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- Jurassic Center Parcs à Poligny

Posté par admin le 23 mars 2016

Jurassic Center Parcs à Poligny

GILLES FUMEY 12 OCTOBRE 2015 

(MISE À JOUR : 13 OCTOBRE 2015)

 

Après Roybon où s’étaient affrontés les Zadistes et les partisans de l’ouverture d’un Center Parc, un nouveau projet de bulle touristique chauffée voit le jour dans le Jura.

Au moment où se prépare la COP-21, nous viennent du Jura des nouvelles alarmantes. Non pas que les dinosaures de Loulle se soient réveillés après avoir laissé leurs traces remontant à 155 millions d’années. Mais une autre espèce de dinosaures de l’action publique s’est manifestée au printemps sous la forme d’investisseurs mystérieux, habillés d’une façade respectable appelée joliment Pierre & Vacances. Cette multinationale du tourisme de masse confisque sur la planète des zones préservées remarquables (forêts, montagnes, littoraux, villes) pour ses intérêts propres et ceux d’une seule classe sociale à qui on offre le bonheur dans des bulles tropicales. La nature est mise en scène au prétexte que les touristes réclament des aires de jeu. Mais le tourisme n’est-il pas autre chose que ce que Pascal avait stigmatisé comme le « divertissement » ? Au XXIe siècle, n’est-on pas en droit d’attendre qu’il soit ce qu’il devrait toujours être : la rencontre de l’autre ?

Destination alléchante ?

Ainsi donc, le tonnerre est tombé non loin de l’abbaye de Baume-les-Messieurs d’où sont partis les fondateurs de Cluny, à Château-Chalon patrie du vin jaune, à un jet de pierres de la vigne de Pasteur à Arbois. Quel coup de tonnerre ? Une offre présentée de manière alléchante par l’homme d’affaires Gérard Brémond : une bulle tropicale chauffée à 29°C, y compris pendant les hivers où le mercure peut descendre à – 20°C. Une bulle, donc, garnie de 400 chalets en bois, nommés « cottages » dans le projet, construits dans une forêt infestée de tiques sur un plateau karstique sans eau, troué comme un emmenthal. Le tout à proximité d’une ancienne route royale devenue Nationale 5 reliant Paris à Genève et son aéroport international.

La position géographique semblait être un atout après les difficultés de Roybon (Isère) et sa forêt humide. Là, c’est tout l’inverse. Pas d’expropriation à prévoir, la ville de Poligny pouvant céder plusieurs centaines d’hectares de forêts d’un seul tenant. Pas d’espèce animale rare à protéger. Pas de concurrence sur ce créneau touristique, dans une région pourtant très peu dense où les seules villes à moins de 100 kilomètres de distance sont Dijon, Besançon, Dole, Lons-le-Saunier. L’absence de métropole comme bassin d’alimentation touristique ne semble pas inquiéter la société qui compte sur les Suisses pourtant peu amateurs de ce genre de loisirs et qui accélèrera la rotation des touristes deux fois par semaine, sur les Allemands voire les riches Russes.

Ayant travaillé pourtant dans le plus grand secret pendant deux années, Pierre & Vacances dévoile son plan au printemps 2014 à la population locale. Les élus (de tous bords) sont de mèche, flairent la bonne affaire avec un méga-projet qu’ils mettraient au compte de leur mandature. Quasiment aucune contestation publique n’a été faite avant la réunion de la commission nationale du débat public dont les travaux ont été clos en septembre 2015. Le Conseil général du Jura et la région Franche-Comté auront à financer une large part des 170 millions d’euros d’investissements et infrastructures, aménagements. Pour la multinationale, c’est une manière de drainer l’argent public pour des retombées très aléatoires (les principales entreprises de tourisme en France sont actuellement en surcapacité et voient leur chiffre d’affaires global baisser). Le prix des bungalows est largement surévalué et d’une pérennité douteuse. Pierre & Vacances rend captifs ses partenaires qui ne peuvent se retirer une fois le contrat signé, sauf à accepter une perte financière lourde. Les partenaires sont les propriétaires des cottages et les collectivités qui ont les équipements. Pierre & Vacances n’est jamais propriétaire, seulement exploitant et gérant des baux commerciaux. Les risques ne sont pas partagés mais endossés seulement par les collectivités et les particuliers.

Les emplois créés ex nihilo se monteraient à 300, soit 220 ETP (équivalent temps plein). Une paille, vu la hauteur de l’investissement. Les types de contrats de travail concernent donc beaucoup de travail à temps partiel, peu qualifié, précaire, faiblement payé (dans d’autres Center Parcs, beaucoup sont à 9 quelques heures par semaine, le week end le plus souvent, offrant l’équivalent d’un salaire permettant juste d’amortir le déplacement pour aller au travail).

Développement non durable

L’incantation du développement durable ne vaut pas cher. Pierre & Vacances passe des accords en 2013 avec TUI qui pratique le low cost aérien. En 2014, il lance une campagne de communication avec un camion de vente tracté sur la neige en haut des pistes de La Plagne pour y vendre des sodas et des burgers. Le même camion a été monté sur radeau tiré en mer pour la campagne 2015. Tous les sites de Pierre & Vacances participent à l’artificialisation des sols qui nie le capital agricole, leur rôle dans la régulation du climat et des précipitations en particulier. Quelle peut être la relaxation dans un espace clos où tout est artificiel et… se réclame pourtant de la nature ? Dans le Center Parc des Trois Forêts (Moselle), on compte 357 plantes d’origine cambodgienne. Où est l’utilité écologique de ces serres dans des régions de climat continental ? Certains villages et bourgs s’inquiètent, à juste titre, de l’origine de l’eau nécessaire au fonctionnement du projet. D’où viendra-t-elle ? A quel coût ? Avec quelles conséquences ?

Parler de développement durable alors que le patron de Pierre & Vacances a soixante dix-neuf ans, est-ce pertinent ? Que deviennent les orientations de Gérard Brémond lorsque ses successeurs seront à la direction ?

Des projets alternatifs ?

La commission nationale du débat public a mobilisé beaucoup de monde. Présidée par Claude Brévan, une personnalité de haute qualité qui a su interroger les initiateurs du projet et les associations, elle a permis de mettre les questions sur la table et de mettre les politiques au même niveau d’écoute que les citoyens. Une association s’est constituée avec la ferme intention d’aboutir à mettre en chantier des projets de territoire basés sur une charte, ciblant l’eau, les services aux personnes âgées, le développement de l’agriculture biologique. Wait and see, comme on dit. Mais la tension est forte dans la région. Les zadistes sont prêts à intervenir s’il le faut.

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Pour en savoir plus : une association très active, le Pic Noir

Geographica a publié sur les bulles tropicales dans le monde

Source:
http://www.okawan.com/actualites/monde/jurassic-center-parc-a-poligny,157523979,GO

Publié dans Archivage brut, Autres oppositions à Pierre et Vacances, Autres structures de Pierre et Vacances | Pas de Commentaires »

- Message du Collectif jurassien d’opposants à Center Parcs lu à la Marche des possibles, à Grenoble, le 2 mai 2015

Posté par admin le 12 mai 2015

Message du Collectif jurassien d’opposants à Center Parcs lu à la Marche des possibles, à Grenoble, le 2 mai 2015

Bonjour à toutes et à tous,

Nul besoin d’un historique très long : dans le Jura à Poligny, comme au Rousset en Saône-et- Loire, Pierre & Vacances précise ses ambitions pour et sur nos territoires ― sur nos vies. Ici comme là-bas, le tourisme de masse tente d’étendre son territoire et ses logiques.

Voilà quelques mois, l’association le Pic Noir — qui regroupe des citoyens du secteur de Poligny — a commencé à demander des éclaircissements, puis exigé « du débat » autour de la possible création d’un futur Center Parcs. Si sa démarche affichait une certaine neutralité dans un premier temps ― ses demandes étant cantonnées à la possibilité d’être informée afin de se forger une opinion ―, elle a progressivement affirmé une opposition résolue à ce projet. Ainsi, un travail de collecte d’informations, de diffusion de contre-informations, d’organisation de réunions publiques a été mené par cette association.

Ce travail a sans doute permis de mettre une certaine pression sur le groupe Pierre & Vacances, qui ne souhaitait pas réitérer les erreurs stratégiques faites dans les Chambarans, et a sollicité la Commission nationale du débat public (CNDP) en 2014. Cette dernière a nommé une Commission particulière unique pour les deux sites du Rousset et de Poligny. Elle est donc en charge depuis le 23 avril d’organiser le « débat » jusqu’en juillet prochain. Sachant que Pierre & Vacances souhaite attaquer les travaux en 2017 pour ouvrir en 2019 ses deux nouveaux Center Parcs, on comprend mieux la nécessité pour eux d’en passer par l’illusion du débat pour en finir au plus vite, et passer enfin aux choses sérieuses…

Notre sentiment est que cette Commission est en réalité un instrument visant à la modification à la marge du projet dans le seul but de le rendre acceptable. Sa présidente Claude Brévan ne déclare-t-elle pas le 23 avril dernier (Le Progrès) que « l’objectif du débat est d’informer les gens et de leur permettre de réagir assez tôt aux éventuels problèmes, puis de faire des suggestions pour améliorer le projet » ?…

De notre côté, nous ne sommes pas là pour ça, et nous ne nous faisons aucune illusion sur la pertinence de ce débat « encadré », dont les manières, les sujets et le calendrier sont exclusivement aux mains d’une structure commanditée par Pierre & Vacances. Cette Commission définit le périmètre de la pensée et de la parole, les protocoles, en fait respecter « la charte » (cf. le site de la Commission : http://cp-poligny.debatpublic.fr). Elle veut en maîtriser le temps et les usages.

Nous souhaitons rappeler à toutes fins utiles que la possibilité du débat public n’a pas attendu ― et n’a pas à attendre ― un promoteur à qui l’État donne discrètement la main, pour avoir lieu. Ce cadre n’est pas le nôtre, et le périmètre du débat est pour le coup notoirement sous-dimensionné.

Selon nous, la lutte contre Center Parcs ne peut se dissocier d’une réflexion et d’une action plus larges sur les questions du travail, du chantage à l’emploi, de la croissance. Refuser Center Parcs, c’est aussi, collectivement, s’autoriser à interroger l’utilité ou la nocivité de ce travail, de son sens, de sa finalité. À Poligny, il ne s’agit pas tant de dénoncer le risque de mise en danger d’un espace protégé ― ou à protéger ―, que de soulever ces questions. Pierre & Vacances ne s’y est d’ailleurs pas trompé : la parcelle qu’il convoite se trouve hors zone Natura 2000, hors ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique), et ne laisse pas le moindre espoir de zone humide à brandir face aux engins de chantier. Mais quand bien même ce serait le cas, n’aurions-nous que cela à leur reprocher ?

Par ailleurs, cette parcelle de forêt est presque exclusivement composée de sapins plantés sur un sol acidifié par des décennies de monoculture obéissant à une gestion industrielle de la forêt. Autour du Fied, les tumulus et les murets de pierres sèches n’ont pas attendu Pierre & Vacances pour disparaître sous les assauts des pelles mécaniques et des subventions à une agriculture productiviste. Ce sont ces logiques déjà à l’œuvre que nous dénonçons aussi dans cette lutte. Center Parcs n’est pas seulement une menace, c’est la consolidation et l’intensification d’un monde marchandisé et artificialisé, dans lequel nous n’avons pas ― et ne voulons pas ― de place.

Fin avril, le représentant de Center Parcs expliquait que le choix de cette parcelle de conifères correspondait aussi au fait qu’il jugeait inenvisageable d’imposer à sa clientèle la présence d’arbres défeuillés durant plusieurs mois d’hiver, rappelant son souci de « l’habillage arbustif ». Nous voulons redire à Pierre & Vacances ― pour qui la nature est un habillage, un décor, un support commercial ―, que nous ne voulons pas habiter, fréquenter, travailler, façonner, vivre et subir un monde dans lequel l’eau coule à 29° toute l’année, et dans lequel les arbres ne perdent plus leurs feuilles pour raison de marketing appliqué aux loisirs. Ce monde est stérile, mort. Il n’a pour nous aucun attrait. Nous n’en voulons pas ; même contre la promesse d’y trouver trois cent emplois ― précaires de surcroît ―, ni même contre l’assurance d’y manger ou d’y écouler des produits locaux, bio, entre deux panneaux solaires.

C’est aussi la raison pour laquelle nous n’en appelons pas au développement durable face à Pierre & Vacances. Leur vocabulaire transpire le capital, ils sont le développement durable. Nous ne reconnaissons pas le périmètre vert de la tête de gondole du capitalisme comme pertinent pour tenter de le mettre en échec. Ce périmètre est défini pour nous par les gestionnaires et, à leur suite, par des élus zélés qui s’empressent de nous en vanter les mérites. À l’intérieur de celui-ci, nous ne respirons pas, nous suffoquons : le grillage ne convient pas à nos vies. Nous ne voulons plus nous ressourcer, mais comprendre, et dire pourquoi le travail nous y contraint.

Contrairement à ce que nous rabâchent les communicants de Center Parcs à Poligny, ce projet n’est pas celui de la population, mais le leur, et nous réfutons l’idée que nous soyons tous sur le même bateau, et l’idée selon laquelle nous pourrions ― ou devrions ― co- construire ce projet ensemble. Les salariés qui travaillent pour Center Parcs le savent, ils ne seront jamais ses « collaborateurs » ― comme on nous l’a martelé à longueur de discours à Poligny ― mais ses obligés, parfois ses esclaves. Nous savons d’ores et déjà ― n’en déplaise au président de la CNDP, qui n’imagine pas qu’on puisse avoir une idée toute faite avant la fin du «débat» ― qu’avec Center Parcs, on n’a pas seulement affaire avec des « développeurs » et des « exploitants », comme ils aiment à se qualifier, mais bien plutôt à des développants et des exploiteurs.

Certes, nous ne voulons pas bosser pour 320 euros par mois, mais nous voulons avant tout reprendre la main sur le sens que nous donnons à nos métiers, et à nos vies. Pour cela, nous sommes légitimes sans autre forme de procès (ou de commission).

À un univers clos, aseptisé, climatisé à 29°C, nous préférons le givre, les doigts gours dans les gants mouillés. Au confort de la bulle qui progresse à coup de bulldozers, nous opposons, parfois à tâtons, la possibilité d’une marche. Au travail obligatoire, nous préférons tenter l’autonomie. À l’exutoire, nous préférons la liberté. Center Parcs est l’émanation d’un tourisme doux ? Alors, qu’il gèle à Pierre fendre ! Nous n’avons chaud que de nous tenir ensemble, sur les ZAD … et ailleurs ― avec les gens d’ici … et d’ailleurs.

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- Derrière Center Parcs, un groupe en difficulté qui survit grâce aux cadeaux de l’Etat

Posté par admin le 20 décembre 2014

Derrière Center Parcs, un groupe en difficulté qui survit grâce aux cadeaux de l’Etat

ANDREA BAROLINI (REPORTERRE)

jeudi 18 décembre 2014

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- Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Posté par admin le 15 décembre 2014

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics
(Crédit photo : Wikimedia)
Enquête – Ce week-end, de nouvelles manifestations ont eu lieu à Roybon, dans l’Isère. Mais l’appétit du groupe Pierre et Vacances, derrière le projet, ne faiblit pas. Il prévoit même de « mailler tout le territoire ». Comment ? Explications.

Sur la place du village de Roybon, une banderole « Center Parcs, un avenir pour notre territoire » répond aux graffiti« Non au Center Parcs » qui longent les départementales iséroises. Chaque dimanche, des milliers d’habitants favorables au projet manifestent contre l’installation d’une ZAD (zone à défendre) par les opposants. Depuis que les tractopelles ont fait leur entrée, le 20 octobre dernier, dans la forêt des Chambarans, la paisible commune de 1 300 âmes est tiraillée.

Sous les projecteurs à cause de sa résonance avec Sivens, le projet de Roybon n’est pas une exception. Depuis le rachat du concept néerlandais de « tourisme nature » par Pierre et Vacances en 2001, les Center Parcs poussent comme des champignons sur le territoire français. De la Moselle à l’Eure, en passant par la Somme, l’Aisne et le Loire-et-Cher, cinq domaines accueillent déjà près d’un million de visiteurs chacun par an. D’ici à 2018, leur nombre devrait doubler. « Le principe de Center Parcs, c’est le tourisme de proximité. Nous ciblons les personnes qui vivent dans un rayon de 200 kilomètres, explique Jean-Michel Klotz, directeur général adjoint du groupe Pierre et Vacances.On en construit tous les deux ans jusqu’à ce que le territoire soit correctement maillé. » Prochaine ouverture : le Center Parcs des Trois-Moutiers, dans la Vienne où les cottages sont déjà sur pied. Puis viendront ceux de Saône et Loire et du Jura, où les enquêtes publiques sont sur le point d’être lancées. Si tout se passe selon les plans de l’entrepreneur, dans quatre ans, dix minivilles d’une capacité d’accueil de 2 000 à 5 600 vacanciers, seront installées sur un total de 2 085 hectares de forêts. Center Parcs occupera alors la superficie de la ville de Chambéry.

Gourmande en terre, la branche « écotourisme » de Pierre et Vacances l’est aussi en argent public.« Le groupe est un champion des montages financiers », souligne Philippe Debard, chargé de mission à l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) de Lorraine, auteur d’une étude sur l’implantation du Center Parcs du Domaine des Trois forêts en Moselle. « Cela peut paraître surprenant, mais ici, le Groupe n’a déboursé que 25% du coût total du projet. » Sa stratégie, un brin alambiquée, est bien huilée. Explications.

Etape 1 : chercher un territoire déshérité

Loudun, dans la Vienne ; Roybon, en Isère ; Poligny, dans le Jura… Qu’ont en commun les sites sur lesquels le groupe Pierre et Vacances décide de s’implanter ? « Leur environnement naturel et la proximité de la clientèle, explique Jean-Michel Klotz, chargé du développement au sein de Pierre et Vacances Center Parcs. On regarde la zone de chalandise, les axes d’accès ferroviaires et autoroutiers », énumère-t-il encore. En resserrant la focale, un autre point commun émerge : le déclin économique qui frappe ces bassins de vie. Dans le cas isérois, « on parle d’une zone extrêmement déshéritée, ni touristique comme dans les stations de montagne, ni industrielle comme à Grenoble, explique Christian Pichoud, vice-président du conseil général de l’Isère chargé de l’économie touristique et de la montagne. On est donc très heureux que le Center Parcs vienne rééquilibrer les choses. » Dans la Vienne, le bassin d’emploi concerné « vit surtout de la production de melon », explique Joël Pageot, responsable du Pôle emploi de Loudun. Dans le Jura, l’affinage de comté reste le secteur qui offre le plus de débouchés. En Moselle, le territoire périclite depuis que l’usine de chaussures Bata est repartie en République tchèque. Quant au village de Roybon lui-même, qui par le passé vivait de l’industrie textile, le pronostic vital est engagé. « La moitié de la population a plus de 50 ans, le nombre d’habitants a chuté de 1 500 à 1 300 ces dix dernières années, note le maire, Serge Perraud. La Poste et la gendarmerie menacent de fermer, l’école est sur le point de perdre une classe, les banques projettent de retirer le dernier distributeur. L’EPHAD(Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) est devenu le seul employeur du village : c’est l’exode. »

Les chiffres du ministère de l’Economie assombrissent encore le tableau : entre 2000 et 2012, la dette de la commune a explosé, passant de 599 à à 5 200 euros par habitant. Dans ces circonstances, les 900 000 euros de taxe de séjour annuelle que pourrait rapporter le complexe touristique sont plus que bienvenues. « Quand vous dites aux gens qui ont soif : “on va vous donner de l’eau”, ils ne s’interrogent pas sur la couleur de l’eau », lâche Myriam Laïdouni-Denis, porte-parole du groupe Europe Ecologie - Les Verts (EELV) en Isère.

Etape 2 : promettre des emplois…

« Ce type de projet crée des emplois non délocalisables, ça ne se refuse pas », confirme Denis Brunellière, conseiller pour les équipements touristiques au conseil général de la Vienne. Dans le département, les 600 postes à pourvoir ne sont pas passés inaperçus. « Avant même l’ouverture des recrutements, on avait reçu 2 500 candidatures spontanées », souligne Loïc Pageot,responsable Pôle emploi chargé du recrutement pour Center Parcs. Ce besoin criant d’activité était le même en 2010, lors de l’implantation du Center Parcs de Moselle. Sur les 600 salariés embauchés, 59% étaient auparavant au chômage et 11% bénéficiaient du revenu de solidarité active (RSA), selon l’Insee. Dans la Vienne, comme en Moselle, Center Parcs deviendra finalement le premier employeur du bassin d’activité.

« De l’emploi oui, mais quel emploi ? », s’interroge Myriam Laïdouni-Denis. A l’Insee, Philippe Debard confirme ses craintes :« Center Parcs, ce sont des petits salaires et des petits horaires ». Parmi les salariés du Center Parcs de Moselle, « 60% touchent le smic horaire, dont près de la moitié seulement 319 euros par mois, du fait d’un contrat de travail hebdomadaire de neuf heures, en tant qu’agent technique de nettoyage », lit-on dans son étude. Ainsi, les 697 emplois promis par Center Parcs en Isère tombent à 468 une fois convertis en équivalents temps plein. « Ce sont des postes en pointillés, qui impliquent beaucoup de trajets », souligne Myriam Laïdouni-Denis. « Il y a des gens à qui cette organisation convient très bien, rétorque Christian Pichoud, défenseur du projet au sein du conseil général de l’Isère. Et contrairement aux stations de ski, ce sont des emplois à l’année, il n’y a pas de lits froids. » Son dernier argument : la taille du groupe, qui « implique la présence de représentants du personnel et constitue une garantie sur les conditions de travail ». Un optimisme qui résiste mal à l’examen des Center Parcs existants. En Moselle, l’Insee a relevé un turnover de 30% chez les employés, tandis que, ces dernières années, la vie du Center Parcs de l’Aisne a été émaillée par des conflit sociaux, les salariés dénonçant en 2012 « de graves problèmes de salaires et de conditions de travail », selon les mots de la CGT. Ce bilan sévère mérite tout de même quelques nuances. Les salariés de Center Parcs bénéficient d’un treizième mois et d’embauches pérennes. « A Roybon, 80% seront en CDI », souligne Jean-Michel Klotz, de Pierre et Vacances.

… et des retombées économiques

« Au-delà des emplois directs créés sur le chantier, puis sur le site, l’implantation d’un Center Parcs entraîne, pour nos territoires ruraux, de fortes retombées économiques », poursuit Denis Brunellière, au conseil général de la Vienne. « Les offices du tourisme et les commerçants se réjouissent de voir les vacanciers arriver par milliers », note Joël Pageot, à Pôle emploi. Seul bémol, Pierre et Vacances promet des séjours passés à buller plutôt qu’à vadrouiller. « Le système incite à vivre en vase clos », résume Philippe Debard, de l’Insee. Une étude réalisée par le groupe en 2012 auprès des vacanciers du domaine de Laon, dans l’Aisne, confirme : 76% d’entre eux n’envisagent pas d’escapades hors du site. « On observe clairement une tendance chez les consommateurs à préférer l’expérience simulée, vécue dans un contexte de plus en plus spectaculaire et extravagant, à la réalité », note Antonnella Caru, chercheuse en marketing dans un article paru dans La revue française de gestion. Une analyse contredite par Center Parcs. « Comme les séjours s’allongent, les gens passent plus facilement une journée à l’extérieur », assure Jean-Marie Klotz.« Même si les sorties ne concernent que 10% des visiteurs, 10% sur 300 000, c’est toujours ça de pris, rétorque le maire de Roybon. Ça pourra aider le jeune boucher qui vient de s’installer à tenir sur la durée. » Le commerçant ne pourra miser que sur ces quelques vacanciers échappés. Pour nourrir, sur place, ses milliers de résidents, Pierre et Vacances fait appel à Eléor, l’un des leaders mondiaux de la restauration collective.

Malgré ces occasions manquées, l’impact sur le territoire n’est pas nul. En Lorraine, l’Insee dénombre « une trentaine d’emplois générés par l’activité du domaine, et plus de 90 emplois par la consommation de ses salariés ». Dans le Jura, certains regardent ces promesses de dynamisme d’un œil inquiet : « Si les gens viennent s’installer ici, c’est pour être tranquilles, estime Véronique Guislain, présidente du collectif de vigilance citoyenne Le pic noirUne ville qui se crée du jour au lendemain et 2 000 personnes qui arrivent et repartent en voiture chaque semaine, c’est un sacré bouleversement dans un milieu rural paisible. Parce que, ici, 2 000 habitants, c’est une ville », précise-t-elle dans un rire franc.

Etape 3 : se faire désirer 

Tandis que ses projets se concrétisent dans l’est, Pierre et Vacances prospecte dans le Lot-et-Garonne. « Pour faire en sorte que les Toulousains et les Bordelais puissent profiter du concept », explique Jean-Marie Klotz. Entre les communes des Landes, de Gascogne et celles du Val-d’Albert, semaine après semaine, la presse locale relaie les appels du pied des élus et les hésitations du promoteur. La Saône-et Loire et le Jura ont connu cette phase de suspens. « Que le meilleur gagne », lançait en 2012 Rémi Chaintron, président du conseil général de Saône-et-Loire, à l’époque convaincu que le groupe trancherait entre les deux projets. Finalement, les deux ont été retenus. A la région Rhône-Alpes, on parle même, sous couvert d’anonymat, de « chantage à l’implantation et à la création d’emplois », avant de nuancer : « c’est un cas classique de mise en concurrence territoriale : si le Center Parcs ne trouve pas son compte ici, il ira s’implanter ailleurs ».

Etape 4 : faire financer les infrastructure par les partenariats public-privé

Pour décrocher la timbale, les élus sont donc prêts à débourser. D’un territoire à l’autre, leur soutien prend des formes variées. Dans la Vienne, les collectivités se sont laissé tenter par le partenariat public-privé. « Le complexe touristique passe par une Société d’économie mixte (SEM), qui réunit l’ensemble des collectivités », explique Denis Brunellière. Dans un premier temps, chacun verse son obole : 19,3 millions pour le département, 13 pour la région Poitou-Charentes et 1 million pour la communauté de communes. A cela s’ajoutent 15 millions de subventions versées directement par l’Etat. Une fois cette somme rassemblée, les collectivités peuvent lever des fonds auprès d’investisseurs publics ou privés, comme le Crédit agricole ou la Caisse des dépôts et consignations. Finalement, les 138 millions d’euros de coût d’infrastructures seront pris en charge par la SEM, dans laquelle Pierre et Vacances n’a pas mis un sou.

En Isère, le montage financier diffère. Le département se porte directement acquéreur, pour 7 millions d’euros, des parties communes du futur complexe. De son côté, la région Rhône-Alpes a décidé de verser, en 2009, une subvention du même montant, au titre du soutien à l’emploi et au développement durable. « Dans le cas où le projet se poursuit, c’est grâce à cet investissement que les cottages pourront être certifiés HQE, haute qualité environnementale » explique-t-on au sein du conseil régional. De son côté, le syndicat des eaux investit gros pour construire une nouvelle station d’épuration – « dimensionnée selon les besoins de Center Parcs », selon Christian Pichoud – et pour rénover le réseau d’eau existant. « On en avait bien besoin, on avait 70% de déperdition », se justifie Serge Perraud, le maire de Roybon. A l’image des autres collectivités, la commune se plie en quatre pour accueillir Center Parcs. Pour les besoins du projet, le plan local d’urbanisme a été révisé et le terrain sera vendu 30 centimes le mètre carré, contre 18 euros pour les particuliers. « Ce terrain n’aurait de toute façon rien rapporté, se justifie Serge Perraud. Là, on gagne 600 000 euros, ce n’est pas rien. Et on considère que ce prix attractif est un investissement. » De son côté, Center Parcs revendra ses cottages plus de 3 000 euros le mètre carré.

Etape 5 : faire financer les cottages à grand renfort de niches fiscales

On touche alors la deuxième astuce du groupe. Center Parcs ne finance pas lui-même ses résidences hybrides, à mi-chemin entre le bungalow et le chalet. « On vend des hébergements à des investisseurs privés, institutionnels ou particuliers », explique Jean-Marie Klotz. Cette trouvaille née dans les années 1970 et baptisée « nouvelle propriété » est l’idée phare de Gérard Brémond, l’inoxydable pédégé de Pierre et Vacances. Un système qui a, lui aussi, largement bénéficié de la générosité des pouvoirs publics. Le principe ? L’acquéreur du cottage signe un bail pour neuf ans pendant lesquels Pierre et Vacances gère le bien et lui reverse un loyer. Pendant toute cette période, le propriétaire bénéfice d’attractives réductions d’impôts, la niche dite « Censi-Bouvard ». Mis en avant sur le site du groupe, ce dispositif permet au propriétaire de se voir exonérer jusqu’à 3 666 euros d’impôts par an pendant neuf ans tout en récupérant la TVA de son investissement.« Pour les EPHAD, ces déductions d’impôts ont une justification sociale », estime Jean-Marie Chosson, élu EELV à la région Rhône-Alpes. « Mais les plus gros bénéficiaires sont les mastodontes du tourisme. » Fortement contesté par quelques députés, le dispositif devait arriver à échéance en 2012 et disparaître alors de sa belle mort.

C’était sans compter l’influence de Gérard Brémond. Le 30 octobre 2012, l’homme d’affaires était reçu dans le bureau de Jérôme Cahuzac (voir l’agenda de ce dernier ). Le 14 novembre, celui qui était alors ministre délégué au Budget présente, devant l’Assemblée, un amendement prolongeant le dispositif Censi-Bouvard. Le texte est adopté dans la foulée. En matière de lobbying, le pédégé de Pierre et Vacances n’en serait pas à son coup d’essai. Selon le journal Les Echos qui, en 2007, dressait son portrait, certains textes sont surnommés « les amendements Brémond » dans les couloirs de l’Assemblée.

Pourtant, les vents jusqu’ici favorables à Pierre et vacances pourraient tourner. En 2012, le montant d’abattement fiscal du dispositif Censi-Bouvard est passé de 25% à 11% de la valeur du bien. « La dynamique fiscale est moins forte, reconnaît Jean-Michel Klotz, le modèle va évoluer. » Dans les Center Parcs en projet, comme ceux de la Vienne et de l’Isère, les investisseurs institutionnels, non concernés par la niche fiscale, achètent plus de cottages que les particuliers. Parmi eux, des mutuelles, des banques et la Caisse des dépôts et des consignations. « C’est encore pire que des niches fiscales, c’est un établissement public qui verse directement de l’argent à Center Parcs,s’emporte Stéphane Peron, ancien conseiller fiscal qui a pris la tête de l’opposition au Center Parcs de Roybon. La CDC est censée utiliser l’épargne des Français, notamment le livret A, pour financer des projets d’intérêt général, comme le logement social. Là, elle sert clairement un intérêt privé. »

Niches fiscales, investissements institutionnels, subventions et participations directes des collectivités, agacent profondément Jean-Marie Chosson. « Avec tout cet argent, on pourrait soutenir l’artisanat, les Scop, renforcer des circuits courts, développer un écotourisme mieux réparti sur le territoire et mettre en avant les atouts de la région », souligne l’élu. Sur cette dernière mission, Pierre et Vacances répond présent. « Les tenants du projet disent qu’il est représentatif de l’identité jurassienne, souligne Véronique Guislain, à Poligny. Avec une bulle tropicale à 29°C ? Je reste perplexe… »
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Source:
http://www.terraeco.net/Pour-faire-grossir-sa-bulle-Center,57736.html
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- Plasne s’interroge sur le projet de Center Parcs de Poligny

Posté par admin le 8 novembre 2014

Plasne s’interroge sur le projet de Center Parcs de Poligny

Mercredi 29 octobre 2014
Le projet de construire 400 bungalows en forêt de Poligny impacte déjà les habitants de Plasne, l’un des trois villages riverains où le Pic noir, association d’opposants au projet, a tenu une première réunion publique.
Le Pic noir à Plasne

Marie-Hélène, animatrice efficace d’une réunion où tous les avis ont pu s’exprimer. ph DB

C’est peu dire que le projet de construction d’un village de vacances Center Parcs en forêt de Poligny est venu perturber le village de Plasne. En bordure du premier plateau, cette commune agricole dispose d’une dynamiquecoopérative à comté dont un quart en production bio. Une trentaine de producteurs de lait de plusieurs villages voisins la composent. Lors d’une première réunion réservée aux agriculteurs et à quelques habitants invités, initiée par le maire Hubert Mottet, les représentants de Pierre&Vacances avaient fait miroiter un nouveau débouché pour la fromagerie, celui des locataires des quelque 400 maisonnettes qu’il est question de construire dans la forêt toute proche.

Jeudi 24 octobre, Hubert Mottet est venu à la réunion organisée par le Pic noir, l’association qui doute sérieusement de l’utilité de l’équipement touristique et milite pour une information un peu plus critique à l’égard des promesses du promoteur et des collectivités locales qui lui déroulent le tapis rouge. « Les trente maires de la communauté de communes sont tous pour », a-t-il notamment indiqué après la présentation du Pic noir. Il a apporté des précisions quant aux interrogations sur l’assainissement. On a ainsi découvert, après l’hypothèse de l’envoi des eaux usées à la station d’épuration de Poligny, par des tuyaux descendant puis remontant sur plusieurs kilomètres, que le doublement de capacité de la station de Plasne était à l’étude.

N’allez pas croire que la forêt de Poligny est près de la petite ville, au pied du premier plateau au niveau de la reculée de Vaux. Non, la forêt de Poligny est justement sur la plateau, 200 m plus haut, à une dizaine de kilomètres de la ville, entre trois petits villages : Plasne, Baretaine et Le Fied.
Plasne est au bord du plateau, Baretaine à quelques encablures du haut de la reculée de Vaux, Le Fied carrément sur le plateau…

Deux hypothèses pour les eaux usées

Opposant au projet, Guy Mottet, le frère d’Hubert, est aussitôt monté au créneau. Tous deux paysans, ils ont eu un débat agronomique sur l’épandage des boues supplémentaires que ne manquerait pas de produire la station. Pour Guy, agrobio, militant à la Confédération paysanne, cet épandage « pose problème, notamment aux producteurs bio, mais aussi parce que la zone de l’AOP comté est excédentaire en azote ». « Il n’y a pas d’azote dans ces boues, et elle est valorisée », a répliqué Hubert. « Mais si, il y a nitrification, ça donne de l’azote ammoniacal, il y a beaucoup d’azote dans ces boues », a maintenu Guy. « Très peu », a soutenu Hubert.

Il a aussi dévoilé les raisons de l’étude des deux solutions : « Poligny aurait davantage d’aides de l’Etat. Si c’est sur Plasne, le financement serait différent car c’est le pollueur majoritaire [donc Center Parcs] qui paierait le plus. S’il y a possibilité de traitement à Plasne, le conseil décidera… » Une voix s’élève au fond de salle : « Référendum ! » Un habitant s’inquiète : « le Conseil général risque de privilégier Plasne car il paiera moins cher que si c’est à Poligny… »

« Faudrait-il payer l’assainissement ? », demande une habitante. « Possible », répond Hubert Mottet, « ça ferait peut-être des économies d’échelles, mais je n’en sais rien… Une station d’épuration coûte cher aux habitants… » Atale Mottet, épouse de Guy et passionaria du Pic noir, s’engouffre dans la brèche : « Ils sont gonflés ! Les retombées seraient pour la communauté de communes et Poligny, et les emmerdements sur Plasne ! »

Le maire : « On subit les choix »

Hubert Mottet en convient : « On subit les choix, Poligny vend le terrain, Pierre&Vacances a choisi l’endroit à un quart d’heure de plusieurs petits sites touristiques… Je ne sais pas s’ils nous disent vrai en annonçant que les touristes vont sortir du Center Parcs… » Antoine Bérodier, un militant du Pic noir assure que « ce n’est pas le concept de sortir ». Hubert est perplexe : « Ils nous ont dit que les activités coûtent cher et qu’ils vendront des excursions, je suis sceptique ». « C’est invérifiable, ils tiennent le même discours en Saône-et-Loire où le secteur est moins attractif sur le plan touristique, c’est des paroles », s’exclame un habitant.

Un autre problème est dans la tête des quelque quarante personnes. Si le Center Parcs se fait, il faudra faire le remembrement. Ne serait-ce pour revoir les trajets des troupeaux vers les pâturages. Aujourd’hui, ils empruntent les routes alentour, parfois sur un kilomètre. Les gens du coin ont l’habitude de patienter quelques minutes, mais le statut quo parcellaire est inimaginable avec plusieurs centaines de véhicules lors des chassés-croisés des départs et arrivées au Center Parcs. Et le chasse-croisé des camions pendant les travaux ? A l’évidence, il y a là un os. Une association foncière a beau avoir été créée ces derniers temps pour commencer à étudier le remembrement, celui-ci ne se décide pas d’un claquement de doigts. Il y en a bien pour « quatre ou cinq ans », souligne Hubert Mottet en pesant bien ses mots : « sans aménagement foncier, ce n’est pas gérable avec douze exploitations, et je serais pas du même avis… »

« Serait-on contre un projet à Saint-Julien ? »

Une dame qui avait écouté avec attention depuis plus de deux heures se tourne vers le maire : « Comment ça se fait que ce ne soit pas toi, Hubert, qui nous ait consultés, qui ait eu l’idée de cette réunion ? Tu pensais peut-être la faire plus tard ? » Hubert Mottet sent que se joue un moment important pour le village. Il a été convainquant en expliquant qu’on pouvait raccorder le Center Parcs au syndicat des eaux du Centre-Est qui peut fournir 470 m3 supplémentaires par jour. Posé, réfléchi, il entend rester arbitre, essayer de voir si le projet peut se faire sans trop de dégâts : « C’est difficile d’adhérer à l’association car elle est contre. Si le projet était à saint-Julien1, serait-on contre ? »

De la réponse à la question, découlent non plus l’intérêt local, mais une conception plus générale du tourisme, des équipements. Ce débat a aussi eu lieu, un peu plus tôt dans la réunion quand le projet a été décortiqué et son montage financier exposé. Selon le Pic noir, les 300 emplois annoncés sur le site représentent 255 équivalents temps plein et il n’est pas sûr que ce soient des Jurassiens qui les occupent. Et surtout, un chiffre fait frémir : le financement public de l’opération, quand on additionne les subventions, les crédits d’impôts et l’exonération de TVA, est estimé à 88 millions d’euros. Autrement dit, 344.300 euros par emploi créé.

C’est que Pierre&Vacances, assurent les opposants, ne peut survivre qu’en pratiquant la fuite en avant, en construisant de nouveaux équipements pour les louer. « C’est l’activité montagne qui est en déficit, mais les Center Parcs marchent bien », avait répondu Hubert Mottet à Antoine Bérodier qui avait expliqué les difficultés du groupe. N’empêche, notre propre calcul arrive à un chiffre à peine inférieur que nous avions soumis il y a quelques jours à la présidente de région, Marie-Guite Dufay. Elle ne l’a pas contredit, répondant même : « je sais, c’est une faiblesse du dossier… »

La petite musique du chantage

Il y a enfin une petite musique qui commence à ne pas trop plaire aux oreilles de plusieurs habitants. C’est Guy Mottet qui a mis les pieds dans le plat : « je ne comprends pas qu’on conditionne les attentes du secteur au Center Parcs, ça devient du chantage ». De quoi s’agit-il ? De l’amélioration de la route tellement défoncée qui monte de Poligny qu’elle en devient dangereuse. « Quand on demande l’amélioration de la route, on nous rit au nez et on nous dit : attendez le Center Parcs et 2018 », dit Florence Bérodier, conseillère municipale. « Il y avait aussi un projet de passage alterné pour rallentir les véhicules, mais avec le Center Parcs, il faudra l’élargir », souligne Hubert Mottet. Tout en faisant le remembrement dont il chiffre le coût à 2 millions d’euros…

Le prix de l’acceptation du projet ? Pas sûr : « si tout le monde est contre ici, que se passera-t-il ? », dit quelqu’un. Antoine Bérodier l’assure : « les conseils municipaux ne doivent pas attendre que les choses tombent d’en haut, mais être offensifs. Pas forcément pour contrer, mais pour ne pas subir ».

1.à une cinquantaine de kilomètres plus au sud

Source:
http://factuel.info/article/plasne-sinterroge-sur-projet-center-parcs-poligny-001400

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- PROJET CENTER PARCS LE ROUSSET : UN COLLECTIF D’OPPOSANTS, « LE GEAI DU ROUSSET », INFORME HONNETEMENT LES CONTRIBUABLES

Posté par admin le 1 novembre 2014

PROJET CENTER PARCS LE ROUSSET : UN COLLECTIF D’OPPOSANTS, « LE GEAI DU ROUSSET », INFORME HONNETEMENT LES CONTRIBUABLES

- PROJET CENTER PARCS LE ROUSSET : UN COLLECTIF D'OPPOSANTS, Un collectif départemental s’oppose à ce projet pour son impact global sur l’environnement mais aussi pour des considérations économiques, sociales, d’aménagement du territoire rural et d’eco-développement du tourisme. Lire la suite… »

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- Château-Chalon et la bulle infernale de Center Parcs

Posté par admin le 28 octobre 2014

Château-Chalon et la bulle infernale de Center Parcs

Mis en ligne le 25 mai 2014 par  · 1 Commentaire
Le projet de bulle plastico-touristique à 10 km de Château-Chalon, classé parmi les plus beaux villages de France, suscite la consternation dans le Jura, pays de forêts et de vignobles, qui craint de voir construire, à 10km de son prestigieux village, un Center Parcs fait de pavillons et de piscines sous bulle.
Château-Chalon, terroir emblématique des vins du Jura, se retrouvera voisin de la bulle de plastique.

Château-Chalon, terroir emblématique des vins du Jura, se retrouvera voisin de la bulle de plastique.

180 hectares : l’emprise du centre de vacances représenterait, tout bonnement, la superficie de la ville de Poligny elle-même. Car on ne parle pas de quelques maisons isolées, mais de 400 cottages – nom charmant pour désigner des maisons à bas coût construites sur le principe du lotissement. Et quand je dis maison, …. Certainstémoignages de vacanciers sur internet parlent plutôt… « d’algeco » ! J’en ai reproduit un ci-dessous, assez éclairant du concept « vivons une semaine repliés sur nous-mêmes », qui ne fera donc pas profiter les commerces locaux, ni les vignerons d’ailleurs, des visites des vacanciers centerisés.

Cottage, c'est vite dit... Une photo d'un "cottage" du premier Center Parcs, les Bois-Francs (en Normandie).

Cottage, c’est vite dit… Une photo d’un « cottage » du premier Center Parcs, les Bois-Francs. Je remarque la phrase sur le « petit supermarché sous le dôme » : en Center Parcs, on bouffe Center Parcs, on s’amuse Center Parcs, on ne va pas voir les vignerons locaux, ni acheter son fromage à la fruitière du coin.

 

Des emplois ! Des emplois !

Le Center Parcs de Poligny (Jura) serait installé au lieu-dit « Les Tartaroz », entre Le Fied et Plasne, deux hameaux situés à 10 km de Château-Chalon, sur le plateau dont le célèbre village, perché sur son éperon rocheux, est en fait le dernier bastion, avant la grande descente vers la plaine. C’est un pays de bocages, de forêts, de petites routes étroites, qui a vu ses agriculteurs prendre leur retraite sans remplaçants. Aujourd’hui il reste quelques exploitations laitières sur place, et il est clair que l’argument magique de Center Parcs : 300 emplois, fait rêver dans le coin. Qui dirait non à 300 emplois ? Hmmm, vous voulez que tout le monde meure de faim dans une forêt de carte postale, c’est ça ?

Une verrière en plastique crée une atmosphère tropicale : un non-sens écologique sur le plateau jurassien, situe a 500m d'altitude, à moins de trouver intelligent de se baigner tandis que la neige tombe sur le dôme.

Une verrière en plastique crée une atmosphère tropicale : un non-sens sur le plateau jurassien, situé à 500m d’altitude, à moins de trouver intelligent de se baigner tandis que la neige tombe sur le dôme.

Pour autant, on n’entend guère les vignerons du prestigieux vignoble s’étonner de ce curieux voisinage – le gros dôme en plastique qui abritera la futur piscine fera pourtant tache dans le paysage de vieilles pierres et de bois de feuillus qui pourrait prétendre, rêvons un peu, à un Classement au patrimoine mondial de l’Unesco, tels les vignobles de la Côte en Bourgogne, ou les coteaux de Champagne. Les seuls opposants déclarés à la bulle sont des habitants du cru, affolés par la perte de leur forêt, regroupés dans une association, « Le Pic Noir ».
Les maires locaux, on ne les entend pas plus que les vignerons, hypnotisés qu’ils sont par les magiques 300 emplois – entre autres, de super jobs de femme de ménage qui bosseront dans la nuit pour rendre les lieux propres pour la future fournée de vacanciers, du précaire à horaires pourris – des emplois que les Jurassiens sont fiers de financer avec leurs impôts, quoi.

Une forêt foutue

 

A l'appel de l'association Le Pic Noir (Poligny), une centaine de marcheurs ont balisé de rubalise rouge et blanche les limites du futur Center Parcs de Poligny, dimanche 25 mai 2014.

A l’appel de l’association Le Pic Noir (Poligny), une centaine de marcheurs ont balisé de rubalise rouge et blanche les limites du futur Center Parcs de Poligny, dimanche 25 mai 2014.

« On va vendre 180 hectares de feuillus, dans le plus beau secteur de la forêt. Ces 180 hectares étaient prêts à rentrer en production. C’est-à-dire qu’on allait les couper pendant 25 ans, et ils allaient rapporter de l’argent, qui allait à son tour permettre de financer l’entretien du reste de la forêt. Ce sont donc 3000 hectares de forêt qu’on condamne », expliquait « off », un agent de l’ONF (Office National des Forêts) révolté par cette perte sèche – 250 000€ de recettes forestières par an…
Une centaine de marcheurs, appelés en renfort par l’association « Le Pic Noir », de Poligny, ont délimité dimanche 25 mai une partie de parcelles des 180 hectares promis au Center Parcs. Les gens du coin s’inquiétaient à haute voix, rejoints dans leur marche par Jura Nature Environnement, quelques politiques (Anne Perrin (EELV), Gabriel Amard (Front de Gauche) et une poignée de militants venus de Saône-et-Loire, où une association, la CAPEN, lutte également contre un projet de Center Parcs similaire. Un élu de Ladoye-sur-Seille, délégué aux eaux, témoignait publiquement : « on est sur un plateau karstique ici, l’été, on manque d’eau, on est obligés de la faire venir en camion-citerne, alors où va-t-on trouver les 600 mètres cube quotidien pour la piscine, les jeux, les plans d’eau, et les cottages ? » Et où vont partir les eaux usées ? Comme pour un lotissement, c’est aux pouvoirs publics de financer les abductions d’eau … Contents, les locaux !

Dans vingt ans : une friche, une bulle en plastique, du béton ?

 

Article paru dans La Tribune, le 30 mai 2013.

Article paru dans La Tribune, le 30 mai 2013.

Car le Center Parcs sera subventionné. Pour quel usage ? Pierre & Vacances annonce viser la clientèle suisse et lyonnaise… Sauf qu’il a servi le même discours à l’autre projet de Center Parcs qu’il a au feu, en Saône-et-Loire. C’est quand même drôle de voir que certains élus sont prêts à gober les mêmes promesses, à 200km de distance les uns des autres, et que les bonnes questions viennent de la base – habitants et médias locaux, comme ici avec un bon papier du Miroir, la presse dijonnaise donc, qui questionne le projet, et ses fameux 300 emplois (la même promesse, on vous dit !) sur son versant du Rousset, en Saône-et-Loire.

Et quand Pierre&Vacances, déficitaire depuis deux ans, fera faillite, comme le craignent des articles de la presse boursière (La TribuneCapital,…), on en fera quoi des hectares de forêts arasés pour les fameux cottages, et de la bulle de plastique ? Un Musée du Vin, peut-être ?

Source:
http://www.verre2terre.fr/2014/05/chateau-chalon-et-la-bulle-infernale-de-center-parcs/

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- Pétition contre le projet de Center Parcs de Poligny

Posté par admin le 28 octobre 2014

Nous relayons cette pétition de nos amis du Pic Noir contre un projet de Center Parcs à Poligny (39) et un autre au Rousset (71):
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-  » Les promesses non tenues  » de Center Parcs; Les propagandistes locaux face aux mensonges opportunistes du groupe

Posté par admin le 24 octobre 2014

Nous n’avons pas vocation à savoir qui travaille réellement sur les chantiers du prédateur Pierre et Vacances-Center Parcs, si cette entreprise est morale, ou si elle ment à chaque fois qu’elle ouvre la bouche par ses communicants interposés.
Nous sommes assez amusés de voir que l’association qui devait supporter ce projet et le défendre, composée pour beaucoup d’artisans et commerçants locaux, doit, au lieu de se dissoudre, puisque son but est atteint, reprendre du service pour devenir le contrôleur des engagements de Center Parcs !!!

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- Trois projets de Center Parcs contestés en régions

Posté par admin le 5 juin 2014

 

Trois projets de Center Parcs contestés en régions

Les Center Parcs s’articulent autour d’un espace aquatique

Les Center Parcs s’articulent autour d’un espace aquatique - D.R.

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- Center Parc de Poligny : 200 opposants sur le site

Posté par admin le 1 juin 2014

Center Parc de Poligny : 200 opposants sur le site

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- Projet de Center Parc de Poligny : la résistance s’organise

Posté par admin le 10 mai 2014

Projet de Center Parc de Poligny : la résistance s’organise

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- Opposition au projet de Center parc de Poligny au forum social de Dole

Posté par admin le 14 avril 2014

L’esprit des « luttes » au forum social de Dole

MARDI 8 AVRIL 2014 | 

REPORTAGE

DANIEL BORDÜR

Incertitude quant au retour en régie publique de l’eau et fermeture du service réanimation de l’hôpital à Dole, opposition au projet de Center parc de Poligny, le quatrième forum social de la sous-préfecture du Jura a aussi été l’occasion de parler monnaies complémentaires et de critiquer l’orientation économique du gouvernement.

……………

« Vous vous rendez compte : il a fait moins 28 au Fied durant l’hiver 2009 et ils font faire une bulle tropicale où il fera 29 degrés en pleine forêt de Poligny ! Ce center-parc, c’est n’importe quoi, une bulle tropicale, c’est du délire ». Ainsi s’exclame Guy Mottet. A 60 ans, il avait décidé d’arrêter sa vie de militant à la Confédération paysanne en même temps que son activité professionnelle. Le projet de center-parc lui fait reprendre du service. Il est assez remonté, notamment contre son propre frère, maire de Plasne, qui ne l’a pas invité à une réunion d’information sur le projet avec Pierre&Vacances… Une association vient d’ailleurs de se créer pour contrer le projet et a pris pour nom Le Pic noir, oiseau symbolique des forêts jurassiennes…

…………… 

 

 Source:

http://factuel.info/articles/lesprit-luttes-forum-social-dole

 

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