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- Le hold-up de Pierre et vacances sur les finances des collectivités locales

Posté par admin le 28 mars 2016

Le hold-up de Pierre et vacances sur les finances des collectivités locales

Reprise de l’article de Factuel Info du 8 septembre 2015 Lien : http://www.factuel.info/article/center-parcs-dans-jura-hold-up-sur-finances-collectivites-locales-se-prepare-002409

Ancien gestionnaire-financier à la banque Paribas-Luxembourg, le Jurassien Pierre-Emmanuel Scherrer enseigne la gestion et l’économie des entreprises. Il a décortiqué le montage des deux projets de center parcs de Poligny et du Rousset (Saône-et-Loire) dont il ressort que les investisseurs institutionnels pressentis mais toujours inconnus, souscriraient des obligations rémunérées à près de 7%, un taux important qui reflète un risque auquel les collectivités sont, de son point de vue, excessivement exposées.

Analyse réalisée de juin à août 2015 à partir de sources diverses : presse écrite et audiovisuelle nationale, régionale et locale ; documents PVCP et collectivités, CESER ; réunions de la CNDP à Poligny ; organismes indépendants ; entretiens divers.

Un Center Parc dans le Jura, ce pourrait être l’histoire sans faille de Pierre et Vacances Center Parcs qui affiche une santé florissante et poursuit inexorablement l’expansion de ses activités de réalisation de résidences de tourisme. Mais la crise financière de 2008 a tout changé, durablement. Ne remettant pas en question son modèle économique, le groupe voit inexorablement ses comptes virer au rouge. Sanctionné par les marchés financiers, le groupe voit ses partenaires marquer leur défiance en ne cautionnant plus le développement de nouveaux projets. Les marges de gestion des sites existants étant également mises à mal, la seule solution pour redresser la barre est la fuite en avant, mais avec quels moyens ? Surfant sur la notion usurpée de partenariat public-privé dans un contexte où tout est bon pour générer de l’emploi, les élus des collectivités se retrouvent pris dans le piège de l’affairisme économique où le discours et le savoir-faire affiché d’un spécialiste de l’immobilier touristique occultent le manquement aux règles élémentaires de la logique entrepreneuriale. Sur le dos des contribuables qui en supporteront tous les risques…

Pierre et Vacances Center Parcs, ou l’histoire d’un homme

Le groupe PVCP (pour Pierre et Vacances Center Parcs) et ses 1,4 Milliard d’euros de chiffre d’affaires, c’est l’histoire d’un homme, son fondateur Gérard Brémond, qui détient toujours 44% des titres et 61,5% des droits de vote d’un groupe spécialisé dans les résidences hôtelières de tourisme. Depuis ses débuts à la station de ski d’Avoriaz dans les années 60, cet homme d’affaires intrigant a toujours développé ses activités immobilières grâce au déploiement savamment orchestré de réseaux d’influences et d’intérêts. Très proche des milieux du pouvoir politique au plus haut niveau, M. Brémond est considéré comme le principal instigateur des lois successives de défiscalisation immobilière (actuellement la loi Censi-Bouvard et les dispositifs LMP/LMNP) qui ont largement contribué à faire sa fortune. Comparant volontiers sa fonction de chef d’entreprise avec celle d’un chef d’orchestre « qui laisse à chacun la possibilité de s’exprimer », M. Brémond est pourtant un patron doté d’une logique très personnelle qui ne laisse pas de place à la gouvernance déléguée, comme en témoigne la valse des cadres dirigeants qui se succèdent à ses côtés (trois en sept ans). Dernière en date, la réputée Françoise Gri a été brutalement congédiée de la direction générale de PVCP moins de deux ans après son arrivée et M. Brémond a repris seul les rênes de son groupe à l’automne 2014.

Un développement effréné brutalement enrayé par la crise

L’homme aujourd’hui âgé de 78 ans voit son empire sérieusement fragilisé par la crise financière mondiale de 2008, dont les effets dévastateurs se font toujours aussi fortement ressentir sur le marché actuel de l’immobilier. Le resserrement du crédit pour les entreprises et les ménages pèse durement sur l’économie mondiale et frappe de plein fouet le groupe PVCP, axé sur la conception, la commercialisation et l’exploitation de résidences immobilières de tourisme. Après un résultat en rapide et constante régression, le groupe a finalement enregistré des pertes historiques en 2012 et 2013 (27,4 puis 47,5 Mios€) avant de présenter à nouveau de timides bénéfices, grâce à une présentation comptable rendue possible consécutivement au réaménagement de sa lourde dette (ratio d’endettement de 73% en 2014). Mais les données ont durablement changé, le modèle économique ne tient plus et les marges autrefois considérables se sont effondrées. Véritable machine à cash du groupe, l’activité de promotion immobilière est sérieusement mise à mal car les investisseurs particuliers se détournent de produits touristiques survalorisés (prix artificiellement gonflés grâce aux avantages fiscaux induits) et présentant des rendements qui se réduisent in fine à peau de chagrin. De surcroît, l’exploitation touristique adjacente est entachée par des taux de remplissage qui s’érodent et conditionnent des prix revus à la baisse (multiplication des offres promotionnelles), consécutivement au recul généralisé du pouvoir d’achat des ménages.

La défiance des banques et des marchés financiers

Les marchés financiers ont bien sûr sévèrement sanctionné ce constat, le cours de bourse du titre ayant drastiquement chuté, passant d’un plus haut historique de 112€ en 2007 à un point bas de 13€ en 2012, pour se situer au niveau relativement stable de 30€ actuellement. Bien entendu, PVCP a connu une défiance accrue concernant l’évaluation de sa solidité financière, son « credit rating » (notation du critère de solvabilité d’un agent économique) ayant été fortement dégradé pour ses engagements obligataires. Consécutivement, le groupe ne peut plus miser sur le soutien de ses banques et partenaires financiers traditionnels pour démarrer de nouveaux projets. N’ayant pas remis en question les fondamentaux économiques de son groupe ni envisagé une quelconque restructuration (ce qui aurait pu être possible, mais il est désormais trop tard !), M. Brémond s’enferme dans les scénarios du passé et compte au contraire poursuivre sa logique d’expansion par la mise en route de nouveaux concepts Village Nature ainsi que par le développement d’un réseau de Center Parcs, activité rachetée par le groupe Pierre et Vacances en 2003 et dont le nom fait désormais partie intégrante de l’identité du groupe (Pierre et Vacances est ainsi devenu Pierre et Vacances Center Parcs). L’homme d’affaires compte également sur des partenariats en Chine, mais la toute récente crise boursière de Shangaï pourrait sérieusement en hypothéquer les conditions et les perspectives.

La fuite en avant du développement comme seule perspective de salut

C’est en quelque sorte un mauvais cas d’école : construit historiquement sur des bases de forte croissance par (fausse) hypothèse illimitée de la sphère immobilière, le groupe a de plus accéléré son expansion grâce à des acquisitions externes, sans avoir consolidé une activité économique interne solide et durablement rentable lui permettant de générer une capacité d’autofinancement récurrente. Face à cette crise devenue structurelle et devant faire face à ses très importants engagements financiers, le groupe doit donc aujourd’hui impérativement sauver les apparences de quelque chose qui s’apparente à un naufrage inéluctable. N’ayant pas remis en question son modèle économique historique, PVCP se retrouve dans une impasse et n’a d’autre choix que la fuite en avant en intensifiant le développement de nouveaux projets susceptibles de générer des profits importants à court terme. Problème : comment les réaliser puisque le groupe ne peut plus s’appuyer sur des mécanismes classiques de financement ?

Le concept usurpé du « partenariat public-privé » avec les collectivités

Il s’agit donc pour PVCP de rentrer de l’argent, vite et beaucoup. Mais la situation de défiance des marchés rendant impossible toute perspective de financement classique, voire de recapitalisation, il s’agit alors d’imaginer de nouveaux paradigmes pour mettre en œuvre les indispensables nouveaux projets tout en occultant l’image d’une crédibilité défaillante. Continuant d’écarter sciemment la logique naturelle du pragmatisme entrepreneurial, M. Brémond va donc poursuivre le schéma historique de développement de PVCP en surfant sur la notion très en vogue du « partenariat public-privé », concept très prisé des élus des collectivités qui voient là une occasion idéale pour redorer leurs blasons en matière d’interventionnisme contre le chômage grandissant. Né dans le berceau d’une dette publique qui ne laisse plus aucune marge de manoeuvre à l’Etat pour financer de nouvelles infrastructures, le terme de « partenariat public-privé » est théoriquement réservé à un mode de financement par lequel une entité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement assurant ou contribuant à un service public. Mais par extension, dérive ou abus de langage (selon le point de vue), l’expression semble désormais applicable à tout type d’accord contractuel qui implique un agent économique public et une entreprise privée, dans une sorte de symbiose glorieuse et incontournable de moyens en vue de réaliser l’achèvement ou l’exploitation de toute activité susceptible peu ou prou de générer de l’emploi.

L’art du discours et de la méthode dans une opportunité de contexte

Profitant de son lobbying intense auprès des milieux politiques, M. Brémont colle ainsi au plus près avec la pensée institutionnelle qui projette l’image vertueuse du développement économique traditionnel comme seule issue, avec ses bienfaits en matière d’emploi et de vitalité des territoires « bénéficiant » d’implantations supposées garantir de nouveaux vecteurs de croissance. Solidement armé de son expérience d’hommes d’affaires, confronté à des politiciens inexpérimentés mais avides d’un « affairisme d’image » à vocation électoraliste, il lui sera alors facile de viser à réaliser un maximum de profits par « opportunisme de contexte » et in fine grâce à l’argent des contribuables qui se retrouvent otages d’une situation non désirée pour laquelle aucune procédure de consultation ni d’appel d’offres n’a été effectuée, malgré l’importance des montants en jeu ! Par le biais d’approches plus ou moins directes, PVCP fait donc miroiter aux élus des collectivités les futures retombées locales si un nouveau Center Parc s’installait par-ci, par-là… « Des centaines d’emplois créés, des hordes de touristes venant dépenser chez les commerçants locaux, comment envisager de se priver d’une telle perspective ? C’est sûr, le Center Parc se fera ici, et pas ailleurs ! »

Le pouvoir de la séduction et de la conviction sur la base de faux arguments

Auréolé d’une attitude responsable, porteur par procuration de la notoriété d’un grand groupe, il fallait entendre un certain élu s’écrier en réunion de débat public à Poligny « Vous vous rendez compte ? Une grande entreprise comme Pierre et Vacances qui s’intéresse à nous, petits jurassiens ? » Autant dire que les dignes représentants de nos collectivités avaient avalé depuis longtemps l’appât, l’hameçon, le fil et la canne à pêche et qu’il fallait s’attendre à découvrir de belles couleuvres lors de la présentation du montage financier « indispensable » à la réalisation d’un Center Parc dans le Jura. Car tout l’art de la communication de PVCP vise à décliner le projet comme une solution clés en main incontournable présentée sous la forme d’un partenariat naturel et évident, dans lequel l’argument trompeur du « retour prévu sur investissement » est le sous-jacent d’une logique de séduction-conviction de laquelle l’interlocuteur néophyte aura du mal à s’extirper sans les connaissances et l’expérience requises en matière de négociation commerciale et financière à un certain niveau. Et à la question (posée à PVCP en réunion de débat public) : « Puisque vous nous décrivez votre projet comme si sûr et rentable, pourquoi ne le financez-vous pas vous-même, par un emprunt obligataire ? » on s’entend répondre : « S’agissant d’une opération longue, nous n’intéressons pas les investisseurs qui recherchent des rendements à court terme, les collectivités, dans leur approche patrimoniale sont donc des partenaires naturels et privilégiés pour réaliser ce type d’investissement… » Quel bel enfumage pour occulter la santé financière dégradée de PVCP et son « credit rating » qui n’inspirera aucune confiance à un gestionnaire averti ! A noter ici que le projet d’un Center parc à Roybon (Isère) lancé en 2007 (donc avant la crise de 2008) ne fait pas appel (hormis les VRD pris en charge par les collectivités) au financement public via une SEM, comme il est prévu à Poligny.

Un financement « original » où l’acteur économique PVCP n’investit rien !

L’opérateur de tourisme a donc tout prévu pour placer habilement la collectivité au cœur d’un mécanisme redoutable au sein duquel les décideurs politiques sont les faire-valoirs responsables et obligés du développement et de la création d’emplois, PVCP réalisant de son côté une belle opération financière sur le dos des contribuables locaux « embarqués » malgré-eux dans la belle aventure collective de l’esprit d’entreprendre, version capitalisme néo-libéral décomplexé… Tout ceci pourrait être envisagé sous un angle vaguement louable, audétail fondamental près que les règles élémentaires du risque entrepreneurial sont entièrement faussées, PVCP n’apportant (hormis une somme initiale dédiée à l’achat du site forestier et estimée en hypothèse haute à 3 Mios€) AUCUN FONDS PROPRES pour la réalisation de son Center Parc, ni AUCUNE GARANTIE TANGIBLE adossée aux engagements contractuels que le groupe s’engage à prendre en ce qui concerne les loyers d’exploitation futurs sensés « sécuriser » le projet. Comprenons bien ici que tous les risques de défaillance financière liés à la nature économique même d’un projet qui bénéficie à une entreprise privée sont portés par des entités publiques, PVCP se servant des collectivités comme d’un bailleur de fonds hybride, à mi-chemin entre une banque et une société de capital-développement, mais sans les garanties bancaires formelles associées au financement ni la contrepartie d’une quelconque prise de participation dans le capital du groupe !

Les chiffres-clés, remarques et commentaires

Le projet Center Parc de Poligny est globalement dimensionné à hauteur de 170 Mios€ TTC, qui se décomposent grossièrement comme suit :

● 65 Mios sont nécessaires à la réalisation de la bulle et de ses équipements associés : cette somme est apportée par une SEM (Société d’Economie Mixte) financée majoritairement (de 51% jusqu’à 85% du capital social, par règle statutaire légale) par les collectivités publiques via des apports en capital social et des emprunts bancaires (dont on ne sait pas s’ils nécessitent des garanties formelles) et/ou obligataires.

► On remarquera au passage l’importance de l’argument maintes fois répété de la présence « rassurante » d’autres investisseurs privés aux côtés des collectivités publiques dans la SEM. En l’absence de toute indication sur la répartition et l’identité desdits investisseurs, il sera alors sans doute pertinent d’observer la répartition connue du capital de la SEM spécifique au projet Center Parc du Rousset en Saône-et-Loire (documentation du Conseil Départemental), qui fait apparaître une répartition publique-privée minimaliste de 84%-16%. Et on relèvera dans ce sens la curieuse sortie prévue des actionnaires privés de la SEM qui récupèrent leur mise initiale (capital et avances en comptes courants) à la 20ème année d’exploitation (année charnière, voir plus loin dans ce paragraphe), sans aucune perspective de profit, ce qui laisse songeur sur la justification de leur présence dans la société…

► Par défaut de données sur les caractéristiques précises des emprunts nécessaires au projet jurassien, on s’interrogera également sur le taux nominal bancaire de 2,80% au regard del’intérêt facial élevé de 6,875% d’un emprunt obligataire de 16 Mios€ observé sur la documentation émanant du Rousset. La matérialisation de cette dette obligataire met d’ailleurs en exergue le caractère erroné de l’argument de PVCP concernant le désintérêt des investisseurs financiers classiques (voir plus haut).

● 15 Mios, à la charge des collectivités, sont nécessaires pour les VRD (Voirie et Divers Réseaux, soit la construction des accès routiers, conduites d’eau et équipements d’assainissement, électricité, etc.).

Au vu des nombreux questionnements techniques concernant notamment la capacité d’approvisionnement en eau (plus de 500 m3 quotidiennement requis), on peut légitimement s’interroger sur de possibles surcoûts financiers qui interviendraient lors de la réalisation initiale, ou à terme, consécutivement à des aléas climatiques imprévus. A titre d’exemple et pour faire face à la sécheresse de sa source, le village de Chalesmes a dû approvisionner cet été son réservoir communal avec des camions-citernes d’eau en provenance de la source de la Papeterie, site prévu pour le captage principal de l’eau nécessaire au Center Parc.

● Les 90 Mios restants représentent le prix de vente des 400 cottages par PVCP. Ces résidences touristiques sont financées en VEFA (vente sur plan) par des particuliers bénéficiant de mécanismes de défiscalisation (25% avec la loi Censi-Bouvard) et d’investisseurs institutionnels en quête de placements de rendement.

► Par effet d’échelle, on peut évaluer la réalisation d’un cottage à un prix de revient ne dépassant pas 50.000€ HT et estimer ainsi une marge opérationnelle minimale de 50 Mios€ concernant la seule activité de promotion immobilière de PVCP.

● PVCP estime que le paiement des échéances liées aux emprunts sera compensé, pendant les 20 années correspondant à la durée de l’amortissement, par les loyers d’exploitation qu’il s’engage à reverser à la SEM.

► Cette anticipation est contradictoire avec l’engagement contractuel de PVCP, matérialisé par la conclusion d’un bail ferme sur seulement 12 ans, renouvelable par un bail 3/6/9 classique. Au regard de la complexité juridique en matière de baux commerciaux et en connaissance des nombreux témoignages d’investisseurs particuliers ayant financé des produits immobiliers du groupe (et qui ont vu leurs loyers s’effondrer à l’issue du bail ferme initial), on accordera une confiance toute relative dans cette perspective de « sécurisation » du financement.

► Notons au passage que la notion effective de retour sur investissement ne peut être envisagée qu’à partir de la 20ème année d’exploitation, les produits de loyers n’étant plus affectés par les charges financières et pouvant être assimilés à du résultat courant avant impôts, pour autant que toutes les données prévisionnelles soient respectées et que des travaux de rénovation de la bulle ne soient pas à prévoir à ce moment-là : les chocs répétés de forte amplitude thermique auxquels la structure high-tech des verrières de l’Aqua Mundo va être confrontée (en hiver -15°c à l’extérieur vs +29°c à l’intérieur) pourraient la faire vieillir rapidement et après 20 ans les travaux de maintenance risquent être très élevés.

► Le capital social investi au départ du projet pourra ainsi, et seulement à compter de cette date, être compensé par des dividendes ou, si les bénéfices ne sont pas distribués, servir à financer d’autres projets. Il sera toutefois juste de considérer que les recettes fiscales locales induites (taxe foncière, CET et taxe sur les séjours, environ 1 Mio/an) viendront partiellement compenser cette absence de rentabilité des fonds propres pendant la période d’exploitation de 20 ans, approche à modérer cependant par la prise en compte des coûts d’entretien des VRD durant la période.

● Hormis la main d’œuvre requise pour les deux années de réalisation du chantier, quelques 300 emplois permanents sont prévus pendant l’exploitation du parc, mais en réalité 210 ETP (équivalent temps-plein), du fait de l’importance du nombre de contrats à temps partiel concernant principalement les postes d’agents d’entretien.

► Il est important de souligner que la réalisation d’un Center Parcs ne créera pas d’emplois ex-nihilo, s’agissant d’une offre concurrente à d’autres activités touristiques existantes. La mise en œuvre d’emplois (à bas prix) ici ne fera que supprimer des emplois là-bas, voire en détruira plus qu’elle n’en crée. Pour Nadia Donati dans Reporterre : « Simplement grâce aux économies d’échelle permises par la concentration des touristes dans un camp unique, Pierre et Vacances va d’emblée détruire le double du nombre d’emplois de ceux « créés » par le Center Parc ».

● Des retombées indirectes (non estimées) sont attendues pour l’économie locale, du fait de la présence des clients du Center Parc.

► Selon l’avis du CESER Aquitaine (concernant la réalisation d’un Center Parc en Lot-et-Garonne) : « Il est prévu de créer sur le site un espace de vente de produits du terroir (idem pour le projet polinois, avec une offre de produits de la région Franche-Comté, N.d.A), cela renforce le caractère “autocentré” du complexe, en retenant la clientèle sur le site au lieu de l’encourager à découvrir le territoire. Selon plusieurs enquêtes, plus de 3/4 des clients des Center Parcs ne sortent pas des sites durant leur séjour, cela réduit d’autant les perspectives de retombées attendues sur l’économie locale ».

Center Parc : un concept porteur, mais pour combien de temps encore ?

Si l’on décide de faire abstraction du contexte inacceptable de recours aux finances publiques locales pour mener à bien le projet, il convient en tout état de cause de s’interroger sur la durée de vie du « concept produit Center Parc ». Dans ce sens, bien que l’on doive reconnaître que la machine commerciale du groupe PVCP a jusqu’à présent plutôt très bien fonctionné, des interrogations naissent aujourd’hui. Vieux de plus de 40 ans, les Center Parcs ont connu un bel engouement dès leurs débuts aux Pays-Bas, l’idée « moderne » permettant de profiter toute l’année d’une infrastructure qui offre une illusion de paradis tropical sans se déplacer trop loin de chez soi a séduit des milliers de familles en quête de tranquillité et de vacances « réussies », comblant de bonheur les enfants de la tranche d’âge des 6-14 ans qui peuvent ainsi barboter dans l’eau de l’Aqua Mundo et profiter d’un environnement abrité constamment régulé à 29°, quelles que soient les conditions climatiques extérieures. Belle réussite donc que le concept Center Parc, mais reste à se demander combien de temps il continuera de séduire ?

Le cycle de vie du « produit Center Parc » en question

Un séjour touristique spécifique est à considérer comme n’importe quel produit de consommation et traverse donc les phases successives de la vie d’un produit dans son environnement (lancement, croissance, maturité et déclin). Pour ce qui concerne le « produit Center Parc », son cycle de vie semble se situer en fin de la phase de maturité, si l’on en juge par l’action marketing et commerciale que PVCP déploie autour de son concept. Cette politique (traditionnellement usitée pour prolonger le plus longtemps possible la vie d’un produit rentable et retarder sa phase de déclin) peut être ici illustrée par la multiplication d’offres promotionnelles ainsi que par de nouvelles « options » qui surfent avec les tendances socio-psychologiques actuelles, notamment les attentes de clients en mal de communion avec la nature ou avides de sensations de bien-être. L’image du concept initial est ainsi relookée par le biais d’une forte communication en direction d’activités accrocheuses du type « Parcours-Aventure », « Cool-Jump » et « Toboggan Master-Blaster » au Parc des Trois-Forêts en Lorraine, ou «  Cenote Pool » (piscine permettant de nager en observant les poissons au milieu des coraux) et autres bains d’aromathérapie ou douches sensorielles au nouveau parc du Bois aux Daims dans la Vienne. De plus, la réservation des séjours est de plus en plus déléguée à des sites partenaires spécialisés en booking hôtelier, ce qui peut également trahir un engouement moindre de la clientèle visée, PVCP devant élargir son champ de communication quitte à rétrocéder une partie de sa marge à des opérateurs extérieurs. En aparté, la communication du groupe relative au remplissage à 100% de son tout nouveau Parc du Bois aux Daims laisse d’ailleurs quelque peu songeur lorsqu’on découvre qu’il était tout à fait possible de réserver un séjour au début de l’été, tout en bénéficiant d’une remise…

Un positionnement prix/produit concurrencé

Enfin, la baisse généralisée du pouvoir d’achat des classes moyennes fait émerger les prémices d’une nouvelle tendance de fond qui commence à sérieusement concurrencer les activités de PVCP : celle d’un tourisme locatif moins onéreux, plus direct et authentique, révélé par l’engouement croissant en direction des sites de covoiturage et de mise à disposition de logements privatifs auprès d’hôtes locaux (Blablacar et Airbnb pour les plus connus). Dans une autre catégorie, celle des classes sociales aisées, la qualité de la capacité d’accueil d’un Center Parc ne semble guère satisfaire les exigences d’un public de plus en plus en attente de prestations personnalisées haut de gamme. Et pour ce qui concerne le tourisme en provenance de l’étranger, citons l’analyse de Jérôme Tourbier pour le magazine Atlantico : « Ne considérer le tourisme français que par les groupes Accor, Club Med ou Pierre et Vacances est une erreur stratégique grave à l’heure où les voyageurs internationaux recherchent l’unicité de l’expérience et le sur-mesure rendu possible par la distribution numérique. » Il faut en effet bien se résoudre à constater que la France a perdu (pour la première fois en 2014) sa place sur le podium des nations touristiques (en termes de recettes), le tourisme en région ne voyant pas se développer d’entreprises de tailles intermédiaires dont les prestations sont en rapport avec les attentes de la clientèle internationale.

La dénaturation et le pillage en règle de l’image touristique locale

Qui plus est, le Jura bénéficie d’une notoriété de « tourisme nature » et séduit une clientèle de plus en plus nombreuse en quête de valeurs authentiques, grâce une politique de communication historique déclinée autour du thème « Le pays où l’homme s’épanouit ». Cette stratégie historique de différenciation confère à ce beau département un caractère préservé, cher aux jurassiens, qui séduit par sa simplicité et son authenticité, tout en permettant la mise en avant des produits du terroir ainsi que la promotion de ses charmantes communes et de ses remarquables sites architecturaux. Ce serait une erreur de penser que « l’offre Center Parc » est complémentaire de l’offre touristique naturelle du Jura, elle est en fait contraire à son attractivité et à son essence-même. En ce sens, l’avis du CESER Aquitaine peut parfaitement être adapté au Jura, c’est-à-dire que les atouts et l’image de marque du département « peuvent bien plus constituer un argument commercial pour le porteur du projet que l’inverse (…) et bénéficient à l’opérateur sans pour autant que l’offre Center Parc ne corresponde à la stratégie touristique des collectivités, mais bien plus à celle de Pierre et Vacances ». Dans la continuité de ce raisonnement, on pourra d’ailleurs également chercher à comprendre l’évolution de la stratégie de développement de PVCP visant désormais à « couvrir » le territoire national par un « maillage » de Center Parcs régionaux d’une capacité de 400 cottages, si ce n’est donc qu’à profiter de l’image touristique des territoires concernés et/ou d’une capacité de financement potentiellement supportable par les collectivités… Et ce qui amène aussi à s’interroger sur le fait que, en mettant sur le marché de nombreux nouveaux lits (à court terme : 5 Center Parcs et un Village Nature), le taux d’occupation pourrait donc mécaniquement s’effondrer.

Conclusion

Outre les insupportables aspects de captation de fonds publics à des fins d’intérêts privés, il serait donc extrêmement dommageable qu’un produit touristique de masse vienne dénaturer l’identité touristique jurassienne en y mêlant l’image de plantations tropicales implantées artificiellement dans une structure qui fait figure de verrue dans un décor forestier naturel. A l’heure où l’on observe une affirmation progressive d’une prise de conscience citoyenne et collective du respect de notre environnement et de la préservation de nos conditions de vie menacées par le réchauffement climatique (du à l’activité humaine), un tel projet ne correspond en aucune mesure avec les enjeux de société nationaux et locaux actuels. Et il est pour le moins douteux que les collectivités puissent soudainement et unilatéralement envisager un tel déploiement financier pour la réalisation d’un projet aux perspectives de réussite incertaines, parachuté par un groupe qui s’affiche comme le chantre du développement durable à des fins purement mercantiles. L’utilisation de tels moyens dédiés à une approche économique réfléchie et cohérente avec les besoins du territoire serait bien plus un vecteur de création d’emplois pérennes et utiles, sur tous les plans. Dans la logique de l’argumentation décrite plus haut, on imaginera facilement (ce qui est d’ailleurs bien le sens de la démarche portée par l’association Initiative Développement Jura) l’arbitrage des sommes pressenties en direction de l’aide au financement pour l’implantation de micro-projets d’agriculture écologique et de permaculture, de structures touristiques hôtelières haut de gamme de taille moyenne, l’extension d’un vignoble qui ne cesse de gagner en lettres de noblesse, ou encore le soutien au financement de résidences à destination des personnes âgées. C’est sur ces terrains-là que les contribuables jurassiens attendent leurs élus !

Principaux liens :

 

Source:
https://blogs.mediapart.fr/pierre-emmanuel-scherrer/blog/220316/le-hold-de-pierre-et-vacances-sur-les-finances-des-collectivites-locales 

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- Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ?

Posté par admin le 30 avril 2015

Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ?

L’idée de créer une ZAD dans la forêt des Landes de Gascogne est lancée sur les réseaux sociaux.

Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ?
Le futur Center Parcs doit être implanté en plein coeur de la forêt des Landes de Gascogne. Les compromis de vente des terrains ont déjà été signés.© 

ARCHIVES T. S.
Il n’y a pas que sur le terrain que les Zadistes s’activent. Ca bouge aussi sur les réseaux sociaux. Parmi les idées avancées, revient celle de la constitution d’une Zone à défendre à Pindères, sur les terres du futur Center Parcs. Et si tous ne semblent pas d’accord pour s’installer immédiatement dans la forêt des Landes de Gascogne, la réflexion est lancée. Un groupe Facebook, intitulé « Zad de Casteljaloux pour empêcher Center Parcs et ses bulles d’air » a ainsi été créé il y a trois jours. Il comptait déjà, ce jeudi matin, 299 membres.

« Sauver la forêt’

Ces derniers pointent du doigt la disparition de 127 hectares de forêt et dénoncent un monde « où l’argent est roi et prévaut sur les animaux, les végétaux et même les générations futures ». Ils mettent également en avant le problème de l’eau « désormais payante et en bouteilles, car polluée par l’homme, donc privatisée par l’État ». Sur ce même groupe, on s’inquiète d’une prochaine étape, où cette fois,  »ce serait l’air qui serait privatisé »… Et de prendre pour exemple celui qui nourrit les dômes des Center Parcs, chauffés à 29°C toute l’année. Dômes qui seraient gourmands en énergie et donc polluants.

 

- Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ? dans Actualités
Le lieu d’implantation du futur Center Parcs.© PHOTO  »SO »

 

Des réserves

Le projet d’implantation d’un Center Parcs par Pierre & Vacances, soutenu par la Région et le Département, a déjà, en mars dernier, dû faire face à l’avis négatif du Conseil économique, social et environnemental de la région (Ceser)qui, dans un rapport, a estimé qu’il n’apporterait « aucune réelle plus-value à l’offre touristique régionale » et que les retombées, en terme d’emploi notamment, ne seraient pas à la hauteur de l’investissement.

Des critiques auxquelles les défenseurs du Center Parcs, Pierre Camani, président du Conseil départemental, et Raymond Girardi, président de la Communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne, en tête, avaient alors répondu en rappelant, notamment, que 300 emplois devaient être créés à terme sur le site.

 

1908395_531_center-pars dans Archivage brut
© PHOTO  »SO »

Source:
http://www.sudouest.fr/2015/04/30/lot-et-garonne-une-zone-a-defendre-sur-les-terres-du-futur-center-parcs-1908395-3755.php

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- Center Parcs de Roybon : un projet contre nature

Posté par admin le 20 décembre 2014

Center Parcs de Roybon : un projet contre nature

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- Derrière Center Parcs, un groupe en difficulté qui survit grâce aux cadeaux de l’Etat

Posté par admin le 20 décembre 2014

Derrière Center Parcs, un groupe en difficulté qui survit grâce aux cadeaux de l’Etat

ANDREA BAROLINI (REPORTERRE)

jeudi 18 décembre 2014

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- Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Posté par admin le 15 décembre 2014

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics
(Crédit photo : Wikimedia)
Enquête – Ce week-end, de nouvelles manifestations ont eu lieu à Roybon, dans l’Isère. Mais l’appétit du groupe Pierre et Vacances, derrière le projet, ne faiblit pas. Il prévoit même de « mailler tout le territoire ». Comment ? Explications.

Sur la place du village de Roybon, une banderole « Center Parcs, un avenir pour notre territoire » répond aux graffiti« Non au Center Parcs » qui longent les départementales iséroises. Chaque dimanche, des milliers d’habitants favorables au projet manifestent contre l’installation d’une ZAD (zone à défendre) par les opposants. Depuis que les tractopelles ont fait leur entrée, le 20 octobre dernier, dans la forêt des Chambarans, la paisible commune de 1 300 âmes est tiraillée.

Sous les projecteurs à cause de sa résonance avec Sivens, le projet de Roybon n’est pas une exception. Depuis le rachat du concept néerlandais de « tourisme nature » par Pierre et Vacances en 2001, les Center Parcs poussent comme des champignons sur le territoire français. De la Moselle à l’Eure, en passant par la Somme, l’Aisne et le Loire-et-Cher, cinq domaines accueillent déjà près d’un million de visiteurs chacun par an. D’ici à 2018, leur nombre devrait doubler. « Le principe de Center Parcs, c’est le tourisme de proximité. Nous ciblons les personnes qui vivent dans un rayon de 200 kilomètres, explique Jean-Michel Klotz, directeur général adjoint du groupe Pierre et Vacances.On en construit tous les deux ans jusqu’à ce que le territoire soit correctement maillé. » Prochaine ouverture : le Center Parcs des Trois-Moutiers, dans la Vienne où les cottages sont déjà sur pied. Puis viendront ceux de Saône et Loire et du Jura, où les enquêtes publiques sont sur le point d’être lancées. Si tout se passe selon les plans de l’entrepreneur, dans quatre ans, dix minivilles d’une capacité d’accueil de 2 000 à 5 600 vacanciers, seront installées sur un total de 2 085 hectares de forêts. Center Parcs occupera alors la superficie de la ville de Chambéry.

Gourmande en terre, la branche « écotourisme » de Pierre et Vacances l’est aussi en argent public.« Le groupe est un champion des montages financiers », souligne Philippe Debard, chargé de mission à l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) de Lorraine, auteur d’une étude sur l’implantation du Center Parcs du Domaine des Trois forêts en Moselle. « Cela peut paraître surprenant, mais ici, le Groupe n’a déboursé que 25% du coût total du projet. » Sa stratégie, un brin alambiquée, est bien huilée. Explications.

Etape 1 : chercher un territoire déshérité

Loudun, dans la Vienne ; Roybon, en Isère ; Poligny, dans le Jura… Qu’ont en commun les sites sur lesquels le groupe Pierre et Vacances décide de s’implanter ? « Leur environnement naturel et la proximité de la clientèle, explique Jean-Michel Klotz, chargé du développement au sein de Pierre et Vacances Center Parcs. On regarde la zone de chalandise, les axes d’accès ferroviaires et autoroutiers », énumère-t-il encore. En resserrant la focale, un autre point commun émerge : le déclin économique qui frappe ces bassins de vie. Dans le cas isérois, « on parle d’une zone extrêmement déshéritée, ni touristique comme dans les stations de montagne, ni industrielle comme à Grenoble, explique Christian Pichoud, vice-président du conseil général de l’Isère chargé de l’économie touristique et de la montagne. On est donc très heureux que le Center Parcs vienne rééquilibrer les choses. » Dans la Vienne, le bassin d’emploi concerné « vit surtout de la production de melon », explique Joël Pageot, responsable du Pôle emploi de Loudun. Dans le Jura, l’affinage de comté reste le secteur qui offre le plus de débouchés. En Moselle, le territoire périclite depuis que l’usine de chaussures Bata est repartie en République tchèque. Quant au village de Roybon lui-même, qui par le passé vivait de l’industrie textile, le pronostic vital est engagé. « La moitié de la population a plus de 50 ans, le nombre d’habitants a chuté de 1 500 à 1 300 ces dix dernières années, note le maire, Serge Perraud. La Poste et la gendarmerie menacent de fermer, l’école est sur le point de perdre une classe, les banques projettent de retirer le dernier distributeur. L’EPHAD(Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) est devenu le seul employeur du village : c’est l’exode. »

Les chiffres du ministère de l’Economie assombrissent encore le tableau : entre 2000 et 2012, la dette de la commune a explosé, passant de 599 à à 5 200 euros par habitant. Dans ces circonstances, les 900 000 euros de taxe de séjour annuelle que pourrait rapporter le complexe touristique sont plus que bienvenues. « Quand vous dites aux gens qui ont soif : “on va vous donner de l’eau”, ils ne s’interrogent pas sur la couleur de l’eau », lâche Myriam Laïdouni-Denis, porte-parole du groupe Europe Ecologie - Les Verts (EELV) en Isère.

Etape 2 : promettre des emplois…

« Ce type de projet crée des emplois non délocalisables, ça ne se refuse pas », confirme Denis Brunellière, conseiller pour les équipements touristiques au conseil général de la Vienne. Dans le département, les 600 postes à pourvoir ne sont pas passés inaperçus. « Avant même l’ouverture des recrutements, on avait reçu 2 500 candidatures spontanées », souligne Loïc Pageot,responsable Pôle emploi chargé du recrutement pour Center Parcs. Ce besoin criant d’activité était le même en 2010, lors de l’implantation du Center Parcs de Moselle. Sur les 600 salariés embauchés, 59% étaient auparavant au chômage et 11% bénéficiaient du revenu de solidarité active (RSA), selon l’Insee. Dans la Vienne, comme en Moselle, Center Parcs deviendra finalement le premier employeur du bassin d’activité.

« De l’emploi oui, mais quel emploi ? », s’interroge Myriam Laïdouni-Denis. A l’Insee, Philippe Debard confirme ses craintes :« Center Parcs, ce sont des petits salaires et des petits horaires ». Parmi les salariés du Center Parcs de Moselle, « 60% touchent le smic horaire, dont près de la moitié seulement 319 euros par mois, du fait d’un contrat de travail hebdomadaire de neuf heures, en tant qu’agent technique de nettoyage », lit-on dans son étude. Ainsi, les 697 emplois promis par Center Parcs en Isère tombent à 468 une fois convertis en équivalents temps plein. « Ce sont des postes en pointillés, qui impliquent beaucoup de trajets », souligne Myriam Laïdouni-Denis. « Il y a des gens à qui cette organisation convient très bien, rétorque Christian Pichoud, défenseur du projet au sein du conseil général de l’Isère. Et contrairement aux stations de ski, ce sont des emplois à l’année, il n’y a pas de lits froids. » Son dernier argument : la taille du groupe, qui « implique la présence de représentants du personnel et constitue une garantie sur les conditions de travail ». Un optimisme qui résiste mal à l’examen des Center Parcs existants. En Moselle, l’Insee a relevé un turnover de 30% chez les employés, tandis que, ces dernières années, la vie du Center Parcs de l’Aisne a été émaillée par des conflit sociaux, les salariés dénonçant en 2012 « de graves problèmes de salaires et de conditions de travail », selon les mots de la CGT. Ce bilan sévère mérite tout de même quelques nuances. Les salariés de Center Parcs bénéficient d’un treizième mois et d’embauches pérennes. « A Roybon, 80% seront en CDI », souligne Jean-Michel Klotz, de Pierre et Vacances.

… et des retombées économiques

« Au-delà des emplois directs créés sur le chantier, puis sur le site, l’implantation d’un Center Parcs entraîne, pour nos territoires ruraux, de fortes retombées économiques », poursuit Denis Brunellière, au conseil général de la Vienne. « Les offices du tourisme et les commerçants se réjouissent de voir les vacanciers arriver par milliers », note Joël Pageot, à Pôle emploi. Seul bémol, Pierre et Vacances promet des séjours passés à buller plutôt qu’à vadrouiller. « Le système incite à vivre en vase clos », résume Philippe Debard, de l’Insee. Une étude réalisée par le groupe en 2012 auprès des vacanciers du domaine de Laon, dans l’Aisne, confirme : 76% d’entre eux n’envisagent pas d’escapades hors du site. « On observe clairement une tendance chez les consommateurs à préférer l’expérience simulée, vécue dans un contexte de plus en plus spectaculaire et extravagant, à la réalité », note Antonnella Caru, chercheuse en marketing dans un article paru dans La revue française de gestion. Une analyse contredite par Center Parcs. « Comme les séjours s’allongent, les gens passent plus facilement une journée à l’extérieur », assure Jean-Marie Klotz.« Même si les sorties ne concernent que 10% des visiteurs, 10% sur 300 000, c’est toujours ça de pris, rétorque le maire de Roybon. Ça pourra aider le jeune boucher qui vient de s’installer à tenir sur la durée. » Le commerçant ne pourra miser que sur ces quelques vacanciers échappés. Pour nourrir, sur place, ses milliers de résidents, Pierre et Vacances fait appel à Eléor, l’un des leaders mondiaux de la restauration collective.

Malgré ces occasions manquées, l’impact sur le territoire n’est pas nul. En Lorraine, l’Insee dénombre « une trentaine d’emplois générés par l’activité du domaine, et plus de 90 emplois par la consommation de ses salariés ». Dans le Jura, certains regardent ces promesses de dynamisme d’un œil inquiet : « Si les gens viennent s’installer ici, c’est pour être tranquilles, estime Véronique Guislain, présidente du collectif de vigilance citoyenne Le pic noirUne ville qui se crée du jour au lendemain et 2 000 personnes qui arrivent et repartent en voiture chaque semaine, c’est un sacré bouleversement dans un milieu rural paisible. Parce que, ici, 2 000 habitants, c’est une ville », précise-t-elle dans un rire franc.

Etape 3 : se faire désirer 

Tandis que ses projets se concrétisent dans l’est, Pierre et Vacances prospecte dans le Lot-et-Garonne. « Pour faire en sorte que les Toulousains et les Bordelais puissent profiter du concept », explique Jean-Marie Klotz. Entre les communes des Landes, de Gascogne et celles du Val-d’Albert, semaine après semaine, la presse locale relaie les appels du pied des élus et les hésitations du promoteur. La Saône-et Loire et le Jura ont connu cette phase de suspens. « Que le meilleur gagne », lançait en 2012 Rémi Chaintron, président du conseil général de Saône-et-Loire, à l’époque convaincu que le groupe trancherait entre les deux projets. Finalement, les deux ont été retenus. A la région Rhône-Alpes, on parle même, sous couvert d’anonymat, de « chantage à l’implantation et à la création d’emplois », avant de nuancer : « c’est un cas classique de mise en concurrence territoriale : si le Center Parcs ne trouve pas son compte ici, il ira s’implanter ailleurs ».

Etape 4 : faire financer les infrastructure par les partenariats public-privé

Pour décrocher la timbale, les élus sont donc prêts à débourser. D’un territoire à l’autre, leur soutien prend des formes variées. Dans la Vienne, les collectivités se sont laissé tenter par le partenariat public-privé. « Le complexe touristique passe par une Société d’économie mixte (SEM), qui réunit l’ensemble des collectivités », explique Denis Brunellière. Dans un premier temps, chacun verse son obole : 19,3 millions pour le département, 13 pour la région Poitou-Charentes et 1 million pour la communauté de communes. A cela s’ajoutent 15 millions de subventions versées directement par l’Etat. Une fois cette somme rassemblée, les collectivités peuvent lever des fonds auprès d’investisseurs publics ou privés, comme le Crédit agricole ou la Caisse des dépôts et consignations. Finalement, les 138 millions d’euros de coût d’infrastructures seront pris en charge par la SEM, dans laquelle Pierre et Vacances n’a pas mis un sou.

En Isère, le montage financier diffère. Le département se porte directement acquéreur, pour 7 millions d’euros, des parties communes du futur complexe. De son côté, la région Rhône-Alpes a décidé de verser, en 2009, une subvention du même montant, au titre du soutien à l’emploi et au développement durable. « Dans le cas où le projet se poursuit, c’est grâce à cet investissement que les cottages pourront être certifiés HQE, haute qualité environnementale » explique-t-on au sein du conseil régional. De son côté, le syndicat des eaux investit gros pour construire une nouvelle station d’épuration – « dimensionnée selon les besoins de Center Parcs », selon Christian Pichoud – et pour rénover le réseau d’eau existant. « On en avait bien besoin, on avait 70% de déperdition », se justifie Serge Perraud, le maire de Roybon. A l’image des autres collectivités, la commune se plie en quatre pour accueillir Center Parcs. Pour les besoins du projet, le plan local d’urbanisme a été révisé et le terrain sera vendu 30 centimes le mètre carré, contre 18 euros pour les particuliers. « Ce terrain n’aurait de toute façon rien rapporté, se justifie Serge Perraud. Là, on gagne 600 000 euros, ce n’est pas rien. Et on considère que ce prix attractif est un investissement. » De son côté, Center Parcs revendra ses cottages plus de 3 000 euros le mètre carré.

Etape 5 : faire financer les cottages à grand renfort de niches fiscales

On touche alors la deuxième astuce du groupe. Center Parcs ne finance pas lui-même ses résidences hybrides, à mi-chemin entre le bungalow et le chalet. « On vend des hébergements à des investisseurs privés, institutionnels ou particuliers », explique Jean-Marie Klotz. Cette trouvaille née dans les années 1970 et baptisée « nouvelle propriété » est l’idée phare de Gérard Brémond, l’inoxydable pédégé de Pierre et Vacances. Un système qui a, lui aussi, largement bénéficié de la générosité des pouvoirs publics. Le principe ? L’acquéreur du cottage signe un bail pour neuf ans pendant lesquels Pierre et Vacances gère le bien et lui reverse un loyer. Pendant toute cette période, le propriétaire bénéfice d’attractives réductions d’impôts, la niche dite « Censi-Bouvard ». Mis en avant sur le site du groupe, ce dispositif permet au propriétaire de se voir exonérer jusqu’à 3 666 euros d’impôts par an pendant neuf ans tout en récupérant la TVA de son investissement.« Pour les EPHAD, ces déductions d’impôts ont une justification sociale », estime Jean-Marie Chosson, élu EELV à la région Rhône-Alpes. « Mais les plus gros bénéficiaires sont les mastodontes du tourisme. » Fortement contesté par quelques députés, le dispositif devait arriver à échéance en 2012 et disparaître alors de sa belle mort.

C’était sans compter l’influence de Gérard Brémond. Le 30 octobre 2012, l’homme d’affaires était reçu dans le bureau de Jérôme Cahuzac (voir l’agenda de ce dernier ). Le 14 novembre, celui qui était alors ministre délégué au Budget présente, devant l’Assemblée, un amendement prolongeant le dispositif Censi-Bouvard. Le texte est adopté dans la foulée. En matière de lobbying, le pédégé de Pierre et Vacances n’en serait pas à son coup d’essai. Selon le journal Les Echos qui, en 2007, dressait son portrait, certains textes sont surnommés « les amendements Brémond » dans les couloirs de l’Assemblée.

Pourtant, les vents jusqu’ici favorables à Pierre et vacances pourraient tourner. En 2012, le montant d’abattement fiscal du dispositif Censi-Bouvard est passé de 25% à 11% de la valeur du bien. « La dynamique fiscale est moins forte, reconnaît Jean-Michel Klotz, le modèle va évoluer. » Dans les Center Parcs en projet, comme ceux de la Vienne et de l’Isère, les investisseurs institutionnels, non concernés par la niche fiscale, achètent plus de cottages que les particuliers. Parmi eux, des mutuelles, des banques et la Caisse des dépôts et des consignations. « C’est encore pire que des niches fiscales, c’est un établissement public qui verse directement de l’argent à Center Parcs,s’emporte Stéphane Peron, ancien conseiller fiscal qui a pris la tête de l’opposition au Center Parcs de Roybon. La CDC est censée utiliser l’épargne des Français, notamment le livret A, pour financer des projets d’intérêt général, comme le logement social. Là, elle sert clairement un intérêt privé. »

Niches fiscales, investissements institutionnels, subventions et participations directes des collectivités, agacent profondément Jean-Marie Chosson. « Avec tout cet argent, on pourrait soutenir l’artisanat, les Scop, renforcer des circuits courts, développer un écotourisme mieux réparti sur le territoire et mettre en avant les atouts de la région », souligne l’élu. Sur cette dernière mission, Pierre et Vacances répond présent. « Les tenants du projet disent qu’il est représentatif de l’identité jurassienne, souligne Véronique Guislain, à Poligny. Avec une bulle tropicale à 29°C ? Je reste perplexe… »
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Source:
http://www.terraeco.net/Pour-faire-grossir-sa-bulle-Center,57736.html
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- Un nouveau barrage de Sivens ? (Fabrice Nicolino)

Posté par admin le 6 décembre 2014

Un nouveau barrage de Sivens ?

Publié le 3 décembre 2014

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 26 novembre 2014

Les socialos sont impayables. À Roybon, dans l’Isère, ils soutiennent un projet touristique qui passe par la destruction d’une zone humide, exactement comme dans le Tarn. Pour mettre à la place une bulle tropicale à 29 degrés et une rivière « sauvage » en plastique bleu.

Ces enfoirés sont en train de tout saloper. Maintenant, au moment même où vous lisez Charlie. Les engins de chantier de Pierre et Vacances – on va reparler de ces amis de l’homme – travaillent le week-end, les jours fériés, la nuit, pour créer l’irréversible. Depuis le 20 octobre, le chantier du Center Parcs de Roybon (Isère) bousille, hectare après hectare, le bois des Avenières, au bord de l’immense  forêt de Chambaran. Daphné, une jeune nana, au cours d’un rassemblement sur place le 17 novembre : « On n’a plus vraiment le temps d’attendre les recours légaux, et donc, on est un peu forcés de désobéir à la loi pour ralentir et stopper ce chantier ». Le résultat des deux recours sera connu dans une dizaine de jours, et les écrabouilleurs espèrent, dans tous les cas, qu’il n’y aura plus rien à sauver.

Séance décryptage : le 4 décembre 2009, le conseil général d’Isère – socialo, comme celui du Tarn – signe un protocole d’accord avec une transnationale du tourisme de masse, Pierre et Vacances (voir encadré). On déplie le tapis rouge pour une opération officiellement destinée à « équilibrer l’activité touristique » dans la partie Ouest de l’Isère, grâce à « la réalisation d’opérations significatives, à fort impact économique ».

Dans les faits, il s’agit de fourguer 200 hectares, dont une grande partie constituée d’une zone humide forestière, d’une très grande valeur écologique. Le village de Roybon – moins de 1300 habitants en 2011 -, propriétaire des lieux, accepte de vendre, probablement appâté par une taxe locale d’équipement de 1,2 million d’euros, suivie d’une taxe foncière de 500 000 euros chaque année. Passons au magnifique projet. Il s’agit d’installer douillettement un millier de « cottages » en bois, avant de faire venir 5 000 victimes en flux tendu pour se ressourcer « en pleine nature » à la sauce Pierre et Vacances. Après avoir détruit la vraie, cette emmerdeuse de toujours. Compter quand même de 600 à 800 euros pour une semaine et quatre personnes.

La très goûteuse cerise s’appelle AquaMundo, qui est le cœur même du « village ». C’est tellement con que ça décourage la moquerie. On créerait une bulle tropicale à 29 degrés – sur place, le thermomètre peut descendre à – 20 degrés -, traversée par une « rivière sauvage » en plastique bleu, qui sinue entre piscines et bassins surmontés de palmiers. Comme le dit sur le ton juste la publicité officielle, « admirez les poissons dans le bassin aux coraux et détendez-vous dans nos Centres Health & Beauty, Nature & Spa. Et si toute cette eau vous a donné soif, l’Aqua Café est là pour vous désaltérer et vous restaurer ».

On se demande dans ces conditions idylliques-là pourquoi il y a des opposants. Toutes les associations historiques sont vent debout, à commencer par la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, http://www.frapna-38.org/thematiques/center-parcs-roybon.html). Mais les opposants les plus directs se retrouvent dans Pour les Chambaran sans Center Parcs (PSCCP,http://www.pcscp.org), notamment pilotée par Stéphane Peron, un informaticien venu de la région parisienne. Dans le clair-obscur de la bataille en cours, des Camille – nom générique donné aux jeunes opposants, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens – poussent comme autant de champignons. Des actions illégales – sabotage du piquetage du chantier – ont déjà eu lieu, mais on va probablement vers des affrontements. « Deux collectifs viennent de naître, précise pour CharlieHenri Mora, opposant de toujours. L’un sur place, l’autre à Grenoble. Ce n’est pas un secret : il y a parmi eux des illégalistes ».

Il faut dire que Pierre et Vacances s’assoit avec bonhomie sur l’enquête publique, en général sous contrôle, mais qui a tourné à l’horreur pour les amoureux des palmiers et poissons violets. Organisée du 14 avril au 28 mai, elle a recueilli 727 observations – ce qui est beaucoup – dont 60 % défavorables. Comble de tout, la commission d’enquête chargée de statuer sur le projet a publié en juillet un rapport de 25 pages dévastateur. Non contente de donner à l’unanimité un avis défavorable, elle détaille en 12 points les raisons de son opposition.

Charlie ne peut insister, et c’est dommage, car pour une fois, c’est beau (1). L’étude préalable, à la charge de l’aménageur, aura été brillantissime, car dit le texte, « la commission relève des affirmations régulières d’absences présumées d’impact avant tout inventaire ». Le principe est connu : qui ne cherche pas ne trouve rien. Autre point admirable, celui du destin des flots tropicaux. Car n’oublions jamais qu’il faut vider les chiottes, un jour ou l’autre. Or pour remplir tout AquaMundo, il faut entre 3100 et 3700 mètres cubes d’eau. Dans une région qui connaît, soit dit en passant, des sécheresses saisonnières récurrentes.

Où vidanger ? Pour des raisons sanitaires, il faut tout évacuer au moins deux fois par an. Quels produits chimiques contiendra la bouillie ? Nul ne le sait, mais en tout cas, on bazardera le tout dans un plan d’eau voisin, après avoir attendu que la température tahitienne baisse à un niveau jugé convenable. De là, le vomi gagnera un cours d’eau, puis sans doute, beaucoup plus loin, le Rhône. Et où pompera-t-on les centaines de mètres cubes – entre 613 et 1200 – nécessaires chaque jour pour abreuver les taulards des vacances ? En bref, estime la commission, « la multitude d’incertitudes, d’incohérences, voire d’incorrections, que comporte le dossier d’enquête au titre de la « loi sur l’eau » (…) confère un caractère rédhibitoire au projet en l’état ».

Malgré tout cela et tant d’autres choses, passage en force, soutenu par deux secrétaires d’État socialistes de la région : André Vallini, qui a failli devenir Garde des Sceaux, et Geneviève Fioraso, scientiste hors concours. Sivens le retour ?

(1) Le texte complet : http://www.isere.gouv.fr/content/download/20051/136634/file/Conclusions

ENCADRÉ

Les Center Parcs poussent comme des champignons

Pierre et Vacances, la transnationale derrière le projet de Roybon, pèse près d’1 milliard 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce mastodonte emploie 7500 salariés et « gère » au total 231 000 « lits ». La Côte d’Azur doit beaucoup à Pierre et Vacances, l’un des plus grands bétonneurs des côtes françaises.

Créé en 1968 par le néerlandais  Sporthuis Centrum, le « concept » des Center Parcs et les villages existants ont été rachetés par Pierre et Vacances en 2001. Il existe à ce jour, en Europe, 25 Center Parcs. En France, quatre sont ouverts, deux sont plus ou moins commencés, dont celui de Roybon, et trois sont en projet dans le Jura, dans le Lot-et-Garonne et en Saône-et-Loire.

Dans ce dernier département, la bagarre a dé jà commencé autour du collectif du Geai du Rousset (http://centerparc-le-rousset.org), qui proteste contre les 80 millions d’argent public qui pourraient être engloutis dans ce projet privé. Et réclame comme tous ceux qui vomissent les Center Parcs, « l’abandon de ces projets inutiles et coûteux ». Dans le Jura, la mobilisation a elle aussi commencé, et certains pensent déjà à une coordination nationale des opposants aux Center Parcs.

Sauf grosse surprise, Pierre et Vacances commence un long chemin de croix.

Source:
http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1836

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- Center Parcs recherche 150 hectares dans le Lot-et-Garonne

Posté par admin le 28 avril 2014

Center Parcs recherche 150 hectares dans le Lot-et-Garonne

Publié le 26/04/2014 à 03:49, Mis à jour le 26/04/2014 à 07:44

Damazan (47) – Économie

Le groupe «Pierre et Vacances», qui chapeaute les Center Parcs, s'est mis en quête du site idéal./Photo reproduction
Le groupe «Pierre et Vacances», qui chapeaute les Center Parcs, s’est mis en quête du site idéal./Photo reproduction

- Center Parcs recherche 150 hectares dans le Lot-et-Garonne dans Actualités zoom

Et maintenant, au travail ! Ce n’est pas seulement Pierre Camani qui le dit, c’est aussi Jean-Michel Klotz, le directeur général adjoint de «Pierre et Vacances». On cherche 150 hectares dans l’ouest du département.

L’épicentre de l’économie touristique en Lot-et-Garonne devrait se situer entre Damazan et Casteljaloux. Rien n’est fait, bien sûr. Mais en annonçant (lire notre édition d’hier) l’arrivée d’un Center Parcs à l’horizon de 2018, Jean-Michel Klotz, le directeur général adjoint de «Pierre et vacances» a précisé très clairement, sinon la localisation exacte du futur emplacement, du moins ce qu’il attend du site lui-même. «Proche d’un échangeur autoroutier, proche d’un massif forestier et d’une surface de 150 hectares». Inutile de dire que, depuis hier matin et l’annonce faite, d’abord, en commission permanence à destination de tous les conseillers généraux, les élus se penchent sérieusement sur les zones d’accueil possibles. «On devrait connaître au début de l’automne le site choisi.» Ensuite viendra le temps du dépôt des dossiers, de l’obtention des autorisations, du permis de construire. «On pense que les travaux débuteront vers 2016» expliquait Jean-Michel Klotz balayant au passage, ainsi que Pierre Camani, la question que certains posent sur un éventuel effet d’annonce qui ne serait pas suivi d’effet. «La stratégie de développement de «Pierre et Vacances» la conduit aujourd’hui à étendre son activité dans le sud-ouest de la France. Pour des raisons d’accessibilité autoroutière et ferroviaire, de centralité géographique et de réputation touristique, le Lot-et-Garonne apparaît propice à l’implantation d’un site d’hébergement touristique de la gamme Center Parcs, qui recevra alors l’appellation Center Parcs Aquitaine Lot-et-Garonne et qui sera le premier de ce type dans le grand quart Sud-Ouest.»

Front commun pour Center Parcs

Une inquiétude que l’opposition au conseil général ne porte même pas. Par la voix d’Alain Merly, «les élus d’opposition se réjouissent du projet d’implantation d’un Center Parc en Lot-et-Garonne annoncé par le directeur général du groupe «Pierre et Vacances». Et Pierre Merly ajoute, «Il s’agit d’un projet important pour l’économie du département qui, s’il aboutit, devrait créer environ 300 emplois directs et permettre 5 millions d’euros de retombées pour l’économie locale. Ce Center Parc renforcera, en outre, la vocation touristique du département et viendra en complément de ressources comme le parc Walibi, la navigation fluviale ou encore les thermes de Casteljaloux. Nous serons donc tous mobilisés pour qu’il se concrétise dans l’intérêt de notre département.» Seul petit bémol, «si le département présente toutes les caractéristiques nécessaires pour l’accueil de ce centre, son succès dépendra largement de la qualité des accès routiers, autoroutiers et ferroviaires au site.

Les élus d’opposition espèrent vivement que le conseil général prendra ses responsabilités et sera en mesure de réaliser les investissements nécessaires pour l’aboutissement du projet.»

Matthias Fekl soutient le projet

«Le projet d’ouverture d’un Center Parcs en Lot-et-Garonne est un enjeu majeur pour l’attractivité et le rayonnement de notre département» explique, lui, Matthias Fekl le député socialiste du Marmandais.

«L’un des grands défis pour le Lot-et-Garonne, c’est de garder toute sa place entre les deux grandes agglomérations de Bordeaux et de Toulouse et d’être une terre de développement et de qualité de vie au cœur du Grand Sud-Ouest. Le projet de Center Parcs va dans ce sens.» Mathias Fekl insiste sur les créations d’emplois et la diversification économique qu’il induira pour nôtre département, «en le positionnant davantage encore en matière de développement du tourisme au cœur du grand Sud-Ouest.» Et Matthias Fekl a, d’ores et déjà, évoqué le projet Center Parcs avec Alain Rousset, président du conseil régional d’Aquitaine. «Avec les élus, nous porterons ce dossier au conseil régional, tout en veillant au respect des engagements pris en matière d’embauches, d’exemplarité sociale et environnementale, et en étant à l’écoute des attentes locales des citoyens.»

Source:

http://www.ladepeche.fr/article/2014/04/26/1870439-center-parcs-recherche-150-hectares.html

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