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- Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Posté par admin le 15 décembre 2014

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics
(Crédit photo : Wikimedia)
Enquête – Ce week-end, de nouvelles manifestations ont eu lieu à Roybon, dans l’Isère. Mais l’appétit du groupe Pierre et Vacances, derrière le projet, ne faiblit pas. Il prévoit même de « mailler tout le territoire ». Comment ? Explications.

Sur la place du village de Roybon, une banderole « Center Parcs, un avenir pour notre territoire » répond aux graffiti« Non au Center Parcs » qui longent les départementales iséroises. Chaque dimanche, des milliers d’habitants favorables au projet manifestent contre l’installation d’une ZAD (zone à défendre) par les opposants. Depuis que les tractopelles ont fait leur entrée, le 20 octobre dernier, dans la forêt des Chambarans, la paisible commune de 1 300 âmes est tiraillée.

Sous les projecteurs à cause de sa résonance avec Sivens, le projet de Roybon n’est pas une exception. Depuis le rachat du concept néerlandais de « tourisme nature » par Pierre et Vacances en 2001, les Center Parcs poussent comme des champignons sur le territoire français. De la Moselle à l’Eure, en passant par la Somme, l’Aisne et le Loire-et-Cher, cinq domaines accueillent déjà près d’un million de visiteurs chacun par an. D’ici à 2018, leur nombre devrait doubler. « Le principe de Center Parcs, c’est le tourisme de proximité. Nous ciblons les personnes qui vivent dans un rayon de 200 kilomètres, explique Jean-Michel Klotz, directeur général adjoint du groupe Pierre et Vacances.On en construit tous les deux ans jusqu’à ce que le territoire soit correctement maillé. » Prochaine ouverture : le Center Parcs des Trois-Moutiers, dans la Vienne où les cottages sont déjà sur pied. Puis viendront ceux de Saône et Loire et du Jura, où les enquêtes publiques sont sur le point d’être lancées. Si tout se passe selon les plans de l’entrepreneur, dans quatre ans, dix minivilles d’une capacité d’accueil de 2 000 à 5 600 vacanciers, seront installées sur un total de 2 085 hectares de forêts. Center Parcs occupera alors la superficie de la ville de Chambéry.

Gourmande en terre, la branche « écotourisme » de Pierre et Vacances l’est aussi en argent public.« Le groupe est un champion des montages financiers », souligne Philippe Debard, chargé de mission à l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) de Lorraine, auteur d’une étude sur l’implantation du Center Parcs du Domaine des Trois forêts en Moselle. « Cela peut paraître surprenant, mais ici, le Groupe n’a déboursé que 25% du coût total du projet. » Sa stratégie, un brin alambiquée, est bien huilée. Explications.

Etape 1 : chercher un territoire déshérité

Loudun, dans la Vienne ; Roybon, en Isère ; Poligny, dans le Jura… Qu’ont en commun les sites sur lesquels le groupe Pierre et Vacances décide de s’implanter ? « Leur environnement naturel et la proximité de la clientèle, explique Jean-Michel Klotz, chargé du développement au sein de Pierre et Vacances Center Parcs. On regarde la zone de chalandise, les axes d’accès ferroviaires et autoroutiers », énumère-t-il encore. En resserrant la focale, un autre point commun émerge : le déclin économique qui frappe ces bassins de vie. Dans le cas isérois, « on parle d’une zone extrêmement déshéritée, ni touristique comme dans les stations de montagne, ni industrielle comme à Grenoble, explique Christian Pichoud, vice-président du conseil général de l’Isère chargé de l’économie touristique et de la montagne. On est donc très heureux que le Center Parcs vienne rééquilibrer les choses. » Dans la Vienne, le bassin d’emploi concerné « vit surtout de la production de melon », explique Joël Pageot, responsable du Pôle emploi de Loudun. Dans le Jura, l’affinage de comté reste le secteur qui offre le plus de débouchés. En Moselle, le territoire périclite depuis que l’usine de chaussures Bata est repartie en République tchèque. Quant au village de Roybon lui-même, qui par le passé vivait de l’industrie textile, le pronostic vital est engagé. « La moitié de la population a plus de 50 ans, le nombre d’habitants a chuté de 1 500 à 1 300 ces dix dernières années, note le maire, Serge Perraud. La Poste et la gendarmerie menacent de fermer, l’école est sur le point de perdre une classe, les banques projettent de retirer le dernier distributeur. L’EPHAD(Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) est devenu le seul employeur du village : c’est l’exode. »

Les chiffres du ministère de l’Economie assombrissent encore le tableau : entre 2000 et 2012, la dette de la commune a explosé, passant de 599 à à 5 200 euros par habitant. Dans ces circonstances, les 900 000 euros de taxe de séjour annuelle que pourrait rapporter le complexe touristique sont plus que bienvenues. « Quand vous dites aux gens qui ont soif : “on va vous donner de l’eau”, ils ne s’interrogent pas sur la couleur de l’eau », lâche Myriam Laïdouni-Denis, porte-parole du groupe Europe Ecologie - Les Verts (EELV) en Isère.

Etape 2 : promettre des emplois…

« Ce type de projet crée des emplois non délocalisables, ça ne se refuse pas », confirme Denis Brunellière, conseiller pour les équipements touristiques au conseil général de la Vienne. Dans le département, les 600 postes à pourvoir ne sont pas passés inaperçus. « Avant même l’ouverture des recrutements, on avait reçu 2 500 candidatures spontanées », souligne Loïc Pageot,responsable Pôle emploi chargé du recrutement pour Center Parcs. Ce besoin criant d’activité était le même en 2010, lors de l’implantation du Center Parcs de Moselle. Sur les 600 salariés embauchés, 59% étaient auparavant au chômage et 11% bénéficiaient du revenu de solidarité active (RSA), selon l’Insee. Dans la Vienne, comme en Moselle, Center Parcs deviendra finalement le premier employeur du bassin d’activité.

« De l’emploi oui, mais quel emploi ? », s’interroge Myriam Laïdouni-Denis. A l’Insee, Philippe Debard confirme ses craintes :« Center Parcs, ce sont des petits salaires et des petits horaires ». Parmi les salariés du Center Parcs de Moselle, « 60% touchent le smic horaire, dont près de la moitié seulement 319 euros par mois, du fait d’un contrat de travail hebdomadaire de neuf heures, en tant qu’agent technique de nettoyage », lit-on dans son étude. Ainsi, les 697 emplois promis par Center Parcs en Isère tombent à 468 une fois convertis en équivalents temps plein. « Ce sont des postes en pointillés, qui impliquent beaucoup de trajets », souligne Myriam Laïdouni-Denis. « Il y a des gens à qui cette organisation convient très bien, rétorque Christian Pichoud, défenseur du projet au sein du conseil général de l’Isère. Et contrairement aux stations de ski, ce sont des emplois à l’année, il n’y a pas de lits froids. » Son dernier argument : la taille du groupe, qui « implique la présence de représentants du personnel et constitue une garantie sur les conditions de travail ». Un optimisme qui résiste mal à l’examen des Center Parcs existants. En Moselle, l’Insee a relevé un turnover de 30% chez les employés, tandis que, ces dernières années, la vie du Center Parcs de l’Aisne a été émaillée par des conflit sociaux, les salariés dénonçant en 2012 « de graves problèmes de salaires et de conditions de travail », selon les mots de la CGT. Ce bilan sévère mérite tout de même quelques nuances. Les salariés de Center Parcs bénéficient d’un treizième mois et d’embauches pérennes. « A Roybon, 80% seront en CDI », souligne Jean-Michel Klotz, de Pierre et Vacances.

… et des retombées économiques

« Au-delà des emplois directs créés sur le chantier, puis sur le site, l’implantation d’un Center Parcs entraîne, pour nos territoires ruraux, de fortes retombées économiques », poursuit Denis Brunellière, au conseil général de la Vienne. « Les offices du tourisme et les commerçants se réjouissent de voir les vacanciers arriver par milliers », note Joël Pageot, à Pôle emploi. Seul bémol, Pierre et Vacances promet des séjours passés à buller plutôt qu’à vadrouiller. « Le système incite à vivre en vase clos », résume Philippe Debard, de l’Insee. Une étude réalisée par le groupe en 2012 auprès des vacanciers du domaine de Laon, dans l’Aisne, confirme : 76% d’entre eux n’envisagent pas d’escapades hors du site. « On observe clairement une tendance chez les consommateurs à préférer l’expérience simulée, vécue dans un contexte de plus en plus spectaculaire et extravagant, à la réalité », note Antonnella Caru, chercheuse en marketing dans un article paru dans La revue française de gestion. Une analyse contredite par Center Parcs. « Comme les séjours s’allongent, les gens passent plus facilement une journée à l’extérieur », assure Jean-Marie Klotz.« Même si les sorties ne concernent que 10% des visiteurs, 10% sur 300 000, c’est toujours ça de pris, rétorque le maire de Roybon. Ça pourra aider le jeune boucher qui vient de s’installer à tenir sur la durée. » Le commerçant ne pourra miser que sur ces quelques vacanciers échappés. Pour nourrir, sur place, ses milliers de résidents, Pierre et Vacances fait appel à Eléor, l’un des leaders mondiaux de la restauration collective.

Malgré ces occasions manquées, l’impact sur le territoire n’est pas nul. En Lorraine, l’Insee dénombre « une trentaine d’emplois générés par l’activité du domaine, et plus de 90 emplois par la consommation de ses salariés ». Dans le Jura, certains regardent ces promesses de dynamisme d’un œil inquiet : « Si les gens viennent s’installer ici, c’est pour être tranquilles, estime Véronique Guislain, présidente du collectif de vigilance citoyenne Le pic noirUne ville qui se crée du jour au lendemain et 2 000 personnes qui arrivent et repartent en voiture chaque semaine, c’est un sacré bouleversement dans un milieu rural paisible. Parce que, ici, 2 000 habitants, c’est une ville », précise-t-elle dans un rire franc.

Etape 3 : se faire désirer 

Tandis que ses projets se concrétisent dans l’est, Pierre et Vacances prospecte dans le Lot-et-Garonne. « Pour faire en sorte que les Toulousains et les Bordelais puissent profiter du concept », explique Jean-Marie Klotz. Entre les communes des Landes, de Gascogne et celles du Val-d’Albert, semaine après semaine, la presse locale relaie les appels du pied des élus et les hésitations du promoteur. La Saône-et Loire et le Jura ont connu cette phase de suspens. « Que le meilleur gagne », lançait en 2012 Rémi Chaintron, président du conseil général de Saône-et-Loire, à l’époque convaincu que le groupe trancherait entre les deux projets. Finalement, les deux ont été retenus. A la région Rhône-Alpes, on parle même, sous couvert d’anonymat, de « chantage à l’implantation et à la création d’emplois », avant de nuancer : « c’est un cas classique de mise en concurrence territoriale : si le Center Parcs ne trouve pas son compte ici, il ira s’implanter ailleurs ».

Etape 4 : faire financer les infrastructure par les partenariats public-privé

Pour décrocher la timbale, les élus sont donc prêts à débourser. D’un territoire à l’autre, leur soutien prend des formes variées. Dans la Vienne, les collectivités se sont laissé tenter par le partenariat public-privé. « Le complexe touristique passe par une Société d’économie mixte (SEM), qui réunit l’ensemble des collectivités », explique Denis Brunellière. Dans un premier temps, chacun verse son obole : 19,3 millions pour le département, 13 pour la région Poitou-Charentes et 1 million pour la communauté de communes. A cela s’ajoutent 15 millions de subventions versées directement par l’Etat. Une fois cette somme rassemblée, les collectivités peuvent lever des fonds auprès d’investisseurs publics ou privés, comme le Crédit agricole ou la Caisse des dépôts et consignations. Finalement, les 138 millions d’euros de coût d’infrastructures seront pris en charge par la SEM, dans laquelle Pierre et Vacances n’a pas mis un sou.

En Isère, le montage financier diffère. Le département se porte directement acquéreur, pour 7 millions d’euros, des parties communes du futur complexe. De son côté, la région Rhône-Alpes a décidé de verser, en 2009, une subvention du même montant, au titre du soutien à l’emploi et au développement durable. « Dans le cas où le projet se poursuit, c’est grâce à cet investissement que les cottages pourront être certifiés HQE, haute qualité environnementale » explique-t-on au sein du conseil régional. De son côté, le syndicat des eaux investit gros pour construire une nouvelle station d’épuration – « dimensionnée selon les besoins de Center Parcs », selon Christian Pichoud – et pour rénover le réseau d’eau existant. « On en avait bien besoin, on avait 70% de déperdition », se justifie Serge Perraud, le maire de Roybon. A l’image des autres collectivités, la commune se plie en quatre pour accueillir Center Parcs. Pour les besoins du projet, le plan local d’urbanisme a été révisé et le terrain sera vendu 30 centimes le mètre carré, contre 18 euros pour les particuliers. « Ce terrain n’aurait de toute façon rien rapporté, se justifie Serge Perraud. Là, on gagne 600 000 euros, ce n’est pas rien. Et on considère que ce prix attractif est un investissement. » De son côté, Center Parcs revendra ses cottages plus de 3 000 euros le mètre carré.

Etape 5 : faire financer les cottages à grand renfort de niches fiscales

On touche alors la deuxième astuce du groupe. Center Parcs ne finance pas lui-même ses résidences hybrides, à mi-chemin entre le bungalow et le chalet. « On vend des hébergements à des investisseurs privés, institutionnels ou particuliers », explique Jean-Marie Klotz. Cette trouvaille née dans les années 1970 et baptisée « nouvelle propriété » est l’idée phare de Gérard Brémond, l’inoxydable pédégé de Pierre et Vacances. Un système qui a, lui aussi, largement bénéficié de la générosité des pouvoirs publics. Le principe ? L’acquéreur du cottage signe un bail pour neuf ans pendant lesquels Pierre et Vacances gère le bien et lui reverse un loyer. Pendant toute cette période, le propriétaire bénéfice d’attractives réductions d’impôts, la niche dite « Censi-Bouvard ». Mis en avant sur le site du groupe, ce dispositif permet au propriétaire de se voir exonérer jusqu’à 3 666 euros d’impôts par an pendant neuf ans tout en récupérant la TVA de son investissement.« Pour les EPHAD, ces déductions d’impôts ont une justification sociale », estime Jean-Marie Chosson, élu EELV à la région Rhône-Alpes. « Mais les plus gros bénéficiaires sont les mastodontes du tourisme. » Fortement contesté par quelques députés, le dispositif devait arriver à échéance en 2012 et disparaître alors de sa belle mort.

C’était sans compter l’influence de Gérard Brémond. Le 30 octobre 2012, l’homme d’affaires était reçu dans le bureau de Jérôme Cahuzac (voir l’agenda de ce dernier ). Le 14 novembre, celui qui était alors ministre délégué au Budget présente, devant l’Assemblée, un amendement prolongeant le dispositif Censi-Bouvard. Le texte est adopté dans la foulée. En matière de lobbying, le pédégé de Pierre et Vacances n’en serait pas à son coup d’essai. Selon le journal Les Echos qui, en 2007, dressait son portrait, certains textes sont surnommés « les amendements Brémond » dans les couloirs de l’Assemblée.

Pourtant, les vents jusqu’ici favorables à Pierre et vacances pourraient tourner. En 2012, le montant d’abattement fiscal du dispositif Censi-Bouvard est passé de 25% à 11% de la valeur du bien. « La dynamique fiscale est moins forte, reconnaît Jean-Michel Klotz, le modèle va évoluer. » Dans les Center Parcs en projet, comme ceux de la Vienne et de l’Isère, les investisseurs institutionnels, non concernés par la niche fiscale, achètent plus de cottages que les particuliers. Parmi eux, des mutuelles, des banques et la Caisse des dépôts et des consignations. « C’est encore pire que des niches fiscales, c’est un établissement public qui verse directement de l’argent à Center Parcs,s’emporte Stéphane Peron, ancien conseiller fiscal qui a pris la tête de l’opposition au Center Parcs de Roybon. La CDC est censée utiliser l’épargne des Français, notamment le livret A, pour financer des projets d’intérêt général, comme le logement social. Là, elle sert clairement un intérêt privé. »

Niches fiscales, investissements institutionnels, subventions et participations directes des collectivités, agacent profondément Jean-Marie Chosson. « Avec tout cet argent, on pourrait soutenir l’artisanat, les Scop, renforcer des circuits courts, développer un écotourisme mieux réparti sur le territoire et mettre en avant les atouts de la région », souligne l’élu. Sur cette dernière mission, Pierre et Vacances répond présent. « Les tenants du projet disent qu’il est représentatif de l’identité jurassienne, souligne Véronique Guislain, à Poligny. Avec une bulle tropicale à 29°C ? Je reste perplexe… »
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Source:
http://www.terraeco.net/Pour-faire-grossir-sa-bulle-Center,57736.html
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- CENTER PARCS DE ROYBON : LE COTE OBSCUR DE LA FORCE

Posté par admin le 10 décembre 2014

CENTER PARCS DE ROYBON : LE COTE OBSCUR DE LA FORCE

08 DÉCEMBRE 2014 |  PAR BERNARD KUNTZ

Center Parcs de Roybon : le côté obscur de la force.

 

Le bois des Avenières, qui surplombe le petit village de Roybon, au sein de la vaste forêt de Chambaran, n’est pas « un trou de verdure ». Il est situé au sommet d’un bassin versant et, pour continuer à mal parodier Rimbaud, il y chante mille rivières. Selon des études moins poétiques, le site recouvre partiellement un aquifère de plusieurs centaines de km2 , connu sous le nom de « molasse du Miocène », identifié par le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) Rhône-Méditerranée comme à forte valeur patrimoniale.

Le bois des Avenières comporte une vaste zone humide, elle aussi à forte valeur patrimoniale, et abrite au moins 37 espèces dites « protégées », comme l’emblématique « écrevisse à pied blanc ». Certains y ont même aperçu des cigognes noires, pratiquement disparues, et même, mais n’en dites rien, des lutins, des elfes et des nymphes…

Le bois des Avenières, auquel on accède par une petite route ou par des chemins bucoliques, c’était encore l’un de ces derniers endroits où trouver la paix, parmi les chants d’oiseaux printaniers ou les bourdonnements de l’été. Avant que ne s’y abattent les rigueurs hivernales, l’automne y fournissait champignons et châtaignes à profusion. Puis la forêt s’endormait, paisible, dans son manteau de neige, de vent et de frimas.

Oui, le bois des Avenières était magique. On s’y promenait en liberté au milieu de mille légendes, dans le frisson du feuillage et ce vibrato mystérieux que Giono appela « Chant du Monde ».

Mais un jour, quelques messieurs sûrs d’eux: patron de Pierre et Vacances, élus locaux convaincus de leur importance, président de conseil général et futur secrétaire d’Etat, bref, quelques happy few accompagnés d’autochtones naïfs, décidèrent que tout cela, cette richesse gratuite à profusion, ne valait rien, ne rapportait rien et qu’il y fallait implanter… le plus grand Center Parcs d’Europe. Pensez vous, mesdames et messieurs : mille « cottages » avec de beaux parkings en goudron, de belles allées du même « métal », pour circuler sur la glèbe fangeuse, à vélo s’il vous plaît, des commerces, une clôture de fil de fer de deux mètres pour empêcher bipèdes et quadrupèdes extérieurs de troubler la « quiétude » des lieux. Pour agrémenter le tout, on allait bâtir une espèce de bulle tropicale avec des rivières en plastique bleu, un lagon, des palmiers en toc et autres bidules exotiques. Le tout chauffé à 29°, avec vidange du bouillon tous les six mois. !!

Pour ce mirifique projet, il suffisait de sacrifier la bagatelle de 110 à 120 hectares de zones humides, (beaucoup plus qu’à Sivens), d’envoyer au diable les écrevisses et autres batraciens, de priver les populations de la jouissance d’un vague bois, dont elles n’avaient que faire, puisqu’elles trouveraient toujours ailleurs assez de champignons pour parfumer leurs omelettes. Pour les « emplois », pas de problème : entre les subventions, la niche fiscale renouvelée, « les yeux dans les yeux », par monsieur Cahuzac, entre la vente du terrain au promoteur, pour 0,30 euros le m2, les nouvelles infrastructures nécessaires, chaque embauche ne coûterait au contribuable que… 240 000 €. Trois fois rien dans le contexte florissant de la conjoncture ! Et puis, que ne ferait-on pas pour renflouer les caisses de Pierre et Vacances, société à l’origine des Center Parcs, dont les pertes abyssales relèvent, désormais, de la grande cause nationale ?!

N’en jetez plus ?! Si, si: pour expédier les eaux usées des 5500 touristes attendus, eaux préalablement pompées dans une nappe phréatique menacée, on allait construire une conduite de 27 kilomètres, avec de nombreux points de relevage, pour arriver à une station d’épuration surdimensionnée à cet effet, sise non loin de l’Isère…

Tout à leur enthousiasme, le promoteur et les élus se rengorgèrent : ils allaient créer au moins 700 emplois, faire refleurir le fric et le béton en une région désertifiée. Le bonheur et la prospérité sur la terre ingrate des Chambaran, quoi…

Mais voilà : un beau jour, une bande d’irréductibles énergumènes s’avisa que la potion n’était pas à son goût, et même, qu’elle contenait, en y réfléchissant bien, plus de poudre de perlimpinpin qu’autre chose, à commencer par les emplois, le plus souvent à temps partiel, et payés une misère. Ils procédèrent à la création d’une association contre l’implantation du Center Parcs, exprimèrent courtoisement, démocratiquement mais fermement, leur opposition. Puis ils déposèrent des recours, qu’ils perdirent naturellement, au nom d’un « intérêt général » dont nul ne sait exactement à quoi il peut bien correspondre, sinon à justifier le pires dérives de la technostructure. Aujourd’hui, il s’entendent hargneusement traiter d’ « anarchistes violents » par l’ineffable député UMP du coin, vilipendés par monsieur le maire de Roybon et l’impayable président du Conseil Général de l’Isère.

Au début, les irréductibles en question se sentirent bien seuls. D’autant plus seuls que messieurs les élus et leurs bons apôtres psalmodiaient d’une voix monocorde, à la façon des lamas tibétains, mais sans les valeurs spirituelles : « de toute façon, ça se fera ». Bref, pour qui voulait l’entendre, c’était « circulez, y’a rien à voir ». Pas de quoi les inquiéter vraiment, se disaient-ils.

Et puis, patatras : Le 23 juillet 2014, les commissaires de l’enquête publique « Loi sur l’eau » du Center Parcs de Roybon rendirent leur rapport. 727 contributions écrites, dont soixante pour cent de réponses défavorables, plusieurs réunions publiques, plusieurs semaines d’enquête et de travail acharné, qui conduisirent à 13 conclusions irrévocables : le verdict était unanimement défavorable. En France, terre « des Droits de l’Homme », nous eussions pu penser que la messe était dite et que monsieur Brémont, PDG du « barnum » Pierre et Vacances, s’en irait massacrer les écrevisses et les grenouilles ailleurs. Que nenni. Balayant d’un revers de la main les 250 pages de l’enquête, monsieur le Préfet de l’Isère décréta urbi et orbi, que le projet « se ferait ». Soupirs et soulagement du promoteur, glapissements victorieux des élus et de leurs affidés. Le Droit, affirmaient-ils, était respecté. La légitimité républicaine aussi. Et de claironner leur ineffable satisfaction.

A nouveau, patatras ! Ce furent d’abord 250 dangereux « gauchistes » et autres « anarchistes », qui se réunirent à proximité du chantier pour exprimer leur colère. Puis il y en eut 600. Puis il y en eut plus de mille. (Décidément, le réservoir à anarchistes est presque aussi rempli que les caisses de l’Etat et de Pierre et Vacances sont vides !!) Comme les travaux avaient débuté en dépit des recours, une vieille maison forestière, aujourd’hui abandonnée, mise en vente et dont personne ne veut, fut occupée. Une nouvelle ZAD fut créée. Cris d’orfraie des saccageurs de forêts, d’autant plus vexés que les élus écologistes, dont la courageuse députée de la 9ème circonscription de l’Isère et la très opiniâtre députée EELV, tête de liste du Sud-est aux européennes, soutenaient activement la lutte… Aujourd’hui, le gouvernement tremble en pensant à Sivens et à NDDL. Aujourd’hui, les associations et collectifs anti Center Pars se comptent par dizaines. Une pétition sur la toile a réuni plus de 17000 signatures et ce n’est qu’un début

Par l’odeur de ZAD alléchées, les nuées médiatiques se sont abattues sur Roybon, avides de relater ce qui, jadis évoquait Clochemerle, et relève aujourd’hui du débat national. « Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain », les fanatiques de la déforestation en appellent à « la force injuste de la loi » (François Mitterrand). Que les gendarmes fassent leur office, hurlent-ils en gesticulant à l’assemblée, ou ceints de leurs belles écharpes tricolores, défilant devant la statue de la Liberté (un comble !!) de Roybon. Qu’ils cognent et qu’on n’en parle plus, ajoutent-ils. Des « vigiles » cagoulés semblent avoir déjà cogné… Mais on en parle encore plus !!

Le Conseil Général de l’Isère vient d’annoncer qu’il supprimait les subsides accordés à la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature, (FRAPNA), coupable d’indiscipline pour avoir, elle aussi, osé déposer un recours contre l’arrêté préfectoral. Le 7 Décembre, bras dessus bras dessous, des élus du Front National défilaient, selon le site du Point, aux côtés de la droite et du PS, pour soutenir Pierre et Vacances. La très sainte alliance que voilà !! Encore plus fort que celle du « sabre » et du « goupillon »! Le côté obscur de la force continue d’étendre son ombre maléfique sur les Chambaran, mais la rébellion croît et se multiplie encore plus vite que les déroutes électorales du Parti Socialiste…

 

Bernard Kuntz

Source:
http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-kuntz/081214/center-parcs-de-roybon-le-cote-obscur-de-la-force

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- Un nouveau barrage de Sivens ? (Fabrice Nicolino)

Posté par admin le 6 décembre 2014

Un nouveau barrage de Sivens ?

Publié le 3 décembre 2014

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 26 novembre 2014

Les socialos sont impayables. À Roybon, dans l’Isère, ils soutiennent un projet touristique qui passe par la destruction d’une zone humide, exactement comme dans le Tarn. Pour mettre à la place une bulle tropicale à 29 degrés et une rivière « sauvage » en plastique bleu.

Ces enfoirés sont en train de tout saloper. Maintenant, au moment même où vous lisez Charlie. Les engins de chantier de Pierre et Vacances – on va reparler de ces amis de l’homme – travaillent le week-end, les jours fériés, la nuit, pour créer l’irréversible. Depuis le 20 octobre, le chantier du Center Parcs de Roybon (Isère) bousille, hectare après hectare, le bois des Avenières, au bord de l’immense  forêt de Chambaran. Daphné, une jeune nana, au cours d’un rassemblement sur place le 17 novembre : « On n’a plus vraiment le temps d’attendre les recours légaux, et donc, on est un peu forcés de désobéir à la loi pour ralentir et stopper ce chantier ». Le résultat des deux recours sera connu dans une dizaine de jours, et les écrabouilleurs espèrent, dans tous les cas, qu’il n’y aura plus rien à sauver.

Séance décryptage : le 4 décembre 2009, le conseil général d’Isère – socialo, comme celui du Tarn – signe un protocole d’accord avec une transnationale du tourisme de masse, Pierre et Vacances (voir encadré). On déplie le tapis rouge pour une opération officiellement destinée à « équilibrer l’activité touristique » dans la partie Ouest de l’Isère, grâce à « la réalisation d’opérations significatives, à fort impact économique ».

Dans les faits, il s’agit de fourguer 200 hectares, dont une grande partie constituée d’une zone humide forestière, d’une très grande valeur écologique. Le village de Roybon – moins de 1300 habitants en 2011 -, propriétaire des lieux, accepte de vendre, probablement appâté par une taxe locale d’équipement de 1,2 million d’euros, suivie d’une taxe foncière de 500 000 euros chaque année. Passons au magnifique projet. Il s’agit d’installer douillettement un millier de « cottages » en bois, avant de faire venir 5 000 victimes en flux tendu pour se ressourcer « en pleine nature » à la sauce Pierre et Vacances. Après avoir détruit la vraie, cette emmerdeuse de toujours. Compter quand même de 600 à 800 euros pour une semaine et quatre personnes.

La très goûteuse cerise s’appelle AquaMundo, qui est le cœur même du « village ». C’est tellement con que ça décourage la moquerie. On créerait une bulle tropicale à 29 degrés – sur place, le thermomètre peut descendre à – 20 degrés -, traversée par une « rivière sauvage » en plastique bleu, qui sinue entre piscines et bassins surmontés de palmiers. Comme le dit sur le ton juste la publicité officielle, « admirez les poissons dans le bassin aux coraux et détendez-vous dans nos Centres Health & Beauty, Nature & Spa. Et si toute cette eau vous a donné soif, l’Aqua Café est là pour vous désaltérer et vous restaurer ».

On se demande dans ces conditions idylliques-là pourquoi il y a des opposants. Toutes les associations historiques sont vent debout, à commencer par la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, http://www.frapna-38.org/thematiques/center-parcs-roybon.html). Mais les opposants les plus directs se retrouvent dans Pour les Chambaran sans Center Parcs (PSCCP,http://www.pcscp.org), notamment pilotée par Stéphane Peron, un informaticien venu de la région parisienne. Dans le clair-obscur de la bataille en cours, des Camille – nom générique donné aux jeunes opposants, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens – poussent comme autant de champignons. Des actions illégales – sabotage du piquetage du chantier – ont déjà eu lieu, mais on va probablement vers des affrontements. « Deux collectifs viennent de naître, précise pour CharlieHenri Mora, opposant de toujours. L’un sur place, l’autre à Grenoble. Ce n’est pas un secret : il y a parmi eux des illégalistes ».

Il faut dire que Pierre et Vacances s’assoit avec bonhomie sur l’enquête publique, en général sous contrôle, mais qui a tourné à l’horreur pour les amoureux des palmiers et poissons violets. Organisée du 14 avril au 28 mai, elle a recueilli 727 observations – ce qui est beaucoup – dont 60 % défavorables. Comble de tout, la commission d’enquête chargée de statuer sur le projet a publié en juillet un rapport de 25 pages dévastateur. Non contente de donner à l’unanimité un avis défavorable, elle détaille en 12 points les raisons de son opposition.

Charlie ne peut insister, et c’est dommage, car pour une fois, c’est beau (1). L’étude préalable, à la charge de l’aménageur, aura été brillantissime, car dit le texte, « la commission relève des affirmations régulières d’absences présumées d’impact avant tout inventaire ». Le principe est connu : qui ne cherche pas ne trouve rien. Autre point admirable, celui du destin des flots tropicaux. Car n’oublions jamais qu’il faut vider les chiottes, un jour ou l’autre. Or pour remplir tout AquaMundo, il faut entre 3100 et 3700 mètres cubes d’eau. Dans une région qui connaît, soit dit en passant, des sécheresses saisonnières récurrentes.

Où vidanger ? Pour des raisons sanitaires, il faut tout évacuer au moins deux fois par an. Quels produits chimiques contiendra la bouillie ? Nul ne le sait, mais en tout cas, on bazardera le tout dans un plan d’eau voisin, après avoir attendu que la température tahitienne baisse à un niveau jugé convenable. De là, le vomi gagnera un cours d’eau, puis sans doute, beaucoup plus loin, le Rhône. Et où pompera-t-on les centaines de mètres cubes – entre 613 et 1200 – nécessaires chaque jour pour abreuver les taulards des vacances ? En bref, estime la commission, « la multitude d’incertitudes, d’incohérences, voire d’incorrections, que comporte le dossier d’enquête au titre de la « loi sur l’eau » (…) confère un caractère rédhibitoire au projet en l’état ».

Malgré tout cela et tant d’autres choses, passage en force, soutenu par deux secrétaires d’État socialistes de la région : André Vallini, qui a failli devenir Garde des Sceaux, et Geneviève Fioraso, scientiste hors concours. Sivens le retour ?

(1) Le texte complet : http://www.isere.gouv.fr/content/download/20051/136634/file/Conclusions

ENCADRÉ

Les Center Parcs poussent comme des champignons

Pierre et Vacances, la transnationale derrière le projet de Roybon, pèse près d’1 milliard 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce mastodonte emploie 7500 salariés et « gère » au total 231 000 « lits ». La Côte d’Azur doit beaucoup à Pierre et Vacances, l’un des plus grands bétonneurs des côtes françaises.

Créé en 1968 par le néerlandais  Sporthuis Centrum, le « concept » des Center Parcs et les villages existants ont été rachetés par Pierre et Vacances en 2001. Il existe à ce jour, en Europe, 25 Center Parcs. En France, quatre sont ouverts, deux sont plus ou moins commencés, dont celui de Roybon, et trois sont en projet dans le Jura, dans le Lot-et-Garonne et en Saône-et-Loire.

Dans ce dernier département, la bagarre a dé jà commencé autour du collectif du Geai du Rousset (http://centerparc-le-rousset.org), qui proteste contre les 80 millions d’argent public qui pourraient être engloutis dans ce projet privé. Et réclame comme tous ceux qui vomissent les Center Parcs, « l’abandon de ces projets inutiles et coûteux ». Dans le Jura, la mobilisation a elle aussi commencé, et certains pensent déjà à une coordination nationale des opposants aux Center Parcs.

Sauf grosse surprise, Pierre et Vacances commence un long chemin de croix.

Source:
http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1836

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- Pas de loisirs « nature » sans passage au préalable d’un troupeau de bulldozers

Posté par admin le 13 novembre 2014

Pas de loisirs « nature » sans passage au préalable d’un troupeau de bulldozers

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- « Extérieurs », vous avez dit « extérieurs » ?

Posté par admin le 31 octobre 2014

Lettre d’une roybonnaise adressée à un zélé défenseur de Center Parcs se plaignant que des « extèrieurs » se mêlent de critiquer ce projet.

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- Lettre ouverte d’une roybonnaise à un député pro-Center Parcs

Posté par admin le 14 novembre 2013

Lettre ouverte à Monsieur Barbier, député. 

 

Vous m’envoyez régulièrement votre lettre circulaire et je vous en remercie. Il est toujours bon de connaître l’activité du député qui vous représente, même si l’on n’a pas voté pour lui. 

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- Pierre et Vacances, et les autres entreprises touristiques, ont bétonné la mer, la montagne. On en mesure aujourd’hui la gravité. Accepterons-nous qu’ils détruisent la campagne?

Posté par admin le 24 septembre 2011

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Petites analyses d’un tract-pétition de partisans au projet de Center Parcs à Roybon.

Posté par admin le 24 octobre 2010

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Lettres d’une riveraine au président du Conseil Général de L’Isère et à la FRAPNA

Posté par admin le 29 septembre 2010

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Troisième promenade pour défendre le bois des Avenières le 10 octobre .

Posté par admin le 10 septembre 2010

Voici le texte d’appel à la troisième journée forêt libre initié par l’association pour les Chambaran sans Center Parcs.

Relayez le autour de vous, imprimez le, distribuez le et venez y nombreux

 

Troisième promenade pour défendre le bois des Avenières le 10 octobre . dans Actualités doc promenade3.doc

pdf dans Actualités promenade3.pdf
Un lien amicalement fourni par « cri ac » pour un covoiturage :

http://www.siegebureau.eu/test/?page_id=622

 

 

Nous sommes en 2010 .

Toute la Gaule, du littoral aux montagnes, des plaines aux étangs est envahie par la spéculation immobilière et touristique, dévoreuse d’espace libre, de nature sauvage et de subventions.


Toute ?   non !!

Un bois de l’Isère, le bois des Avenières, dans la forêt des Chambaran à côté de Roybon, et ses irréductibles amoureux  résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Ils vous invitent pour la troisième fois depuis le début de cette lutte à le défendre.

Le 10 octobre, soyons des centaines à montrer notre détermination à protéger ce bois contre Center Parcs et ses complices politiques, qui veulent nous en retirer la libre jouissance et le détruire au profit d’une opération de spéculation immobilière.

Venez vous y promener, chercher des champignons, du calme et de la poésie, des traces animales et autres merveilles qu’il nous offre généreusement depuis toujours.

Rendez vous à 10 heures devant l’office du tourisme de Roybon, ou au milieu du bois.

Amenez vos amis, vos familles, vos casse-croûte, vos instruments de musique, vos paniers et vos appareils photos, et partageons ensemble tout en revendiquant notre amour des forêts libres et notre détermination à les défendre, une promenade enivrante et joviale, protectrice et salvatrice, utile et militante.


Pas de Center parcs dans le Chambaran !

Pas de Chambaran pour Center Parcs

L’association Pour Chambaran Sans Center Parcs

 

 

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Lettre d’un roybonnais à André Vallini, président du consil général de l’Isère et très généreux subventionneur de Pierre et Vacances

Posté par admin le 7 juillet 2010

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Appel à une journée forêt libre au bois de Avenières

Posté par admin le 29 mai 2010

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Privatisation du bonheur

Posté par admin le 9 mai 2010

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Chronologie du projet d’installation du Center Parcs vue dans le site du DL

Posté par admin le 13 octobre 2009

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- La pieuvre des Chambarans

Posté par admin le 29 juin 2009

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