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- Center Parcs et ZAD : Roybon, un village coupé en deux

Posté par admin le 12 mai 2015

par Laurent Burlet | 11 mai 2015


Depuis cinq mois, quelques hectares de la forêt de Chambaran, à 60 kilomètres de Grenoble, sont occupés par des militants opposés à un projet de Center Parcs. La présence de ces zadistes a mis le village de Roybon sous tension, coupé entre pro et anti-Center Parcs. Reportage.

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Grande rue de Roybon, 1 300 habitants, un vendredi d’avril. Deux femmes discutent sous le soleil matinal. L’une est retraitée, l’autre est enseignante dans un lycée professionnel de Beaurepaire à 25 kilomètres de Roybon. Les deux ont accroché un petit panneau « Oui à Center Parcs », sur un carreau d’une fenêtre pour l’une et sur un bout de volet pour l’autre.

« Comme tout le monde ici », disent-elles.

Dans cette rue étroite du principal bourg des Chambaran, en Isère, on affiche son soutien à l’énorme projet immobilier et touristique porté par le groupe de loisirs Pierre et Vacances.

Ce plateau fortement boisé culmine à 700 mètres d’altitude entre le Vercors et la Drôme des collines. C’est là que devrait ce construire un nouveau village vacances Center Parcs.

« Et encore, disent-elles, avant il y avait beaucoup plus de choses affichées. Il y avait aussi des ballons. »

Mais le mauvais temps a eu raison de ces décorations remplacées un temps par les guirlandes de Noël.

« Et les zadistes sont venus en arracher », ajoute la retraitée.

Dans le bourg, on ne dit pas qu’on est contre le Center Parcs

Le Center Parcs : un investissement de 387 millions d’euros
Ce projet doit accueillir en 2017, sur 200 hectares de la forêt de Chambaran (à Roybon), un millier de cottages, des commerces et des restaurants autour de l’«Aquamundo», une bulle transparente maintenue à 29 degrés avec piscine.
Cela représente un investissement de 387 millions d’euros porté par la société Pierre et Vacances.

Et c’est parti pour une énumération de ce que font et sont ces zadistes qui squattent dans la forêt, à trois kilomètres de chez elle. « On l’a vu sur M6 », précisent les deux voisines, en faisant référence aureportage d’« Enquête exclusive » de mars dernier réalisée en caméra cachée.

Ils sont « drogués », « alcoolisés », « ils siphonnent les réservoirs des véhicules », « ils sont sales ».

« Les femmes ne se lavent pas et leurs chiens mangent leurs crottes », finit la retraitée.

« Une collègue m’a dit qu’ils donnaient des Kinder aux enfants », croit savoir Edith, l’enseignante, qui trouve cela manifestement suspect. Et qu’on ne leur parle pas d’un éventuel dialogue ou rencontre avec eux : « On n’en veut pas ».

« Mon visage est connu, tient à préciser l’enseignante. Ils prendraient ça pour une provocation. Et j’ai déjà reçu des insultes sur Facebook ».

Les deux voisines ont participé aux deux manifestations de décembre contre les zadistes et pour soutenir le projet de Center Parcs, provisoirement à l’arrêt depuis une décision du tribunal administratif de Grenoble.

L’enseignante avance l’argumentaire pro-Center Parcs, qui tourne essentiellement autour des emplois qu’un tel projet touristique pourrait générer, alors que le « village se meurt », parlant des fermetures en décembre de la perception et du collège l’année dernière :

« Quand je me suis installée avec mon compagnon dans le village, il y a trois ans, on était le plus jeune couple. On avait 25 ans ».

Edith, enseignante et habitante de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Edith, enseignante et habitante de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

A dix mètres, un homme discute avec le curé du village. « C’est un contre, lui, là-bas », glisse la retraitée.
Renseignements pris, cet habitant se définit d’abord comme « mitigé » avant de concéder qu’il est plutôt contre. Dans le bourg, on ne dit pas qu’on est contre le Center Parcs.

« Ici, l’immense majorité des Roybonnais sont « pour », affirme le curé. Ils voient un village qui s’étiole avec des magasins qui ferment et des gens qui déménagent. Le plus gros employeur reste l’EPHAD ».

 

« La communiste » qui donne à manger aux zadistes

Dans la rue principale, passe alors une voiture grise conduite par une vieille dame.

« C’est elle ! s’emporte la riveraine retraitée, elle donne à manger aux zadistes. Elle les a fait venir ».

Quelques heures plus tard, nous avons rencontré cette personne, Michelle Pistone, qui habite juste au dessus de la grande rue.

Michelle Pistone, chez elle, dans le bourg de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Michelle Pistone, chez elle, dans le bourg de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Les travaux suspendus par le tribunal de Grenoble
Le 23 décembre, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l’arrêté du 3 octobre 2014 du préfet de l’Isère qui avait délivré une autorisation « loi sur l’eau » à Pierre et Vacances pour la construction d’un Center Parcs sur la commune de Roybon (en Isère).
Sur le fond, le juge des référés a surtout considéré que les mesures compensant la destruction de l’environnement propre à cette zone des Chambaran étaient insuffisantes :
« [le tribunal] a estimé qu’un doute existait quant à la suffisance des mesures prévues par l’arrêté pour compenser la destruction de zones humides qu’entraînera la réalisation du projet ».
Cette décision du juge des référés a stoppé les travaux qui avait déjà du mal à avancer du fait des zadistes.
Une quarantaine d’hectares a quand même été défrichée (environ la moitié de ce qui est prévu).
La décision sur le fond est attendue en juin prochain.

Dans le village, cette ancienne institutrice de 80 ans est connue comme « la communiste ». Mais cette étiquette ne lui convient guère. Elle trouve que ça fait trop « stalinien » alors qu’elle se sentirait plutôt « libertaire ». Elle était militante de l’École émancipéequand elle enseignait dans un village des environs de Roybon.

« C’est grâce aux militants des années 70/80 que la région n’est pas devenue un désert scolaire. Parents d’élèves, élus, enseignants, syndicalistes ouvriers ont empêché de nombreuses fermetures de classes. On avait même réussi à faire rouvrir une école : celle de Murinais qui existe toujours. »

Elle fait partie des rares Roybonnais à afficher publiquement son opposition au Center Parcs.

Elle est de toutes les réunions publiques et se fend notamment de nombreuses lettres aux élus du maire au président du département de l’Isère. Et, oui, elle conduit quelques fois trois kilomètres pour rendre visite aux zadistes en leur apportant de la nourriture.

« En faisant mes courses, j’ai dit au gérant du Petit Casino que, grâce aux zadistes, il améliorait son chiffre d’affaires ».

La réputation de la militante était faite. Depuis, elle a arrêté de monter de la nourriture constatant que d’autres leur apportaient déjà de la nourriture.

« Je dis toujours bonjour même si certains ont arrêté de me saluer. On sent de la hargne mais c’est surtout de l’ignorance. Les gens devraient monter voir les zadistes, qui pourraient leur offrir du muguet ».

Depuis l’installation des zadistes, elle regrette que le terrain soit laissé aux « pro ». Elle préfèrerait que les manifestations contre le Center Parcs se déroulent ici et non pas à Grenoble, comme la dernière en date, le 2 mai.

« Avec mon cousin, on ne se parle plus »

La route s’élève en direction du bois des Avenières squatté actuellement par les zadistes. Un petit kilomètre avant d’arriver, les panneaux et banderoles affichent d’autres orientations :

« Zadiste, continue le combat » ; « Non au Center Parcs »

Les anti-Center Parcs : contre la destruction de l’environnement
Le principal argument développé est celui de la préservation de la nature. Les « anti » défendent surtout une zone humide, berceau notamment d’une rivière, l’Herbasse, qui coule dans la Drôme voisine. Selon eux, le Center Parcs risque de mettre en péril la ressource en eau.
Ils s’appuient sur l’avis défavorable rendu par la commission d’enquête publique « loi sur l’eau » qui estime que 110 à 120 ha de zone humide (au lieu des 70 ha avancés par Pierre et Vacances) seront détruites ou impactés par le projet.

Si le Center Parcs voit le jour, cette petite route de campagne où l’on croise à peine une voiture dans la matinée sera empruntée par 4 000 à 5 000 véhicules les jours des chassés-croisés.

C’est ce que redoutent les riverains qui affiche leur opposition au projet de Pierre et Vacances. Ils forment les opposants historiques. Ils acceptent de nous parler si nous leur garantissons de ne pas citer leurs noms. Mais dans un village où tout le monde se connaît ou presque, l’anonymat reste très relatif. Ces « anti », membres fondateurs de l’association « Pour Chambaran Sans Center Parcs » (PCSCP), sont fatigués des tensions qui règnent dans le village.

« Quand nous descendons faire les courses, on ne nous répond plus quand nous disons bonjour ».

Pour leur retraite, le couple a retapé la ferme familiale. Lui ne se voyait pas habiter ailleurs après une vie active passée à l’aéroport de Grenoble, dans la plaine de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, à 40 minutes de là. Il est amer :

« Avec mon cousin, qui est premier adjoint, on ne se parle plus. On nous accuse de vouloir faire mourir le village. C’est faux de dire que Roybon se meurt. La population ne baisse pas et le chômage est moins important ici qu’au niveau national. Des gens habitent ici, au calme, et vont travailler à une vingtaine de kilomètres à Saint-Marcellin ou la Côte-Saint-André ».

Sa femme ajoute, en boucle :

« Je n’aurais pas cru qu’on en arrive là. Ça va laisser des traces ».

Et la réconciliation ne se fera pas sur le dos des zadistes. Ce couple comprend leur action. Mais c’est chacun chez soi :

« Je sais qu’on nous accuse de les avoir fait venir. Ce qui est totalement faux. On ne les nourrit pas. On ne veut pas mettre de l’huile sur le feu. On ne veut pas être accusé de les aider ».

Contacté, le président de l’association PCSCT, Stéphane Péron, qui habite la commune voisine de Montrigaud (dans la Drôme) précise la position officielle :

« Notre ligne de conduite est de ne pas entrer sur le terrain, propriété de Pierre et Vacances. Nous, on va devant les tribunaux ».

Cette posture n’empêche pas l’association de faire des communiqués de presse qui sont, dans le contexte local, interprétés comme autant de signes de soutien aux zadistes.

Les « bannis » de Roybon

Pour rencontrer un opposant historique qui accepte de parler à visage découvert, il faut redescendre la route de la ZAD et passer le long du petit lac artificiel qui fait la joie des Roybonnais et des Hollandais, les beaux jours venus.

C’est au dessus de ce plan d’eau que Jean-Marie Brun s’est installé il y a vingt ans avec ses chevaux. Sous le nom « Cheval autrement », ce « psycho somato thérapeute » propose notamment des stages de développement personnel.

Et avec ses stagiaires, il avait l’habitude de se balader dans le bois des Avenières, là où doit s’ériger le Center Parcs.

Jean-Marie Brun, opposant au Center Parcs, a vu un des panneaux conduisant à sa maison arraché. ©LB/Rue89Lyon

Jean-Marie Brun, opposant au Center Parcs, a vu un des panneaux conduisant à sa maison arraché. ©LB/Rue89Lyon

Membre de l’association PCSCP, il a raconté tout le mal qu’il pensait du projet devant les caméras d’Envoyé spécial. Et ça n’a pas plu, au village :

« Pour mon engagement contre le Center Parcs, le maire me retire les terrains que la commune me prêtait gratuitement pour mettre mes chevaux ».

Ces soutiens, notamment sur un blog de Mediapart, évoque un « bannissement » à la manière du Moyen Âge. Ambiance.

Interrogé sur le sujet, Serge Perraud, maire de Roybon (Divers droite), affirme que c’est en raison « d’un manque d’entretien » que la mairie lui a retiré l’usage de ses terrains. La coïncidence reste troublante alors que Jean-Marie Brun occupait ces terrains depuis une dizaine d’années.

Avec le patron d’un des deux bars de Roybon, où il avait l’habitude de déjeuner avec ses stagiaires, ce n’est plus la franche camaraderie.

« Il y a quelques semaines, il m’a dit que je n’étais plus le bienvenu alors que jusque là je m’entendais bien avec lui ».

Jean-Marie Brun a dû se rabattre sur l’autre bar, au début de la grande rue, qui n’affiche pas, fait exceptionnel pour un commerçant de Roybon, un signe distinctif pro-Center Parcs. Une question de commerce :

« Je récupère tous les clients qui se font virer de l’autre bar », nous a confirmé la patronne qui n’en demeure pas moins favorable au projet touristique.

A 62 ans, Jean-Marie Brun a mis en vente sa ferme transformée en ranch. Très amer :

« La ZAD a permis deux choses bien : ça nous a fait connaître et on a pu entrer en contact avec le ministère de l’environnement qui ne nous prenait pas en considération. Mais, elle a eu des effets négatifs. Aujourd’hui, je suis devenu le bouc émissaire désigné, parce que je suis associé aux zadistes ».

 

Au Bon Roy, auberge pro-Center Parcs

Il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre dans quel camp le patron du principal bar-restaurant de Roybon se situe. Il n’y a pas seulement une imposante banderole au dessus de l’entrée. Sur le comptoir, trône une boîte pour glisser un bulletin d’adhésion à l’association pro-Center Parcs « Vivre en Chambaran ».

Au mur, des affiches égrenant les principaux arguments favorables au projet. Les autocollants se baladent au milieu des bouteilles d’alcool et des verres.

Sylvain Merle, le patron d'un des deux bars de Roybon. ©LB/Rue8Lyon

Sylvain Merle, le patron d’un des deux bars de Roybon. ©LB/Rue8Lyon

Les pro-Center Parcs : la création d’emplois
En minimisant l’impact sur l’environnement, les « pros » expliquent que le Center Parcs concerne « moins d’un demi pourcent des Chambaran » et que le bois des Avenières impacté est « sans intérêt » sur le plan des espèces végétales ou animales. Ils mettent en avant l’impact sur l’emploi. Le projet doit créer 468 emplois « équivalents temps plein » (700 personnes employées) et générer d’importantes retombées fiscales pour les collectivités locales et notamment pour Roybon : 3,2 millions de taxe locale d’équipement et 1 million de taxe foncière par an.

Sylvain Merle, lyonnais d’origine, a acheté le bar-restaurant il y a une dizaine d’années. Fort en gueule, il lance quelques qualificatifs charmants sur les zadistes : « verrues », « traîne-la-rue » ou encore « mange-merde ».

Quant autres opposants « écolos », il ne les porte pas franchement plus dans son coeur. Il assume en avoir virés quelques uns, dont Jean-Marie Brun, le créateur du ranch « Cheval autrement » :

« Je connaissais ses idées. Mais quand j’ai vu Envoyé spécial, j’ai compris qu’il était en première ligne. Il m’a pris pour un con ».

Il voit un intérêt direct dans le Center Parcs et son chantier. Pendant les trois semaines de chantier, il a augmenté « de 50% » son chiffre d’affaires avec les ouvriers qui venaient déjeuner.

En fin de journée, à l’heure de l’apéro, une poignée de Roybonnais sirotent quelques bières. Il suffit de dire qu’on est journaliste pour lancer le sujet. Il va de soi qu’« Au Bon Roy », tout le monde est « pour ». Au coeur du discours, l’emploi, une fois de plus. Le patron, Sylvain Merle, développe :

« On nous dit que le Center Parcs ne proposera que des emplois mal payés. Et alors ? Aujourd’hui, il faut faire 50 ou 60 kilomètres pour faire un Smic. Avec le Center Parcs, ce sera à trois bornes ».

« Les Roybonnais sont des Républicains, fiers d’être français »

Employé de mairie, artisan ou militaire, ceux accoudés au comptoir sont en accord sur un seul point avec les anti-Center Parcs : « ça va laisser des traces ». Un employé de la mairie décrit la situation :

« Dans les familles, certains ne se parlent plus. Les chasseurs sont divisés également car le bois des Avenières est une très bonne chasse ».

L’employé de mairie poursuit :

« La tension est montée avec l’arrivée des zadistes. Jusque là, les gens pouvaient comprendre qu’on fasse des recours contre le projet. Mais occuper un site illégalement en empêchant les forestiers de travailler, les Roybonnais ne peuvent pas comprendre. On voyait ces marginaux à la télévision. Le lendemain, ils étaient chez nous ».

Quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse à Sivens, l’installation d’une nouvelle ZAD a drainé des cohortes de journalistes de la France entière. Cette médiatisation a été décisive selon les partisans du Center Parcs.

Christian Luciani, le président de Vivre en Chambaran, l’association pro-Center Parcs, nous reçoit dans sa maison du bourg de Roybon :

« Quand les zadistes sont arrivés, tout le monde s’est levé comme un seul homme. Les Roybonnais sont des Républicains, fiers d’être français. Ils n’ont pas accepté qu’on viennent chez eux leur dicter ce qu’ils doivent faire en remettant en question l’Etat de droit ».

Christian Luciani, président de l'association "Vivre en Chambaran". ©LB/Rue89Lyon

Christian Luciani, président de l’association « Vivre en Chambaran ». ©LB/Rue89Lyon

Cet architecte, arrivé à Roybon il y a quelques années, pointe une fois de plus le reportage d’Envoyé spécial qui a été « très mal vécu par la population » :

« Les habitants on eu l’impression d’être mal traité par les médias. Nous avons accéléré la mobilisation. Il fallait qu’on parle de nous ».

Le reportage, en donnant largement la parole aux opposants historiques montre surtout comment le précédent maire de Roybon a anticipé l’arrivée du Center Parcs en endettant fortement la commune.

« La gendarmerie tenait certains barrages et nous d’autres »

La ZAD a été installée le 30 novembre, après une manif des anti-Center Parcs. Début du mois de décembre, l’association Vivre en Chambaran et la mairie, main dans la main, faisaient distribuer des petits drapeaux « oui au Center Parcs » tandis que Pierre et Vacances déployait une communication de crise, essentiellement via un site Internet, pour diffuser ses arguments.

Pour montrer « l’adhésion populaire au projet », deux manifestations, les 7 et 14 décembre, ont été organisées, rassemblant à chaque fois entre 1 500 et 2 000 personnes. Pour faire le nombre, les employés des entreprises de BTP et du bois du coin ont été conviés, tout comme l’ensemble des élus du territoire, écharpes en bandoulière.

C’était au moment où les actions des zadistes étaient quotidiennes pour bloquer les travaux de déboisement (avant la décision du tribunal de Grenoble). Christian Luciani décrit ce qu’il qualifie de « violence des zadistes » :

« En décembre, ils ont tagué des cabanes de chantier qui servaient de base de vie aux ouvrier. Ils ont aussi cassé des voitures de vigiles et caillassé des engins de chantier. En mars, un engin forestier a été détruit, le jour où les zadistes faisaient une action ».

Une action des « pro » a marqué les esprits : l’organisation de barrages routiers le samedi 7 février alors que les zadistes organisaient un week-end militant et festif baptisé « Open barricades ».

Christian Luciani raconte :

« On a vécu ce week-end comme une provocation. On s’est dit qu’on allait empêcher leurs soutiens de monter en voiture. On était dans la légalité. Car on a fait des demandes pour bloquer les routes et la préfecture nous l’a accordée. La gendarmerie tenait certains barrages et nous d’autres ».

Cette action a été diversement appréciée. Christian Luciani affirme simplement que « tous les riverains pouvaient passer et que les zadistes ont simplement été embêtés. »

Sa presque voisine, Michelle Pistone, anti-Center Parcs historique, affirme que mêmes des « pro Center Parcs ont été choqués » :

« Des milices ont bloqué les routes. Des Roybonnais ne pouvaient plus entrer chez eux sans montrer un acte de propriété ! »

Interrogés sur le sujet, les zadistes dressent la liste des « violences subies ». L’opération de blocage des routes n’a pas été rééditée.

Chez les zadistes

Au sommet du plateau de la forêt de Chambaran, c’est le territoire des zadistes. En venant de Roybon, il faut passer devant une camionnette de gendarmes qui guettent à un kilomètre de l’entrée de la ZAD.

On arrive devant une ancienne maison forestière, la « Marquise », rebaptisée « MaquiZad », appartenant à l’ONF (Office national des forêts) et aujourd’hui squattée par les fameux zadistes.

En passant au milieu d’un amoncellement de palettes, de pneus et de banderoles annonçant la ZAD, on accède sans difficulté à cette bâtisse devenue la base arrière de la « ZAD de Roybon ». Le terrain occupé, propriété de Pierre et Vacances, est à un kilomètre de la maison forestière.

Ce jour-là, le soleil brille. Des enceintes posées sur le rebord de la fenêtre crachent des standards de la chanson française. Lessive, farniente, bricolage. Après la neige et les températures négatives, le printemps semble se dérouler tranquillement à la ZAD.

Une grande table en bois est dressée devant la maison. Nous pouvons discuter sans difficulté avec les occupants, à l’initiative de Nils, le « responsable média » de la ZAD. Une seule condition : ne pas prendre certains ou certaines en photo. Ils seraient une trentaine à squatter sur le site. Nous en croisons une dizaine.

La poignée de zadistes que nous rencontrons a parfaitement conscience de l’image détestable qu’ils ont auprès de la population de Roybon, surtout depuis le reportage de M6.

« Nous avons très peu relations avec les Roybonnais. C’est l’omerta. »

Nils dresse la liste des « violences subies » essentiellement lors du week-end « Open barricades » des 6 et 7 février derniers :

« Le jeudi, ils ont incendié la cabane de l’entrée avec un cocktail molotov. Le samedi, ils ont bloqué toutes les routes pour accéder à la ZAD. Les gens ont dû laisser leur voiture et monter à pied. Deux véhicules ont été incendiés, un 4×4 a foncé sur un copain, un autre s’est fait taper ».

Ce samedi 7 février, Rémy, un agriculteur de 40 ans de la commune de Dionay (jouxtant Roybon) roulait avec une amie en direction de la ZAD. Bloqué à un barrage tenu par les « pro », il a été reconnu par un voisin comme étant un des principaux opposants. Lui se qui se présente comme « zadiste » fait partie des trois « anti » suivis dans le sujet d’Envoyé spécial.

« C’est une personne que je connaissais qui a le plus crié. Nos enfants ont fréquenté la même école. J’ai fermé ma voiture et j’ai fait marche arrière. Le soir même, cette personne s’en est vantée sur Facebook. Je suis allé porter plainte ».

Rémy, agriculteur sur la commune de Dionay et zadiste. ©LB/Rue89Lyon

Rémy, agriculteur sur la commune de Dionay (à côté de Roybon) et zadiste. ©LB/Rue89Lyon

Dans ce contexte villageois, les zadistes ont jeté leur dévolu sur Saint-Marcellin, la petite ville du coin, à une vingtaine de kilomètres d’ici, dans la plaine de l’Isère. « Là où le dialogue est possible ».

Ils descendent de leur colline les jours de marché pour tenter de mettre en place des actions. Luna, la vingtaine, venue de la ZAD de Sivens, fait sa lessive à la main. Elle raconte :

« On a tendu un grand fil avec des feuilles pour que les passants notent ce que leur inspirait la question « faut-il travailler pour vivre ? ». Les gendarmes sont rapidement venus pour nous dire que nous n’avions aucune autorisation. Des habitants ont pris notre défense ».

Nils, zadiste, habite Saint-Antoine-l'Abbaye, à côté de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Nils, zadiste, habite Saint-Antoine-l’Abbaye, à côté de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Nils, 32 ans, d’origine belge, veut sortir de cette « urgence » dans laquelle sont les zadistes, tournés essentiellement vers la contestation du Center Parcs.

Il veut développer une idée mixant écologie, agriculture et éducation populaire. Le projet doit s’implanter dans les Chambaran, comme une alternative au gigantisme touristique. Pour le moment, il termine des études d’éducateur spécialisé en vivant en colocation à Saint-Antoine-l’Abbaye.

Saint-Antoine-l’Abbaye, terre de hippies

Saint-Antoine-l’Abbaye fait partie des plus beaux village de France. Le panneau l’indique à l’entrée du bourg. Niché contre l’abbaye du XIIIe siècle, à flanc de colline, il ne fait qu’un avec elle. A telle point qu’il en a pris le nom.

Dans le coin, la commune de Saint-Antoine est connu pour une autre raison. Au milieu des années 80, la communauté de l’Arche s’est installée dans une partie de l’abbaye, aujourd’hui entourée également de magasins de souvenirs ou de restaurants pour touristes.

L'abbaye de Sainte-Antoine, à 10 kilomètres de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

L’abbaye de Sainte-Antoine, à 10 kilomètres de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Cette communauté a été fondée par Lanza del Vasto, connu en France pour avoir participé à la lutte du Larzac. Celui-ci se réclamait autant de Jésus que de Gandhi.

Une cinquantaine de personnes vivent dans ce grand bâtiment, d’autres effectuent des stages (payants) sur la « communication non-violente ». A l’image de Nils, le zadiste, qui y a passé un an.

Ils ne perçoivent pas de revenu mais sont nourris, blanchis en plus d’être logés. Fort logiquement, plusieurs membres anciens ou actuels de l’Arche sont parmi les opposants historiques au Center Parcs. Parmi eux, ils sont quelques uns à avoir participé aux actions de « désobéissance civile ».

Daphné Vialan et Tchandra Cochet vivent aujourd’hui dans la communauté.

Daphné Vialan et Tchandra Cochet, deux membres de la communauté de l'Arche. ©LB/Rue89Lyon

Daphné Vialan et Tchandra Cochet, deux membres de la communauté de l’Arche. ©LB/Rue89Lyon

Daphné, 29 ans, raconte ce qu’a été sa vie pendant les trois premières semaines de décembre :

« On se mettait dans les zones de sécurité quand ils bûcheronnaient ou devant les engins. On a également arraché les piquets qui délimitaient ce qu’il fallait couper ou pas. Nous avons réussi à bloquer la déforestation ».

La moitié de la zone a quand même été défrichée. Aujourd’hui, les deux ne regrettent pas leur action. Mais ils sont inquiets de la tournure des événements. Daphné le dit :

« Aujourd’hui, j’ai envie de mettre mon énergie à pacifier les relations dans le territoire. On n’arrive pas à parler. J’ai été à une manif des « pro », je ne me suis jamais autant fait insulter. Au bar, c’est la même chose, le ton monte très vite ».

Tchandra, 27 ans, a grandi à l’Arche. Avec deux autres membres de la communauté, il a rencontré la maire du village pour faire part de son inquiétude :

« Je me sens concerné par le fait de faire descendre la tension. On veut réfléchir à la manière de vivre ensemble. La maire du village est garante de cela ».

Pour le moment, la seule chose qu’a faite la maire de Saint-Antoine en direction des « anti » est de ne pas avoir accroché une nouvelle banderole « Bienvenue au Center Parcs » que toutes les communes du coin ont suspendue.
Comme à Dionay (voir la photo ci-dessous).

Comme dans la plupart des villages des alentours de Roybon, une banderole votée par le conseil municipal. Ici à Dionay. ©LB/Rue89Lyon

Comme dans la plupart des villages des alentours de Roybon, une banderole votée par le conseil municipal. Ici à Dionay. ©LB/Rue89Lyon

A peine mise en place, la banderole avait en effet été décrochée pendant la nuit. On n’est pas à Roybon mais bien à Saint-Antoine.

La surenchère des politiques

Traits tirés, paroles hésitantes et coups de sang inattendus, le maire de Roybon, nous reçoit, en journaliste de passage. Serge Perraud, semble épuisé.

Le maire de Roybon, Serge Perraud ©LB/Rue89Lyon

Le maire de Roybon, Serge Perraud ©LB/Rue89Lyon

Les mots sont pleins de reproche contre les « médias » :

« Tous les journalistes sont venus. Même le Canard enchaîné. »

Il nous tend l’article qui relate la rumeur du coin : « les zadistes sont payés 90 euros par jour ». Dans le coup, il y aurait la Frapna (une association écologiste), les Verts et même le Front de gauche, selon le maire. Serge Perraud persiste :

« Les zadistes sont achetés. J’ai de bonnes informations. »

On n’en saura pas davantage sur ce complot. Le maire divers droite de Roybon est coutumier des déclarations fracassantes. Élu en 2014, il n’est pas homme à calmer les esprits. Pour le grand malheur des opposants qui auraient souhaité qu’il « prenne de la hauteur » puisqu’il est arrivé alors que le projet était déjà sur les rails et le permis de construire déposé.

Serge Perraud reconnaît toutefois « une mauvaise communication vis-à-vis des riverains opposés au projet » :

« On n’a pas anticipé le problème quasi personnel de quelques Roybonnais ».

Le maire nous dit qu’il n’a rien contre les opposants mais dans la phrase suivante les accuse d’être pour une grande part des « bobos écolos des villages des alentours ». Quant aux zadistes, ce sont des « khmers verts ».

Serge Perraud est à l’unisson des principaux politiques isérois (à l’exception des écolos), de droite comme de gauche, qui soutiennent mordicus le Center Parcs. Le maire de Roybon s’appuie sur la récente élection du député UMP Jean-Pierre Barbier comme conseiller départemental du canton pour affirmer que « 90% des Roybonnais sont favorables au projet ».

Malgré cette majorité soviétique en faveur du projet, Serge Perraud éprouve quand même le besoin de panser les plaies. Il tient une solution pour « rabibocher » tout le village :

« Le Center Parcs va permettre d’apaiser les tensions. Je vais pouvoir semer et faire s’aimer tout le village ».

Et si le Center Parcs n’est pas construit ? « Il se fera », persiste l’optimiste maire de Roybon :

« Pierre et Vacances va trouver toutes les solutions techniques nécessaires ».

On est prié de le croire.

Source:
http://www.rue89lyon.fr/2015/05/11/center-parcs-zad-roybon-village-coupe-en-deux/

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- A Mesdames et Messieurs, les conseillères et conseillers généraux.

Posté par admin le 6 janvier 2015

A Mesdames et Messieurs, les conseillères et conseillers généraux. 

 

 

Quelle ne fut pas ma stupeur en apprenant que la route reliant Roybon à Montrigaud était fermée. Cette route permet aussi de rejoindre Romans et la vallée du Rhône via Saint Donat.

Lisant rapidement les raisons de cette décision du conseil général, je n’ai d’abord lu que le passage précisant que c’était en raison « des évènements liés à la réalisation du Center parcs, » que cette route était barrée.

J’ai tout de suite pensé que le défrichage de la forêt des Avenières était en cause.

- Peut être les sangliers, dérangés de leur bauge, étaient-ils venus se réfugier sur cette route plutôt calme ?

- Les monstrueux engins, après avoir détruit des hectares de forêt, étaient peut-être passés par la RD 20 F, y créant bien involontairement d’énormes trous  rendant la circulation tout à fait impossible?

- La société Pierre et Vacances, initiatrice de ce défrichage pour installer sur ce lieu un Center parcs, faisait peut-être installer des couloirs, passerelles et autres corridors écologiques, pour que les crapauds, hérissons et jeunes levrauts, puissent traverser sans dommage cette route ? C’aurait été une excellente initiative montrant que Monsieur Brémond, plus que le préfet de l’Isère, s’intéressait aux espèces protégées.

 

Mais il n’en était rien, la raison en était beaucoup plus prosaïque : le département «  ne peut assurer la viabilité hivernale » de cette partie de route. Nous connaissons tous les difficultés financières du département. Outre les quelques kilos de sel qu’il ne peut acheter pour éviter le verglas, il ne peut non plus assurer l‘entretien de la route de Viriville à Roybon qui depuis plus d’un an est dégradée à deux endroits différents. La chaussée peut, à tout moment s’effondrer dans le ravin. Le col de la Madeleine est impraticable depuis de nombreux mois et les routes qui y accèdent sont fermées.

Devant une telle situation on ne peut que s’étonner de la générosité du conseil général envers monsieur Brémond. Ce n’est pas moins de 7  millions d’euros qui seraient versés à Pierre et Vacances si se faisait le Center parcs. Combien de kilos de sel ? Le conseil général nous explique que, voulant «  s’assurer de la maîtrise foncière de certains équipements structurants (accès principaux, voies et réseaux, partie de la forêt, … ” il achèterait «  ces éléments après leur achèvement » et en laisserait l’usufruit à Pïerre et Vacances. Ces équipements seraient récupérés au bout de quelques dizaines d’années. Qui peut croire qu’il en resterait quelque chose ?

 

Je suis allée sur le lieu, là où stationne la voiture de gendarmerie. Pas trace du moindre brin de verglas, ni au-delà, ce qui a d’ailleurs été confirmé par les personnes qui avaient empruntée la RD 20 F, à pieds. D’autre part ce serait bien la première fois que je verrais interdire une route pour causes d’intempéries ! Si elle est si dangereuse qu’on doive l’interdire comment concevoir qu’elle reste accessible aux riverains ? Ils peuvent mourir en paix à côté de chez eux ou de leur terre ?

 

Evidemment personne n’est dupe. La ZAD et les zadistes, depuis plus d’un mois sont installés dans la maison forestière de la Marquise. Bien installés. Et soutenus par de nombreuses personnes qui leur apportent nourriture, matériel, ou simplement soutien. Mais, si c’est pour isoler les zadistes que le conseil général fait couper la route, il se trompe.

Un petit rappel : en décembre 1942, la zone libre, est occupée par les Allemands. Des  militaires de Lyon, dont le brigadier Lahmery dit “ Bozambo “, désertent. Ils quittent leur caserne avec armes et chevaux et s’installent dans les bois du Grand Serre constituant un des premiers maquis des Chambarans. En 1944, Bozambo ne gagne pas le Vercors, qu’il considère comme une nasse, il reste dans les Chambarans où, d’une vallée on passe à l’autre, sans histoires. (C’est Madame Vincendon, décédée aujourd’hui, qui en 2004 lorsqu’on a commémoré à Roybon la fin de la guerre, nous a parlé de Bozambo qu’elle avait bien connu.)

Ne vous y trompez pas : zadistes et leur soutien, comme Bozambo et ses maquisards, trouveront les chemins, -boueux certes !- pour vivre et survivre dans ces bois.

 

Mais, plus inquiétant, cette route bloquée n’est elle pas le prémice d’un envoi des troupes du désordre pour déloger les occupants de la Marquise ?

Le moment serait-il venu pour, comme le réclame André Vallini, le gouvernement prenne «  les dispositions nécessaires pour faire cesser cette illégalité ? » Il est illégal, sans doute, d’occuper une maison inhabitée depuis des années. Par contre, il n’est pas illégal de détruire des hectares de forêts, d’impacter une zone humide, de mettre en danger le château d’eau d’une partie de la Drôme. Il n’est pas illégal de laisser les bulldozers bouleverser le sol, créer des ornières, écraser bêtes et plantes, déverser allègrement huile et essence. Il n’est pas illégal de passer outre les douze points rédhibitoires relevés par les commissaires enquêteurs de l’enquête de la loi sur l’eau qui conclut que ce centre de tourisme ne doit pas se faire. Il n’est pas illégal de commencer des travaux alors que les recours n’ont pas été examinés, recours d’ailleurs qui concluront à l’arrêt des travaux !

 

Monsieur Vallini veut que la France reste la France et que l’on continue «  à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV  des équipements de tourisme ». Vous oubliez, Monsieur, les centrales nucléaires et les gaz de schistes. On croit rêver ! Les aéroports où personne n’atterrit et les autoroutes où personne ne passe, sont quotidiennement remis en cause et pas seulement par les adeptes de la décroissance. L’aéroport de Toulouse est obligé de trouver des capitaux auprès des Chinois, qui viennent de racheter le Club Méditerranée et envisagent de recapitaliser Pierre et Vacances. Cette société a déjà bétonné une partie du territoire, de la mer à la montagne, et il faudrait, pour faire plaisir à Monsieur Vallini, qu’on la laisse bétonner la campagne épargnée jusque là ?

 

Plus inquiétant encore que l’invite de Monsieur Vallini à déloger les zadistes, l’intervention de Monsieur Barbier, à la chambre des députés le 3 décembre. Je n’épiloguerai pas sur les erreurs de ce monsieur : quand on doit assurer quatre mandats on n’a pas forcément le temps de lire les conclusions de la commission d’enquête pour constater que le projet ne répond pas du tout aux prescriptions de la loi sur l’eau ! Pas le temps, non plus, de compter les emplois que devrait créer ce fabuleux centre de loisir !

Jean Pierre Barbier n’hésite pas à se plaindre auprès de Manuel Walls, premier ministre – il n’y a plus de différence de parti en cas de danger ! –et à solliciter son aide contre les zadistes. « doux diminutifs d’anarchistes, venus de partout en France, (qui)  tentent par l’intimidation et la violence d’imposer leur vision de la société de demain. L’heure est grave ! » On pourrait rire d’une telle demesure, mais je n’ai pas envie de rire quand je sais que cette exagération a déjà entraîné des réactions d’une violence rare de la part de certains Roybonnais, abusés. Pas envie de rire de les voir accusés d’avoir contesté l’implantation du Center parcs, sur le terrain, de manière illégale et parfois violente, dites vous, alors que l’illégalité était bien d’avoir commencé un défrichage avant que toutes les procédures de recours n’aient été terminées.

 

Messieurs Barbier et Vallini, allez vous demander au préfet d’envoyer les gendarmes et CRS–  dommage qu’il n’y ait plus de militaires à Chambarans ! – pour faire évacuer la ZAD ? Mesurez-vous les conséquences de cette décision si vous la preniez ? Outre les risques d’incidents qui pourraient se produire sur le site, ce sont de nombreuses autres ZAD et autres lieux de contestation et de révolte dont vous encourageriez la création.

Vous n’avez pas compris qu’il ne s’agit pas, d’une «  cinquième colonne » téléguidée par une URSS qui n’existe plus, mais bien du mouvement de refus d’une société qui ouvre les gymnases pour que les vacanciers puissent s’y abriter – et tant mieux ! – mais qui les ferme aux SDF. Société où les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Pour beaucoup, Monsieur Vallini, la France n’est pas celle à laquelle vous aspirez, la France du toujours plus. Les zadistes font partie de ceux qui contestent le capitalisme, – on dit «  libéralisme  » aujourd’hui ! – et le capitalisme de Pierre et Vacances, ils n’en veulent pas. Ils ne sont pas les seuls. A côté de ceux qui ont investi la Marquise, j’ai été étonnée de voir le nombre et la détermination des personnes venues les soutenir. Ils ne lâcheront rien ! Nous ne lâcherons rien !

 

Monsieur Rambaud, conseiller général responsable des routes, Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers généraux, avez-vous été consultés avant que la décision de fermer cette route ne soit prise ? Je connais certain(e)s d’entre vous, avez-vous mesuré les conséquences de cette décision ? Est-il normal que de simples promeneurs, soient arrêtés, contrôlés, fichés, voir filmés ? Est-il normal que des gendarmes soient mobilisés de tout le département pour ce travail de basse police ? N’ont-ils pas de tâches plus utiles et plus valorisantes à accomplir ?

 

On peut vouloir ce Center Parcs destructeur de nature et de liens sociaux, on peut refuser que des « zadistes », par l’action directe empêchent sa réalisation, est-ce une raison pour mettre en place ce qui pourrait devenir une chasse à l’homme ?

 

 

Je vous prie d’agréer mes salutations.

 

 

 

 

 

Michelle Pistone, le 05/01/2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Projet Center Parcs à Roybon : la communication de crise est-elle encore évitable pour Pierreet Vacances ?

Posté par admin le 3 janvier 2015

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- Moi, Martin, 20 ans, zadiste à visage découvert

Posté par admin le 15 décembre 2014

Une maison occupée par les "zadistes" pour empêcher le projet de centre de loisirs du groupe Pierre & Vacances à Roybon, dans l'Isère.

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- « Extérieurs », vous avez dit « extérieurs » ?

Posté par admin le 31 octobre 2014

Lettre d’une roybonnaise adressée à un zélé défenseur de Center Parcs se plaignant que des « extèrieurs » se mêlent de critiquer ce projet.

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-  » Les promesses non tenues  » de Center Parcs; Les propagandistes locaux face aux mensonges opportunistes du groupe

Posté par admin le 24 octobre 2014

Nous n’avons pas vocation à savoir qui travaille réellement sur les chantiers du prédateur Pierre et Vacances-Center Parcs, si cette entreprise est morale, ou si elle ment à chaque fois qu’elle ouvre la bouche par ses communicants interposés.
Nous sommes assez amusés de voir que l’association qui devait supporter ce projet et le défendre, composée pour beaucoup d’artisans et commerçants locaux, doit, au lieu de se dissoudre, puisque son but est atteint, reprendre du service pour devenir le contrôleur des engagements de Center Parcs !!!

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- Dialogues à propos de Notre Dame des Landes

Posté par admin le 1 novembre 2013

Il y a tout juste un an, le 16 octobre 2012, débutait l’opération « César » menée par les forces de l’ordre. Elle visait à expulser les personnes qui, pour s’opposer au projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et au monde qui l’a rendu possible, s’étaient installées sur le site. Elle visait aussi à détruire les cabanes qu’elles avaient construites et les maisons qu’elles avaient squattées depuis plusieurs années. Cette opération brutale, menée avec une rare violence, devait régler, par sa puissance et son effet de surprise, la situation rapidement. Dès les premières heures, les autorités annoncèrent fièrement mais bien imprudemment un retour à l’ordre. Ce qui paraissait alors comme étant la fin d’une occupation allait pourtant devenir le début d’un mouvement qui n’a cessé depuis et qui s’est étendu au-delà du territoire concerné. Affrontements, barricades, création de plusieurs sites Internet et d’une radio, création de comités de soutien dans l’ensemble du pays, nouvelles occupations et réoccupations, solidarités, constructions et reconstructions, appels à étendre ce mouvement et à s’opposer à d’autres projets, rencontres, débats, publication de tracts, d’articles, de brochures et de livres, sabotages, mises en culture et récoltes collectives, partages des terres et des récoltes, distributions des produits récoltés à prix libre, etc., un mouvement d’une telle importance était rarement allé aussi loin.

 

Pourtant rien ne peut paraître aussi fragile. L’État n’a, de toute évidence, pas abandonné le projet. Le statu quo actuel, les pseudo-commissions créées, la libération des lieux par les forces de l’ordre nous font craindre que l’on cherche à laisser pourrir la situation. Le silence, et certaines insinuations des grands médias sur ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, accompagnent la nécessité pour les pouvoirs publics de rompre le mouvement et reprendre en main une situation qui leur échappe. Il n’est pas nécessaire ici de dénoncer les connivences et les intentions des médias dans cette affaire. Hervé Kempf, ancien journaliste du Monde a quitté la rédaction du journal car nous dit-il, la direction l’a « empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes ». Il dénonce dans un article, la manière dont, soi-disant dans un souci d’objectivité, un journal fait le jeu des promoteurs du projet d’aéroport. Le lecteur pourra retrouver cet article, à l’adresse suivante :

  http://www.reporterre.net/spip.php?article4586

 

Il est nécessaire aujourd’hui de bien comprendre quelles sont les forces en présence dans ce conflit et d’avoir à l’esprit que les opposants au projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne sont pas tous contre le monde qui l’a rendu possible, et que les promoteurs du projet et leurs soutiens ne manqueront pas d’utiliser cette réalité pour diviser le mouvement. Cependant il ne faut surtout pas abandonner ce qui a donné à cette lutte ses lettres de noblesse : sa subjectivité. C’est-à-dire ses perspectives visant à remettre en question  la manière de vivre, de produire et de partager, mais aussi la propriété, le travail et la marchandise.

 

Nous relayons ci-dessous les 3 volets des Dialogue  à propos de Notre-Dame-des-Landes que nous avons reçus et qui ont été publiés successivement durant l’année 2013.

 

 Quelques opposants à Center Parcs

 

 

 

Pour les imprimer :fichier pdf Dialogue-1 fichier pdf Deuxie-me Dialoguefichier pdf Dialogues NDDL 3

 


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- Usine de méthanisation pour Center Parcs Vienne, les voisins en colère

Posté par admin le 4 mars 2013

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- les élus courent les inaugurations pour tenter de relancer leur projet de Center Parcs

Posté par admin le 15 janvier 2013

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- Center Parcs et carrière pour TGV, Ségo et Raff soutiennent les défonceurs de la nature

Posté par admin le 30 décembre 2012

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- Center parcs Roybon, Lettre ouverte à Yannick Neuder et aux délégués de la Communauté de communes Bièvre Chambaran.

Posté par admin le 4 octobre 2012

 

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- Méthanisation pour Center Parcs

Posté par admin le 6 août 2012

 

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Présentation

Posté par admin le 5 août 2012

 

 

De l’implantation d’un Center Parcs en Isère

 

 

et du choix imposé

 

 

entre une forêt et sa vie sauvage

 

 

et une usine à loisirs 

 

 

 

 

 

Isérois et amoureux de la forêt et de la vie sauvage qu’elle abrite, je déteste l’idée qu’un marchand de loisirs ultra-rentables à la mode vienne, après avoir utilisé toutes les aides de l’état et de la région possibles, massacrer une forêt et en déposséder les riverains et promeneurs traditionnels, attachés à ce qu’elle représente de beauté gratuite, de calme, de sérénité, de poésie, de liberté, de surprises, d’émotions ou de nourriture. Dans le consensus apparent sur l’installation de ce dernier, je ne vois pas une approbation massive et réfléchie de la population locale, mais le résultat d’une désinformation savante et de chantages à l’expansion économique par le tourisme et à ses emplois attachés. Dans un souci d’information plus libre et réfléchie, je souhaite tenter de remettre les choses à leur juste place, nos responsables locaux me paraissant pour le moins plutôt aveuglés par leurs rêves d’expansion possible de la région.

 

La société Center Parcs

Une des “marques” phare du groupe “Pierre et Vacances”, entreprise capitaliste moderne, aux méthodes de gestion d’un opportunisme scientifique. “Pierre et Vacances” c’est le “capital sans risque” et à très grande rentabilité. Grande adepte du pillage des ressources naturelles, financières et humaines des régions sur lesquelles elle jette son dévolu, cette structure est passée maîtresse dans l’art de l’utilisation maximale de toutes les aides que peuvent lui verser l’état, les régions et autres municipalités. Ce leader reconnu dans l’art de faire payer par la communauté et des investisseurs privés alléchés par des campagnes de communication sophistiquées, ses frais d’installation et de fonctionnement est aussi précurseur dans l’art du mensonge écologiste moderne, le nouveau capitalisme vert, dont il a, avec l’appui peu regardant du WWF, été un des premiers à découvrir et faire prospérer la très juteuse rentabilité. Prospérant sur la misère sociale, cette société aux arguments de communication élaborés a aussi l’art de s’auto-proclamer sauveteuse et créatrice d’emplois, pour imposer insidieusement ses nuisances en spéculant sur la peur du chômage et le leurre de travail intéressant créé, qu’elle oublie de définir et quantifier clairement. La crise et la peur de l’avenir sont là et la population angoissée et fragilisée est mure pour se vendre à n’importe quel importateur de promesse de richesses touristiques, de revitalisation de villages, de sauvetage de petits commerces et de créations d’emplois.

 

Ses parcs de loisirs

Ce sont des usines à parquer le touriste, véritables monstres dévoreurs d’espaces encore un peu sauvages, libres et gratuits, pour lesquels les autorités, après en avoir accepté en notre nom notre dépossession, vont devoir créer des infrastructures, notamment de transports et d’assainissement, colossales non justifiées jusque-là. Ce sont des routes et autres usines à transport dont la finalité n’est que les déplacement de touristes vers ces temples modernes de consommation compulsive et obéissante.
C’est l’hyper-activité stérile et payante, mais en définitive passive en lieu et place de la détente, du repos, de la découverte humble et de la contemplation gratuite. C’est l’infantilisation et l’ aliénation de leurs clients et des populations environnantes transformés en gogos décervelés dépensiers. C’est la société marchande entrant en force dans l’espace de liberté du temps arraché au travail. Ce sont des loisirs à la chaîne, de la “multi-activité”, avec en pivot central, “l’aqua-mundo” sorte de gigantesque piscine avec ses saunas, solariums et autres fabriques de vagues artificielles,  en permanence bondé et dévoreur inutile d’énergie.  C’est  aussi ” le paradis subtropical”, pâle et stupide illusion de nature sauvage, avec déplacements et mises sous cloche d’espèces tropicales non viables dans nos régions et nécessitant un entretien coûteux et gourmand en énergie (gestion de la température, du taux d’hygrométrie, et renouvellements réguliers).
Et cela, en lieu et place de points d’eau, faune, et flore existant, adaptés, autonomes et …. gratuits.
C’est le début de la fin de la vie sauvage des Chambarans.

 

Ses créations d’emplois

A y regarder de plus prés, les déclarations euphoriques des communicants sont à relativiser. Les chiffres annoncés sont à modérer en tenant compte du très grand nombre d’emplois à temps partiel, pouvant ne représenter que 10 heures par semaines.
Pour les emplois à temps complet, l’amplitude des horaires de certains postes est difficilement conciliable avec une vie privée normale. Les salaires sont dans les plus bas de ce type d’emplois. Les aides d’état associées à ces emplois seront importantes.
Et les titres ronflants associés aux postes de travail gagneraient à être simplifiés et remplacés par du vocabulaire plus honnête:
Femmes de ménage, balayeurs, plongeurs ….. Il n’y a certes pas de sots métiers, mais appeler les tâches par leur nom permet de mieux en appréhender la réalité. Et l’avenir de la jeunesse et sa “fixation” dans la région (argument entendu régulièrement) sont-ils là? Il est à noter que le taux de démissions semble très important dans les center-parcs existants, et quelques recherches sur des sites de “réseaux sociaux”, avec “Center Parcs” en mot clé nous le confirme aisément.

 

Un impact économique ?

L’étude des Center-Parcs existants montre surtout une structure faisant vivre sa clientèle en autarcie  et c’est d’ailleurs ce que vantent ses publications. Le touriste y est capté et tout est fait pour l’inciter à consommer sur place.
Center-parcs est une entreprise et, comme telle, n’est pas là pour faire du sentiment, mais du chiffre. Elle n’a aucun intérêt à favoriser une concurrence. Il est intéressant de noter que l’ on trouve sur internet ou dans des brochures tant de center-parcs que des autorités diverses, de multiples articles nous incitant à croire à des retombées futures au moment de convaincre les populations. Etudes prospectives bizarement  très “chiffrées” et voeux pieux se côtoient  dans une admirable consensualité très positive. Mais lorsqu’on essaie de trouver ce qui se passe réellement après, on ne trouve plus rien. Aucune étude postérieure à l’installation de ces structures n’est disponible, alors que les premières créées sont déjà anciennes. Les promesses seraient-elles surestimées et ne seraient-elles que de la propagande ? D’autre part, par le chantage à l’emploi et à la Sainte-Croissance, on continue inlassablement à nous vendre de la consommation à outrance et de la destruction d’espaces, alors que tous les indicateurs écologiques et sociétaux sont au rouge, et de cela nous ne voulons pas. Si le problème du chômage est réel, devons nous pour autant aliéner encore et toujours nos existences à l’acceptation du chantage permanent à celui-ci et ses cortèges de misère associés, ou bien devons nous enfin poser la question du travail dans la société humaine d’une autre façon, non reliée à la rentabilité outrancière et destructrice des lois de la société marchande ?

 

Un impact dans notre quotidien ?

Après, un projet d’une telle ampleur, qui peut nous dire ce que vont devenir les Chambarans ? Center-parcs ne va-t-il pas essayer d’agrandir encore son domaine en utilisant la forêt proche pour des activités rattachées ? Compte tenu de l’afflux potentiel de touristes “en activité”, les autorités ne seront-elles pas contraintes d’encadrer ces lieux par des arrêtes restreignant la liberté d’y circuler ? D’autres structures appâtées par la masse de clients déjà présents, ne vont-elles pas à leur tour venir rogner encore cet espace ? la région ne va-t-elle pas se retrouver prise dans le grand délire de la “vitrine touristique” ?
Les routes créées ne vont-elles pas inciter une population citadine à venir construire des résidences secondaires, dont une partie importante en lieu et place de la forêt ? Est-on en train de laisser entrer le loup dans la bergerie ?
Si aujourd’hui nous offrons une main, demain n’est-ce pas le bras entier qu’on nous prendra ?

 

Un investissement rentable de nos impôts ?

La révision à la baisse, par le conseil régional de sa subvention (de 15 millions d’euros initialement prévus, elle passe brutalement à 7 millions ), oblige, dans l’urgence, les différents bailleurs à revoir leurs participations réciproques. Il semble clair que les 8 millions manquants seront pris dans les caisses des communes environnantes mises devant le fait accompli. Si tel est le cas ce “hold-up” sera douloureusement subi par les populations sans recours.L’argent versé par les commune sera-til retiré aux associations locales ? Si, pour avoir droit à du loisir payant, les habitants des communes victimes perdent des subventions à leurs propres associations, cela ne pose-t-il pas un problème moral? Cela semble par ailleurs indiquer, à minima, un manque d’enthousiasme récent à financer la structure. La somme initialement prévue, et dont tout le monde sait qu’elle sera de toute façon dépassée, comme à chaque fois dans ce type d’investissement, ne semble plus aujourd’hui faire l’unanimité. Des informations ou études récentes inciteraient-elles une partie des autorités à plus de prudence ? Et, en tout état de causes, nos impôts “sorte de pot commun”, sont ils dans une utilisation normale, lorsqu’ils sont destinés à être offerts à une entreprise privée aux bénéfices colossaux, dés lors qu’elle nous fait l’honneur de nous offrir ses nuisances. Le mot “rentabilité” n’est-il pas censé être exclu des finances publiques ?

 

Un projet écologique et durable ?

La communication de Pierre et vacances est friande de ces mots si « tendances » aujourd’hui et si prompts à faire taire toute réserve ou opposition. L’expression « éco blanchiment » (ou greenwashing), qui décrit les entreprises adeptes du mensonge écologiste à des fins mercantiles  a un sens et il s’applique particulièrement à cette société qui en est une des meilleure représentante.
Quels sont les domages co-latéraux des center Parcs ?
Destructions et privatisation des centaines d’hectares de forêts, de par le monde.
Urbanisation massive au sein des derniers espaces libres.
Aseptisation opportuniste des restes épargnés, qui en sont la valeur ajoutée.
Déplacements de centaines de touristes en voiture.
Gaspillage énergétique stupide et délirant par, entre autre, le maintien d’une température de 29° dans le gigantesque paradis équatorial ludique sous bulle.
Destructions de corridors écologiques.
Destructions de l’âme des lieux par l’importation massive de plantes exogènes, propres à attirer le touriste en mal d’exotisme.
Gaspillage invétéré des ressources en eau.
Spoliation des promeneurs traditionnels de ces espaces marchandisés de leurs derniers territoires naturels libres.
Destructions avouées d’espèces, en voie de disparition ou non, par la destruction de leur habitat.
Aliénation des territoires voisins, et autres destructions liées, par des infrastructures routières dédiées.
Ce bilan non exhaustif serait « écologique » ?

 

Et si ça ne marche pas ?

Depuis déjà longtemps, le système capitaliste, pour respecter ses impératifs de croissance nous invente des “bulles”, novatrices, modernes, adaptées aux nouveaux et sans cesse renouvelés ” besoins de l’homme”.
Bulles Internet, bulles des nouvelles technologies, et autres bulles sporadiques annonciatrices de bonheur humain par des  créations de richesses et d’emplois ont une fâcheuse tendance à s’effondrer.
En dehors de l’aspect très contestable de ce détournement mercantile et de ces fuites en avant désespérées, force est de constater que ces bulles explosent les unes après les autres et ne tiennent pas les promesses défendues par leurs instigateurs.
Une de ces bulles très à la mode en ce moment, c’est l’industrie des loisirs, avec, là aussi, multiples promesses et tapage médiatique servile, notamment le très prometteur et très hypocrite “tourisme vert “, unanimement proclamé sauveur à la fois de l’écologie et de la crise.
Cette bulle, comme les autres, attire et fait rêver nos spéculateurs habituels qui voient là des milliers de possibilités de faire ronfler les tiroirs-caisse et ne lésinent pas sur les moyens de nous convaincre d’y participer et de l’accepter comme un progrès, voire un sauvetage de nos régions durement touchées par le chômage.
Mais cette bulle qui nous vend, dans un système étonnant, à la fois le travail et le loisir est, elle aussi, susceptible d’exploser par la multiplication délirante de ses structures alors que parallèlement la “crise” affaiblit de manière notable le niveau de vie, et donc, la capacité à dépenser.
Si au bout de 2 ou 3 ans la structure ne tient pas ses promesses et doit s’arrêter, qui nous rendra la forêt détruite pour rien, qui nous débarrassera des ruines, qui nous soignera des rêves brisés et des espoirs une fois de plus déçus ?
Réfléchissons avant de nous faire dévorer par ce monstre qui après nous avoir fait subir 3 à 4 ans de monstrueux chantier pour s’installer, ponctionné les finances locales, et modifié inexorablement les équilibres passés, aura les mains libres et s’assoira sur des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, ou s’auto-détruira et nous laissera un champs de ruine en lieu et place d’une forêt qui, elle, a toujours tenu ses promesses.

 

 

 


detroitruins.jpg

 


 

LES RAISONS DE NOTRE

OPPOSITION AU PROJET DU

CENTER PARCS

 

 

Nous refusons d’admettre qu’un bien commun, comme le bois des Avenières à Roybon, soit accaparé par et pour l’intérêt privé de la société Pierre et Vacances


Nous refusons d’admettre que ce projet d’intérêt privé soit financé par la collectivité qui ne bénéficiera d’aucun avantage


Nous condamnons le fait que Center Parcs devienne la vitrine des Chambarans


Nous défendons notre attachement à un lieu (un territoire) inexploité et sans valeur marchande


Nous dénonçons la propagande faite par la société Pierre et Vacances et par certains élus qui présentent la destruction de plus de 50 ha de forêt comme du développement durable


Nous dénonçons le développement durable comme moyen de propagande et comme nouvelle pierre angulaire de la société industrielle

 

 

Nous vous invitons à dénoncer ce projet et à donner vos raisons en les affichant

 

 

Quelques opposants à Center Parcs

 

(Affiche collée en juin 2009)

 

 

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- Lettre d’une roybonnaise au chargé de l’environnement du conseil général de l’Isère

Posté par admin le 20 avril 2012

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- Des sommes colossales offertes à pierre et Vacances pour son Center Parcs de la Vienne

Posté par admin le 3 décembre 2011


Nous avons dénoncé, en Isère, les subventions promises (et votées) à l’opérateur immobilier Pierre et Vacances afin qu’il puisse installer son Center parcs sur la commune de Roybon.
C’est en effet, toutes origines comprises, environ 37 millions d’euros offerts, pour commencer, par les diverses collectivités pour attirer ce créateur d’emplois de misère.
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Embouteillages 2 jours par semaines subis toute l’année par les riverains de Center Parcs Sarrebourg

Posté par admin le 14 juin 2011

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Des ouvriers polonais irréguliers, en danger et non payés en grève sur un chantier Pierre et Vacances à Caen

Posté par admin le 5 mars 2011

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On voit défiler des milliers de véhicules qui ne font qu’entrer et sortir du Center Parcs … Que pouvons nous y faire ?

Posté par admin le 27 février 2011

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Le département de la Vienne a aussi ses « anti Center Parcs »

Posté par admin le 26 février 2011

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« Pierre et Vacances doit « gérer » ses ennuis en Isère ou les opposants sont en passe de le faire plier »

Posté par admin le 18 décembre 2010

 

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Mrs Brémond et Vallini veulent parler aux opposants, mais sans leur en parler …

Posté par admin le 7 novembre 2010

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Petites analyses d’un tract-pétition de partisans au projet de Center Parcs à Roybon.

Posté par admin le 24 octobre 2010

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Loudun « Ils ne veulent pas de Center Parcs »

Posté par admin le 24 septembre 2010

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Mr Vallini Président du Conseil Général de l’Isère Méprise dans un interview à la presse les opposants à Center Parcs et ment grossièrement sur le dossier

Posté par admin le 19 septembre 2010

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Mr Vallini, président du conseil général de l’Isère se prive pour la première fois depuis 1997 du plaisir de déambuler au festival de l’Albenc pour fuir les opposants à Center Parcs qui y tenaient un stand

Posté par admin le 5 septembre 2010

Mr Vallini, président du conseil général de l’Isère et grand porteur du projet de Center Parcs de Roybon, qu’il a fait financer à hauteur de 15 millions d’euros le dit lui même ici: (vidéo intitulée foire bio à l’Albenc), « je suis là depuis 1997″. Là, c’est à dire au festival nature et environnement de L’Albenc .

Or, cette année, mr Vallini a brillé par son absence . Des personnes dans de multiples et convergents témoignages qui nous ont été faits sur le stand loué par l’association « Pour les Chambaran sans Center Parcs » et ailleurs durant cette foire bio nous en ont donné, amusés l’explication. Elle est simple et révélatrice de l’embarras du président du CGI et d’ailleurs de l’ensemble de cette structure face à la légitime et grandissante opposition de très nombreux riverains et isèrois à ce projet mégalomaniaque. Opposition aussi aux outrancières subventions publiques à ce projet privé. Mr Vallini, par peur d’être interpellé par les opposants à ce projet qu’il sait de plus en plus nombreux et déterminés a préféré fuir et avait même envisagé de tout simplement, pour la première fois depuis le début de cette foire bio, supprimer le stand du Conseil Général, de peur de le voir visité par les opposants à Center Parcs.

Ainsi donc, Mr Vallini, pourtant fin politicien et redoutable débatteur reconnu, a fui le dialogue direct avec des opposants issus de la société civile et porteurs d’une légitime colère contre ce projet. Projet dont il a imposé au conseil général mais aussi au conseil régional Rhone-Alpes avec l’aval de son camp politique, et les félicitations de l’UMP la réalisation et l’acceptation des subventions publiques exigées par le promoteur, la société Pierre et Vacances.

Depuis quelques temps l’embarras est palpable dans les rangs des promoteurs, initiateurs et défenseurs de ce centre de tourisme industriel . Le maire de Roybon, mr Bachasson, après avoir reçu un courrier de l’avocate récemment mandatée par l’association a fait voter dans l’urgence une  » motion de soutien » totalement inutile aux élus des communes riveraines, motion que la presse a du relayer. Mr Vallini fuit une réunion publique. Les agences immobilières ne vendent plus que timidement les cottages et L’entreprise Pierre et Vacances qui, il y a encore peu, déclarait que le Center Parcs De Roybon serait le dernier français en lance subitement et dans la précipitation un nouveau dans la Vienne après avoir mobilisé contre elle pour le même projet dans le Maine et Loire une association  qui les a vigoureusement renvoyés dans les cordes.


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Des opposants au projet de Center Parcs dans les Pays de Loire

Posté par admin le 20 juin 2010

 

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- Quelques questions et leurs réponses relevant nos griefs contre la construction du Center Parcs de Roybon

Posté par admin le 14 avril 2010

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Chronologie du projet d’installation du Center Parcs vue dans le site du DL

Posté par admin le 13 octobre 2009

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Vincent Bolloré, actionnaire « avisé » de Pierre et vacances (à 6%).Qui est Mr Bolloré ?

Posté par admin le 6 août 2009

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De l’implantation d’un Center Parcs en Isère et du choix imposé entre une forêt et sa vie sauvage et une usine à loisirs.

Posté par admin le 1 juillet 2009

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- Des ordures dans un couloir

Posté par admin le 13 octobre 2008

 

 

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