer ses travaux à tout prix.

    Nous verrons par la suite si cette visite inattendue du maire était un simple « coup médiatique », ou une vraie volonté de maintenir le dialogue et d’engager le débat.
    S’il veut montrer sa bonne volonté, il pourrait d’ailleurs commencer par conseiller à certains (ultra minoritaires nous l’espérons) des Pro Center Parcs qui semblent très agités, professent des menaces physiques ou des insultes, de se calmer un peu.
    On peut exprimer, même de manière virulente, des oppositions, être en colère, mais s’en prendre à des personnes est grave.

    Mr le maire, roybonnais, habitants hésitants de la région, il n’est pas trop tard pour changer d’avis et rejeter ce Center Parcs, n’ayez pas peur de dire non, ne vous laissez pas emprisonner par le fait accompli, et la fuite en avant dans des fausses solutions du passé.
    D’autres pistes sont possibles que de tout brader à un vulgaire promoteur (Pierre et Vacances utilise une niche fiscale illégitime et des paradis fiscaux, il délocalise certaines activités en Asie pour gagner toujours plus, etc.)

    Merci pour votre attention.
    A bientôt j’espère pour de vrais débats sur le fond.

    http://www.pcscp.org/Lettre-aux-roybonnais-invitation-a.html

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