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- Après le week end des 7 et 8 février à Roybon.

Posté par admin le 14 février 2015

Après le week end des 7 et 8 février. A Roybon.

 

Quelques questions :

 

Dimanche 8 février. 7 heures. Radio France Isère. Compte rendu de la journée du samedi, à Roybon, où les adversaires et les partisans du Center Parcs avaient prévu de manifester. «  Les deux camps voulaient montrer leurs muscles ». Annonce de la journée du dimanche : «  Les routes d’accès à la ZAD seront bloquées par des «  pro center parc ». Ils ont installé sept barrages filtrants sur les petits chemins menant au chantier. Une opération autorisée par la préfecture de l’Isère. » Vous avez bien lu et vous pouvez entendre en allant sur le site Internet de la radio. L’annonce n’a pas été répétée dans la journée, du moins je ne l’ai pas entendue, mais elle n’a pas, non plus, été démentie : le Préfet autorise les milices.

Dimanche 8 février. Dauphiné Libéré. Un arrêté municipal «  interdisant la circulation et le stationnement sur huit rues et chemins de la commune » a été pris pour interdire l’accès à la ZAD de Roybon. Qui a pris cet arrêté? Le maire ? Les adjoints ? Le conseil municipal ? Qui en a averti la population ? Qui a chargé «  les soutiens au projet de d’installation d’un Center Parcs dans la forêt de Chambaran » de s’organiser en supplétifs de la police? Des barrages leur permettaient d’arrêter les «  indésirables ». Ainsi une automobiliste, suspecte puisque sa voiture était immatriculée en Ardèche, a dû montrer ses papiers avant de pouvoir aller soigner ses chevaux. Ils lui ont signifié qu’elle avait deux heures pour s’acquitter de sa tâche. Voiture et conductrice ont par ailleurs été filmées. Un opposant au Center Parcs n’a pu franchir un barrage tenu par un ancien conseiller municipal. Les renards ont été contents : il allait les chasser ! Voiture et occupants d’un véhicule, ont été photographiés, à la demande – dixit le milicien – des renseignements généraux ! Les nombreuses forces de l’ordre semblaient accepter la concurrence. Ordre de la préfecture ?

 

Beaucoup d’inquiétude :

 

Depuis des semaines, ceux qui se qualifient de responsables traitent zadistes et simples opposants, d’extérieurs, d’étrangers, d’anarchistes, de terroristes, se vautrant dans l’illégalité….. Comment des esprits faibles n’en seraient ils pas perturbés ?

Jeudi 5 février la cabane marquant l’entrée de la ZAD a été incendiée. Deux cocktails Molotov seraient à l’origine de cet attentat. Inquiète, vendredi, j’ai téléphoné aux trois élus, les plus proches de Roybon, leur demandant de désavouer cet acte. Je suis une citoyenne de leur secteur. J’ai laissé un message en milieu de journée. J’ai rappelé le soir. Deux personnes étaient alors à leur domicile elles m’ont dit les avertir. Je n’ai pas eu de retour. Sans doute ont-ils des obligations importantes. Sans doute préparent-ils les futures élections. Sans doute aussi ne se sentent-ils pas concernés par les violences. Elles n’étaient que verbales jusque là, elles sont devenues effectives. Deux voitures, dans la nuit de samedi à dimanche, ont été incendiées au barrage de Dionay. Ces incendies seraient-ils le fait de  la personne qui écrit sur sa page «  face book » : « Il n’y a que le feu pour détruire cette vermine ».

Des pages sur Internet résonnent d’appels au meurtre. «  Faut les défoncer, ces merdes ». «  La pelle à neige en pleine gueule ! ». Deux personnes ont été agressées et blessées au visage. D’autres ont été menacées. Des pneus ont été dégonflés ou crevés à Roybon et alentours. Est-ce la façon de «  les emmerder un peu » comme le dit le président de l’association «  Vivre en Chambaran », dans des propos rapportés par le Dauphiné Libéré ?

A entendre certains habitants de Roybon, empêchés de rentrer chez eux faute de papiers d’identité, ne pouvant recevoir du matériel transporté dans un camion bloqué, ne se déplaçant dans leur propre village qu’en montrant patte blanche… on constate une exaspération certaine. Les opposants les plus déterminés au Center Parcs, opposants d’ici ou d’ailleurs, n’accepteront pas éternellement ce djihadisme brun. Ils peuvent eux aussi s’organiser. Est-ce ce que veulent les apprentis sorciers qui ont dressé les habitants les uns contre les autres ? Des batailles rangées ?

Dans un petit livre «  Matin Brun » – tiré à deux millions d’exemplaires ! – Frank Pavloff, qui vit actuellement en Isère, montre dans une fable, la montée du nazisme en Allemagne. Deux amis, nullement politisés, occupés de leur travail, de leur famille, heureux de se retrouver le soir autour d’une bière, discutent tranquillement. Ils ont accepté sans problèmes de se séparer de leur chien, puis de leur chat- à éliminer parce qu’ils ne sont pas bruns ! – D’acceptations en compromissions, ils se retrouvent dans un régime fasciste. Nous n’en sommes pas là. Mais quand une commune, et certains de ses habitants, s’autorisent à bloquer la circulation sans raison impérieuse et sans aucun contrôle, on a toutes les raisons de s’inquiéter.

 

« Nous sommes tous Charlie ! »

 

Une réunion devait se tenir dans un village proche de Roybon avec film, débats, promenades… ce samedi 14 février. Appelé à l’initiative d’un collectif de citoyens, «  Le Carnaval des grenouilles et autres sales bêtes », devait parler des zones humides. Cinq jours avant cette fête, l’adjoint au maire, chargé de la location des salles, a annulé son accord : peur d’être «  instrumentalisé à des fins anti centerparcs ». Devant un tel ridicule on pourrait rire. Pas après les protestations d’amour de la démocratie, de respect de la liberté d’expression, qui ont succédé aux assassinats du mois de janvier. « tous Charlie ! » Vraiment ?

 

Le préfet de l’Isère s’en va.

 

Il a été mis à la retraite. Est-ce son manque de discernement dans l’autorisation de la création d’un Center parcs ? Sa gestion désastreuse des tensions qui se sont manifestées ces dernières semaines entre partisans et adversaires de ce centre de tourisme ? La violence qui a coûté l’œil à un pompier lors d’une manifestation très violemment réprimée ? De toutes façons il s’en va et je ne pense pas que beaucoup d’Isérois le regrettent et le plaignent. D’autant que, devenu préfet «  hors cadre », si ses attributions restent mystérieuses, son traitement doit bien représenter le salaire de plusieurs travailleurs payés au minimum légal.

 

Ce départ est-il, de la part du pouvoir, un signe d’apaisement ? Il serait temps en effet que cessent diffamations, stigmatisations, agressions. Ceux qui se croient représentatifs parce qu’ils ont été élus, feraient bien d’agir avec un peu plus de responsabilité avant que ne survienne un drame.

 

 

A Roybon le 12 février 2015 ; Michelle Pistone.

 

 

 

 

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- Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Posté par admin le 15 décembre 2014

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics
(Crédit photo : Wikimedia)
Enquête – Ce week-end, de nouvelles manifestations ont eu lieu à Roybon, dans l’Isère. Mais l’appétit du groupe Pierre et Vacances, derrière le projet, ne faiblit pas. Il prévoit même de « mailler tout le territoire ». Comment ? Explications.

Sur la place du village de Roybon, une banderole « Center Parcs, un avenir pour notre territoire » répond aux graffiti« Non au Center Parcs » qui longent les départementales iséroises. Chaque dimanche, des milliers d’habitants favorables au projet manifestent contre l’installation d’une ZAD (zone à défendre) par les opposants. Depuis que les tractopelles ont fait leur entrée, le 20 octobre dernier, dans la forêt des Chambarans, la paisible commune de 1 300 âmes est tiraillée.

Sous les projecteurs à cause de sa résonance avec Sivens, le projet de Roybon n’est pas une exception. Depuis le rachat du concept néerlandais de « tourisme nature » par Pierre et Vacances en 2001, les Center Parcs poussent comme des champignons sur le territoire français. De la Moselle à l’Eure, en passant par la Somme, l’Aisne et le Loire-et-Cher, cinq domaines accueillent déjà près d’un million de visiteurs chacun par an. D’ici à 2018, leur nombre devrait doubler. « Le principe de Center Parcs, c’est le tourisme de proximité. Nous ciblons les personnes qui vivent dans un rayon de 200 kilomètres, explique Jean-Michel Klotz, directeur général adjoint du groupe Pierre et Vacances.On en construit tous les deux ans jusqu’à ce que le territoire soit correctement maillé. » Prochaine ouverture : le Center Parcs des Trois-Moutiers, dans la Vienne où les cottages sont déjà sur pied. Puis viendront ceux de Saône et Loire et du Jura, où les enquêtes publiques sont sur le point d’être lancées. Si tout se passe selon les plans de l’entrepreneur, dans quatre ans, dix minivilles d’une capacité d’accueil de 2 000 à 5 600 vacanciers, seront installées sur un total de 2 085 hectares de forêts. Center Parcs occupera alors la superficie de la ville de Chambéry.

Gourmande en terre, la branche « écotourisme » de Pierre et Vacances l’est aussi en argent public.« Le groupe est un champion des montages financiers », souligne Philippe Debard, chargé de mission à l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) de Lorraine, auteur d’une étude sur l’implantation du Center Parcs du Domaine des Trois forêts en Moselle. « Cela peut paraître surprenant, mais ici, le Groupe n’a déboursé que 25% du coût total du projet. » Sa stratégie, un brin alambiquée, est bien huilée. Explications.

Etape 1 : chercher un territoire déshérité

Loudun, dans la Vienne ; Roybon, en Isère ; Poligny, dans le Jura… Qu’ont en commun les sites sur lesquels le groupe Pierre et Vacances décide de s’implanter ? « Leur environnement naturel et la proximité de la clientèle, explique Jean-Michel Klotz, chargé du développement au sein de Pierre et Vacances Center Parcs. On regarde la zone de chalandise, les axes d’accès ferroviaires et autoroutiers », énumère-t-il encore. En resserrant la focale, un autre point commun émerge : le déclin économique qui frappe ces bassins de vie. Dans le cas isérois, « on parle d’une zone extrêmement déshéritée, ni touristique comme dans les stations de montagne, ni industrielle comme à Grenoble, explique Christian Pichoud, vice-président du conseil général de l’Isère chargé de l’économie touristique et de la montagne. On est donc très heureux que le Center Parcs vienne rééquilibrer les choses. » Dans la Vienne, le bassin d’emploi concerné « vit surtout de la production de melon », explique Joël Pageot, responsable du Pôle emploi de Loudun. Dans le Jura, l’affinage de comté reste le secteur qui offre le plus de débouchés. En Moselle, le territoire périclite depuis que l’usine de chaussures Bata est repartie en République tchèque. Quant au village de Roybon lui-même, qui par le passé vivait de l’industrie textile, le pronostic vital est engagé. « La moitié de la population a plus de 50 ans, le nombre d’habitants a chuté de 1 500 à 1 300 ces dix dernières années, note le maire, Serge Perraud. La Poste et la gendarmerie menacent de fermer, l’école est sur le point de perdre une classe, les banques projettent de retirer le dernier distributeur. L’EPHAD(Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) est devenu le seul employeur du village : c’est l’exode. »

Les chiffres du ministère de l’Economie assombrissent encore le tableau : entre 2000 et 2012, la dette de la commune a explosé, passant de 599 à à 5 200 euros par habitant. Dans ces circonstances, les 900 000 euros de taxe de séjour annuelle que pourrait rapporter le complexe touristique sont plus que bienvenues. « Quand vous dites aux gens qui ont soif : “on va vous donner de l’eau”, ils ne s’interrogent pas sur la couleur de l’eau », lâche Myriam Laïdouni-Denis, porte-parole du groupe Europe Ecologie - Les Verts (EELV) en Isère.

Etape 2 : promettre des emplois…

« Ce type de projet crée des emplois non délocalisables, ça ne se refuse pas », confirme Denis Brunellière, conseiller pour les équipements touristiques au conseil général de la Vienne. Dans le département, les 600 postes à pourvoir ne sont pas passés inaperçus. « Avant même l’ouverture des recrutements, on avait reçu 2 500 candidatures spontanées », souligne Loïc Pageot,responsable Pôle emploi chargé du recrutement pour Center Parcs. Ce besoin criant d’activité était le même en 2010, lors de l’implantation du Center Parcs de Moselle. Sur les 600 salariés embauchés, 59% étaient auparavant au chômage et 11% bénéficiaient du revenu de solidarité active (RSA), selon l’Insee. Dans la Vienne, comme en Moselle, Center Parcs deviendra finalement le premier employeur du bassin d’activité.

« De l’emploi oui, mais quel emploi ? », s’interroge Myriam Laïdouni-Denis. A l’Insee, Philippe Debard confirme ses craintes :« Center Parcs, ce sont des petits salaires et des petits horaires ». Parmi les salariés du Center Parcs de Moselle, « 60% touchent le smic horaire, dont près de la moitié seulement 319 euros par mois, du fait d’un contrat de travail hebdomadaire de neuf heures, en tant qu’agent technique de nettoyage », lit-on dans son étude. Ainsi, les 697 emplois promis par Center Parcs en Isère tombent à 468 une fois convertis en équivalents temps plein. « Ce sont des postes en pointillés, qui impliquent beaucoup de trajets », souligne Myriam Laïdouni-Denis. « Il y a des gens à qui cette organisation convient très bien, rétorque Christian Pichoud, défenseur du projet au sein du conseil général de l’Isère. Et contrairement aux stations de ski, ce sont des emplois à l’année, il n’y a pas de lits froids. » Son dernier argument : la taille du groupe, qui « implique la présence de représentants du personnel et constitue une garantie sur les conditions de travail ». Un optimisme qui résiste mal à l’examen des Center Parcs existants. En Moselle, l’Insee a relevé un turnover de 30% chez les employés, tandis que, ces dernières années, la vie du Center Parcs de l’Aisne a été émaillée par des conflit sociaux, les salariés dénonçant en 2012 « de graves problèmes de salaires et de conditions de travail », selon les mots de la CGT. Ce bilan sévère mérite tout de même quelques nuances. Les salariés de Center Parcs bénéficient d’un treizième mois et d’embauches pérennes. « A Roybon, 80% seront en CDI », souligne Jean-Michel Klotz, de Pierre et Vacances.

… et des retombées économiques

« Au-delà des emplois directs créés sur le chantier, puis sur le site, l’implantation d’un Center Parcs entraîne, pour nos territoires ruraux, de fortes retombées économiques », poursuit Denis Brunellière, au conseil général de la Vienne. « Les offices du tourisme et les commerçants se réjouissent de voir les vacanciers arriver par milliers », note Joël Pageot, à Pôle emploi. Seul bémol, Pierre et Vacances promet des séjours passés à buller plutôt qu’à vadrouiller. « Le système incite à vivre en vase clos », résume Philippe Debard, de l’Insee. Une étude réalisée par le groupe en 2012 auprès des vacanciers du domaine de Laon, dans l’Aisne, confirme : 76% d’entre eux n’envisagent pas d’escapades hors du site. « On observe clairement une tendance chez les consommateurs à préférer l’expérience simulée, vécue dans un contexte de plus en plus spectaculaire et extravagant, à la réalité », note Antonnella Caru, chercheuse en marketing dans un article paru dans La revue française de gestion. Une analyse contredite par Center Parcs. « Comme les séjours s’allongent, les gens passent plus facilement une journée à l’extérieur », assure Jean-Marie Klotz.« Même si les sorties ne concernent que 10% des visiteurs, 10% sur 300 000, c’est toujours ça de pris, rétorque le maire de Roybon. Ça pourra aider le jeune boucher qui vient de s’installer à tenir sur la durée. » Le commerçant ne pourra miser que sur ces quelques vacanciers échappés. Pour nourrir, sur place, ses milliers de résidents, Pierre et Vacances fait appel à Eléor, l’un des leaders mondiaux de la restauration collective.

Malgré ces occasions manquées, l’impact sur le territoire n’est pas nul. En Lorraine, l’Insee dénombre « une trentaine d’emplois générés par l’activité du domaine, et plus de 90 emplois par la consommation de ses salariés ». Dans le Jura, certains regardent ces promesses de dynamisme d’un œil inquiet : « Si les gens viennent s’installer ici, c’est pour être tranquilles, estime Véronique Guislain, présidente du collectif de vigilance citoyenne Le pic noirUne ville qui se crée du jour au lendemain et 2 000 personnes qui arrivent et repartent en voiture chaque semaine, c’est un sacré bouleversement dans un milieu rural paisible. Parce que, ici, 2 000 habitants, c’est une ville », précise-t-elle dans un rire franc.

Etape 3 : se faire désirer 

Tandis que ses projets se concrétisent dans l’est, Pierre et Vacances prospecte dans le Lot-et-Garonne. « Pour faire en sorte que les Toulousains et les Bordelais puissent profiter du concept », explique Jean-Marie Klotz. Entre les communes des Landes, de Gascogne et celles du Val-d’Albert, semaine après semaine, la presse locale relaie les appels du pied des élus et les hésitations du promoteur. La Saône-et Loire et le Jura ont connu cette phase de suspens. « Que le meilleur gagne », lançait en 2012 Rémi Chaintron, président du conseil général de Saône-et-Loire, à l’époque convaincu que le groupe trancherait entre les deux projets. Finalement, les deux ont été retenus. A la région Rhône-Alpes, on parle même, sous couvert d’anonymat, de « chantage à l’implantation et à la création d’emplois », avant de nuancer : « c’est un cas classique de mise en concurrence territoriale : si le Center Parcs ne trouve pas son compte ici, il ira s’implanter ailleurs ».

Etape 4 : faire financer les infrastructure par les partenariats public-privé

Pour décrocher la timbale, les élus sont donc prêts à débourser. D’un territoire à l’autre, leur soutien prend des formes variées. Dans la Vienne, les collectivités se sont laissé tenter par le partenariat public-privé. « Le complexe touristique passe par une Société d’économie mixte (SEM), qui réunit l’ensemble des collectivités », explique Denis Brunellière. Dans un premier temps, chacun verse son obole : 19,3 millions pour le département, 13 pour la région Poitou-Charentes et 1 million pour la communauté de communes. A cela s’ajoutent 15 millions de subventions versées directement par l’Etat. Une fois cette somme rassemblée, les collectivités peuvent lever des fonds auprès d’investisseurs publics ou privés, comme le Crédit agricole ou la Caisse des dépôts et consignations. Finalement, les 138 millions d’euros de coût d’infrastructures seront pris en charge par la SEM, dans laquelle Pierre et Vacances n’a pas mis un sou.

En Isère, le montage financier diffère. Le département se porte directement acquéreur, pour 7 millions d’euros, des parties communes du futur complexe. De son côté, la région Rhône-Alpes a décidé de verser, en 2009, une subvention du même montant, au titre du soutien à l’emploi et au développement durable. « Dans le cas où le projet se poursuit, c’est grâce à cet investissement que les cottages pourront être certifiés HQE, haute qualité environnementale » explique-t-on au sein du conseil régional. De son côté, le syndicat des eaux investit gros pour construire une nouvelle station d’épuration – « dimensionnée selon les besoins de Center Parcs », selon Christian Pichoud – et pour rénover le réseau d’eau existant. « On en avait bien besoin, on avait 70% de déperdition », se justifie Serge Perraud, le maire de Roybon. A l’image des autres collectivités, la commune se plie en quatre pour accueillir Center Parcs. Pour les besoins du projet, le plan local d’urbanisme a été révisé et le terrain sera vendu 30 centimes le mètre carré, contre 18 euros pour les particuliers. « Ce terrain n’aurait de toute façon rien rapporté, se justifie Serge Perraud. Là, on gagne 600 000 euros, ce n’est pas rien. Et on considère que ce prix attractif est un investissement. » De son côté, Center Parcs revendra ses cottages plus de 3 000 euros le mètre carré.

Etape 5 : faire financer les cottages à grand renfort de niches fiscales

On touche alors la deuxième astuce du groupe. Center Parcs ne finance pas lui-même ses résidences hybrides, à mi-chemin entre le bungalow et le chalet. « On vend des hébergements à des investisseurs privés, institutionnels ou particuliers », explique Jean-Marie Klotz. Cette trouvaille née dans les années 1970 et baptisée « nouvelle propriété » est l’idée phare de Gérard Brémond, l’inoxydable pédégé de Pierre et Vacances. Un système qui a, lui aussi, largement bénéficié de la générosité des pouvoirs publics. Le principe ? L’acquéreur du cottage signe un bail pour neuf ans pendant lesquels Pierre et Vacances gère le bien et lui reverse un loyer. Pendant toute cette période, le propriétaire bénéfice d’attractives réductions d’impôts, la niche dite « Censi-Bouvard ». Mis en avant sur le site du groupe, ce dispositif permet au propriétaire de se voir exonérer jusqu’à 3 666 euros d’impôts par an pendant neuf ans tout en récupérant la TVA de son investissement.« Pour les EPHAD, ces déductions d’impôts ont une justification sociale », estime Jean-Marie Chosson, élu EELV à la région Rhône-Alpes. « Mais les plus gros bénéficiaires sont les mastodontes du tourisme. » Fortement contesté par quelques députés, le dispositif devait arriver à échéance en 2012 et disparaître alors de sa belle mort.

C’était sans compter l’influence de Gérard Brémond. Le 30 octobre 2012, l’homme d’affaires était reçu dans le bureau de Jérôme Cahuzac (voir l’agenda de ce dernier ). Le 14 novembre, celui qui était alors ministre délégué au Budget présente, devant l’Assemblée, un amendement prolongeant le dispositif Censi-Bouvard. Le texte est adopté dans la foulée. En matière de lobbying, le pédégé de Pierre et Vacances n’en serait pas à son coup d’essai. Selon le journal Les Echos qui, en 2007, dressait son portrait, certains textes sont surnommés « les amendements Brémond » dans les couloirs de l’Assemblée.

Pourtant, les vents jusqu’ici favorables à Pierre et vacances pourraient tourner. En 2012, le montant d’abattement fiscal du dispositif Censi-Bouvard est passé de 25% à 11% de la valeur du bien. « La dynamique fiscale est moins forte, reconnaît Jean-Michel Klotz, le modèle va évoluer. » Dans les Center Parcs en projet, comme ceux de la Vienne et de l’Isère, les investisseurs institutionnels, non concernés par la niche fiscale, achètent plus de cottages que les particuliers. Parmi eux, des mutuelles, des banques et la Caisse des dépôts et des consignations. « C’est encore pire que des niches fiscales, c’est un établissement public qui verse directement de l’argent à Center Parcs,s’emporte Stéphane Peron, ancien conseiller fiscal qui a pris la tête de l’opposition au Center Parcs de Roybon. La CDC est censée utiliser l’épargne des Français, notamment le livret A, pour financer des projets d’intérêt général, comme le logement social. Là, elle sert clairement un intérêt privé. »

Niches fiscales, investissements institutionnels, subventions et participations directes des collectivités, agacent profondément Jean-Marie Chosson. « Avec tout cet argent, on pourrait soutenir l’artisanat, les Scop, renforcer des circuits courts, développer un écotourisme mieux réparti sur le territoire et mettre en avant les atouts de la région », souligne l’élu. Sur cette dernière mission, Pierre et Vacances répond présent. « Les tenants du projet disent qu’il est représentatif de l’identité jurassienne, souligne Véronique Guislain, à Poligny. Avec une bulle tropicale à 29°C ? Je reste perplexe… »
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Source:
http://www.terraeco.net/Pour-faire-grossir-sa-bulle-Center,57736.html
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Autorisation du préfet Pour centetr Parcs: Les réactions des politiques

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- C’était les jours heureux ….

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- Center Parcs recherche femmes de ménage désespérement

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- Center Parcs Vienne, Ségolène Royal se sent obligée de verser elle aussi au bassinet des cadeaux

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Décidément les Center Parcs et autres résidences Pierre et Vacances se délabrent à tous les niveaux. Avis de résidents déçus et en colère

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Dans le Var, un projet en béton désarmé. Un site de Pierre et Vacances gelé. A la fureur du promoteur et des élus.

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Le futuroscope privatisé mais remis à neuf sur les deniers du Conseil Général de la Vienne au bénéfice d’une société amie de Pierre et Vacances juste avant l’installation d’un Center Parcs

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Mr Vallini Président du Conseil Général de l’Isère Méprise dans un interview à la presse les opposants à Center Parcs et ment grossièrement sur le dossier

Posté par admin le 19 septembre 2010

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Le projet de Center Parcs dans la Vienne sera lourdement subventionné par l’état et les collectivités

Posté par admin le 18 septembre 2010

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Des opposants au projet de Center Parcs dans les Pays de Loire

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- Quelques questions et leurs réponses relevant nos griefs contre la construction du Center Parcs de Roybon

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Ces lieux où le réel copie la fiction. Un ethnologue à Center Parcs

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Center Parcs de Roybon, le protocole d’accord est signé (Sillon 38)

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Posté par admin le 26 octobre 2009

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Cette insubordination qui ne vient pas – Des emplois pour quoi faire ?

Posté par admin le 14 octobre 2009

Cette insubordination qui ne vient pas

Des emplois pour quoi faire ?

La création de 700 emplois serait l’argument indiscutable et indépassable qui justifierait la construction d’un Center Parcs à Roybon. Le 27 janvier 2009, dans ce même village, lors de la réunion publique de présentation du projet par Pierre & Vacances et des élus du département, je proposai aux tribuns qui péroraient sur le sujet de rouvrir les deux camps d’internement qui avaient existé en 1939-40 dans les Chambarans, afin de créer de nouveaux emplois. Un des conseillers généraux présents, dont je n’ai pas retenu le nom, évacua la question en me répondant qu’il me laissait la responsabilité de cette comparaison. Plus de la moitié du public applaudit la réponse de l’élu. Lire la suite… »

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Chronologie du projet d’installation du Center Parcs vue dans le site de sos déchets

Posté par admin le 13 octobre 2009

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Chronologie du projet d’installation du Center Parcs vue dans le site du DL

Posté par admin le 13 octobre 2009

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Chronologie du projet d’installation du Center Parcs vue dans le site sillon 38

Posté par admin le 13 octobre 2009

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« Des photos qui vendent du rêve, qui sont magiques,… image de marque oblige… les enfants qui meurent de faim, gardez les pour le prix World Press »

Posté par admin le 9 août 2009

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Val Joly, un parc à loisir destructeur dévoreur de subventions et qui n’a pas tenu ses promesses

Posté par admin le 25 juillet 2009

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Olivier Dassault contre un projet de type « center Parcs »

Posté par admin le 1 juillet 2009

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- Compte-rendu de la réunion sur la révision simplifiée PLU de Roybon

Posté par admin le 30 juin 2009

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Réunion du 17/11/2008 sur la révision simplifiée PLU de Roybon

Posté par admin le 12 juin 2009

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- Des ordures dans un couloir

Posté par admin le 13 octobre 2008

 

 

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La nature de Disneyland Paris

Posté par admin le 29 août 1996

Le Courrier de l’environnement n°28, août 1996  

La nature de Disneyland Paris

 

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