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- Jurassic Center Parcs à Poligny

Posté par admin le 23 mars 2016

Jurassic Center Parcs à Poligny

GILLES FUMEY 12 OCTOBRE 2015 

(MISE À JOUR : 13 OCTOBRE 2015)

 

Après Roybon où s’étaient affrontés les Zadistes et les partisans de l’ouverture d’un Center Parc, un nouveau projet de bulle touristique chauffée voit le jour dans le Jura.

Au moment où se prépare la COP-21, nous viennent du Jura des nouvelles alarmantes. Non pas que les dinosaures de Loulle se soient réveillés après avoir laissé leurs traces remontant à 155 millions d’années. Mais une autre espèce de dinosaures de l’action publique s’est manifestée au printemps sous la forme d’investisseurs mystérieux, habillés d’une façade respectable appelée joliment Pierre & Vacances. Cette multinationale du tourisme de masse confisque sur la planète des zones préservées remarquables (forêts, montagnes, littoraux, villes) pour ses intérêts propres et ceux d’une seule classe sociale à qui on offre le bonheur dans des bulles tropicales. La nature est mise en scène au prétexte que les touristes réclament des aires de jeu. Mais le tourisme n’est-il pas autre chose que ce que Pascal avait stigmatisé comme le « divertissement » ? Au XXIe siècle, n’est-on pas en droit d’attendre qu’il soit ce qu’il devrait toujours être : la rencontre de l’autre ?

Destination alléchante ?

Ainsi donc, le tonnerre est tombé non loin de l’abbaye de Baume-les-Messieurs d’où sont partis les fondateurs de Cluny, à Château-Chalon patrie du vin jaune, à un jet de pierres de la vigne de Pasteur à Arbois. Quel coup de tonnerre ? Une offre présentée de manière alléchante par l’homme d’affaires Gérard Brémond : une bulle tropicale chauffée à 29°C, y compris pendant les hivers où le mercure peut descendre à – 20°C. Une bulle, donc, garnie de 400 chalets en bois, nommés « cottages » dans le projet, construits dans une forêt infestée de tiques sur un plateau karstique sans eau, troué comme un emmenthal. Le tout à proximité d’une ancienne route royale devenue Nationale 5 reliant Paris à Genève et son aéroport international.

La position géographique semblait être un atout après les difficultés de Roybon (Isère) et sa forêt humide. Là, c’est tout l’inverse. Pas d’expropriation à prévoir, la ville de Poligny pouvant céder plusieurs centaines d’hectares de forêts d’un seul tenant. Pas d’espèce animale rare à protéger. Pas de concurrence sur ce créneau touristique, dans une région pourtant très peu dense où les seules villes à moins de 100 kilomètres de distance sont Dijon, Besançon, Dole, Lons-le-Saunier. L’absence de métropole comme bassin d’alimentation touristique ne semble pas inquiéter la société qui compte sur les Suisses pourtant peu amateurs de ce genre de loisirs et qui accélèrera la rotation des touristes deux fois par semaine, sur les Allemands voire les riches Russes.

Ayant travaillé pourtant dans le plus grand secret pendant deux années, Pierre & Vacances dévoile son plan au printemps 2014 à la population locale. Les élus (de tous bords) sont de mèche, flairent la bonne affaire avec un méga-projet qu’ils mettraient au compte de leur mandature. Quasiment aucune contestation publique n’a été faite avant la réunion de la commission nationale du débat public dont les travaux ont été clos en septembre 2015. Le Conseil général du Jura et la région Franche-Comté auront à financer une large part des 170 millions d’euros d’investissements et infrastructures, aménagements. Pour la multinationale, c’est une manière de drainer l’argent public pour des retombées très aléatoires (les principales entreprises de tourisme en France sont actuellement en surcapacité et voient leur chiffre d’affaires global baisser). Le prix des bungalows est largement surévalué et d’une pérennité douteuse. Pierre & Vacances rend captifs ses partenaires qui ne peuvent se retirer une fois le contrat signé, sauf à accepter une perte financière lourde. Les partenaires sont les propriétaires des cottages et les collectivités qui ont les équipements. Pierre & Vacances n’est jamais propriétaire, seulement exploitant et gérant des baux commerciaux. Les risques ne sont pas partagés mais endossés seulement par les collectivités et les particuliers.

Les emplois créés ex nihilo se monteraient à 300, soit 220 ETP (équivalent temps plein). Une paille, vu la hauteur de l’investissement. Les types de contrats de travail concernent donc beaucoup de travail à temps partiel, peu qualifié, précaire, faiblement payé (dans d’autres Center Parcs, beaucoup sont à 9 quelques heures par semaine, le week end le plus souvent, offrant l’équivalent d’un salaire permettant juste d’amortir le déplacement pour aller au travail).

Développement non durable

L’incantation du développement durable ne vaut pas cher. Pierre & Vacances passe des accords en 2013 avec TUI qui pratique le low cost aérien. En 2014, il lance une campagne de communication avec un camion de vente tracté sur la neige en haut des pistes de La Plagne pour y vendre des sodas et des burgers. Le même camion a été monté sur radeau tiré en mer pour la campagne 2015. Tous les sites de Pierre & Vacances participent à l’artificialisation des sols qui nie le capital agricole, leur rôle dans la régulation du climat et des précipitations en particulier. Quelle peut être la relaxation dans un espace clos où tout est artificiel et… se réclame pourtant de la nature ? Dans le Center Parc des Trois Forêts (Moselle), on compte 357 plantes d’origine cambodgienne. Où est l’utilité écologique de ces serres dans des régions de climat continental ? Certains villages et bourgs s’inquiètent, à juste titre, de l’origine de l’eau nécessaire au fonctionnement du projet. D’où viendra-t-elle ? A quel coût ? Avec quelles conséquences ?

Parler de développement durable alors que le patron de Pierre & Vacances a soixante dix-neuf ans, est-ce pertinent ? Que deviennent les orientations de Gérard Brémond lorsque ses successeurs seront à la direction ?

Des projets alternatifs ?

La commission nationale du débat public a mobilisé beaucoup de monde. Présidée par Claude Brévan, une personnalité de haute qualité qui a su interroger les initiateurs du projet et les associations, elle a permis de mettre les questions sur la table et de mettre les politiques au même niveau d’écoute que les citoyens. Une association s’est constituée avec la ferme intention d’aboutir à mettre en chantier des projets de territoire basés sur une charte, ciblant l’eau, les services aux personnes âgées, le développement de l’agriculture biologique. Wait and see, comme on dit. Mais la tension est forte dans la région. Les zadistes sont prêts à intervenir s’il le faut.

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Pour en savoir plus : une association très active, le Pic Noir

Geographica a publié sur les bulles tropicales dans le monde

Source:
http://www.okawan.com/actualites/monde/jurassic-center-parc-a-poligny,157523979,GO

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- Un an après le drame de Sivens, le dialogue environnemental est en panne

Posté par admin le 27 octobre 2015

Un an après le drame de Sivens, le dialogue environnemental est en panne

Le Monde.fr | 26.10.2015 à 15h18 • Mis à jour le 26.10.2015 à 15h31 | Par Rémi Barroux

La mort de Rémi Fraisse, en octobre 2014 à Sivens dans le Tarn, a accéléré la réforme du dialogue environnemental.
La mort de Rémi Fraisse, en octobre 2014 à Sivens dans le Tarn, a accéléré la réforme du dialogue environnemental. REGIS DUVIGNAU/REUTERS

Un an après la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse à Sivens, dans le Tarn, tué lors d’une manifestation contre le projet de barrage par une grenade lancée par les forces de l’ordre dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, la question reste entière : comment éviter qu’un nouveau drame ne survienne à l’occasion des grands projets d’infrastructure ? De l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, au Center Parcs à Roybon en Isère, en passant par les lignes à grande vitesse dans le Sud-Ouest, les oppositions sont nombreuses.

Les réformes du débat public et le renforcement de la démocratie environnementale promises après le drame de Sivens tardent à venir. Et les débats publics autour de certains projets restent grippés.

Bon ou mauvais projet

« Un mauvais projet doit être arrêté rapidement […] et un bon projet doit être mené à bien rapidement », avait assuré le chef de l’Etat lors de la conférence environnementale, le 27 novembre 2014.

Mais qu’est-ce qu’un bon ou un mauvais projet ? Des procédures existent déjà pour évaluer les impacts environnementaux, sociaux et économiques. L’enquête d’utilité publique, lancée par le préfet, d’une durée minimum d’un mois, permet en principe d’informer et de consulter le public à partir d’une étude d’impact. Elle débouche généralement sur une déclaration d’utilité publique, la DUP.

De nombreux dossiers font aussi l’objet d’une saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP), créée par la loi Barnier du 2 février 1995, sur la protection de l’environnement. Cette autorité administrative indépendante a pour mission « d’informer les citoyens et de faire en sorte que leur point de vue soit pris en compte dans le processus de décision ». Quand le coût de ces équipements (création d’autoroutes, de lignes ferroviaires, de voies navigables, d’installations nucléaires, d’aéroports, de gazoducs, de barrages hydroélectriques, d’équipements industriels, sportifs, culturels, scientifiques ou touristiques) dépasse les 300 millions d’euros, la saisine du CNDP est automatique.

Enquête défavorable

Mais ces outils de la démocratie environnementale sont en panne. Les projets de ligne à grande vitesse, dans le cadre du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), par exemple, ont fait l’objet d’avis défavorables des commissions d’enquête, en mars 2015, doutant notamment de leur « utilité publique ». De son côté, la Cour des comptes avait émis des doutes sur la rentabilité financière de l’ensemble, dès l’automne 2014. Résultat : le 26 septembre, le ministre des transports, Alain Vidalies, a annoncé la validation de ce projet de lignes à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse.

Le sénateur socialiste (Val-d’Oise) Alain Richard, animateur de la Commission sur la modernisation du droit de l’environnement et chargé, en février 2015 par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, de conduire les travaux d’une « commission spécialisée sur la démocratisation du dialogue environnemental », n’est, lui, pas choqué par ce scénario.« L’opportunité d’une ligne TGV n’est pas régie par des textes réglementaires, cela reste à l’appréciation des pouvoirs publics, y compris en surmontant des objections, explique-t-il. Nous ne travaillons pas sur une réforme de la Constitution : c’est le gouvernement qui gouverne et prend ses responsabilités. »

Lire aussi : Les opposants de Notre-Dame-des-Landes, Sivens… reçus au ministère de l’écologie

Cette commission sur la démocratisation du dialogue a présenté ses conclusions en juin. Alain Richard propose notamment d’organiser des procédures de « concertation en amont » sur des préprojets, avant que tout ne soit décidé.

Le président de la CNDP, Christian Leyrit, ingénieur général des Ponts, des eaux et forêts, n’est pas le dernier à déplorer l’inefficacité du dispositif actuel. A l’occasion de plusieurs débatsmenés par cette autorité, il a constaté l’impossibilité de faire évoluer les projets, y compris quand ceux-ci étaient contestés.

image: http://s2.lemde.fr/image/2015/10/26/534×0/4797204_6_c576_les-grands-projets-d-infrastructure-mettent_41a66dd9e1454840ac2accebca9269c7.jpg

Les grands projets d'infrastructure mettent souvent des années à se réaliser, comme à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), ce qui rend inefficaces les concertations et le dialogue.

Les grands projets d’infrastructure mettent souvent des années à se réaliser, comme à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), ce qui rend inefficaces les concertations et le dialogue. ALAIN JOCARD / AFP

« Impératifs de confidentialité »

Le cas du parc éolien en mer de Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime), dont les conclusions du débat ont été présentées au public le 1er octobre, est emblématique. La zone maritime retenue pour ce parc de soixante-deux éoliennes est identique à celle qui avait fait l’objet d’une forte opposition des pêcheurs lors d’un précédent débat public en 2010. « C’est d’autant plus incompréhensible que des concertations approfondies avec les pêcheurs ont permis de trouver des solutions acceptables par tous », écrit M. Leyrit dans ses conclusions.

Dans le cadre de ce débat, la préfecture maritime n’a pas été en mesure, écrit le président de la CNDP, d’indiquer les modalités de la pêche ou son interdiction à l’intérieur du parc. En outre, le maître d’ouvrage n’a pas apporté les éléments économiques et financiers relatifs à son offre, invoquant des « impératifs de confidentialité liés au contexte concurrentiel ». Christian Leyrit prévient donc pour sa part qu’il ne « fera plus de débat dans de telles conditions, où l’on ne peut rien changer, où tout est décidé ».

Autre dossier : les conclusions de deux débats publics sur des projets de Center Parcs, au Rousset (Saône-et-Loire) et à Poligny (Jura), vont être présentées le 3 novembre. Là aussi, les oppositions ont été virulentes. Là aussi, l’information et la confrontation entre les protagonistes ont montré leurs limites. « Un débat public doit porter sur l’opportunité du projet, or un projet de Center Parcs est peu malléable : il correspond à un modèle clés en main peu susceptible d’intégrer les demandes de modifications des citoyens », conclut la CNDP. L’impression de« passage en force » prévaut encore.

Lire aussi : Grands projets : après le drame de Sivens, un rapport dessine les contours de la « démocratie environnementale »

Les associations de défense de l’environnement n’apprécient guère ces contradictions entre la volonté affichée de dialogue du gouvernement et la réalité. France Nature Environnement (FNE) a ainsi boycotté la dernière réunion de la commission Richard, le 14 octobre, qui devait discuter des projets d’ordonnance sur la réforme du droit environnemental. « Pendant que l’on discute dans cette commission, des décisions contraires à l’esprit du dialogue sont prises par le gouvernement, par exemple sur les lignes TGV dans le Sud-Ouest. Manuel Valls sait-il seulement ce que veut dire dialogue ? », s’insurge Denez Lhostis, président de FNE.

« Ce processus peut paraître assez long, mais le fait est que le ministère de l’écologie veut faire évoluer le dialogue environnemental, justifie Laurence Monnoyer-Smith, commissaire générale au développement durableC’est un travail de fond et complexe. »

Conflit entre l’intérieur et l’écologie

Un projet de décret de réforme de l’autorité environnementale en région est toujours en phase de rédaction. Il prévoit de transférer celle-ci à une autorité indépendante, alors que le préfet l’exerçait jusqu’alors. Mais ce dernier, dans nombre de dossiers, est aussi maître d’ouvrage, d’où de possibles conflits d’intérêts ou l’impossibilité de réaliser des médiations entre deux positions opposées. Pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne, la France doit réformer ce système.

Mais, explique-t-on au ministère de l’écologie, les préfets et le ministère de l’intérieur ne voient guère d’un bon œil la perspective d’être dessaisis de cette prérogative. « L’indépendance de cette future autorité ne peut pas être discutée, et le préfet reste une autorité déconcentrée de l’Etat », explique Mme Monnoyer-Smith.

Les ordonnances et le décret devraient être publiés au début de l’année 2016. Ces nouveaux textes ne changeront donc rien s’agissant des dossiers déjà en cours. « L’effet modérateur qu’apportera cette réforme de la démocratie environnementale profitera aux projets qui sortiront dans les prochaines années », précise le sénateur Alain Richard.

Lire aussi : Le durcissement des conflits environnementaux

  • image: http://s2.lemde.fr/image/2014/06/18/24×24/1100512568_4_1f25_14030869959977-barroux-remi-international-201311_9da4b56e167bdda45ad0200f7f89db1e.jpg

      Rémi Barroux
    Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/26/un-an-apres-le-drame-de-sivens-le-dialogue-environnemental-est-en-panne_4797205_3244.html#L75Sui2BsPlUj7Bd.99

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- Appel à manifester en mémoire de Rémi Fraisse et à dénoncer les violences d’État

Posté par admin le 14 octobre 2015

Nous relayons:

Appel à manifester en mémoire de Rémi Fraisse et à dénoncer les violences d’État

lundi 12 octobre 2015 par anonyme

[Infos locales] [Répression / Contrôle social] [Révoltes / Luttes sociales]

Le 26 octobre 2014, les provocations des forces de l’ordre à l’encontre des opposants au barrage de Sivens se soldèrent par la mort de Rémi Fraisse. Le rapport d’enquête de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) concluait quelques semaines plus tard qu’« en l’état des informations recueillies au cours de cette enquête, et au plan administratif [...], l’IGGN ne dispose pas d’éléments permettant de caractériser une faute professionnelle ». Mais l’enquête judiciaire déterminera-t-elle la responsabilité des décideurs d’avoir autorisé l’utilisation des grenades offensives pour maintenir l’ordre de cette obsessionnelle guerre économique qu’on nous demande fanatiquement de mener contre toute raison ? Car il s’agit bien pour ceux-là de l’ordre économique actuel qu’il faut maintenir.

Le 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy, lors de son discours haineux de Grenoble, en appelait à une plus grande fermeté envers les délinquants « d’origine étrangère » menaçant les honnêtes travailleurs français et légitimant le recours à des mesures législatives et des moyens matériels toujours plus importants et sécuritaires envers les immigrés. Mais il fallait être bien naïf pour ne pas comprendre qu’on visait ici à durcir la répression non seulement contre le mauvais immigré qui ne s’intègre pas, mais aussi pour « liquider l’héritage de mai 68 » et la contestation, de manière plus générale.

Le 21 octobre 2010, durant la manifestation contre la réforme des retraites, les forces de l’ordre encerclaient pendant plusieurs heures la place Bellecour à Lyon puis sélectionnaient au faciès les individus ayant le droit de quitter la place ou non. C’est sous le gouvernement Hollande que les pompiers grenoblois furent traités avec mépris durant le mois de décembre 2013 alors qu’ils s’opposaient à l’augmentation du temps de travail qui leur a été imposée. Durant ce mouvement, un pompier gréviste perdit un œil à cause d’un tir de flash-ball ; le tireur et ses responsables ne furent jamais inquiétés par la justice. Il faut aussi compter la grandiloquence des moyens employés pour déloger les occupants dénonçant les Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII) : 1200 gendarmes et policiers, 2 hélicoptères pour évacuer la ZAD de Notre Dame des Landes le 16 octobre 2012 et 500 autres le 23 novembre 2012 ; 300 gendarmes pour évacuer une vingtaine de personnes à la ZAD de Sivens le 6 mars 2015 (selon le site Le Monde.frdu 6 mars 2015). Régulièrement la force est employée de manière musclée pour évacuer certains squats comme au 51 rue des Eaux-claires à Grenoble le 30 mai 2015 et quelquefois de manière illégale comme pour l’évacuation de « Garave », le 8 août 2015 à Fontaine, près de Grenoble.

Mais c’est surtout dans le silence médiatique que la police tue régulièrement, de préférence dans les quartiers populaires. C’est là que le racisme refoulé des policiers peut se lâcher en toute légitimité puisque le gouvernement et les médias de masse y ont fabriqué l’image type du « délinquant », comme ce fût le cas pour Amadou Koumé le 6 mars 2015, Mehdi Bouhouta le 3 septembre 2015 et bien d’autres auparavant. En quatre décennies, entre 500 et 1 000 personnes auraient ainsi succombé, directement ou indirectement, des suites d’une opération de police, selon le lien : http://www.bastamag.net/Bavures-policieres-mortelles.

Les dérives à cette idéologie sécuritaire ne se sont pas faites attendre non plus. Nos élus locaux, en n’hésitant pas à réduire les divers opposants aux GPII à des « Khmers verts », « djihadistes verts » ou « minorité agissantes », ont stimulé les plus aliénés au système à s’organiser en milices agissant de façon autonome sous le regard bienveillant des forces de l’ordre. Ce fut le cas dans le cadre de l’opposition au barrage de Sivens où durant une semaine des adhérents à la FNSEA firent le siège de la ZAD et s’en prirent physiquement aux opposants au projet. De même concernant l’opposition au Center Parcs dans les Chambarans où les opposants durent faire face à des agressions physiques, des jets de cocktail molotov incendiant une construction et des véhicules et un déluge d’insultes sur les réseaux sociaux incitant à la violence et au meurtre. Dans un contexte un peu différent, cette dérive incite aussi à exprimer ses idées fascisantes comme ce fut le cas récemment lors de l’expulsion par des riverains d’une famille Rrom qui avait trouvé refuge dans une maison inhabitée de la commune de Saint Martin d’Hères.

Parce que la mort de Rémi Fraisse ne doit pas tomber dans l’oubli, parce que les forces de l’ordre ont toujours été la main armée des gouvernants quels qu’ils soient, parce que nous refusons ce monde tel qu’il se construit, nous vous appelons à venir manifester le 24 octobre 2015 à 14 h au Jardin de Ville à Grenoble. Après la manifestation : projection du film « La résistance respire » sur la lutte contre le barrage de Sivens.

Collectif grenoblois de soutien à la ZAD des Chambarans

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- Message du Collectif jurassien d’opposants à Center Parcs lu à la Marche des possibles, à Grenoble, le 2 mai 2015

Posté par admin le 12 mai 2015

Message du Collectif jurassien d’opposants à Center Parcs lu à la Marche des possibles, à Grenoble, le 2 mai 2015

Bonjour à toutes et à tous,

Nul besoin d’un historique très long : dans le Jura à Poligny, comme au Rousset en Saône-et- Loire, Pierre & Vacances précise ses ambitions pour et sur nos territoires ― sur nos vies. Ici comme là-bas, le tourisme de masse tente d’étendre son territoire et ses logiques.

Voilà quelques mois, l’association le Pic Noir — qui regroupe des citoyens du secteur de Poligny — a commencé à demander des éclaircissements, puis exigé « du débat » autour de la possible création d’un futur Center Parcs. Si sa démarche affichait une certaine neutralité dans un premier temps ― ses demandes étant cantonnées à la possibilité d’être informée afin de se forger une opinion ―, elle a progressivement affirmé une opposition résolue à ce projet. Ainsi, un travail de collecte d’informations, de diffusion de contre-informations, d’organisation de réunions publiques a été mené par cette association.

Ce travail a sans doute permis de mettre une certaine pression sur le groupe Pierre & Vacances, qui ne souhaitait pas réitérer les erreurs stratégiques faites dans les Chambarans, et a sollicité la Commission nationale du débat public (CNDP) en 2014. Cette dernière a nommé une Commission particulière unique pour les deux sites du Rousset et de Poligny. Elle est donc en charge depuis le 23 avril d’organiser le « débat » jusqu’en juillet prochain. Sachant que Pierre & Vacances souhaite attaquer les travaux en 2017 pour ouvrir en 2019 ses deux nouveaux Center Parcs, on comprend mieux la nécessité pour eux d’en passer par l’illusion du débat pour en finir au plus vite, et passer enfin aux choses sérieuses…

Notre sentiment est que cette Commission est en réalité un instrument visant à la modification à la marge du projet dans le seul but de le rendre acceptable. Sa présidente Claude Brévan ne déclare-t-elle pas le 23 avril dernier (Le Progrès) que « l’objectif du débat est d’informer les gens et de leur permettre de réagir assez tôt aux éventuels problèmes, puis de faire des suggestions pour améliorer le projet » ?…

De notre côté, nous ne sommes pas là pour ça, et nous ne nous faisons aucune illusion sur la pertinence de ce débat « encadré », dont les manières, les sujets et le calendrier sont exclusivement aux mains d’une structure commanditée par Pierre & Vacances. Cette Commission définit le périmètre de la pensée et de la parole, les protocoles, en fait respecter « la charte » (cf. le site de la Commission : http://cp-poligny.debatpublic.fr). Elle veut en maîtriser le temps et les usages.

Nous souhaitons rappeler à toutes fins utiles que la possibilité du débat public n’a pas attendu ― et n’a pas à attendre ― un promoteur à qui l’État donne discrètement la main, pour avoir lieu. Ce cadre n’est pas le nôtre, et le périmètre du débat est pour le coup notoirement sous-dimensionné.

Selon nous, la lutte contre Center Parcs ne peut se dissocier d’une réflexion et d’une action plus larges sur les questions du travail, du chantage à l’emploi, de la croissance. Refuser Center Parcs, c’est aussi, collectivement, s’autoriser à interroger l’utilité ou la nocivité de ce travail, de son sens, de sa finalité. À Poligny, il ne s’agit pas tant de dénoncer le risque de mise en danger d’un espace protégé ― ou à protéger ―, que de soulever ces questions. Pierre & Vacances ne s’y est d’ailleurs pas trompé : la parcelle qu’il convoite se trouve hors zone Natura 2000, hors ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique), et ne laisse pas le moindre espoir de zone humide à brandir face aux engins de chantier. Mais quand bien même ce serait le cas, n’aurions-nous que cela à leur reprocher ?

Par ailleurs, cette parcelle de forêt est presque exclusivement composée de sapins plantés sur un sol acidifié par des décennies de monoculture obéissant à une gestion industrielle de la forêt. Autour du Fied, les tumulus et les murets de pierres sèches n’ont pas attendu Pierre & Vacances pour disparaître sous les assauts des pelles mécaniques et des subventions à une agriculture productiviste. Ce sont ces logiques déjà à l’œuvre que nous dénonçons aussi dans cette lutte. Center Parcs n’est pas seulement une menace, c’est la consolidation et l’intensification d’un monde marchandisé et artificialisé, dans lequel nous n’avons pas ― et ne voulons pas ― de place.

Fin avril, le représentant de Center Parcs expliquait que le choix de cette parcelle de conifères correspondait aussi au fait qu’il jugeait inenvisageable d’imposer à sa clientèle la présence d’arbres défeuillés durant plusieurs mois d’hiver, rappelant son souci de « l’habillage arbustif ». Nous voulons redire à Pierre & Vacances ― pour qui la nature est un habillage, un décor, un support commercial ―, que nous ne voulons pas habiter, fréquenter, travailler, façonner, vivre et subir un monde dans lequel l’eau coule à 29° toute l’année, et dans lequel les arbres ne perdent plus leurs feuilles pour raison de marketing appliqué aux loisirs. Ce monde est stérile, mort. Il n’a pour nous aucun attrait. Nous n’en voulons pas ; même contre la promesse d’y trouver trois cent emplois ― précaires de surcroît ―, ni même contre l’assurance d’y manger ou d’y écouler des produits locaux, bio, entre deux panneaux solaires.

C’est aussi la raison pour laquelle nous n’en appelons pas au développement durable face à Pierre & Vacances. Leur vocabulaire transpire le capital, ils sont le développement durable. Nous ne reconnaissons pas le périmètre vert de la tête de gondole du capitalisme comme pertinent pour tenter de le mettre en échec. Ce périmètre est défini pour nous par les gestionnaires et, à leur suite, par des élus zélés qui s’empressent de nous en vanter les mérites. À l’intérieur de celui-ci, nous ne respirons pas, nous suffoquons : le grillage ne convient pas à nos vies. Nous ne voulons plus nous ressourcer, mais comprendre, et dire pourquoi le travail nous y contraint.

Contrairement à ce que nous rabâchent les communicants de Center Parcs à Poligny, ce projet n’est pas celui de la population, mais le leur, et nous réfutons l’idée que nous soyons tous sur le même bateau, et l’idée selon laquelle nous pourrions ― ou devrions ― co- construire ce projet ensemble. Les salariés qui travaillent pour Center Parcs le savent, ils ne seront jamais ses « collaborateurs » ― comme on nous l’a martelé à longueur de discours à Poligny ― mais ses obligés, parfois ses esclaves. Nous savons d’ores et déjà ― n’en déplaise au président de la CNDP, qui n’imagine pas qu’on puisse avoir une idée toute faite avant la fin du «débat» ― qu’avec Center Parcs, on n’a pas seulement affaire avec des « développeurs » et des « exploitants », comme ils aiment à se qualifier, mais bien plutôt à des développants et des exploiteurs.

Certes, nous ne voulons pas bosser pour 320 euros par mois, mais nous voulons avant tout reprendre la main sur le sens que nous donnons à nos métiers, et à nos vies. Pour cela, nous sommes légitimes sans autre forme de procès (ou de commission).

À un univers clos, aseptisé, climatisé à 29°C, nous préférons le givre, les doigts gours dans les gants mouillés. Au confort de la bulle qui progresse à coup de bulldozers, nous opposons, parfois à tâtons, la possibilité d’une marche. Au travail obligatoire, nous préférons tenter l’autonomie. À l’exutoire, nous préférons la liberté. Center Parcs est l’émanation d’un tourisme doux ? Alors, qu’il gèle à Pierre fendre ! Nous n’avons chaud que de nous tenir ensemble, sur les ZAD … et ailleurs ― avec les gens d’ici … et d’ailleurs.

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- Center Parcs et ZAD : Roybon, un village coupé en deux

Posté par admin le 12 mai 2015

par Laurent Burlet | 11 mai 2015


Depuis cinq mois, quelques hectares de la forêt de Chambaran, à 60 kilomètres de Grenoble, sont occupés par des militants opposés à un projet de Center Parcs. La présence de ces zadistes a mis le village de Roybon sous tension, coupé entre pro et anti-Center Parcs. Reportage.

center-Parc-Oui-Non-Rue89Lyon

Grande rue de Roybon, 1 300 habitants, un vendredi d’avril. Deux femmes discutent sous le soleil matinal. L’une est retraitée, l’autre est enseignante dans un lycée professionnel de Beaurepaire à 25 kilomètres de Roybon. Les deux ont accroché un petit panneau « Oui à Center Parcs », sur un carreau d’une fenêtre pour l’une et sur un bout de volet pour l’autre.

« Comme tout le monde ici », disent-elles.

Dans cette rue étroite du principal bourg des Chambaran, en Isère, on affiche son soutien à l’énorme projet immobilier et touristique porté par le groupe de loisirs Pierre et Vacances.

Ce plateau fortement boisé culmine à 700 mètres d’altitude entre le Vercors et la Drôme des collines. C’est là que devrait ce construire un nouveau village vacances Center Parcs.

« Et encore, disent-elles, avant il y avait beaucoup plus de choses affichées. Il y avait aussi des ballons. »

Mais le mauvais temps a eu raison de ces décorations remplacées un temps par les guirlandes de Noël.

« Et les zadistes sont venus en arracher », ajoute la retraitée.

Dans le bourg, on ne dit pas qu’on est contre le Center Parcs

Le Center Parcs : un investissement de 387 millions d’euros
Ce projet doit accueillir en 2017, sur 200 hectares de la forêt de Chambaran (à Roybon), un millier de cottages, des commerces et des restaurants autour de l’«Aquamundo», une bulle transparente maintenue à 29 degrés avec piscine.
Cela représente un investissement de 387 millions d’euros porté par la société Pierre et Vacances.

Et c’est parti pour une énumération de ce que font et sont ces zadistes qui squattent dans la forêt, à trois kilomètres de chez elle. « On l’a vu sur M6 », précisent les deux voisines, en faisant référence aureportage d’« Enquête exclusive » de mars dernier réalisée en caméra cachée.

Ils sont « drogués », « alcoolisés », « ils siphonnent les réservoirs des véhicules », « ils sont sales ».

« Les femmes ne se lavent pas et leurs chiens mangent leurs crottes », finit la retraitée.

« Une collègue m’a dit qu’ils donnaient des Kinder aux enfants », croit savoir Edith, l’enseignante, qui trouve cela manifestement suspect. Et qu’on ne leur parle pas d’un éventuel dialogue ou rencontre avec eux : « On n’en veut pas ».

« Mon visage est connu, tient à préciser l’enseignante. Ils prendraient ça pour une provocation. Et j’ai déjà reçu des insultes sur Facebook ».

Les deux voisines ont participé aux deux manifestations de décembre contre les zadistes et pour soutenir le projet de Center Parcs, provisoirement à l’arrêt depuis une décision du tribunal administratif de Grenoble.

L’enseignante avance l’argumentaire pro-Center Parcs, qui tourne essentiellement autour des emplois qu’un tel projet touristique pourrait générer, alors que le « village se meurt », parlant des fermetures en décembre de la perception et du collège l’année dernière :

« Quand je me suis installée avec mon compagnon dans le village, il y a trois ans, on était le plus jeune couple. On avait 25 ans ».

Edith, enseignante et habitante de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Edith, enseignante et habitante de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

A dix mètres, un homme discute avec le curé du village. « C’est un contre, lui, là-bas », glisse la retraitée.
Renseignements pris, cet habitant se définit d’abord comme « mitigé » avant de concéder qu’il est plutôt contre. Dans le bourg, on ne dit pas qu’on est contre le Center Parcs.

« Ici, l’immense majorité des Roybonnais sont « pour », affirme le curé. Ils voient un village qui s’étiole avec des magasins qui ferment et des gens qui déménagent. Le plus gros employeur reste l’EPHAD ».

 

« La communiste » qui donne à manger aux zadistes

Dans la rue principale, passe alors une voiture grise conduite par une vieille dame.

« C’est elle ! s’emporte la riveraine retraitée, elle donne à manger aux zadistes. Elle les a fait venir ».

Quelques heures plus tard, nous avons rencontré cette personne, Michelle Pistone, qui habite juste au dessus de la grande rue.

Michelle Pistone, chez elle, dans le bourg de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Michelle Pistone, chez elle, dans le bourg de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Les travaux suspendus par le tribunal de Grenoble
Le 23 décembre, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l’arrêté du 3 octobre 2014 du préfet de l’Isère qui avait délivré une autorisation « loi sur l’eau » à Pierre et Vacances pour la construction d’un Center Parcs sur la commune de Roybon (en Isère).
Sur le fond, le juge des référés a surtout considéré que les mesures compensant la destruction de l’environnement propre à cette zone des Chambaran étaient insuffisantes :
« [le tribunal] a estimé qu’un doute existait quant à la suffisance des mesures prévues par l’arrêté pour compenser la destruction de zones humides qu’entraînera la réalisation du projet ».
Cette décision du juge des référés a stoppé les travaux qui avait déjà du mal à avancer du fait des zadistes.
Une quarantaine d’hectares a quand même été défrichée (environ la moitié de ce qui est prévu).
La décision sur le fond est attendue en juin prochain.

Dans le village, cette ancienne institutrice de 80 ans est connue comme « la communiste ». Mais cette étiquette ne lui convient guère. Elle trouve que ça fait trop « stalinien » alors qu’elle se sentirait plutôt « libertaire ». Elle était militante de l’École émancipéequand elle enseignait dans un village des environs de Roybon.

« C’est grâce aux militants des années 70/80 que la région n’est pas devenue un désert scolaire. Parents d’élèves, élus, enseignants, syndicalistes ouvriers ont empêché de nombreuses fermetures de classes. On avait même réussi à faire rouvrir une école : celle de Murinais qui existe toujours. »

Elle fait partie des rares Roybonnais à afficher publiquement son opposition au Center Parcs.

Elle est de toutes les réunions publiques et se fend notamment de nombreuses lettres aux élus du maire au président du département de l’Isère. Et, oui, elle conduit quelques fois trois kilomètres pour rendre visite aux zadistes en leur apportant de la nourriture.

« En faisant mes courses, j’ai dit au gérant du Petit Casino que, grâce aux zadistes, il améliorait son chiffre d’affaires ».

La réputation de la militante était faite. Depuis, elle a arrêté de monter de la nourriture constatant que d’autres leur apportaient déjà de la nourriture.

« Je dis toujours bonjour même si certains ont arrêté de me saluer. On sent de la hargne mais c’est surtout de l’ignorance. Les gens devraient monter voir les zadistes, qui pourraient leur offrir du muguet ».

Depuis l’installation des zadistes, elle regrette que le terrain soit laissé aux « pro ». Elle préfèrerait que les manifestations contre le Center Parcs se déroulent ici et non pas à Grenoble, comme la dernière en date, le 2 mai.

« Avec mon cousin, on ne se parle plus »

La route s’élève en direction du bois des Avenières squatté actuellement par les zadistes. Un petit kilomètre avant d’arriver, les panneaux et banderoles affichent d’autres orientations :

« Zadiste, continue le combat » ; « Non au Center Parcs »

Les anti-Center Parcs : contre la destruction de l’environnement
Le principal argument développé est celui de la préservation de la nature. Les « anti » défendent surtout une zone humide, berceau notamment d’une rivière, l’Herbasse, qui coule dans la Drôme voisine. Selon eux, le Center Parcs risque de mettre en péril la ressource en eau.
Ils s’appuient sur l’avis défavorable rendu par la commission d’enquête publique « loi sur l’eau » qui estime que 110 à 120 ha de zone humide (au lieu des 70 ha avancés par Pierre et Vacances) seront détruites ou impactés par le projet.

Si le Center Parcs voit le jour, cette petite route de campagne où l’on croise à peine une voiture dans la matinée sera empruntée par 4 000 à 5 000 véhicules les jours des chassés-croisés.

C’est ce que redoutent les riverains qui affiche leur opposition au projet de Pierre et Vacances. Ils forment les opposants historiques. Ils acceptent de nous parler si nous leur garantissons de ne pas citer leurs noms. Mais dans un village où tout le monde se connaît ou presque, l’anonymat reste très relatif. Ces « anti », membres fondateurs de l’association « Pour Chambaran Sans Center Parcs » (PCSCP), sont fatigués des tensions qui règnent dans le village.

« Quand nous descendons faire les courses, on ne nous répond plus quand nous disons bonjour ».

Pour leur retraite, le couple a retapé la ferme familiale. Lui ne se voyait pas habiter ailleurs après une vie active passée à l’aéroport de Grenoble, dans la plaine de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, à 40 minutes de là. Il est amer :

« Avec mon cousin, qui est premier adjoint, on ne se parle plus. On nous accuse de vouloir faire mourir le village. C’est faux de dire que Roybon se meurt. La population ne baisse pas et le chômage est moins important ici qu’au niveau national. Des gens habitent ici, au calme, et vont travailler à une vingtaine de kilomètres à Saint-Marcellin ou la Côte-Saint-André ».

Sa femme ajoute, en boucle :

« Je n’aurais pas cru qu’on en arrive là. Ça va laisser des traces ».

Et la réconciliation ne se fera pas sur le dos des zadistes. Ce couple comprend leur action. Mais c’est chacun chez soi :

« Je sais qu’on nous accuse de les avoir fait venir. Ce qui est totalement faux. On ne les nourrit pas. On ne veut pas mettre de l’huile sur le feu. On ne veut pas être accusé de les aider ».

Contacté, le président de l’association PCSCT, Stéphane Péron, qui habite la commune voisine de Montrigaud (dans la Drôme) précise la position officielle :

« Notre ligne de conduite est de ne pas entrer sur le terrain, propriété de Pierre et Vacances. Nous, on va devant les tribunaux ».

Cette posture n’empêche pas l’association de faire des communiqués de presse qui sont, dans le contexte local, interprétés comme autant de signes de soutien aux zadistes.

Les « bannis » de Roybon

Pour rencontrer un opposant historique qui accepte de parler à visage découvert, il faut redescendre la route de la ZAD et passer le long du petit lac artificiel qui fait la joie des Roybonnais et des Hollandais, les beaux jours venus.

C’est au dessus de ce plan d’eau que Jean-Marie Brun s’est installé il y a vingt ans avec ses chevaux. Sous le nom « Cheval autrement », ce « psycho somato thérapeute » propose notamment des stages de développement personnel.

Et avec ses stagiaires, il avait l’habitude de se balader dans le bois des Avenières, là où doit s’ériger le Center Parcs.

Jean-Marie Brun, opposant au Center Parcs, a vu un des panneaux conduisant à sa maison arraché. ©LB/Rue89Lyon

Jean-Marie Brun, opposant au Center Parcs, a vu un des panneaux conduisant à sa maison arraché. ©LB/Rue89Lyon

Membre de l’association PCSCP, il a raconté tout le mal qu’il pensait du projet devant les caméras d’Envoyé spécial. Et ça n’a pas plu, au village :

« Pour mon engagement contre le Center Parcs, le maire me retire les terrains que la commune me prêtait gratuitement pour mettre mes chevaux ».

Ces soutiens, notamment sur un blog de Mediapart, évoque un « bannissement » à la manière du Moyen Âge. Ambiance.

Interrogé sur le sujet, Serge Perraud, maire de Roybon (Divers droite), affirme que c’est en raison « d’un manque d’entretien » que la mairie lui a retiré l’usage de ses terrains. La coïncidence reste troublante alors que Jean-Marie Brun occupait ces terrains depuis une dizaine d’années.

Avec le patron d’un des deux bars de Roybon, où il avait l’habitude de déjeuner avec ses stagiaires, ce n’est plus la franche camaraderie.

« Il y a quelques semaines, il m’a dit que je n’étais plus le bienvenu alors que jusque là je m’entendais bien avec lui ».

Jean-Marie Brun a dû se rabattre sur l’autre bar, au début de la grande rue, qui n’affiche pas, fait exceptionnel pour un commerçant de Roybon, un signe distinctif pro-Center Parcs. Une question de commerce :

« Je récupère tous les clients qui se font virer de l’autre bar », nous a confirmé la patronne qui n’en demeure pas moins favorable au projet touristique.

A 62 ans, Jean-Marie Brun a mis en vente sa ferme transformée en ranch. Très amer :

« La ZAD a permis deux choses bien : ça nous a fait connaître et on a pu entrer en contact avec le ministère de l’environnement qui ne nous prenait pas en considération. Mais, elle a eu des effets négatifs. Aujourd’hui, je suis devenu le bouc émissaire désigné, parce que je suis associé aux zadistes ».

 

Au Bon Roy, auberge pro-Center Parcs

Il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre dans quel camp le patron du principal bar-restaurant de Roybon se situe. Il n’y a pas seulement une imposante banderole au dessus de l’entrée. Sur le comptoir, trône une boîte pour glisser un bulletin d’adhésion à l’association pro-Center Parcs « Vivre en Chambaran ».

Au mur, des affiches égrenant les principaux arguments favorables au projet. Les autocollants se baladent au milieu des bouteilles d’alcool et des verres.

Sylvain Merle, le patron d'un des deux bars de Roybon. ©LB/Rue8Lyon

Sylvain Merle, le patron d’un des deux bars de Roybon. ©LB/Rue8Lyon

Les pro-Center Parcs : la création d’emplois
En minimisant l’impact sur l’environnement, les « pros » expliquent que le Center Parcs concerne « moins d’un demi pourcent des Chambaran » et que le bois des Avenières impacté est « sans intérêt » sur le plan des espèces végétales ou animales. Ils mettent en avant l’impact sur l’emploi. Le projet doit créer 468 emplois « équivalents temps plein » (700 personnes employées) et générer d’importantes retombées fiscales pour les collectivités locales et notamment pour Roybon : 3,2 millions de taxe locale d’équipement et 1 million de taxe foncière par an.

Sylvain Merle, lyonnais d’origine, a acheté le bar-restaurant il y a une dizaine d’années. Fort en gueule, il lance quelques qualificatifs charmants sur les zadistes : « verrues », « traîne-la-rue » ou encore « mange-merde ».

Quant autres opposants « écolos », il ne les porte pas franchement plus dans son coeur. Il assume en avoir virés quelques uns, dont Jean-Marie Brun, le créateur du ranch « Cheval autrement » :

« Je connaissais ses idées. Mais quand j’ai vu Envoyé spécial, j’ai compris qu’il était en première ligne. Il m’a pris pour un con ».

Il voit un intérêt direct dans le Center Parcs et son chantier. Pendant les trois semaines de chantier, il a augmenté « de 50% » son chiffre d’affaires avec les ouvriers qui venaient déjeuner.

En fin de journée, à l’heure de l’apéro, une poignée de Roybonnais sirotent quelques bières. Il suffit de dire qu’on est journaliste pour lancer le sujet. Il va de soi qu’« Au Bon Roy », tout le monde est « pour ». Au coeur du discours, l’emploi, une fois de plus. Le patron, Sylvain Merle, développe :

« On nous dit que le Center Parcs ne proposera que des emplois mal payés. Et alors ? Aujourd’hui, il faut faire 50 ou 60 kilomètres pour faire un Smic. Avec le Center Parcs, ce sera à trois bornes ».

« Les Roybonnais sont des Républicains, fiers d’être français »

Employé de mairie, artisan ou militaire, ceux accoudés au comptoir sont en accord sur un seul point avec les anti-Center Parcs : « ça va laisser des traces ». Un employé de la mairie décrit la situation :

« Dans les familles, certains ne se parlent plus. Les chasseurs sont divisés également car le bois des Avenières est une très bonne chasse ».

L’employé de mairie poursuit :

« La tension est montée avec l’arrivée des zadistes. Jusque là, les gens pouvaient comprendre qu’on fasse des recours contre le projet. Mais occuper un site illégalement en empêchant les forestiers de travailler, les Roybonnais ne peuvent pas comprendre. On voyait ces marginaux à la télévision. Le lendemain, ils étaient chez nous ».

Quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse à Sivens, l’installation d’une nouvelle ZAD a drainé des cohortes de journalistes de la France entière. Cette médiatisation a été décisive selon les partisans du Center Parcs.

Christian Luciani, le président de Vivre en Chambaran, l’association pro-Center Parcs, nous reçoit dans sa maison du bourg de Roybon :

« Quand les zadistes sont arrivés, tout le monde s’est levé comme un seul homme. Les Roybonnais sont des Républicains, fiers d’être français. Ils n’ont pas accepté qu’on viennent chez eux leur dicter ce qu’ils doivent faire en remettant en question l’Etat de droit ».

Christian Luciani, président de l'association "Vivre en Chambaran". ©LB/Rue89Lyon

Christian Luciani, président de l’association « Vivre en Chambaran ». ©LB/Rue89Lyon

Cet architecte, arrivé à Roybon il y a quelques années, pointe une fois de plus le reportage d’Envoyé spécial qui a été « très mal vécu par la population » :

« Les habitants on eu l’impression d’être mal traité par les médias. Nous avons accéléré la mobilisation. Il fallait qu’on parle de nous ».

Le reportage, en donnant largement la parole aux opposants historiques montre surtout comment le précédent maire de Roybon a anticipé l’arrivée du Center Parcs en endettant fortement la commune.

« La gendarmerie tenait certains barrages et nous d’autres »

La ZAD a été installée le 30 novembre, après une manif des anti-Center Parcs. Début du mois de décembre, l’association Vivre en Chambaran et la mairie, main dans la main, faisaient distribuer des petits drapeaux « oui au Center Parcs » tandis que Pierre et Vacances déployait une communication de crise, essentiellement via un site Internet, pour diffuser ses arguments.

Pour montrer « l’adhésion populaire au projet », deux manifestations, les 7 et 14 décembre, ont été organisées, rassemblant à chaque fois entre 1 500 et 2 000 personnes. Pour faire le nombre, les employés des entreprises de BTP et du bois du coin ont été conviés, tout comme l’ensemble des élus du territoire, écharpes en bandoulière.

C’était au moment où les actions des zadistes étaient quotidiennes pour bloquer les travaux de déboisement (avant la décision du tribunal de Grenoble). Christian Luciani décrit ce qu’il qualifie de « violence des zadistes » :

« En décembre, ils ont tagué des cabanes de chantier qui servaient de base de vie aux ouvrier. Ils ont aussi cassé des voitures de vigiles et caillassé des engins de chantier. En mars, un engin forestier a été détruit, le jour où les zadistes faisaient une action ».

Une action des « pro » a marqué les esprits : l’organisation de barrages routiers le samedi 7 février alors que les zadistes organisaient un week-end militant et festif baptisé « Open barricades ».

Christian Luciani raconte :

« On a vécu ce week-end comme une provocation. On s’est dit qu’on allait empêcher leurs soutiens de monter en voiture. On était dans la légalité. Car on a fait des demandes pour bloquer les routes et la préfecture nous l’a accordée. La gendarmerie tenait certains barrages et nous d’autres ».

Cette action a été diversement appréciée. Christian Luciani affirme simplement que « tous les riverains pouvaient passer et que les zadistes ont simplement été embêtés. »

Sa presque voisine, Michelle Pistone, anti-Center Parcs historique, affirme que mêmes des « pro Center Parcs ont été choqués » :

« Des milices ont bloqué les routes. Des Roybonnais ne pouvaient plus entrer chez eux sans montrer un acte de propriété ! »

Interrogés sur le sujet, les zadistes dressent la liste des « violences subies ». L’opération de blocage des routes n’a pas été rééditée.

Chez les zadistes

Au sommet du plateau de la forêt de Chambaran, c’est le territoire des zadistes. En venant de Roybon, il faut passer devant une camionnette de gendarmes qui guettent à un kilomètre de l’entrée de la ZAD.

On arrive devant une ancienne maison forestière, la « Marquise », rebaptisée « MaquiZad », appartenant à l’ONF (Office national des forêts) et aujourd’hui squattée par les fameux zadistes.

En passant au milieu d’un amoncellement de palettes, de pneus et de banderoles annonçant la ZAD, on accède sans difficulté à cette bâtisse devenue la base arrière de la « ZAD de Roybon ». Le terrain occupé, propriété de Pierre et Vacances, est à un kilomètre de la maison forestière.

Ce jour-là, le soleil brille. Des enceintes posées sur le rebord de la fenêtre crachent des standards de la chanson française. Lessive, farniente, bricolage. Après la neige et les températures négatives, le printemps semble se dérouler tranquillement à la ZAD.

Une grande table en bois est dressée devant la maison. Nous pouvons discuter sans difficulté avec les occupants, à l’initiative de Nils, le « responsable média » de la ZAD. Une seule condition : ne pas prendre certains ou certaines en photo. Ils seraient une trentaine à squatter sur le site. Nous en croisons une dizaine.

La poignée de zadistes que nous rencontrons a parfaitement conscience de l’image détestable qu’ils ont auprès de la population de Roybon, surtout depuis le reportage de M6.

« Nous avons très peu relations avec les Roybonnais. C’est l’omerta. »

Nils dresse la liste des « violences subies » essentiellement lors du week-end « Open barricades » des 6 et 7 février derniers :

« Le jeudi, ils ont incendié la cabane de l’entrée avec un cocktail molotov. Le samedi, ils ont bloqué toutes les routes pour accéder à la ZAD. Les gens ont dû laisser leur voiture et monter à pied. Deux véhicules ont été incendiés, un 4×4 a foncé sur un copain, un autre s’est fait taper ».

Ce samedi 7 février, Rémy, un agriculteur de 40 ans de la commune de Dionay (jouxtant Roybon) roulait avec une amie en direction de la ZAD. Bloqué à un barrage tenu par les « pro », il a été reconnu par un voisin comme étant un des principaux opposants. Lui se qui se présente comme « zadiste » fait partie des trois « anti » suivis dans le sujet d’Envoyé spécial.

« C’est une personne que je connaissais qui a le plus crié. Nos enfants ont fréquenté la même école. J’ai fermé ma voiture et j’ai fait marche arrière. Le soir même, cette personne s’en est vantée sur Facebook. Je suis allé porter plainte ».

Rémy, agriculteur sur la commune de Dionay et zadiste. ©LB/Rue89Lyon

Rémy, agriculteur sur la commune de Dionay (à côté de Roybon) et zadiste. ©LB/Rue89Lyon

Dans ce contexte villageois, les zadistes ont jeté leur dévolu sur Saint-Marcellin, la petite ville du coin, à une vingtaine de kilomètres d’ici, dans la plaine de l’Isère. « Là où le dialogue est possible ».

Ils descendent de leur colline les jours de marché pour tenter de mettre en place des actions. Luna, la vingtaine, venue de la ZAD de Sivens, fait sa lessive à la main. Elle raconte :

« On a tendu un grand fil avec des feuilles pour que les passants notent ce que leur inspirait la question « faut-il travailler pour vivre ? ». Les gendarmes sont rapidement venus pour nous dire que nous n’avions aucune autorisation. Des habitants ont pris notre défense ».

Nils, zadiste, habite Saint-Antoine-l'Abbaye, à côté de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Nils, zadiste, habite Saint-Antoine-l’Abbaye, à côté de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Nils, 32 ans, d’origine belge, veut sortir de cette « urgence » dans laquelle sont les zadistes, tournés essentiellement vers la contestation du Center Parcs.

Il veut développer une idée mixant écologie, agriculture et éducation populaire. Le projet doit s’implanter dans les Chambaran, comme une alternative au gigantisme touristique. Pour le moment, il termine des études d’éducateur spécialisé en vivant en colocation à Saint-Antoine-l’Abbaye.

Saint-Antoine-l’Abbaye, terre de hippies

Saint-Antoine-l’Abbaye fait partie des plus beaux village de France. Le panneau l’indique à l’entrée du bourg. Niché contre l’abbaye du XIIIe siècle, à flanc de colline, il ne fait qu’un avec elle. A telle point qu’il en a pris le nom.

Dans le coin, la commune de Saint-Antoine est connu pour une autre raison. Au milieu des années 80, la communauté de l’Arche s’est installée dans une partie de l’abbaye, aujourd’hui entourée également de magasins de souvenirs ou de restaurants pour touristes.

L'abbaye de Sainte-Antoine, à 10 kilomètres de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

L’abbaye de Sainte-Antoine, à 10 kilomètres de Roybon. ©LB/Rue89Lyon

Cette communauté a été fondée par Lanza del Vasto, connu en France pour avoir participé à la lutte du Larzac. Celui-ci se réclamait autant de Jésus que de Gandhi.

Une cinquantaine de personnes vivent dans ce grand bâtiment, d’autres effectuent des stages (payants) sur la « communication non-violente ». A l’image de Nils, le zadiste, qui y a passé un an.

Ils ne perçoivent pas de revenu mais sont nourris, blanchis en plus d’être logés. Fort logiquement, plusieurs membres anciens ou actuels de l’Arche sont parmi les opposants historiques au Center Parcs. Parmi eux, ils sont quelques uns à avoir participé aux actions de « désobéissance civile ».

Daphné Vialan et Tchandra Cochet vivent aujourd’hui dans la communauté.

Daphné Vialan et Tchandra Cochet, deux membres de la communauté de l'Arche. ©LB/Rue89Lyon

Daphné Vialan et Tchandra Cochet, deux membres de la communauté de l’Arche. ©LB/Rue89Lyon

Daphné, 29 ans, raconte ce qu’a été sa vie pendant les trois premières semaines de décembre :

« On se mettait dans les zones de sécurité quand ils bûcheronnaient ou devant les engins. On a également arraché les piquets qui délimitaient ce qu’il fallait couper ou pas. Nous avons réussi à bloquer la déforestation ».

La moitié de la zone a quand même été défrichée. Aujourd’hui, les deux ne regrettent pas leur action. Mais ils sont inquiets de la tournure des événements. Daphné le dit :

« Aujourd’hui, j’ai envie de mettre mon énergie à pacifier les relations dans le territoire. On n’arrive pas à parler. J’ai été à une manif des « pro », je ne me suis jamais autant fait insulter. Au bar, c’est la même chose, le ton monte très vite ».

Tchandra, 27 ans, a grandi à l’Arche. Avec deux autres membres de la communauté, il a rencontré la maire du village pour faire part de son inquiétude :

« Je me sens concerné par le fait de faire descendre la tension. On veut réfléchir à la manière de vivre ensemble. La maire du village est garante de cela ».

Pour le moment, la seule chose qu’a faite la maire de Saint-Antoine en direction des « anti » est de ne pas avoir accroché une nouvelle banderole « Bienvenue au Center Parcs » que toutes les communes du coin ont suspendue.
Comme à Dionay (voir la photo ci-dessous).

Comme dans la plupart des villages des alentours de Roybon, une banderole votée par le conseil municipal. Ici à Dionay. ©LB/Rue89Lyon

Comme dans la plupart des villages des alentours de Roybon, une banderole votée par le conseil municipal. Ici à Dionay. ©LB/Rue89Lyon

A peine mise en place, la banderole avait en effet été décrochée pendant la nuit. On n’est pas à Roybon mais bien à Saint-Antoine.

La surenchère des politiques

Traits tirés, paroles hésitantes et coups de sang inattendus, le maire de Roybon, nous reçoit, en journaliste de passage. Serge Perraud, semble épuisé.

Le maire de Roybon, Serge Perraud ©LB/Rue89Lyon

Le maire de Roybon, Serge Perraud ©LB/Rue89Lyon

Les mots sont pleins de reproche contre les « médias » :

« Tous les journalistes sont venus. Même le Canard enchaîné. »

Il nous tend l’article qui relate la rumeur du coin : « les zadistes sont payés 90 euros par jour ». Dans le coup, il y aurait la Frapna (une association écologiste), les Verts et même le Front de gauche, selon le maire. Serge Perraud persiste :

« Les zadistes sont achetés. J’ai de bonnes informations. »

On n’en saura pas davantage sur ce complot. Le maire divers droite de Roybon est coutumier des déclarations fracassantes. Élu en 2014, il n’est pas homme à calmer les esprits. Pour le grand malheur des opposants qui auraient souhaité qu’il « prenne de la hauteur » puisqu’il est arrivé alors que le projet était déjà sur les rails et le permis de construire déposé.

Serge Perraud reconnaît toutefois « une mauvaise communication vis-à-vis des riverains opposés au projet » :

« On n’a pas anticipé le problème quasi personnel de quelques Roybonnais ».

Le maire nous dit qu’il n’a rien contre les opposants mais dans la phrase suivante les accuse d’être pour une grande part des « bobos écolos des villages des alentours ». Quant aux zadistes, ce sont des « khmers verts ».

Serge Perraud est à l’unisson des principaux politiques isérois (à l’exception des écolos), de droite comme de gauche, qui soutiennent mordicus le Center Parcs. Le maire de Roybon s’appuie sur la récente élection du député UMP Jean-Pierre Barbier comme conseiller départemental du canton pour affirmer que « 90% des Roybonnais sont favorables au projet ».

Malgré cette majorité soviétique en faveur du projet, Serge Perraud éprouve quand même le besoin de panser les plaies. Il tient une solution pour « rabibocher » tout le village :

« Le Center Parcs va permettre d’apaiser les tensions. Je vais pouvoir semer et faire s’aimer tout le village ».

Et si le Center Parcs n’est pas construit ? « Il se fera », persiste l’optimiste maire de Roybon :

« Pierre et Vacances va trouver toutes les solutions techniques nécessaires ».

On est prié de le croire.

Source:
http://www.rue89lyon.fr/2015/05/11/center-parcs-zad-roybon-village-coupe-en-deux/

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- Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ?

Posté par admin le 30 avril 2015

Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ?

L’idée de créer une ZAD dans la forêt des Landes de Gascogne est lancée sur les réseaux sociaux.

Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ?
Le futur Center Parcs doit être implanté en plein coeur de la forêt des Landes de Gascogne. Les compromis de vente des terrains ont déjà été signés.© 

ARCHIVES T. S.
Il n’y a pas que sur le terrain que les Zadistes s’activent. Ca bouge aussi sur les réseaux sociaux. Parmi les idées avancées, revient celle de la constitution d’une Zone à défendre à Pindères, sur les terres du futur Center Parcs. Et si tous ne semblent pas d’accord pour s’installer immédiatement dans la forêt des Landes de Gascogne, la réflexion est lancée. Un groupe Facebook, intitulé « Zad de Casteljaloux pour empêcher Center Parcs et ses bulles d’air » a ainsi été créé il y a trois jours. Il comptait déjà, ce jeudi matin, 299 membres.

« Sauver la forêt’

Ces derniers pointent du doigt la disparition de 127 hectares de forêt et dénoncent un monde « où l’argent est roi et prévaut sur les animaux, les végétaux et même les générations futures ». Ils mettent également en avant le problème de l’eau « désormais payante et en bouteilles, car polluée par l’homme, donc privatisée par l’État ». Sur ce même groupe, on s’inquiète d’une prochaine étape, où cette fois,  »ce serait l’air qui serait privatisé »… Et de prendre pour exemple celui qui nourrit les dômes des Center Parcs, chauffés à 29°C toute l’année. Dômes qui seraient gourmands en énergie et donc polluants.

 

- Lot-et-Garonne : une Zone à défendre sur les terres du futur Center Parcs ? dans Actualités
Le lieu d’implantation du futur Center Parcs.© PHOTO  »SO »

 

Des réserves

Le projet d’implantation d’un Center Parcs par Pierre & Vacances, soutenu par la Région et le Département, a déjà, en mars dernier, dû faire face à l’avis négatif du Conseil économique, social et environnemental de la région (Ceser)qui, dans un rapport, a estimé qu’il n’apporterait « aucune réelle plus-value à l’offre touristique régionale » et que les retombées, en terme d’emploi notamment, ne seraient pas à la hauteur de l’investissement.

Des critiques auxquelles les défenseurs du Center Parcs, Pierre Camani, président du Conseil départemental, et Raymond Girardi, président de la Communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne, en tête, avaient alors répondu en rappelant, notamment, que 300 emplois devaient être créés à terme sur le site.

 

1908395_531_center-pars dans Archivage brut
© PHOTO  »SO »

Source:
http://www.sudouest.fr/2015/04/30/lot-et-garonne-une-zone-a-defendre-sur-les-terres-du-futur-center-parcs-1908395-3755.php

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- Après le week end des 7 et 8 février à Roybon.

Posté par admin le 14 février 2015

Après le week end des 7 et 8 février. A Roybon.

 

Quelques questions :

 

Dimanche 8 février. 7 heures. Radio France Isère. Compte rendu de la journée du samedi, à Roybon, où les adversaires et les partisans du Center Parcs avaient prévu de manifester. «  Les deux camps voulaient montrer leurs muscles ». Annonce de la journée du dimanche : «  Les routes d’accès à la ZAD seront bloquées par des «  pro center parc ». Ils ont installé sept barrages filtrants sur les petits chemins menant au chantier. Une opération autorisée par la préfecture de l’Isère. » Vous avez bien lu et vous pouvez entendre en allant sur le site Internet de la radio. L’annonce n’a pas été répétée dans la journée, du moins je ne l’ai pas entendue, mais elle n’a pas, non plus, été démentie : le Préfet autorise les milices.

Dimanche 8 février. Dauphiné Libéré. Un arrêté municipal «  interdisant la circulation et le stationnement sur huit rues et chemins de la commune » a été pris pour interdire l’accès à la ZAD de Roybon. Qui a pris cet arrêté? Le maire ? Les adjoints ? Le conseil municipal ? Qui en a averti la population ? Qui a chargé «  les soutiens au projet de d’installation d’un Center Parcs dans la forêt de Chambaran » de s’organiser en supplétifs de la police? Des barrages leur permettaient d’arrêter les «  indésirables ». Ainsi une automobiliste, suspecte puisque sa voiture était immatriculée en Ardèche, a dû montrer ses papiers avant de pouvoir aller soigner ses chevaux. Ils lui ont signifié qu’elle avait deux heures pour s’acquitter de sa tâche. Voiture et conductrice ont par ailleurs été filmées. Un opposant au Center Parcs n’a pu franchir un barrage tenu par un ancien conseiller municipal. Les renards ont été contents : il allait les chasser ! Voiture et occupants d’un véhicule, ont été photographiés, à la demande – dixit le milicien – des renseignements généraux ! Les nombreuses forces de l’ordre semblaient accepter la concurrence. Ordre de la préfecture ?

 

Beaucoup d’inquiétude :

 

Depuis des semaines, ceux qui se qualifient de responsables traitent zadistes et simples opposants, d’extérieurs, d’étrangers, d’anarchistes, de terroristes, se vautrant dans l’illégalité….. Comment des esprits faibles n’en seraient ils pas perturbés ?

Jeudi 5 février la cabane marquant l’entrée de la ZAD a été incendiée. Deux cocktails Molotov seraient à l’origine de cet attentat. Inquiète, vendredi, j’ai téléphoné aux trois élus, les plus proches de Roybon, leur demandant de désavouer cet acte. Je suis une citoyenne de leur secteur. J’ai laissé un message en milieu de journée. J’ai rappelé le soir. Deux personnes étaient alors à leur domicile elles m’ont dit les avertir. Je n’ai pas eu de retour. Sans doute ont-ils des obligations importantes. Sans doute préparent-ils les futures élections. Sans doute aussi ne se sentent-ils pas concernés par les violences. Elles n’étaient que verbales jusque là, elles sont devenues effectives. Deux voitures, dans la nuit de samedi à dimanche, ont été incendiées au barrage de Dionay. Ces incendies seraient-ils le fait de  la personne qui écrit sur sa page «  face book » : « Il n’y a que le feu pour détruire cette vermine ».

Des pages sur Internet résonnent d’appels au meurtre. «  Faut les défoncer, ces merdes ». «  La pelle à neige en pleine gueule ! ». Deux personnes ont été agressées et blessées au visage. D’autres ont été menacées. Des pneus ont été dégonflés ou crevés à Roybon et alentours. Est-ce la façon de «  les emmerder un peu » comme le dit le président de l’association «  Vivre en Chambaran », dans des propos rapportés par le Dauphiné Libéré ?

A entendre certains habitants de Roybon, empêchés de rentrer chez eux faute de papiers d’identité, ne pouvant recevoir du matériel transporté dans un camion bloqué, ne se déplaçant dans leur propre village qu’en montrant patte blanche… on constate une exaspération certaine. Les opposants les plus déterminés au Center Parcs, opposants d’ici ou d’ailleurs, n’accepteront pas éternellement ce djihadisme brun. Ils peuvent eux aussi s’organiser. Est-ce ce que veulent les apprentis sorciers qui ont dressé les habitants les uns contre les autres ? Des batailles rangées ?

Dans un petit livre «  Matin Brun » – tiré à deux millions d’exemplaires ! – Frank Pavloff, qui vit actuellement en Isère, montre dans une fable, la montée du nazisme en Allemagne. Deux amis, nullement politisés, occupés de leur travail, de leur famille, heureux de se retrouver le soir autour d’une bière, discutent tranquillement. Ils ont accepté sans problèmes de se séparer de leur chien, puis de leur chat- à éliminer parce qu’ils ne sont pas bruns ! – D’acceptations en compromissions, ils se retrouvent dans un régime fasciste. Nous n’en sommes pas là. Mais quand une commune, et certains de ses habitants, s’autorisent à bloquer la circulation sans raison impérieuse et sans aucun contrôle, on a toutes les raisons de s’inquiéter.

 

« Nous sommes tous Charlie ! »

 

Une réunion devait se tenir dans un village proche de Roybon avec film, débats, promenades… ce samedi 14 février. Appelé à l’initiative d’un collectif de citoyens, «  Le Carnaval des grenouilles et autres sales bêtes », devait parler des zones humides. Cinq jours avant cette fête, l’adjoint au maire, chargé de la location des salles, a annulé son accord : peur d’être «  instrumentalisé à des fins anti centerparcs ». Devant un tel ridicule on pourrait rire. Pas après les protestations d’amour de la démocratie, de respect de la liberté d’expression, qui ont succédé aux assassinats du mois de janvier. « tous Charlie ! » Vraiment ?

 

Le préfet de l’Isère s’en va.

 

Il a été mis à la retraite. Est-ce son manque de discernement dans l’autorisation de la création d’un Center parcs ? Sa gestion désastreuse des tensions qui se sont manifestées ces dernières semaines entre partisans et adversaires de ce centre de tourisme ? La violence qui a coûté l’œil à un pompier lors d’une manifestation très violemment réprimée ? De toutes façons il s’en va et je ne pense pas que beaucoup d’Isérois le regrettent et le plaignent. D’autant que, devenu préfet «  hors cadre », si ses attributions restent mystérieuses, son traitement doit bien représenter le salaire de plusieurs travailleurs payés au minimum légal.

 

Ce départ est-il, de la part du pouvoir, un signe d’apaisement ? Il serait temps en effet que cessent diffamations, stigmatisations, agressions. Ceux qui se croient représentatifs parce qu’ils ont été élus, feraient bien d’agir avec un peu plus de responsabilité avant que ne survienne un drame.

 

 

A Roybon le 12 février 2015 ; Michelle Pistone.

 

 

 

 

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- A Mesdames et Messieurs, les conseillères et conseillers généraux.

Posté par admin le 6 janvier 2015

A Mesdames et Messieurs, les conseillères et conseillers généraux. 

 

 

Quelle ne fut pas ma stupeur en apprenant que la route reliant Roybon à Montrigaud était fermée. Cette route permet aussi de rejoindre Romans et la vallée du Rhône via Saint Donat.

Lisant rapidement les raisons de cette décision du conseil général, je n’ai d’abord lu que le passage précisant que c’était en raison « des évènements liés à la réalisation du Center parcs, » que cette route était barrée.

J’ai tout de suite pensé que le défrichage de la forêt des Avenières était en cause.

- Peut être les sangliers, dérangés de leur bauge, étaient-ils venus se réfugier sur cette route plutôt calme ?

- Les monstrueux engins, après avoir détruit des hectares de forêt, étaient peut-être passés par la RD 20 F, y créant bien involontairement d’énormes trous  rendant la circulation tout à fait impossible?

- La société Pierre et Vacances, initiatrice de ce défrichage pour installer sur ce lieu un Center parcs, faisait peut-être installer des couloirs, passerelles et autres corridors écologiques, pour que les crapauds, hérissons et jeunes levrauts, puissent traverser sans dommage cette route ? C’aurait été une excellente initiative montrant que Monsieur Brémond, plus que le préfet de l’Isère, s’intéressait aux espèces protégées.

 

Mais il n’en était rien, la raison en était beaucoup plus prosaïque : le département «  ne peut assurer la viabilité hivernale » de cette partie de route. Nous connaissons tous les difficultés financières du département. Outre les quelques kilos de sel qu’il ne peut acheter pour éviter le verglas, il ne peut non plus assurer l‘entretien de la route de Viriville à Roybon qui depuis plus d’un an est dégradée à deux endroits différents. La chaussée peut, à tout moment s’effondrer dans le ravin. Le col de la Madeleine est impraticable depuis de nombreux mois et les routes qui y accèdent sont fermées.

Devant une telle situation on ne peut que s’étonner de la générosité du conseil général envers monsieur Brémond. Ce n’est pas moins de 7  millions d’euros qui seraient versés à Pierre et Vacances si se faisait le Center parcs. Combien de kilos de sel ? Le conseil général nous explique que, voulant «  s’assurer de la maîtrise foncière de certains équipements structurants (accès principaux, voies et réseaux, partie de la forêt, … ” il achèterait «  ces éléments après leur achèvement » et en laisserait l’usufruit à Pïerre et Vacances. Ces équipements seraient récupérés au bout de quelques dizaines d’années. Qui peut croire qu’il en resterait quelque chose ?

 

Je suis allée sur le lieu, là où stationne la voiture de gendarmerie. Pas trace du moindre brin de verglas, ni au-delà, ce qui a d’ailleurs été confirmé par les personnes qui avaient empruntée la RD 20 F, à pieds. D’autre part ce serait bien la première fois que je verrais interdire une route pour causes d’intempéries ! Si elle est si dangereuse qu’on doive l’interdire comment concevoir qu’elle reste accessible aux riverains ? Ils peuvent mourir en paix à côté de chez eux ou de leur terre ?

 

Evidemment personne n’est dupe. La ZAD et les zadistes, depuis plus d’un mois sont installés dans la maison forestière de la Marquise. Bien installés. Et soutenus par de nombreuses personnes qui leur apportent nourriture, matériel, ou simplement soutien. Mais, si c’est pour isoler les zadistes que le conseil général fait couper la route, il se trompe.

Un petit rappel : en décembre 1942, la zone libre, est occupée par les Allemands. Des  militaires de Lyon, dont le brigadier Lahmery dit “ Bozambo “, désertent. Ils quittent leur caserne avec armes et chevaux et s’installent dans les bois du Grand Serre constituant un des premiers maquis des Chambarans. En 1944, Bozambo ne gagne pas le Vercors, qu’il considère comme une nasse, il reste dans les Chambarans où, d’une vallée on passe à l’autre, sans histoires. (C’est Madame Vincendon, décédée aujourd’hui, qui en 2004 lorsqu’on a commémoré à Roybon la fin de la guerre, nous a parlé de Bozambo qu’elle avait bien connu.)

Ne vous y trompez pas : zadistes et leur soutien, comme Bozambo et ses maquisards, trouveront les chemins, -boueux certes !- pour vivre et survivre dans ces bois.

 

Mais, plus inquiétant, cette route bloquée n’est elle pas le prémice d’un envoi des troupes du désordre pour déloger les occupants de la Marquise ?

Le moment serait-il venu pour, comme le réclame André Vallini, le gouvernement prenne «  les dispositions nécessaires pour faire cesser cette illégalité ? » Il est illégal, sans doute, d’occuper une maison inhabitée depuis des années. Par contre, il n’est pas illégal de détruire des hectares de forêts, d’impacter une zone humide, de mettre en danger le château d’eau d’une partie de la Drôme. Il n’est pas illégal de laisser les bulldozers bouleverser le sol, créer des ornières, écraser bêtes et plantes, déverser allègrement huile et essence. Il n’est pas illégal de passer outre les douze points rédhibitoires relevés par les commissaires enquêteurs de l’enquête de la loi sur l’eau qui conclut que ce centre de tourisme ne doit pas se faire. Il n’est pas illégal de commencer des travaux alors que les recours n’ont pas été examinés, recours d’ailleurs qui concluront à l’arrêt des travaux !

 

Monsieur Vallini veut que la France reste la France et que l’on continue «  à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV  des équipements de tourisme ». Vous oubliez, Monsieur, les centrales nucléaires et les gaz de schistes. On croit rêver ! Les aéroports où personne n’atterrit et les autoroutes où personne ne passe, sont quotidiennement remis en cause et pas seulement par les adeptes de la décroissance. L’aéroport de Toulouse est obligé de trouver des capitaux auprès des Chinois, qui viennent de racheter le Club Méditerranée et envisagent de recapitaliser Pierre et Vacances. Cette société a déjà bétonné une partie du territoire, de la mer à la montagne, et il faudrait, pour faire plaisir à Monsieur Vallini, qu’on la laisse bétonner la campagne épargnée jusque là ?

 

Plus inquiétant encore que l’invite de Monsieur Vallini à déloger les zadistes, l’intervention de Monsieur Barbier, à la chambre des députés le 3 décembre. Je n’épiloguerai pas sur les erreurs de ce monsieur : quand on doit assurer quatre mandats on n’a pas forcément le temps de lire les conclusions de la commission d’enquête pour constater que le projet ne répond pas du tout aux prescriptions de la loi sur l’eau ! Pas le temps, non plus, de compter les emplois que devrait créer ce fabuleux centre de loisir !

Jean Pierre Barbier n’hésite pas à se plaindre auprès de Manuel Walls, premier ministre – il n’y a plus de différence de parti en cas de danger ! –et à solliciter son aide contre les zadistes. « doux diminutifs d’anarchistes, venus de partout en France, (qui)  tentent par l’intimidation et la violence d’imposer leur vision de la société de demain. L’heure est grave ! » On pourrait rire d’une telle demesure, mais je n’ai pas envie de rire quand je sais que cette exagération a déjà entraîné des réactions d’une violence rare de la part de certains Roybonnais, abusés. Pas envie de rire de les voir accusés d’avoir contesté l’implantation du Center parcs, sur le terrain, de manière illégale et parfois violente, dites vous, alors que l’illégalité était bien d’avoir commencé un défrichage avant que toutes les procédures de recours n’aient été terminées.

 

Messieurs Barbier et Vallini, allez vous demander au préfet d’envoyer les gendarmes et CRS–  dommage qu’il n’y ait plus de militaires à Chambarans ! – pour faire évacuer la ZAD ? Mesurez-vous les conséquences de cette décision si vous la preniez ? Outre les risques d’incidents qui pourraient se produire sur le site, ce sont de nombreuses autres ZAD et autres lieux de contestation et de révolte dont vous encourageriez la création.

Vous n’avez pas compris qu’il ne s’agit pas, d’une «  cinquième colonne » téléguidée par une URSS qui n’existe plus, mais bien du mouvement de refus d’une société qui ouvre les gymnases pour que les vacanciers puissent s’y abriter – et tant mieux ! – mais qui les ferme aux SDF. Société où les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Pour beaucoup, Monsieur Vallini, la France n’est pas celle à laquelle vous aspirez, la France du toujours plus. Les zadistes font partie de ceux qui contestent le capitalisme, – on dit «  libéralisme  » aujourd’hui ! – et le capitalisme de Pierre et Vacances, ils n’en veulent pas. Ils ne sont pas les seuls. A côté de ceux qui ont investi la Marquise, j’ai été étonnée de voir le nombre et la détermination des personnes venues les soutenir. Ils ne lâcheront rien ! Nous ne lâcherons rien !

 

Monsieur Rambaud, conseiller général responsable des routes, Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers généraux, avez-vous été consultés avant que la décision de fermer cette route ne soit prise ? Je connais certain(e)s d’entre vous, avez-vous mesuré les conséquences de cette décision ? Est-il normal que de simples promeneurs, soient arrêtés, contrôlés, fichés, voir filmés ? Est-il normal que des gendarmes soient mobilisés de tout le département pour ce travail de basse police ? N’ont-ils pas de tâches plus utiles et plus valorisantes à accomplir ?

 

On peut vouloir ce Center Parcs destructeur de nature et de liens sociaux, on peut refuser que des « zadistes », par l’action directe empêchent sa réalisation, est-ce une raison pour mettre en place ce qui pourrait devenir une chasse à l’homme ?

 

 

Je vous prie d’agréer mes salutations.

 

 

 

 

 

Michelle Pistone, le 05/01/2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Center Parcs de Roybon: « Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire », André Vallini

Posté par admin le 4 janvier 2015

Après les provocations de manuel Valls qui s’est transformé en VRP complice des défenseurs de l’aéroport de Notre Dame des Landes et de Pierre et Vacances et leur a fait des promesses en son nom, Revoila le triste sire Vallini, qui vient dans la presse réaffirmer son allégeance aux bétonneurs.
Son ode au productivisme pour le productivisme et ses menaces non voilées en direction des zadistes nous laissent de marbre.
En une seule phrase il a réussi à s’adresser avec cynisme et mépris à tous les opposants aux saccages du capitalisme.

Y’a un concours au gouvernement, pour décerner la médaille du plus servile serviteur de la société marchande ?

Center Parcs de Roybon: « Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire », André Vallini

Le secrétaire d’État à la Réforme territoriale et ancien président du Conseil général de l’Isère, André Vallini, estime que le Center Parcs controversé de Roybon doit être mené à terme « pour que la France reste la France ». Il l’a dit dans un entretien au Dauphiné Libéré, ce dimanche 4 janvier.

  • AFP
  • Publié le 04/01/2015 | 12:17
© AFP
© AFP
Pour l’ancien président (PS) du Département, le projet se fera car il « est attendu dans les Chambaran, l’un des territoires les plus défavorisés de notre département, où les 700 emplois, qui ne seront pas précaires, seront les bienvenus ». La suspension par le tribunal administratif d’un arrêté préfectoral autorisant le projet au titre de la loi sur l’eau n’est qu’ »une étape dans un parcours très long », affirme-t-il dans les colonnes du Dauphiné.

« Rendez-vous compte: c’est en 2007 que j’ai négocié l’implantation d’un Center Parcs en Isère, et sept ans plus tard, il n’est pas encore ouvert! En France, des réglementations trop lourdes et des procédures trop longues permettent d’entraver des projets portés par des élus du suffrage universel », regrette le secrétaire d’État.

« Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV, des équipements de tourisme », estime-t-il, en référence à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, au barrage de Sivens ou au projet de TGV Lyon-Turin.

Concernant le Center Parcs de Roybon, M. Vallini assure être « en lien permanent » avec la ministre de l’Écologie Ségolène Royal « qui connaît bien les Center Parcs, puisque sa Région, Poitou-Charentes, participe financièrement à celui qui ouvrira au printemps prochain dans la Vienne ».  »Elle a suggéré que l’on puisse revoir certains aspects du projet de Roybon et le PDG de Pierre & Vacances, Gérard Brémond, vient de déclarer qu’il y est prêt », affirme-t-il.

Quant aux opposants zadistes qui bloquent les travaux de défrichement du site depuis début décembre, « ils doivent savoir que l’État prendra, le moment venu, les dispositions nécessaires pour faire cesser cette illégalité », prévient M. Vallini.

Le projet de Center Parcs de Roybon prévoit la construction d’un millier de cottages autour d’une bulle aquatique tropicale au coeur de la forêt de Chambaran. Il pourra accueillir 5.628 personnes et doit permettre la création de 697 emplois, soit 468 postes « équivalent temps plein ».

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Source:
http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/2015/01/04/center-parcs-de-roybon-pour-que-la-france-reste-la-france-nous-devons-continuer-construire-andre-vallini-623828.html

 

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- Projet Center Parcs à Roybon : la communication de crise est-elle encore évitable pour Pierreet Vacances ?

Posté par admin le 3 janvier 2015

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- LA TERREUR VERTE ? Droit de réponse

Posté par admin le 1 janvier 2015

LA TERREUR VERTE ? Droit de réponse

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- De Sivens au Center Parcs de Roybon : stop aux grands projets inutiles, idiots et imposés (Yves Paccalet)

Posté par admin le 1 janvier 2015

De Sivens au Center Parcs de Roybon : stop aux grands projets inutiles, idiots et imposés

Publié le 31-12-2014 à 15h31 - Modifié à 15h42
 

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- Conseils à Monsieur Cottalorda pour devenir plus célèbre que Monsieur Vallini.

Posté par admin le 1 janvier 2015

 

 

Lettre à Monsieur Cottalorda, dimanche 7 décembre
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- Center Parcs de Roybon : Pierre et Vacances prêt à un compromis (??…)

Posté par admin le 28 décembre 2014

C’est marrant, en 2010, déjà, le père Brémond avait dit à la presse, suite aux blocages juridiques, qu’il était prêt à rencontrer les opposants pour discuter ….
Son avion n’a jamais atterri en Isère !
Et Vallini, lui, avait nommé une médiatrice …
Sa voiture ne s’est jamais garée à Roybon, ah, si, une fois, pour aller essayer de voir des riverains un par un, ce qu’ils ont refusé !

Et de toute façon, personne ne parle « d’aménager » son projet …
Surtout quand le préalable est qu’il ne reviendra sur rien …

Il attend des suggestion des opposants ?
Nous, on en a bien une, mais elle est impolie …

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- Coup d’arrêt pour les travaux du Center Parcs de Roybon

Posté par admin le 25 décembre 2014

Coup d’arrêt pour les travaux du Center Parcs de Roybon

23 DÉCEMBRE 2014 |  PAR LA RÉDACTION DE MEDIAPART Lire la suite… »

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- A Roybon, ZAD en formation

Posté par admin le 25 décembre 2014

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- Center Parcs à Roybon : les travaux sont suspendus !

Posté par admin le 23 décembre 2014

Très chaleureux remerciements aux ZaDistes, qui ont évité, par leur tenacité, à Mrs Vallini, Bachasson, Perraud, Neuder, Barbier ou Cotalorda ( non exhaustif … ) de se mettre naïvement (bien sur), dans l’illégalité !
( Et en plus, ils n’auront plus besoin de se compromettre à nouveau avec le Front national, en partageant bras dessus, bras dessous, les mêmes manifs et les mêmes slogans, ce qui allait finir par être franchement plus que gênant et dangereux, à force …)

Center Parcs à Roybon : les travaux sont suspendus !

Photo Le DL / Christophe AGOSTINIS
Photo Le DL / Christophe AGOSTINIS

16h10:  Pour Jean Jack Queyranne, président de la la région Rhône Alpes:  « Le Tribunal administratif de Grenoble vient de statuer ce mardi 23 décembre sur la procédure en référé relative au projet de Center parcs à Roybon (Isère). S’appuyant sur l’absence de saisine de la Commission nationale du débat public et les dispositions de la loi sur l’eau, le juge a suspendu l’arrêté du 3 octobre 2014 du préfet de l’Isère, dans l’attente d’une décision sur le fond. J’appelle maintenant chacun à prendre en compte ce jugement et à s’inscrire dans une démarche d’apaisement, comme je l’ai toujours souhaité dans ce dossier.»

 

15H40 : Pour Stéphane Peron, président de l’association Pour les Chambaran sans Center Parcs, la suspension des travaux est une « excellente nouvelle ». « Cela prouve que l’inquiétude sur la question de la loi sur l’eau était légitime. Cette problématique est le talon d’Achille du projet ». Malgré tout, il tempère : « Nous avons tout de même étaient déboutés sur notre recours « espèces protégées ». C’est dramatique… Le vivant n’a pas été pris en compte. Personnellement, je suis déçu. » Le président conclut : « On va continuer à se battre. Nous allons continuer à travailler sur les dossiers. »

15h30 : Alors qu’un conseil municipal doit avoir lieu ce soir, le maire de Roybon Serge Perraud doit s’exprimer devant les médias à 17h.

15h : L’information vient de tomber: le juge des référés suspend l’arrêté préfectoral du 3 octobre 2014 qui autorise les travaux, au titre de la loi sur l’eau. Les travaux du projet de Center Parcs à Roybon, portés par Pierre & Vacances, sont donc de fait suspendus.

« Nous nous réjouissons de cette décision qui montre que ce projet de Center Parcs a été mené de façon précipitée, au détriment de la concertation et du respect du droit », ont (déjà) réagi Michèle Rivasi (députée européenne EELV), Michèle Bonneton (députée EELV), Olivier Bertrand et Catherine Brette (conseillers généraux EELV) mais aussi les élus écologistes de la Région et les secrétaires départementaux et régionaux EELV pour Rhône-Alpes.

 

Plus d’infos à suivre. Et retrouvez notre dossier et toutes les réactions dans le Dauphiné Libéré de ce mercredi 24 décembre.

Source:
http://www.ledauphine.com/isere-sud/2014/12/23/center-parcs-les-travaux-sont-suspendus

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- Moi, Martin, 20 ans, zadiste à visage découvert

Posté par admin le 15 décembre 2014

Une maison occupée par les "zadistes" pour empêcher le projet de centre de loisirs du groupe Pierre & Vacances à Roybon, dans l'Isère.

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- Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Posté par admin le 15 décembre 2014

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics

Pour faire grossir sa bulle, Center Parcs drague les pouvoirs publics
(Crédit photo : Wikimedia)
Enquête – Ce week-end, de nouvelles manifestations ont eu lieu à Roybon, dans l’Isère. Mais l’appétit du groupe Pierre et Vacances, derrière le projet, ne faiblit pas. Il prévoit même de « mailler tout le territoire ». Comment ? Explications.

Sur la place du village de Roybon, une banderole « Center Parcs, un avenir pour notre territoire » répond aux graffiti« Non au Center Parcs » qui longent les départementales iséroises. Chaque dimanche, des milliers d’habitants favorables au projet manifestent contre l’installation d’une ZAD (zone à défendre) par les opposants. Depuis que les tractopelles ont fait leur entrée, le 20 octobre dernier, dans la forêt des Chambarans, la paisible commune de 1 300 âmes est tiraillée.

Sous les projecteurs à cause de sa résonance avec Sivens, le projet de Roybon n’est pas une exception. Depuis le rachat du concept néerlandais de « tourisme nature » par Pierre et Vacances en 2001, les Center Parcs poussent comme des champignons sur le territoire français. De la Moselle à l’Eure, en passant par la Somme, l’Aisne et le Loire-et-Cher, cinq domaines accueillent déjà près d’un million de visiteurs chacun par an. D’ici à 2018, leur nombre devrait doubler. « Le principe de Center Parcs, c’est le tourisme de proximité. Nous ciblons les personnes qui vivent dans un rayon de 200 kilomètres, explique Jean-Michel Klotz, directeur général adjoint du groupe Pierre et Vacances.On en construit tous les deux ans jusqu’à ce que le territoire soit correctement maillé. » Prochaine ouverture : le Center Parcs des Trois-Moutiers, dans la Vienne où les cottages sont déjà sur pied. Puis viendront ceux de Saône et Loire et du Jura, où les enquêtes publiques sont sur le point d’être lancées. Si tout se passe selon les plans de l’entrepreneur, dans quatre ans, dix minivilles d’une capacité d’accueil de 2 000 à 5 600 vacanciers, seront installées sur un total de 2 085 hectares de forêts. Center Parcs occupera alors la superficie de la ville de Chambéry.

Gourmande en terre, la branche « écotourisme » de Pierre et Vacances l’est aussi en argent public.« Le groupe est un champion des montages financiers », souligne Philippe Debard, chargé de mission à l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) de Lorraine, auteur d’une étude sur l’implantation du Center Parcs du Domaine des Trois forêts en Moselle. « Cela peut paraître surprenant, mais ici, le Groupe n’a déboursé que 25% du coût total du projet. » Sa stratégie, un brin alambiquée, est bien huilée. Explications.

Etape 1 : chercher un territoire déshérité

Loudun, dans la Vienne ; Roybon, en Isère ; Poligny, dans le Jura… Qu’ont en commun les sites sur lesquels le groupe Pierre et Vacances décide de s’implanter ? « Leur environnement naturel et la proximité de la clientèle, explique Jean-Michel Klotz, chargé du développement au sein de Pierre et Vacances Center Parcs. On regarde la zone de chalandise, les axes d’accès ferroviaires et autoroutiers », énumère-t-il encore. En resserrant la focale, un autre point commun émerge : le déclin économique qui frappe ces bassins de vie. Dans le cas isérois, « on parle d’une zone extrêmement déshéritée, ni touristique comme dans les stations de montagne, ni industrielle comme à Grenoble, explique Christian Pichoud, vice-président du conseil général de l’Isère chargé de l’économie touristique et de la montagne. On est donc très heureux que le Center Parcs vienne rééquilibrer les choses. » Dans la Vienne, le bassin d’emploi concerné « vit surtout de la production de melon », explique Joël Pageot, responsable du Pôle emploi de Loudun. Dans le Jura, l’affinage de comté reste le secteur qui offre le plus de débouchés. En Moselle, le territoire périclite depuis que l’usine de chaussures Bata est repartie en République tchèque. Quant au village de Roybon lui-même, qui par le passé vivait de l’industrie textile, le pronostic vital est engagé. « La moitié de la population a plus de 50 ans, le nombre d’habitants a chuté de 1 500 à 1 300 ces dix dernières années, note le maire, Serge Perraud. La Poste et la gendarmerie menacent de fermer, l’école est sur le point de perdre une classe, les banques projettent de retirer le dernier distributeur. L’EPHAD(Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) est devenu le seul employeur du village : c’est l’exode. »

Les chiffres du ministère de l’Economie assombrissent encore le tableau : entre 2000 et 2012, la dette de la commune a explosé, passant de 599 à à 5 200 euros par habitant. Dans ces circonstances, les 900 000 euros de taxe de séjour annuelle que pourrait rapporter le complexe touristique sont plus que bienvenues. « Quand vous dites aux gens qui ont soif : “on va vous donner de l’eau”, ils ne s’interrogent pas sur la couleur de l’eau », lâche Myriam Laïdouni-Denis, porte-parole du groupe Europe Ecologie - Les Verts (EELV) en Isère.

Etape 2 : promettre des emplois…

« Ce type de projet crée des emplois non délocalisables, ça ne se refuse pas », confirme Denis Brunellière, conseiller pour les équipements touristiques au conseil général de la Vienne. Dans le département, les 600 postes à pourvoir ne sont pas passés inaperçus. « Avant même l’ouverture des recrutements, on avait reçu 2 500 candidatures spontanées », souligne Loïc Pageot,responsable Pôle emploi chargé du recrutement pour Center Parcs. Ce besoin criant d’activité était le même en 2010, lors de l’implantation du Center Parcs de Moselle. Sur les 600 salariés embauchés, 59% étaient auparavant au chômage et 11% bénéficiaient du revenu de solidarité active (RSA), selon l’Insee. Dans la Vienne, comme en Moselle, Center Parcs deviendra finalement le premier employeur du bassin d’activité.

« De l’emploi oui, mais quel emploi ? », s’interroge Myriam Laïdouni-Denis. A l’Insee, Philippe Debard confirme ses craintes :« Center Parcs, ce sont des petits salaires et des petits horaires ». Parmi les salariés du Center Parcs de Moselle, « 60% touchent le smic horaire, dont près de la moitié seulement 319 euros par mois, du fait d’un contrat de travail hebdomadaire de neuf heures, en tant qu’agent technique de nettoyage », lit-on dans son étude. Ainsi, les 697 emplois promis par Center Parcs en Isère tombent à 468 une fois convertis en équivalents temps plein. « Ce sont des postes en pointillés, qui impliquent beaucoup de trajets », souligne Myriam Laïdouni-Denis. « Il y a des gens à qui cette organisation convient très bien, rétorque Christian Pichoud, défenseur du projet au sein du conseil général de l’Isère. Et contrairement aux stations de ski, ce sont des emplois à l’année, il n’y a pas de lits froids. » Son dernier argument : la taille du groupe, qui « implique la présence de représentants du personnel et constitue une garantie sur les conditions de travail ». Un optimisme qui résiste mal à l’examen des Center Parcs existants. En Moselle, l’Insee a relevé un turnover de 30% chez les employés, tandis que, ces dernières années, la vie du Center Parcs de l’Aisne a été émaillée par des conflit sociaux, les salariés dénonçant en 2012 « de graves problèmes de salaires et de conditions de travail », selon les mots de la CGT. Ce bilan sévère mérite tout de même quelques nuances. Les salariés de Center Parcs bénéficient d’un treizième mois et d’embauches pérennes. « A Roybon, 80% seront en CDI », souligne Jean-Michel Klotz, de Pierre et Vacances.

… et des retombées économiques

« Au-delà des emplois directs créés sur le chantier, puis sur le site, l’implantation d’un Center Parcs entraîne, pour nos territoires ruraux, de fortes retombées économiques », poursuit Denis Brunellière, au conseil général de la Vienne. « Les offices du tourisme et les commerçants se réjouissent de voir les vacanciers arriver par milliers », note Joël Pageot, à Pôle emploi. Seul bémol, Pierre et Vacances promet des séjours passés à buller plutôt qu’à vadrouiller. « Le système incite à vivre en vase clos », résume Philippe Debard, de l’Insee. Une étude réalisée par le groupe en 2012 auprès des vacanciers du domaine de Laon, dans l’Aisne, confirme : 76% d’entre eux n’envisagent pas d’escapades hors du site. « On observe clairement une tendance chez les consommateurs à préférer l’expérience simulée, vécue dans un contexte de plus en plus spectaculaire et extravagant, à la réalité », note Antonnella Caru, chercheuse en marketing dans un article paru dans La revue française de gestion. Une analyse contredite par Center Parcs. « Comme les séjours s’allongent, les gens passent plus facilement une journée à l’extérieur », assure Jean-Marie Klotz.« Même si les sorties ne concernent que 10% des visiteurs, 10% sur 300 000, c’est toujours ça de pris, rétorque le maire de Roybon. Ça pourra aider le jeune boucher qui vient de s’installer à tenir sur la durée. » Le commerçant ne pourra miser que sur ces quelques vacanciers échappés. Pour nourrir, sur place, ses milliers de résidents, Pierre et Vacances fait appel à Eléor, l’un des leaders mondiaux de la restauration collective.

Malgré ces occasions manquées, l’impact sur le territoire n’est pas nul. En Lorraine, l’Insee dénombre « une trentaine d’emplois générés par l’activité du domaine, et plus de 90 emplois par la consommation de ses salariés ». Dans le Jura, certains regardent ces promesses de dynamisme d’un œil inquiet : « Si les gens viennent s’installer ici, c’est pour être tranquilles, estime Véronique Guislain, présidente du collectif de vigilance citoyenne Le pic noirUne ville qui se crée du jour au lendemain et 2 000 personnes qui arrivent et repartent en voiture chaque semaine, c’est un sacré bouleversement dans un milieu rural paisible. Parce que, ici, 2 000 habitants, c’est une ville », précise-t-elle dans un rire franc.

Etape 3 : se faire désirer 

Tandis que ses projets se concrétisent dans l’est, Pierre et Vacances prospecte dans le Lot-et-Garonne. « Pour faire en sorte que les Toulousains et les Bordelais puissent profiter du concept », explique Jean-Marie Klotz. Entre les communes des Landes, de Gascogne et celles du Val-d’Albert, semaine après semaine, la presse locale relaie les appels du pied des élus et les hésitations du promoteur. La Saône-et Loire et le Jura ont connu cette phase de suspens. « Que le meilleur gagne », lançait en 2012 Rémi Chaintron, président du conseil général de Saône-et-Loire, à l’époque convaincu que le groupe trancherait entre les deux projets. Finalement, les deux ont été retenus. A la région Rhône-Alpes, on parle même, sous couvert d’anonymat, de « chantage à l’implantation et à la création d’emplois », avant de nuancer : « c’est un cas classique de mise en concurrence territoriale : si le Center Parcs ne trouve pas son compte ici, il ira s’implanter ailleurs ».

Etape 4 : faire financer les infrastructure par les partenariats public-privé

Pour décrocher la timbale, les élus sont donc prêts à débourser. D’un territoire à l’autre, leur soutien prend des formes variées. Dans la Vienne, les collectivités se sont laissé tenter par le partenariat public-privé. « Le complexe touristique passe par une Société d’économie mixte (SEM), qui réunit l’ensemble des collectivités », explique Denis Brunellière. Dans un premier temps, chacun verse son obole : 19,3 millions pour le département, 13 pour la région Poitou-Charentes et 1 million pour la communauté de communes. A cela s’ajoutent 15 millions de subventions versées directement par l’Etat. Une fois cette somme rassemblée, les collectivités peuvent lever des fonds auprès d’investisseurs publics ou privés, comme le Crédit agricole ou la Caisse des dépôts et consignations. Finalement, les 138 millions d’euros de coût d’infrastructures seront pris en charge par la SEM, dans laquelle Pierre et Vacances n’a pas mis un sou.

En Isère, le montage financier diffère. Le département se porte directement acquéreur, pour 7 millions d’euros, des parties communes du futur complexe. De son côté, la région Rhône-Alpes a décidé de verser, en 2009, une subvention du même montant, au titre du soutien à l’emploi et au développement durable. « Dans le cas où le projet se poursuit, c’est grâce à cet investissement que les cottages pourront être certifiés HQE, haute qualité environnementale » explique-t-on au sein du conseil régional. De son côté, le syndicat des eaux investit gros pour construire une nouvelle station d’épuration – « dimensionnée selon les besoins de Center Parcs », selon Christian Pichoud – et pour rénover le réseau d’eau existant. « On en avait bien besoin, on avait 70% de déperdition », se justifie Serge Perraud, le maire de Roybon. A l’image des autres collectivités, la commune se plie en quatre pour accueillir Center Parcs. Pour les besoins du projet, le plan local d’urbanisme a été révisé et le terrain sera vendu 30 centimes le mètre carré, contre 18 euros pour les particuliers. « Ce terrain n’aurait de toute façon rien rapporté, se justifie Serge Perraud. Là, on gagne 600 000 euros, ce n’est pas rien. Et on considère que ce prix attractif est un investissement. » De son côté, Center Parcs revendra ses cottages plus de 3 000 euros le mètre carré.

Etape 5 : faire financer les cottages à grand renfort de niches fiscales

On touche alors la deuxième astuce du groupe. Center Parcs ne finance pas lui-même ses résidences hybrides, à mi-chemin entre le bungalow et le chalet. « On vend des hébergements à des investisseurs privés, institutionnels ou particuliers », explique Jean-Marie Klotz. Cette trouvaille née dans les années 1970 et baptisée « nouvelle propriété » est l’idée phare de Gérard Brémond, l’inoxydable pédégé de Pierre et Vacances. Un système qui a, lui aussi, largement bénéficié de la générosité des pouvoirs publics. Le principe ? L’acquéreur du cottage signe un bail pour neuf ans pendant lesquels Pierre et Vacances gère le bien et lui reverse un loyer. Pendant toute cette période, le propriétaire bénéfice d’attractives réductions d’impôts, la niche dite « Censi-Bouvard ». Mis en avant sur le site du groupe, ce dispositif permet au propriétaire de se voir exonérer jusqu’à 3 666 euros d’impôts par an pendant neuf ans tout en récupérant la TVA de son investissement.« Pour les EPHAD, ces déductions d’impôts ont une justification sociale », estime Jean-Marie Chosson, élu EELV à la région Rhône-Alpes. « Mais les plus gros bénéficiaires sont les mastodontes du tourisme. » Fortement contesté par quelques députés, le dispositif devait arriver à échéance en 2012 et disparaître alors de sa belle mort.

C’était sans compter l’influence de Gérard Brémond. Le 30 octobre 2012, l’homme d’affaires était reçu dans le bureau de Jérôme Cahuzac (voir l’agenda de ce dernier ). Le 14 novembre, celui qui était alors ministre délégué au Budget présente, devant l’Assemblée, un amendement prolongeant le dispositif Censi-Bouvard. Le texte est adopté dans la foulée. En matière de lobbying, le pédégé de Pierre et Vacances n’en serait pas à son coup d’essai. Selon le journal Les Echos qui, en 2007, dressait son portrait, certains textes sont surnommés « les amendements Brémond » dans les couloirs de l’Assemblée.

Pourtant, les vents jusqu’ici favorables à Pierre et vacances pourraient tourner. En 2012, le montant d’abattement fiscal du dispositif Censi-Bouvard est passé de 25% à 11% de la valeur du bien. « La dynamique fiscale est moins forte, reconnaît Jean-Michel Klotz, le modèle va évoluer. » Dans les Center Parcs en projet, comme ceux de la Vienne et de l’Isère, les investisseurs institutionnels, non concernés par la niche fiscale, achètent plus de cottages que les particuliers. Parmi eux, des mutuelles, des banques et la Caisse des dépôts et des consignations. « C’est encore pire que des niches fiscales, c’est un établissement public qui verse directement de l’argent à Center Parcs,s’emporte Stéphane Peron, ancien conseiller fiscal qui a pris la tête de l’opposition au Center Parcs de Roybon. La CDC est censée utiliser l’épargne des Français, notamment le livret A, pour financer des projets d’intérêt général, comme le logement social. Là, elle sert clairement un intérêt privé. »

Niches fiscales, investissements institutionnels, subventions et participations directes des collectivités, agacent profondément Jean-Marie Chosson. « Avec tout cet argent, on pourrait soutenir l’artisanat, les Scop, renforcer des circuits courts, développer un écotourisme mieux réparti sur le territoire et mettre en avant les atouts de la région », souligne l’élu. Sur cette dernière mission, Pierre et Vacances répond présent. « Les tenants du projet disent qu’il est représentatif de l’identité jurassienne, souligne Véronique Guislain, à Poligny. Avec une bulle tropicale à 29°C ? Je reste perplexe… »
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Source:
http://www.terraeco.net/Pour-faire-grossir-sa-bulle-Center,57736.html
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- Les élus pro Center Parcs accueillent l’extrême droite avec les honneurs.

Posté par admin le 11 décembre 2014

A Roybon, les pro-Center-Parcs revendiquent d’être « chez eux » et disent en avoir assez que des étrangers se mêlent de leurs affaires.

Tous les étrangers ?

La manifestation de dimanche 07/12 dont ils sont si fiers a mobilisé toutes les organisations patronales rhônalpines qui ont massivement appelé leurs troupes à venir faire nombre.

Les élus « pros » de toute l’Isère ont fait de même.

Une secte patronale nommée « STOP », pour « La Société qui Travaille avec des Ouvriers et des Patrons » s’était déplacée de la Drôme et ses troupes arboraient fièrement des tee-shirts frappés de son logo pétainiste.

Tous ces gens là ont hurlé contre nous, la « valeur travail » et ont ordonné à leurs troupes patronales ou collaboratrices de se réclamer du « peuple ».
Vous savez, le peuple, le seul bon et vrai peuple, celui qui bosse, celui qui en chie « noblement » au boulot, celui qui obéit au système, se tait, celui qui consomme pour faire tourner la machine qui va lui redonner du travail, celui qui « mérite son salaire » et le rang de « personne bien » qui va avec, celui « qui-n’est-pas-un-assisté-pouilleux-écolo-bobo-terroriste-et-fainéant-au-rsa-payé-par-les-travailleurs-qui-se-lèvent-tôt », celui qui veut et re-veut de la croissance ….

Tous ces gens qui se sont déplacés en bons serviteurs du patronnât et du capitalisme ont hurlé leurs slogans contre nous, ont entonné à tue tête  » On est chez nous  » et ont même chanté la marseillaise, sous le regard ravi de madame d’Ornano, la représentante grenobloise du front national venue avec ses amis.

Ces sinistres personnages étaient présents en tête de manif, ou à la tribune de la mairie de Roybon, invités ravis et aux cotés du maire de Roybon, du président de l’association des pour, De Yannick Neuder, le président de la communauté de communes et maire de Saint Etienne de Saint Geoires, de Joëlle Huillier, députée, ou de jean pierre Barbier, le député-maire qui demande à l’assemblée nationale qu’on militarise le chantier pour en chasser les opposants.
Bras dessus, bras dessous avec les élus locaux de gauche comme de droite, les représentants de l’extrême droite pétainiste ont souillé les rues de Roybon sans entrave, sans souci, sans rejet …
Belle et chaleureuse complicité !!

Lorsque nous attaquons le capitalisme dans un des ses pire projets, les représentants de l’extrême droite deviennent fort fréquentables.
On leur déroule le tapis rouge, on les invite aux tribunes et on leur demande leur soutien actif contre nous.

A Roybon, ce dimanche là restera dans nos mémoires un dimanche noir et révélateur.
Les « élus de la république », les guignols démocrates, ont fait alliance officielle avec les fascistes, pour sauver Center Parcs et son monde.

Dimanche prochain, ils reviennent tenter à nouveau de se débarrasser de nous.

Ne votez plus, à chaque convulsion du capitalisme, il n’y a plus qu’un parti horizontal unique, celui de ses serviteurs, alliés et complices, celui des esclavagistes et des destructions !

Zads partout !

Pétain, reviens, t’as oublié tes chiens !!

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- CENTER PARCS DE ROYBON : LE COTE OBSCUR DE LA FORCE

Posté par admin le 10 décembre 2014

CENTER PARCS DE ROYBON : LE COTE OBSCUR DE LA FORCE

08 DÉCEMBRE 2014 |  PAR BERNARD KUNTZ

Center Parcs de Roybon : le côté obscur de la force.

 

Le bois des Avenières, qui surplombe le petit village de Roybon, au sein de la vaste forêt de Chambaran, n’est pas « un trou de verdure ». Il est situé au sommet d’un bassin versant et, pour continuer à mal parodier Rimbaud, il y chante mille rivières. Selon des études moins poétiques, le site recouvre partiellement un aquifère de plusieurs centaines de km2 , connu sous le nom de « molasse du Miocène », identifié par le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) Rhône-Méditerranée comme à forte valeur patrimoniale.

Le bois des Avenières comporte une vaste zone humide, elle aussi à forte valeur patrimoniale, et abrite au moins 37 espèces dites « protégées », comme l’emblématique « écrevisse à pied blanc ». Certains y ont même aperçu des cigognes noires, pratiquement disparues, et même, mais n’en dites rien, des lutins, des elfes et des nymphes…

Le bois des Avenières, auquel on accède par une petite route ou par des chemins bucoliques, c’était encore l’un de ces derniers endroits où trouver la paix, parmi les chants d’oiseaux printaniers ou les bourdonnements de l’été. Avant que ne s’y abattent les rigueurs hivernales, l’automne y fournissait champignons et châtaignes à profusion. Puis la forêt s’endormait, paisible, dans son manteau de neige, de vent et de frimas.

Oui, le bois des Avenières était magique. On s’y promenait en liberté au milieu de mille légendes, dans le frisson du feuillage et ce vibrato mystérieux que Giono appela « Chant du Monde ».

Mais un jour, quelques messieurs sûrs d’eux: patron de Pierre et Vacances, élus locaux convaincus de leur importance, président de conseil général et futur secrétaire d’Etat, bref, quelques happy few accompagnés d’autochtones naïfs, décidèrent que tout cela, cette richesse gratuite à profusion, ne valait rien, ne rapportait rien et qu’il y fallait implanter… le plus grand Center Parcs d’Europe. Pensez vous, mesdames et messieurs : mille « cottages » avec de beaux parkings en goudron, de belles allées du même « métal », pour circuler sur la glèbe fangeuse, à vélo s’il vous plaît, des commerces, une clôture de fil de fer de deux mètres pour empêcher bipèdes et quadrupèdes extérieurs de troubler la « quiétude » des lieux. Pour agrémenter le tout, on allait bâtir une espèce de bulle tropicale avec des rivières en plastique bleu, un lagon, des palmiers en toc et autres bidules exotiques. Le tout chauffé à 29°, avec vidange du bouillon tous les six mois. !!

Pour ce mirifique projet, il suffisait de sacrifier la bagatelle de 110 à 120 hectares de zones humides, (beaucoup plus qu’à Sivens), d’envoyer au diable les écrevisses et autres batraciens, de priver les populations de la jouissance d’un vague bois, dont elles n’avaient que faire, puisqu’elles trouveraient toujours ailleurs assez de champignons pour parfumer leurs omelettes. Pour les « emplois », pas de problème : entre les subventions, la niche fiscale renouvelée, « les yeux dans les yeux », par monsieur Cahuzac, entre la vente du terrain au promoteur, pour 0,30 euros le m2, les nouvelles infrastructures nécessaires, chaque embauche ne coûterait au contribuable que… 240 000 €. Trois fois rien dans le contexte florissant de la conjoncture ! Et puis, que ne ferait-on pas pour renflouer les caisses de Pierre et Vacances, société à l’origine des Center Parcs, dont les pertes abyssales relèvent, désormais, de la grande cause nationale ?!

N’en jetez plus ?! Si, si: pour expédier les eaux usées des 5500 touristes attendus, eaux préalablement pompées dans une nappe phréatique menacée, on allait construire une conduite de 27 kilomètres, avec de nombreux points de relevage, pour arriver à une station d’épuration surdimensionnée à cet effet, sise non loin de l’Isère…

Tout à leur enthousiasme, le promoteur et les élus se rengorgèrent : ils allaient créer au moins 700 emplois, faire refleurir le fric et le béton en une région désertifiée. Le bonheur et la prospérité sur la terre ingrate des Chambaran, quoi…

Mais voilà : un beau jour, une bande d’irréductibles énergumènes s’avisa que la potion n’était pas à son goût, et même, qu’elle contenait, en y réfléchissant bien, plus de poudre de perlimpinpin qu’autre chose, à commencer par les emplois, le plus souvent à temps partiel, et payés une misère. Ils procédèrent à la création d’une association contre l’implantation du Center Parcs, exprimèrent courtoisement, démocratiquement mais fermement, leur opposition. Puis ils déposèrent des recours, qu’ils perdirent naturellement, au nom d’un « intérêt général » dont nul ne sait exactement à quoi il peut bien correspondre, sinon à justifier le pires dérives de la technostructure. Aujourd’hui, il s’entendent hargneusement traiter d’ « anarchistes violents » par l’ineffable député UMP du coin, vilipendés par monsieur le maire de Roybon et l’impayable président du Conseil Général de l’Isère.

Au début, les irréductibles en question se sentirent bien seuls. D’autant plus seuls que messieurs les élus et leurs bons apôtres psalmodiaient d’une voix monocorde, à la façon des lamas tibétains, mais sans les valeurs spirituelles : « de toute façon, ça se fera ». Bref, pour qui voulait l’entendre, c’était « circulez, y’a rien à voir ». Pas de quoi les inquiéter vraiment, se disaient-ils.

Et puis, patatras : Le 23 juillet 2014, les commissaires de l’enquête publique « Loi sur l’eau » du Center Parcs de Roybon rendirent leur rapport. 727 contributions écrites, dont soixante pour cent de réponses défavorables, plusieurs réunions publiques, plusieurs semaines d’enquête et de travail acharné, qui conduisirent à 13 conclusions irrévocables : le verdict était unanimement défavorable. En France, terre « des Droits de l’Homme », nous eussions pu penser que la messe était dite et que monsieur Brémont, PDG du « barnum » Pierre et Vacances, s’en irait massacrer les écrevisses et les grenouilles ailleurs. Que nenni. Balayant d’un revers de la main les 250 pages de l’enquête, monsieur le Préfet de l’Isère décréta urbi et orbi, que le projet « se ferait ». Soupirs et soulagement du promoteur, glapissements victorieux des élus et de leurs affidés. Le Droit, affirmaient-ils, était respecté. La légitimité républicaine aussi. Et de claironner leur ineffable satisfaction.

A nouveau, patatras ! Ce furent d’abord 250 dangereux « gauchistes » et autres « anarchistes », qui se réunirent à proximité du chantier pour exprimer leur colère. Puis il y en eut 600. Puis il y en eut plus de mille. (Décidément, le réservoir à anarchistes est presque aussi rempli que les caisses de l’Etat et de Pierre et Vacances sont vides !!) Comme les travaux avaient débuté en dépit des recours, une vieille maison forestière, aujourd’hui abandonnée, mise en vente et dont personne ne veut, fut occupée. Une nouvelle ZAD fut créée. Cris d’orfraie des saccageurs de forêts, d’autant plus vexés que les élus écologistes, dont la courageuse députée de la 9ème circonscription de l’Isère et la très opiniâtre députée EELV, tête de liste du Sud-est aux européennes, soutenaient activement la lutte… Aujourd’hui, le gouvernement tremble en pensant à Sivens et à NDDL. Aujourd’hui, les associations et collectifs anti Center Pars se comptent par dizaines. Une pétition sur la toile a réuni plus de 17000 signatures et ce n’est qu’un début

Par l’odeur de ZAD alléchées, les nuées médiatiques se sont abattues sur Roybon, avides de relater ce qui, jadis évoquait Clochemerle, et relève aujourd’hui du débat national. « Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain », les fanatiques de la déforestation en appellent à « la force injuste de la loi » (François Mitterrand). Que les gendarmes fassent leur office, hurlent-ils en gesticulant à l’assemblée, ou ceints de leurs belles écharpes tricolores, défilant devant la statue de la Liberté (un comble !!) de Roybon. Qu’ils cognent et qu’on n’en parle plus, ajoutent-ils. Des « vigiles » cagoulés semblent avoir déjà cogné… Mais on en parle encore plus !!

Le Conseil Général de l’Isère vient d’annoncer qu’il supprimait les subsides accordés à la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature, (FRAPNA), coupable d’indiscipline pour avoir, elle aussi, osé déposer un recours contre l’arrêté préfectoral. Le 7 Décembre, bras dessus bras dessous, des élus du Front National défilaient, selon le site du Point, aux côtés de la droite et du PS, pour soutenir Pierre et Vacances. La très sainte alliance que voilà !! Encore plus fort que celle du « sabre » et du « goupillon »! Le côté obscur de la force continue d’étendre son ombre maléfique sur les Chambaran, mais la rébellion croît et se multiplie encore plus vite que les déroutes électorales du Parti Socialiste…

 

Bernard Kuntz

Source:
http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-kuntz/081214/center-parcs-de-roybon-le-cote-obscur-de-la-force

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- Les partisans du Center Parcs de Roybon marchent aussi ( ou quand le populisme ravi défend les destructions )

Posté par admin le 7 décembre 2014

 

 

 

A propos de la manifestation des « pour » du 7/12/2014.

 Cette manifestation a été appelée par l’ensemble des partis institutionnels, par mails privés et annonces publiques, par une très forte majorité d’élus, invitant par courriers leurs pairs de l’Isère et de la Drôme à s’y rendre en famille et  par l’ensemble des organisations patronales. Le PS, l’UMP, L’UDI, le FN se sont retrouvés ensemble et complices à battre le sentier avec les syndicats patronaux. Elle est pas belle la grande union nationale ? Et les organisateurs, « commerçants et artisans de Roybon pour Center Parcs » se nomment  » la majorité silencieuse ». Un peu de relents de poujadisme, non ?

1200 personnes présentes, à la lumière de ces appels massifs, ne nous semble pas une participation significative. 

Nous ne la nions pas, mais savons remettre les choses à leur place. 

Nous notons également la propagande de peur qui a été organisée autour des  » zadistes » dépeints comme des « anarchistes,  feignants, sales, casseurs, saccageurs » venus de partout et même de toute l’Europe pour semer la terreur à Roybon. De nombreuses rumeurs de casse circulent, non étayées et non validées par la gendarmerie.

Nous notons qu’alors que le maire de Roybon a prétendu devant les micros que 98% des roybonnais étaient pour le projet, les 1200 personnes présentes ( ce qui correspond à l’ensemble de la population) à cette manifestation sont venues de loin en voiture ( parking à l’entrée du village saturé). Or, c’est ce  que les partisans nous reprochaient, nous traitant d’étrangers qui se mêlent des affaires des roybonnais.

Alors, il y a donc les bons étrangers, aliénés à la propagande de Center Parcs et les mauvais étrangers la dénonçant ??

Du temps de la décharge que le préfet voulait imposer à Roybon (2006/2007/2008), les écologistes étaient les bienvenus à Roybon pour grossir les troupes d’opposants …

 

Nous regardons les panneaux-slogans de cette manif.

 

 » laissez nous travailler  » … pour 319 euros par mois, en cdd ?
Et de toute façon, une société qui doit détruire pour « créer du travail » n’est-elle pas une société à l’agonie qu’il est suicidaire de continuer?
Et qui porte ces panneaux ? Des chômeurs ? Ou des commerçants et petits patrons qui parlent en leur nom ? Disons plutôt: « laissez nous détruire « , sans réfléchir à ce que l’on fait pour le bienfait des caisses des gérants de trois ou quatre sociétés à l’oeuvre pour seulement 1 an .
A Toulouse, la FDSEA, le syndicat des agriculteurs industriels, a eu dans une autre manif contre les zadistes de Stivens le même slogan, ou presque:  » Laissez nous produire « , à traduire, en fait par « laissez nous continuer à ravager la terre par les pesticides et à entasser des animaux-machines dans des structures industrielles ».

 

 » Oui au renouveau du village » … en instituant cette misère sociale  et ce précariat organisé ?
( le nombre d’emplois annoncé, l’est sur la base d’une occupation à 90%, qui n’est atteinte qu’en période de vacances scolaires, on travaille « au coup de sifflet » chez Center parcs ).

 

« L’avenir de nos enfants c’est maintenant » … En leur volant à jamais ce patrimoine forestier et en laissant un nouveau seigneur disposer à son gré de leur « force de travail », leur temps, leur vie ?

 

« Chantier autorisé » … Et si la justice l’interdit à la suite des plaintes déposées, on détruit d’abord et on verra après ?

 

 » Zadiste, les Chambarans c’est pas ton pays », variante du nationaliste « on est chez nous » ( mais le fn était officiellement dans le cortège et madame d’Ornano y dénonçait le « diktat des écologistes »). Mais à qui appartient l’eau détruite qu’on empêche autoritairement de se répandre chez les populations voisines ??? A qui appartient l’air que les forêts ne purifieront plus ???  Et plus généralement à qui appartiennent les territoires de cette planète ? Pierre et Vacances et ses complices ont le droit de dessiner des frontières et de les fermer à qui ils veulent ?

 

Rien de nouveau, au fond, sous le soleil.

Le monde capitaliste exige des destructions et des sacrifices pour ses intérêts privés et pour assoir son pouvoir. Il associe par la propagande et la peur la population ouvrière à ses diktats au nom du travail bienfaiteur et rassembleur. Mussolini et Hitler n’en disaient pas moins …

Les camps de vacances de Center Parcs sont aussi des camps d’aliénation collective et de travail forcé .

 

 » ARBEIT MACHT FREI « 

 

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- A Roybon, une marche aux flambeaux « pour que la nature reprenne ses droits »

Posté par admin le 7 décembre 2014

A Roybon, une marche aux flambeaux « pour que la nature reprenne ses droits »

Le Monde.fr | 07.12.2014 à 03h00 • Mis à jour le 07.12.2014 à 09h13 | Par Camille Bordenet (Envoyée spéciale à Roybon (Isère))

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- Communiqué des Lapins et écureuils unis contre Center Parcs

Posté par admin le 7 décembre 2014

Marche aux flambeaux : on déménage Pierre et Vacances !

 

6 décembre 2014, c’est la fête des lumières à Roybon ! Cinq cent personnes ont participé ce soir à une marche aux flambeaux contre le chantier de Center Parc.

Rendez-vous était donné à 18h pour un vin chaud et une soupe conviviale. Une fanfare accueillait les manifestants dans une ambiance bon enfant.

A 19 heures, des dizaines de flambeaux sont allumés et le cortège s’élance sur la route en lacets qui monte au chantier. Un long serpent de lumière illumine les hauteurs de Roybon. Chansons et batucada rythment la ballade. A l’avant, une banderole : « où la Zad passe, les chantiers trépassent ! »

Arrivés au sommet de la colline, les manifestants ouvrent la barrière et pénètrent sur les terrains privatisés par Pierre et Vacances. Encore 300m et les voici arrivés devant les barraques de chantier. Les 5 vigiles présents (les mêmes qui ont frappé des zadistes quelques jours auparavant) sont écartés sans violence.

Toujours en musique, lapins et écureuils redécorent avec de la peinture les algecos et les voitures des vigiles, cependant que d’autres ouvrent les portes et débarassent le rare mobilier restant à l’intérieur. Les meubles passent de main en main pour être jetés plus loin. « On déménage Pierre et Vacances » crient les manifestants. Du même coup, les baraques de chantier sont remplies de terre et de branches : la nature reprend ses droits ! « Pas de chantiers dans la forêt, la forêt dans le chantier ! »

 

C’est déjà l’heure de rentrer. Les manifestants font demi-tour et redescendent au lac. Ils repartent fiers d’avoir montré leur détermination à bloquer le chantier, et décidés à revenir bientôt.

 

De 7 à 77 ans, et chacun à sa manière, tout le monde est le bienvenu pour participer au mouvement contre Center Parc.

 

Lapins et écureuils unis contre Center Parc

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- A Roybon, partisans du Center Parcs et zadistes se mènent une guerre des nerfs

Posté par admin le 5 décembre 2014

 

A Roybon, partisans du Center Parcs et zadistes se mènent une guerre des nerfs

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- Subventions indécentes, destruction de l’environnement, précarité de l’emploi : un « Center Parcs » suscite la colère

Posté par admin le 4 décembre 2014

Subventions indécentes, destruction de l’environnement, précarité de l’emploi : un « Center Parcs » suscite la colère

PAR SOPHIE CHAPELLE 4 DÉCEMBRE 2014 Lire la suite… »

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- Center Parcs de Roybon: les zadistes jouent au chat et à la souris

Posté par admin le 4 décembre 2014

 

Center Parcs de Roybon: les zadistes jouent au chat et à la souris

AFP 4 DÉCEMBRE 2014 À 19:20 (MIS À JOUR : 4 DÉCEMBRE 2014 À 19:42) Lire la suite… »

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-Le chantier du futur Center Parcs de Roybon (Isère) de nouveau suspendu

Posté par admin le 4 décembre 2014

Le chantier du futur Center Parcs de Roybon (Isère) de nouveau suspendu

Les Zadistes ne désarment pas. Alors que les travaux de débardage avaient repris ce jeudi 4 décembre peu après 8 heures, le chantier a de nouveau été interrompu par l’arrivée d’une vingtaine d’opposants au projet.

  • Par Anne Hédiard
  • Publié le 04/12/2014 | 09:39, mis à jour le 04/12/2014 | 11:11
© Jordan Guéant / France 3 Alpes
© Jordan Guéant / France 3 Alpes
Ce matin vers 8h20, deux bûcherons, encadrés par quatre vigiles, se sont remis au travail pour défricher le terrain sur lequel le Center Parcs devrait voir le jour. Moins d’une demi-heure plus tard, une vingtaine d’opposants au projet ont débarqué sur le chantier. Pas d’affrontement, mais le patron a décidé de suspendre de nouveau les travaux.
Des gendarmes sont arrivés sur place. Pour l’instant, tout le monde se regarde en chien de fusil mais pas d’affrontement.

© Jordan Guéant / France 3 Alpes
© Jordan Guéant / France 3 Alpes

A 300 mètres de là, d’autres opposants ont érigé un petit barrage pour empêcher les camions d’arriver sur le chantier. Deux engins sont bloqués.

© Jordan Guéant / France 3 Alpes
© Jordan Guéant / France 3 Alpes

Les forces de l’ordre ont tenté une conciliation avec les Zadistes. Discussion dans le calme. Les gendarmes ont expliqué aux opposants au projet qu’ils étaient hors-la-loi. Un huissier s’est rendu sur place pour constater l’arrêt des travaux. Les représentants de Pierre et Vacances sont attendus sur place vers 11 heures.

Source:
http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/2014/12/04/le-chantier-du-futur-center-parcs-de-roybon-isere-de-nouveau-suspendu-605916.html

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- Sivens, Notre Dame des Landes, Center Parcs en Isère… Les cinq projets les plus décriés de France

Posté par admin le 4 décembre 2014

Sivens, Notre Dame des Landes, Center Parcs en Isère… Les cinq projets les plus décriés de France

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- Center Parcs de Roybon : élus, zadistes, écolos… qui veut quoi ?

Posté par admin le 4 décembre 2014

Center Parcs de Roybon : élus, zadistes, écolos… qui veut quoi ?

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- Mobilisation des opposants au Center Parcs de Roybon

Posté par admin le 3 décembre 2014

Mobilisation des opposants au Center Parcs de Roybon

Le Monde.fr avec AFP | 30.11.2014 à 08h58 • Mis à jour le 30.11.2014 à 13h36

Le projet de Center Parcs de Roybon, en Isère, est qualifié de « carnage » pour l'environnement.

Plusieurs centaines de personnes ont prévu de manifester, dimanche 30 novembre, en milieu de journée, dans la forêt de Chambaran, à quelques kilomètres au nord du plateau du Vercors contre le projet de Center Parcs de Roybon, qualifié de « carnage » pour l’environnement.

Organisé par le collectif ZAD (zone à défendre) Roybon, c’est au moins le troisième rassemblement contre le projet dans la région depuis le lancement des travaux de défrichement, le 20 octobre. Cette nouvelle manifestation a lieu après l’annonce par le président de la République de sa volonté d’ouvrir le grand chantier d’une démocratie plus locale et participative sur les projets d’aménagement ayant des impacts sur le territoire.

« NOUVEAU SIVENS »

Depuis quatre ans, les promoteurs du projet et leurs opposants se livrent une bataille judiciaire sans relâche. Le 3 octobre, le préfet de l’Isère avait pris un arrêté validant le projet, après un avis consultatif favorable du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires. L’enquête publique avait en revanche rendu cet été un avis défavorable, pointant l’impact néfaste du futur complexe touristique sur l’environnement. Qualifiant le projet de « rédhibitoire », elle a notamment pointé l’absence de débat public et un impact sur les zones humides évalué « au minimum » entre 110 hectare et 120 hectares. « Dix fois Sivens ! », crient les opposants.

Recharger son véhicule depuis son mobile c‘est possible ?

- Mobilisation des opposants au Center Parcs de Roybon dans ActualitésRecharger son véhicule depuis son mobile c‘est possible ?Connaître l’état de la batterie, programmer la recharge avant son départ, le tout depuis son mobile… autant de possibilités offertes par l’Audi A3 Sportback e-tron et ses services Audi connect.

La situation « est en train de passer au stade d’un nouveau Sivens », estime Francis Meneu, président de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) Isère. La référence aux manifestations contre le barrage de Sivens ou l’aéroport Notre-Dame-des-Landes revient régulièrement dans la bouche des opposants, qui espèrent provoquer un débat national sur le dossier.

Avec la Frapna et la Fédération de pêche de la Drôme, l’association d’opposants Pour Chambaran sans Center Parcs (PCSCP) a déposé un recours en référé au tribunal administratif de Grenoble pour faire arrêter l’abattage des arbres, qui touche déjà plus de 30 hectares. Une audience est prévue le 12 décembre.

CRÉATION D’EMPLOIS

A l’issue des travaux, le site s’étendra sur 150 hectares, soit « 0,42 % de la superficie totale de la forêt », souligne le groupe Pierre & Vacances, qui met en avant aussi 697 emplois créés et des retombées fiscales pour les collectivités locales. Ces arguments ont convaincu une grande partie des élus isérois, de droite comme de gauche, au premier rang desquels le secrétaire d’Etat André Vallini (PS), ancien président du conseil général.

« Les commerçants attendent Center Parcs avec impatience. On a besoin d’activité économique. Sous prétexte qu’on a 33 000 hectares de forêt, on ne va pas rester à regarder tomber les châtaignes à l’automne », fait valoir Marcel Bachasson, conseiller général (UMP) et ancien maire de Roybon (2001-2014).

DÉGRADATIONS SUR LE CHANTIER

Pierre & Vacances assure au contraire avoir conçu le projet « dans le plus grand respect de l’environnement », selon Eric Magnier, directeur grands projets du groupe Pierre & Vacances-Center Parcs, qui dénonce des « contre-vérités » et évoque seulement 76 hectares de zones humides détruites. La construction des résidences doit commencer à l’automne 2015.

S’il voit le jour, fin 2017, le Center Parcs de Roybon sera le sixième en France et le 25e en Europe. Le chantier fait l’objet de « harcèlement » et d’actes de« vandalisme » presque « toutes les nuits », avec des clôtures détériorées, des piquets de géomètre déplacés et un incendie de matériel, selon Eric Magnier. « On est obligé de déplacer les engins de défrichement toutes les nuits », a-t-il précisé, expliquant que les travaux avaient déjà pris quinze jours à trois semaines de retard.

Source:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/11/30/mobilisation-des-opposants-du-center-parcs-de-roybon_4531653_3244.html

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- Les opposants au Center Parc de Roybon occupent une maison forestière

Posté par admin le 3 décembre 2014

Les opposants au Center Parc de Roybon occupent une maison forestière

AFP 1 DÉCEMBRE 2014 À 12:00
Entre 600 et 1 000 zadistes ont manifesté dimanche dans la forêt de Chambaran.
Entre 600 et 1 000 zadistes ont manifesté dimanche dans la forêt de Chambaran. (Photo Philippe Desmazes. AFP)

Le collectif Zone à défendre souhaite empêcher la construction d’un village de vacances à Roybon qui aurait un impact néfaste sur l’environnement. Dimanche, une manifestation a rassemblé près de 1 000 personnes dans la forêt de Chambaran.

Des opposants au projet de Center Parcs de Roybon (Isère) occupent une maison forestière à proximité du chantier de défrichement depuis dimanche soir, ont-ils annoncé dans un communiqué. Membres du collectif Zad (Zone à défendre) Roybon, ces opposants participaient à la manifestation qui a rassemblé entre 600 et 1 000 personnes dimanche dans la forêt de Chambaran.

«Notre promenade s’est achevée à la maison forestière de la Marquise, propriété abandonnée de l’ONF (Office national des forêts, ndlr) que nous occupons massivement (…) jusqu’à l’abandon définitif du projet de Center Parcs», écrivent-ils. La gendarmerie a confirmé cette occupation illégale.

La maison forestière de la Marquise, située à 5 km du village de Roybon, est en cours de vente par l’ONF. Elle ne se situe pas sur le terrain de Pierre & Vacances-Center Parcs, destiné à abriter le village de vacances. «Cette maison nous servira de base arrière pour organiser notre lutte pour une forêt sans Center Parcs», écrivent les«zadistes»«Pierre, les vacances sont finies!», concluent-ils.

 697 CRÉATIONS D’EMPLOIS

Les opposants au projet mettent notamment en avant l’enquête publique qui a rendu cet été un avis défavorable, pointant l’impact néfaste du futur complexe touristique sur l’environnement. Le Center Parcs de Roybon doit accueillir un millier de cottages, des commerces et des restaurants autour de l’«Aquamundo», une bulle transparente maintenue à 29°c, avec piscine, jacuzzi, etc. Le projet prévoit 697 créations d’emplois et d’importantes retombées fiscales pour les collectivités locales.

La construction des résidences doit commencer à l’automne 2015. S’il voit le jour, fin 2017, le Center Parcs de Roybon sera le 6e de France et le 25e en Europe. Le tribunal administratif de Grenoble doit examiner le 12 décembre plusieurs recours d’associations demandant la suspension des travaux de défrichement. Plus de 30 hectares de forêt ont déjà été abattus.

Source:
http://www.liberation.fr/societe/2014/12/01/les-opposants-au-center-parcs-de-roybon-occupent-une-maison-forestiere_1154316

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- La contestation enfle contre le projet de Center Parcs à Roybon

Posté par admin le 3 décembre 2014

La contestation enfle contre le projet de Center Parcs à Roybon

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- Center Parcs de Roybon: le maire de Grenoble dénonce un «projet préhistorique»

Posté par admin le 2 décembre 2014

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Center Parcs de Roybon: le maire de Grenoble dénonce un «projet préhistorique»

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- Isère : des manifestants s’opposent à la construction d’un Center Parcs à Roybon

Posté par admin le 2 décembre 2014

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Isère : des manifestants s’opposent à la construction d’un Center Park à Roybon Lire la suite… »

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- Isère: Jean-Jack Queyranne souhaite la suspension des travaux du Center Parcs

Posté par admin le 2 décembre 2014

Quand les soutiens historiques de ce Center Parcs ont des pudeurs ….
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Isère: Jean-Jack Queyranne souhaite la suspension des travaux du Center Parcs

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- La forêt est à tou-te-s ! Soutien à la manifestation contre Center Parcs dans les Chambaran (Communiqué PG)

Posté par admin le 29 novembre 2014

28novembre2014

La forêt est à tou-te-s ! Soutien à la manifestation contre Center Parcs dans les Chambaran (Communiqué PG)

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- Projet de Center Parc, Forêt de Chambaran : Un nouveau bétonnage de la nature au nom d’un soi-disant développement territorial et de l’emploi

Posté par admin le 28 novembre 2014

Projet de Center Parc, Forêt de Chambaran : Un nouveau bétonnage de la nature au nom d’un soi-disant développement territorial et de l’emploi

vendredi 28 novembre 2014 par Solidaires Isère <solidaires.isere (a) orange.fr>

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- A Roybon, en Isère, le massacre de la forêt a commencé

Posté par admin le 27 novembre 2014

A Roybon, en Isère, le massacre de la forêt a commencé

ANDREA BAROLINI (REPORTERRE)

mercredi 26 novembre 2014 Lire la suite… »

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- En Isère, l’implantation contestée d’un Center Parcs ( Le Figaro )

Posté par admin le 26 novembre 2014

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Reprise à but informatif:

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En Isère, l’implantation contestée d’un Center Parcs

Des opposants à l'implantation du complexe touristique lors d'une manifestation le 16 novembre.
 

VIDÉO – Malgré l’avis défavorable de la commission d’enquête publique, le préfet a donné son feu vert à la construction du complexe touristique dans le massif des Chambaran, classé zone naturelle sensible.

• Quel est ce projet?

À l’automne 2007, la société Pierre & Vacances entame les premières démarches auprès de la ville de Roybon, dans l’Isère, pour installer un Center Parcs dans le massif des Chambaran. 1000 cottages, un espace aqualudique, des boutiques et restaurants, ainsi qu’une salle de congrès seront déployés sur environ 200 hectares. La vaste base de loisirs devrait s’accompagner de la création de 700 emplois permanents, dont 468 à temps plein, et générer 12 millions d’euros par an de retombées économiques, indique le protocole d’accord signé entre l’État et Pierre & Vacances.

L’investissement global est évalué à 387 millions d’euros. Le conseil général participe à hauteur de 15 millions d’euros, répartis entre la modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement ainsi que l’aménagement des voies d’accès et de stationnement. La communauté de commune participera pour 4,5 millions d’euros aux travaux d’assainissement. La région Rhône-Alpes doit débloquer 7 millions d’euros destinés à la formation.

• Pourquoi est-il contesté?

Comme à Sivens ou Notre-Dame-des-Landes, le «Center Parcs de la forêt de Chambaran» est qualifié de «grand projet inutile et imposé» par ses détracteurs. Ils s’appuient sur l’avis négatif d’une enquête publique publiée en juillet dernier : «À l’examen de toutes les observations, tant écrites qu’orales, du public (…) et après avoir auditionné des experts, la commission émet unanimement un avis défavorable au projet». Absence de délimitation et de caractérisation de la zone humide, sous-évaluation de la surface détruite et impactée, insuffisance des mesures compensatoires, risques de crues et d’érosion… Au total, douze points rédhibitoires sont exposés. «Le site est sensible sur le plan environnemental, avec la présence de deux Zones Naturelles, de corridors écologiques et d’un site Natura 2000», rappelle la commission.

Les anti font aussi le parallèle avec le barrage de Sivens. Un projet pour lequel la Commission publique a rendu un avis positif et où 13 hectares de zones humides doivent être détruites contre 76 à Chambaran. Ces zones humides jouent notamment un rôle pour les nappes phréatiques qui alimentent une centaine de communes en eau potable. Le projet met aussi en péril l’habitat de près de 35 espèces animales et végétales protégées.

Par ailleurs, sur les 727 observations du public recueillies dans l’enquête, 60 % y sont opposés.

• Qui sont ces opposants?

L’implantation du village est contestée par les défenseurs de l’environnement. La fédération de pêche de la Drôme, la fédération de Protection de la Nature (Frapna) d’Isère et de la Drôme ont multiplié les recours en justice. Depuis 2010, une association d’habitants Pour les Chambaran Sans Center Parcs informe et mobilise contre le projet. Ces dernières semaines, des zadistes ont également fait leur apparition dans la fôret, devenue une Zone à défendre (ZAD). La contestation a pris de l’ampleur: ils étaient 600 à manifester la semaine dernière et une nouvelle journée d’action est prévue le 30 novembre.

Les élus d’Europe-Ecologie-Les Verts sont aussi sur le front. Sur France Bleu Isère, la députée européenne d’EELV Michèle Rivasi a appelé Ségolène Royal à stopper le chantier de défrichement de Roybon qui a démarré «alors que les commissaires enquêteurs avaient donné un avis négatif». La ministre de l’Environnement, pour l’instant muette sur le sujet, est prévenue: «Tu arrêtes Sivens mais il faut arrêter le Center Parcs aussi. Sinon on va avoir des violences comme on a eu à Sivens», a lancé l’élue écologiste.

• Quels sont les arguments des partisans?

De gauche comme de droite, la majorité des élus des collectivités locales se sont déclarés favorables au projet. Le nouveau maire de la commune de Roybon, Serge Perraud, a signé la vente du terrain le 17 octobre. «Ce qu’il faut retenir c’est que le projet va générer 450 équivalents temps plein», a-t-il déclaré sur France 3 Alpes. Dans un contexte de crise, l’arrivée de Center Parcs est «une vraie bouffée d’oxygène» pour les entreprises de BTP. Des citoyens pro Center Parcs se sont aussi regroupés autour de l’association Vivre en Chambaran.

De son côté, Pierre & Vacances assure avoir pris en compte les observations de la commission d’enquête et réaliser un ouvrage respectant l’écosystème local. La capacité du bassin principal de stockage des eaux pluviales a par exemple été revue à la hausse, en passant de 2500 m3 à 8500 m3.

• Où en sont les travaux?

L’ouverture, initialement prévue pour 2013, a été reculée à 2017 suite aux recours judiciaires. En octobre, après un avis favorable du Conseil départemental de l’environnement, le préfet de l’Isère a publié deux arrêtés préfectoraux au titre de la Loi sur l’Eau et des espèces protégées autorisant Pierre & Vacances à commencer les travaux. Le groupe a aussitôt entamé le défrichement. «Cela va se passer en trois phases: d’abord, nous procéderons à la coupe du bois. Ensuite, l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) va réaliser des fouilles. Enfin, nous passerons au dessouchage. Tous ces travaux vont durer jusqu’au début de l’été 2015», indique Eric Manier, le directeur grands projets du groupe.

«Ils travaillent sept jours sur sept pour accélérer et passer en force», déplore Stéphane Perron, président de l’association Pour les Chambaran sans Center Parcs. De nouveau, l’association va déposer une requête en référé et une sur le fond devant le tribunal administratif de Grenoble pour dénoncer l’illégalité de l’autorisation préfectorale. Elle joint ainsi les derniers recours déposés par les pêcheurs de la Drôme et la Frapna. Une démarche soutenue par les écologistes. «Il y a une grosse fragilité juridique du projet, il pourrait être déclaré illégal sur le fond», espère Olivier Bertrand, conseiller général EELV.

«Les observations pertinentes ont été prises en compte dans l’autorisation délivrée, notamment une obligation de réaliser des écuroducs (passage à écureuils) sur la route départementale et la voie d’accès», se justifie le préfet, qui rappele que les travaux sont «réalisés avec des autorisations délivrées dans le respect des procédures».

 

 

 

 

 

 

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Source:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/24/01016-20141124ARTFIG00177-en-isere-l-implantation-contestee-d-un-center-parcs.php

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- Appel à mobilisation : la forêt est à tou-te-s.

Posté par admin le 24 novembre 2014

Appel à mobilisation : la forêt est à tou-te-s.

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- Isère : des zadistes font leur apparition à Roybon

Posté par admin le 14 novembre 2014

Isère : des zadistes font leur apparition à Roybon

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- Pas de loisirs « nature » sans passage au préalable d’un troupeau de bulldozers

Posté par admin le 13 novembre 2014

Pas de loisirs « nature » sans passage au préalable d’un troupeau de bulldozers

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- Tout a été dit mais personne n’écoute… Contre un Center Parcs au milieu de l’Isère

Posté par admin le 8 novembre 2014

Tout a été dit mais personne n’écoute… Contre un Center Parcs au milieu de l’Isère

Publié le 3 novembre 2014 | Mise à jour le 15 novembre 2 compléments

Depuis 7 ans déjà un projet destructeur menace le bois des Avenières dans la commune de Roybon, en Isère : le groupe Pierre et Vacances projette d’y construire un Center Parcs.

Tout a été dit mais personne n’écoute…

Le projet s’étendrait sur 200 hectares de forêt et le défrichement de plus de 90 hectares serait nécessaire (l’équivalent de 123 stades de foot).

Les partisans de ce projet parlent de la création de nombreux emplois. Les chiffres annoncés sont à modérer en tenant compte du très grand nombre d’emplois à temps partiel, pouvant ne représenter que 10 heures par semaine.
Pour les emplois à temps complet, l’amplitude des horaires de certains postes est difficilement conciliable avec une vie privée normale. Les salaires sont dans les plus bas de ce type d’emplois. Les aides d’état associées à ces emplois seront importantes. Il est à noter que le taux de démissions semble très important dans les center-parcs existants, et quelques recherches sur des sites de “réseaux sociaux”, avec “Center Parcs” en mot clé nous le confirme aisément.

Ce projet est également défendu par ceux qui espèrent qu’il permettra aux commerces locaux de mieux fonctionner. L’étude des Center-Parcs existants montre surtout une structure faisant vivre sa clientèle en autarcie et c’est d’ailleurs ce que vantent ses publications. Le touriste y est capté et tout est fait pour l’inciter à consommer sur place.
Center-parcs est une entreprise et, comme telle, n’est pas là pour faire du sentiment, mais du chiffre. Elle n’a aucun intérêt à favoriser une concurrence.

Par contre, on ne peut le nier, il y a un réel avantage pour les investisseurs privés. Ceux qui vont acheter leur cottage avant la création du Center Parcs et permettront ainsi à l’entreprise de récolter les fonds pour la construction. Pour les investisseurs privés, acheter un cottage c’est d’abord la défiscalisation. Il existe plusieurs types de fiscalité pour les potentiels acheteurs d’un cottage. « En réalisant un projet d’investissement locatif avec le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs, vous bénéficiez de plusieurs avantages fiscaux. Ces dispositifs de défiscalisation vous permettent de diminuer le montant des impôts que vous payez sur votre revenu. ». Le statut LMP, le statut LMNP, la loi Censi-Bouvard, la loi Duflot, le remboursement de la TVA font partie de ces dispositifs.
Alors oui, effectivement, si vous avez au moins 200.000€ à investir et que vous ne vous souciez pas de tout ce qui va derrière, vous avez un avantage à ce qu’un Center Parc se crée à Roybon…

Tout ce qui va derrière c’est d’abord l’impact au quotidien. La circulation sur les routes avoisinantes par exemple : arrivée des touristes en voitures et bus, arrivée des bus de femmes de ménage, approvisionnement des restaurants, commerces, etc. La pollution sonore existe également car cela fait beaucoup de monde et de mouvements (5600 résidents). Pour finir il y aura une pollution visuelle car, il ne faut pas rêver, on peut difficilement cacher complètement des infrastructures comme celles des Center Parcs… Mais ça, ce n’est que ce qui est visible en surface.
Quand on creuse on découvre qu’il s’agit de détruire et de privatiser des centaines d’hectares de forêts, comme nous en avons parlé précédemment. Le bois des Avenières, où serait implanté le Center Parc, appartient aux Roybonnais depuis 720 ans et une seule personne, en qualité de Maire, a pu signer un papier et en déposséder les citoyens.

C’est aussi une urbanisation massive au sein d’une forêt appelée le poumon vert de la région. Le site est à 86% une zone humide.
Sur le site « eaufrance » on peut lire que les zones humides « abritent en effet de nombreuses espèces végétales et animales. Par leurs différentes fonctions, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration et la prévention des crues. Menacé par les activités humaines et les changements globaux, ce patrimoine naturel fait l’objet d’une attention toute particulière. Sa préservation représente des enjeux environnementaux, économiques et sociaux importants. »
En ce qui concerne le projet de Center Parc, on ne peut pas vraiment dire que ce patrimoine fasse l’objet d’une attention particulière !!! De plus, d’après les conclusions de la commission d’enquête publique « loi sur l’eau », « on ignore les incidences indirectes portées à la zone humide adjacente , tout comme aux espaces fonctionnels qui sont en continuité du site détruit . Ce sont potentiellement des dizaines d’hectares supplémentaires qui sont concernées. »

Il s’agit aussi d’un gaspillage énergétique stupide et délirant par, entre autre, le maintien d’une température de 29° dans le gigantesque paradis équatorial ludique sous bulle qu’est l’Aquamundo. Cette bulle constitue le « cœur » du Center Parcs : à savoir un grand centre aqualudique d’une capacité totale, avec tous ses bassins et piscines, de 3100 m3 à 3700 m3 d’eau selon les données, variables, du maître d’ouvrage (une piscine olympique de 50m de long et 25 m de large fait 2500m3).
De l’eau, toujours de l’eau. Il en faudra pour assurer l’approvisionnement des touristes, leurs douches, leurs séances de spa et cet immense complexe aquatique. Heureusement, c’est bien connu, l’eau est une chose dont on dispose à volonté et qui n’est pas menacée par la pollution et le gaspillage à outrance !

Voilà, tout a été dit. Mais c’est « cause toujours ».
Nous avons le droit de ne pas être d’accord, nous avons le droit de nous soulever devant nos politiques qui ne respectent pas nos droits, nos lois, notre Terre.
Les Zones A Défendre se multiplient en France, et pour cause !
Nous y voilà. A quand une ZAD dans les bois des Avenières, à Roybon ?

 

Source:
http://rebellyon.info/Tout-a-ete-dit-mais-personne-n-ecoute.html

 

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- ZAD: EXTENSION DES DOMAINES DE LA LUTTE

Posté par admin le 2 novembre 2014

ZAD: EXTENSION DES DOMAINES DE LA LUTTE Lire la suite… »

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- Roybon, Center Parcs et les élus choisissent le coup de force et la brutalité.

Posté par admin le 19 octobre 2014

Brutalité, froide détermination, cynisme et violente mise devant le fait accompli. Lire la suite… »

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- Dialogues à propos de Notre Dame des Landes

Posté par admin le 1 novembre 2013

Il y a tout juste un an, le 16 octobre 2012, débutait l’opération « César » menée par les forces de l’ordre. Elle visait à expulser les personnes qui, pour s’opposer au projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et au monde qui l’a rendu possible, s’étaient installées sur le site. Elle visait aussi à détruire les cabanes qu’elles avaient construites et les maisons qu’elles avaient squattées depuis plusieurs années. Cette opération brutale, menée avec une rare violence, devait régler, par sa puissance et son effet de surprise, la situation rapidement. Dès les premières heures, les autorités annoncèrent fièrement mais bien imprudemment un retour à l’ordre. Ce qui paraissait alors comme étant la fin d’une occupation allait pourtant devenir le début d’un mouvement qui n’a cessé depuis et qui s’est étendu au-delà du territoire concerné. Affrontements, barricades, création de plusieurs sites Internet et d’une radio, création de comités de soutien dans l’ensemble du pays, nouvelles occupations et réoccupations, solidarités, constructions et reconstructions, appels à étendre ce mouvement et à s’opposer à d’autres projets, rencontres, débats, publication de tracts, d’articles, de brochures et de livres, sabotages, mises en culture et récoltes collectives, partages des terres et des récoltes, distributions des produits récoltés à prix libre, etc., un mouvement d’une telle importance était rarement allé aussi loin.

 

Pourtant rien ne peut paraître aussi fragile. L’État n’a, de toute évidence, pas abandonné le projet. Le statu quo actuel, les pseudo-commissions créées, la libération des lieux par les forces de l’ordre nous font craindre que l’on cherche à laisser pourrir la situation. Le silence, et certaines insinuations des grands médias sur ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, accompagnent la nécessité pour les pouvoirs publics de rompre le mouvement et reprendre en main une situation qui leur échappe. Il n’est pas nécessaire ici de dénoncer les connivences et les intentions des médias dans cette affaire. Hervé Kempf, ancien journaliste du Monde a quitté la rédaction du journal car nous dit-il, la direction l’a « empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes ». Il dénonce dans un article, la manière dont, soi-disant dans un souci d’objectivité, un journal fait le jeu des promoteurs du projet d’aéroport. Le lecteur pourra retrouver cet article, à l’adresse suivante :

  http://www.reporterre.net/spip.php?article4586

 

Il est nécessaire aujourd’hui de bien comprendre quelles sont les forces en présence dans ce conflit et d’avoir à l’esprit que les opposants au projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne sont pas tous contre le monde qui l’a rendu possible, et que les promoteurs du projet et leurs soutiens ne manqueront pas d’utiliser cette réalité pour diviser le mouvement. Cependant il ne faut surtout pas abandonner ce qui a donné à cette lutte ses lettres de noblesse : sa subjectivité. C’est-à-dire ses perspectives visant à remettre en question  la manière de vivre, de produire et de partager, mais aussi la propriété, le travail et la marchandise.

 

Nous relayons ci-dessous les 3 volets des Dialogue  à propos de Notre-Dame-des-Landes que nous avons reçus et qui ont été publiés successivement durant l’année 2013.

 

 Quelques opposants à Center Parcs

 

 

 

Pour les imprimer :fichier pdf Dialogue-1 fichier pdf Deuxie-me Dialoguefichier pdf Dialogues NDDL 3

 


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- Le Center Parcs de Roybon maintes fois classé dans les projets inutiles et destructeurs.

Posté par admin le 8 juillet 2013

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- Zones bing humides, Hervé Kempf

Posté par admin le 9 février 2013

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- Soutien au collectif d’opposants isèrois à L’aéroport de Notre Dame des Landes et appel à joindre ses manifestations

Posté par admin le 17 janvier 2013

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